Syllepse

  • - Un manifeste contre la restauration de la virilité - Un livre insurrection qui traduit les idées féministes radicales en une vision du monde et une identité morale que peuvent revendiquer et incarner sans fausse honte les personnes nées avec un pénis

  • Véronique De Rudder traite de la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Elle passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent.
    Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité, voire de revendications identitaires, dans un contexte peu favorable à leur insertion.
    Comme le rappelle Étienne Balibar dans sa postface, l'ensemble des travaux de Véronique De Rudder, menés avec une grande exigence théorique, est marqué par son engagement civique.
    Elle nous livre ici une analyse critique du républicanisme français dans son rapport à l'universalisme. Force est de constater que cet universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, mis en oeuvre par toute une législation et par pratiquement toutes les tendances politiques et enseigné dans les écoles, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire à l'occasion codifiées.
    En dépit des déclarations d'intention, ce système est aujourd'hui en voie d'expansion plutôt que de correction. Les victimes sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies françaises et leurs descendants, citoyens français de plein droit et pourtant de seconde zone, constamment renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité.

  • Souvent mal comprise et réduite à un simple jeu formel et spéculatif sur de triviales triades (thèse I antithèse 1 synthèse), la dialectique est pourtant au coeur de l'essence révolutionnaire de la pensée de Marx. La dialectique n'est pas plus une doctrine mystérieuse qu'une " théologie sécularisée". C'est un précieux instrument critique, une "sorte de lumière qui éclaire, de l'intérieur, les contradictions du processus historique".
    C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on ne compte plus, comme l'écrit Michael Löwy dans sa préface, les tentatives d'apprivoiser et de rendre moins dangereux le serpent du marxisme en le privant de son poison dialectique. Avec ce livre, Bertell Oliman nous propose à la fois une introduction à la dialectique et un approfondissement original de sa portée. Il présente en effet, avec un talent pédagogique peu commun, une explication simple, directe et souvent amusante de la dialectique, qu'il rend accessible à des non-spécialistes de la philosophie.
    Au fil de la lecture, l'auteur nous emmène au coeur du laboratoire théorique de Marx en décortiquant le processus d'abstraction que l'auteur du Capital a mis en oeuvre dans ses travaux de maturité. Au bout de ce parcours, le lecteur n'aura pas ainsi simplement été confronté à des catégories abstraites, mais à une expérience de pensée originale dont la dialectique fournit le principe de compréhension et la lumière interne.
    Le monde qui nous entoure et la réalité sociale y prennent un relief particulier.

  • Un quart de siècle après l'appel de l'Organisation mondiale de la santé visant à garantir " la santé pour tous " en l'an 2000, le bilan est contrasté.
    Si d'importants progrès scientifiques ont été réalisés, une large part de la population humaine n'en bénéficie pas. Pire, ses conditions de vie et son état sanitaire se sont détériorés. Les inégalités devant la maladie et la mort n'ont fait que croître. L'accès aux médicaments et au traitement des maladies infectieuses notamment - tuberculose, sida, choléra, paludisme, etc. - reste problématique dans de nombreuses régions du monde.
    En cause, le modèle de développement dominant qui contraint les États à réduire ou à privatiser les services sanitaires et fait la part belle à une industrie pharmaceutique prioritairement orientée vers les marchés rentables, jusqu'à y créer de nouveaux besoins... Le processus est toutefois réversible. En témoigne le sursaut provoqué dans l'opinion par l'opposition des laboratoires - au nom de la " propriété intellectuelle " - à la distribution de médicaments génériques antisida en Afrique.
    Les pressions des mouvements populaires, des ONG et de certains États ont finalement eu gain de cause. Partiellement. L'idée selon laquelle l'accès aux soins de santé devrait être considéré comme une obligation publique à l'échelle de la planète reste à promouvoir.

  • Tout en restant codés en référence au pouvoir des hommes, les nouveaux critères de la compétence professionnelle transforment la représentation d'un " machisme " dorénavant moins physique mais toujours symboliquement dominant.
    Aujourd'hui, il ne s'agit plus d'afficher son " savoir-faire " mélange de qualification techniques et de force physique, mais de prouver son " faire-valoir " mélange de compétences multiples et de forces virtuelles. Dès lors, les nombreuses investigations empiriques menées en entreprises par l'auteur, montrent que de plus en plus d'hommes ne sont plus considérés comme suffisamment " virils " (responsables, autonomes, organisés, rentables, etc.) pour se voir attribuer une des quelques fonctions valorisées dans une société encore largement imprégnée par la sacralisation du travail des hommes.
    La situation masculine d'impasse psychique est alors évidente. Elle laisse peut-être pressentir la conséquence inattendue d'une domination masculine qui peut finalement s'avérer être à " double tranchant " lorsque la transformation du monde professionnel conduit, avec la complicité fortuite des femmes, à la castration sociale.

  • Corps etrangers

    Prum M

    De l'Australie où, deux ans après les Jeux de Sydney, la situation des Aborigènes reste une question brûlante, à la Californie, où les Asiatiques, alors même qu'ils n'étaient encore qu'une poignée, étaient stigmatisés au nom du " péril jaune ", ce livre couvre l'aire anglophone et cherche à comprendre l'origine de la haine raciale.
    En Afrique du Sud, la religion a joué un rôle déterminant dans la mise en place de l'apartheid. La haine s'exprime aussi sur internet, sur les sites racistes et révisionnistes. Le corps est une fois de plus l'objet de toutes les récupérations idéologiques, aussi bien dans les théories des criminologues anglais du XIXe siècle que dans l'eugénisme de George Bernard Shaw ou de la féministe Marie Stopes.
    Même la gauche britannique et les milieux homosexuels du début du XXe siècle se réclament de ces courants biologisants. Rapprochements " paradoxaux " mais édifiants... Au XXIe siècle, l'eugénisme se fait plus discret, mais les dernières avancées de la génétique risquent de lui ouvrir des possibilités beaucoup plus inquiétantes.

  • Comment se modèle un type humain ? Quand l'homme démocratique a-t-il émergé, dans quel contexte, sous l'effet de quelles forces ? Cette question importe à chacun de nous, pour autant qu'il souhaite se comprendre lui-même et ceux qui l'entourent.
    L'homme social propre à nos sociétés occidentales nous apparaît comme " naturel ", mais il n'existe pas ainsi depuis toujours. Il est le résultat d'une construction complexe, lente et violente, dont notre vie quotidienne nous masque la longue histoire et l'équivoque signification. Cet ouvrage nous entraîne dans une relecture critique des concepts et valeurs de la démocratie explorée par cette généalogie du lien social qui court de l'Antiquité à la Modernité la plus actuelle.
    Depuis la première distinction du public et du privé dans le monde antique, en passant par la distinction homme animal politique/animal social, on en vient à une question centrale : la Modernité n'a-t-elle pas insidieusement instauré une nouvelle féodalité ? Lorsque l'on s'interroge sur tes relations existant maintenant entre l'humanité et te prix du travail, il faut bien en venir à poser l'hypothèse politique de l'existence d'un " pacte de soumission " inaperçu qui scellerait la nouvelle servitude de l'homme social, dans le cadre d'une démocratie disciplinaire.
    L'auteur interroge la Modernité et pose la question de la valeur de ses valeurs : l'individualité, l'égalité des chances et des droits, la liberté, la solidarité, la justice sociale.
    Au travers de cette comédie des mots, c'est en effet une " tragédie de la Modernité " qui se joue. Diagnostiquant une déstabilisation de la " valeur-travail ", l'auteur dresse le constat d'une liberté piteusement réduite à sa dimension concurrentielle, et parle des " valeurs de la République perdue " dissoute dans une raison économique irrationnelle et envahissante.

  • Il nous faudrait croire que la seule rationalité, naturelle et utile, se borne au " pur " calcul rationnel des intérêts matériels, financiers.
    L'homo oeconomicus devrait fixer les règles de la vie quotidienne et gouverner les sciences sociales. Ce livre analyse avec soin les arguments de l'idéologie néo-libérale. Il prend au sérieux les exigences des dispositifs de travail pour examiner les comportements des individus dont les activités rationalisantes sont soutenues par des intérêts multiples. Il montre les réalités des pratiques de pouvoir et les mécanismes de domination.
    Il met en évidence la dialectique entre activité de travail, temps libre et rapports interpersonnels. Philosophe, professeur de science politique à l'université Paris VIII, Tony Andréani a rassemblé des arguments contre l'une des croyances les plus pesantes actuellement. Il a pris le parti de rédiger un livre qui soit soucieux de pédagogie : renonçant aux approximations d'une polémique souvent simpliste et peu efficace, il préfère examiner la théorisation libérale sous tous ses angles.
    A ce titre, l'exercice de méthode apporte des éléments précis à tous ceux qui ont besoin de tels repères et qui souhaitent mettre de l'ordre dans des idées fort bousculées.

  • Derrière ce titre nimbé de mystère se révèlent les difficultés, le trouble et les souffrances des agents de l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) à qui on a confié, selon les propres mots de Robert Castel dans Le Coeur à l'emploi, une " mission impossible ".
    L'ANPE a une mission sociale que ses agents ne peuvent à l'évidence pas remplir totalement du fait des politiques gouvernementales et des stratégies patronales. Le travail qui leur est " prescrit " n'est pas le travail " réel ". Celui qu'ils effectuent n'est pas reconnu. Ils subissent les injonctions paradoxales d'une direction acquise aux méthodes de gestion néolibérales. Enfin, ils sont parfois confrontés à la contestation des chômeurs qui modifie au quotidien leurs relations professionnelles.
    /> Les auteurs de ce livre tentent d'élucider les processus individuels de défense des conseillers à l'emploi et d'analyser les formes de riposte collective qu'ils ont su inventer pour échapper à leur mal-être.

  • Institution et implication

    Lamihi A

    • Syllepse
    • 16 Octobre 2002

    L'autogestion politique et pédagogique, les mouvements d'avant-gardes littéraires et politiques, les luttes anti et contre institutionnelles, l'analyse critique des institutions scientifiques ont occupé René Lourau durant toute sa vie d'enseignant et de chercheur.
    Il en a été praticien et théoricien. Cet ouvrage offre une présentation des dix-neuf livres de René Lourau. Rédigé par des spécialistes venant de différentes disciplines universitaires, il constitue pour les étudiants en sociologie, psychosociologie, sciences politiques et sciences de l'éducation, ainsi que pour les professionnels de l'éducation, la formation et l'intervention, une introduction à une oeuvre vaste qui, sous une grande variété d'objet, cache une grande permanence de la démarche.
    Les lecteurs y trouveront une incitation à avancer dans l'analyse de leurs propres implications dans les institutions (de recherche, militantes, professionnelles, religieuses, artistiques, etc). Il est essentiel de découvrir ou de redécouvrir cet ensemble de travaux à une époque où l'inflation des discours éthiques tend à dépolitiser le social.

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