Le chef-d'oeuvre monstrueux Le chef-d'oeuvre monstrueux
Le chef-d'oeuvre monstrueux Le chef-d'oeuvre monstrueux

Le chef-d'oeuvre monstrueux (édition bilingue grec/français ; préface Dominique Grandmont.)

À propos

En 1977, lorsque Ritsos écrit ce poème, il est un homme d'âge mûr qui se retourne sur son passé et signe, en effet, son poème le plus clairement autobiographique. Mais il ne le fait pas de manière ordinaire, il le fait poétiquement. On y trouve les étapes de la vie de Ritsos, son attitude de vie, le processus créatif, le credo artistique, etc. Tout ce qui fait du Chef-d'oeuvre monstrueux un lointain cousin du Chêne et chien (1937) de Queneau et du Canto general (1950) de Neruda (on pourrait aussi citer le Chant de moi-même (1855) de Whitman et Moi-même (1922) de Maïakovski), tous héritiers du Testament de Villon. Son écriture, intime et quotidienne a priori, mêle le lyrisme aux dérapages les plus insolites, au sarcasme, à l'humour, à la clownerie, jusqu'à une certaine trivialité. Stylistiquement, il ne s'attache à aucune école littéraire. Ritsos fait usage de tous les acquis des mouvements poétiques qui ont pu l'influencer durant sa vie littéraire : réalisme, romantisme, symbolisme, futurisme, surréalisme... tout cela ensemble et simultanément, tout en restant, parallèlement, à distance certaine. Sur le plan autobiographique, son écriture fait cohabiter une double approche du présent (la surface synchronique) et du passé (l'élément diachronique), allant jusqu'à émailler le texte de divers anachronismes (tels que, par exemple, « les tramways verts de 1821 », ou la présence de Rilke et Lou Salomé sur le Potemkine : tous deux impossibles d'un point de vue strictement historique). Le 21e vers est une des clés de lecture : ce « passé interrompu qui se préparait à devenir un chef-d'oeuvre ». Ce qui est à dire, non pas un chefd'oeuvre en tant que tel, mais en tant que ce poème. C'est le passé qui ne fuit plus, qui se cristallise dans le présent du poème.

Rayons : Littérature générale > Poésie

  • EAN

    9782356540775

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    128 Pages

  • Longueur

    2.3 cm

  • Largeur

    15 cm

  • Épaisseur

    0.1 cm

  • Poids

    240 g

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Multilingue   Broché  

Yannis Ritsos

Il est né en Grèce, à Monemvasia, le 1er mai 1909 et mort le 11 novembre 1990 à Athènes.ÿCadet d'une famille de grands propriétaires terriens, sa vie est marquée par la mort de la mère et du frère aîné, la folie de la soeur et du père qui provoquera leur ruine économique, et la maladie personnelle qui lui vaudra de fréquents séjours en sanatorium. Il adhère au Parti Communiste Grec à la fin des années 1920.ÿDe 1948 à 1952, époque de guerre civile, Ritsos est déporté pour ses convictions politiques dans les îles de Limnos, Makronissos et Aï-Stratis, en même temps que toute une génération qui y fut emprisonnée, battue, torturée, exécutée. Mais il écrit toujours, tant bien que mal, secrètement, des poèmes tels que ceux du Journal de déportation, de 1948 à 1950, interrompu en 1949 par l'écriture de Temps pierreux. Les poèmes sont enfermés dans des bouteilles et enfouis dans la terre.ÿEn avril 1967, c'est le coup d'État des Colonels. Ses amis conseillent à Ritsos, de retour d'un voyage à Cuba, de se cacher mais il ne quitte pas sa maison d'Athènes. Il est arrêté le matin même et envoyé à la fin du mois sur l'île de Yaros, un grand rocher sans arbre et sans eau, infesté de rats. Il sera ensuite transféré sur l'île de Léros puis placé en résidence surveillée à Samos.ÿPendant tout ce temps, il continue d'écrire plusieurs séries de poèmes, toujours en cachette, regroupés sous le titre Pierres Répétitions Grilles.

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