Aedon

  • On ne compte plus les scènes d'anthologie au cinéma qui sont des courses-poursuites. Depuis le muet, elles constituent le clou du spectacle dans un film, propre à déclencher des avalanches de rires et des frissons en cascade. Art des images en mouvement, le cinéma est destiné à retranscrire l'intensité des gestes et la trajectoire des corps. Inscrit dans le temps, travaillé par l'idée du rythme, il a vocation à saisir la vitesse, ses phases d'accélération et de décélération.
    Mais pas seulement. Les courses-poursuites fascinent parce qu'elles racontent quelque chose de plus. Ce livre tente d'en faire le récit. A l'écran, ce ne sont plus seulement les êtres ou les véhicules qui sont poussés au-delà de leurs capacités, mais aussi les images et ce qu'elles reflètent de notre condition. En ne cessant de dépasser les limites, les courses-poursuites nous plongent dans le grand bain révélateur de notre réalité.
    Elles nous dévoilent le monde en le traversant à toute allure. Et tracent ainsi un itinéraire possible du cinéma, de notre histoire et de nos existences.

  • « Pourquoi me paraît-il nécessaire de faire la différence entre néo-noir érotique et thriller érotique ? Ou plutôt, comment en suis-je arriver à penser qu'il est nécessaire de définir à partir de critères drastiques le thriller érotique ? Tout simplement car si on se passe de cette rigueur, il est impossible de dégager le thriller érotique du néo-noir et du mélodrame et donc d'appréhender son impact socio-culturel et son historicité. Delphine Letort écrit, toujours dans l'article mentionné plus haut, que le thriller érotique, avec ses références aux films noirs des années 40 qui sont «placés sous les signes du pastiche de style», «ne plaide pas en faveur d'une culture innovante dans la mesure où les conventions du film noir sont réinvesties sans êtres considérées.» Cette affirmation émet un jugement de valeur sur le thriller érotique qui serait une sorte de sous-genre sans véritable valeur intrinsèque, une pâle copie du film noir auquel il n'arrive pas à la hauteur et, surtout, qui serait en comparaison symboliquement et culturellement moins intéressant. Les critiques, journalistes et universitaires semblent avoir trouvé jusque dans le film d'horreur, le slasher ou même la rom-com un intérêt, mais très peu au thriller érotique qui reste une sorte de vilain petit canard, de péché coupable des années 80 et 90 sur lequel on ne se penche pas en partant du présupposé qu'il n'y a pas grand chose à en tirer. »

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