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« Quand Baudelaire décrète, haut et fort, que tous les Belges sont « bêtes, menteurs et voleurs », qu'ils sont des « tas de canailles », qu'ils éclatent de rire sans motif (« signe de crétinisme »), qu'ils s'amusent en bande, qu'ils marchent de travers, « remplissent toute une rue, avec leurs pieds et leurs bras », n'ont aucune souplesse et « ne savent pas se garer, s'effacer », qu'ils sont présomptueux, qu'ils méprisent les hommes célèbres, justement en raison de leur célébrité, qu'ils ne pensent pas et que, dans l'échelle des êtres vivants sur la terre, ils ont leur place « entre le Singe et le Mollusque »... Et quand il se déchaîne contre l'absence de coquetterie et de pudeurs des femmes belges, toutes avec de gros pieds, de gros bras, de grosses gorges et de gros mollets. Contre la cuisine belge pleine de sel, « dégoûtante et élémentaire » (nonobstant ce que raconte Georges Barral). » Le 24 avril 1864, Baudelaire arrive à Bruxelles, la capitale d'un jeune royaume (il a été créé en 1830), sur lequel il ne connaît pas grand-chose, si ce n'est de vagues lieux communs. Il envisage de n'y rester que deux ou trois semaines, le temps de donner quelques conférences, de proposer sa collaboration à L'Indépendance belge, le plus important quotidien du pays, de rencontrer les éditeurs des Misérables de Victor Hugo, et de prendre quelques notes en vue d'un ouvrage sur « les riches galeries particulières » de la Belgique. Or, très vite, tous ces projets tournent court. Et du coup, du jour au lendemain, il devient belgophobe. Mais quelles sont les raisons exactes de ces échecs à répétition ? Et qu'est-ce qui pousse au juste Baudelaire à rester deux années entières dans ce pays qu'il déteste, où il accumule une multitude de notes éparses et, surtout, où il s'ennuie « mortellement » ?


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