La civilisation des odeurs (XVI-XVIII siècles)

La civilisation des odeurs (XVI-XVIII siècles)

À propos

À partir de la Renaissance, la dépréciation des sens et du corps bestial s'élargit à divers cercles laïques. La civilisation des moeurs décrite par Norbert Elias développe le savoirvivre, la pudeur, le refus des inconvenances. Vue et ouïe deviennent de plus en plus les sens nobles, évocateurs du divin, au contraire des sens de proximité, trop liés à l'animalité et à la sexualité. L'odorat est le plus visé par les moralistes, car pour eux le diable est dans les déchets, les vapeurs de peste, les excréments humains, le bas du corps, féminin en particulier. Si bien que l'autocontrôle de ces enfers, notamment de celui du nez (dont la forme et la longueur sont réputées traduire celles des organes sexuels masculins et féminins), fait l'objet de tous les discours savants, alors que les puanteurs règnent dans cet univers, surtout dans les grandes villes comme Paris ou Naples. Un mécanisme de culpabilisation multiforme invite à rejeter et à sublimer cette part puissamment animale de l'humain. Mais il ne s'agit pas encore de faire disparaître les mauvaises odeurs. On traite en effet le mal par le mal, en chassant la peste par l'odeur encore plus épouvantable d'un bouc et en protégeant les orifices du corps et de la peau par des substances odoriférantes fortes. Les parfums, souvent d'origine animale (musc) servent à chasser le démon, mais sont aussi considérés comme des pièges sataniques. Cette ambivalence ne cesse qu'à partir du milieu du XVIIIe siècle, lorsque les parfums, de plus en plus floraux, prennent une place nouvelle dans un monde plus hédonique. Ils participent alors à un processus de sublimation en produisant une barrière olfactive contre les puanteurs externes et les odeurs corporelles.

Sommaire

Introduction 1. Puanteurs urbaines et rurales 2. Le nez, organe érotique 3. Le diable est dans les déchets 4. Odeurs de femmes 5. Combattre le mal par le mal 6. L'ambiguïté du parfum Conclusion

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Rayons : Sciences humaines & sociales > Histoire > Histoire généralités > Biographies / Monographies

  • EAN

    9782251447094

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    340 Pages

  • Longueur

    24 cm

  • Largeur

    16 cm

  • Épaisseur

    2 cm

  • Poids

    580 g

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Robert Muchembled

Robert Muchembled, professeur à l'université de Paris XIII, lauréat en 1997 du prix Descartes-Huygens, ancien membre de l' Institute for Advanced Study de Princeton, a écrit de nombreux ouvrages traduits en une vingtaine de langues.

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