• « Par quelle aberration peut-on penser que la politique consiste à désigner des ennemis alors qu'elle est la définition d'un partage : ce que nous avons en commun, nous individus, à l'intérieur d'une société et comment nous devons l'organiser ? » Les mots ne se contentent pas de décrire la réalité, ils la créent. En hystérisant le débat, en jouant la fureur, l'outrance, la polémique, bref en agitant de tous côtés le fanion rouge du scandale, tous les rhéteurs de l'excès abîment la démocratie et engendrent un état incertain où tout est possible. Ce n'est pas seulement la réalité de la situation qui provoque le malaise actuel, c'est sa déformation par les mots. L'expression lucide et mesurée d'une situation reste en démocratie le meilleur moyen d'affronter les problèmes. D'où nos difficultés si ce débat même est altéré, si la réalité est déjà déformée par les représentations hérissées et délirantes des polémistes. Notre tâche, c'est d'affronter les difficultés réelles, pas les délires.

  • La notion de démocratie, doctrine politique selon laquelle la souveraineté doit appartenir à l'ensemble des citoyens, est si bien enracinée dans la culture européenne et par voie de conséquence, nord-américaine, qu'elle est généralement considérée comme un concept purement occidental ; ainsi, la démocratie serait une valeur que l'Occident aurait pour mission de faire prévaloir et d'introduire dans des pays qui en auraient été jusque-là privés. Mais des difficultés inattendues, d'ordre militaire et politique, rencontrées par la coalition menée par les États-Unis durant la deuxième après-guerre irakienne ont soulevé une vague de scepticisme sur les possibilités de faire adopter dans le pays, dans des délais relativement courts, un gouvernement démocratique.
    Cependant, ce serait une erreur d'en tirer une conclusion trop rapide et de prétendre que la tentative "d'exporter" la démocratie ne pourrait qu'être vouée à l'échec. Le malentendu vient sans doute du fait que la notion de démocratie est parfois réduite à l'idée du suffrage universel ; en fait, l'expérience montre bien que dans des régimes totalitaires, les élections se ramènent souvent à une mascarade.
    L'originalité de la pensée d'Amartya Sen, économiste et humaniste, est de démontrer la complexité du problème de la démocratie. N'existe-t-il pas des racines globales, communes à toutes les formes de sociétés, et la démocratie n'est elle pas plutôt une valeur universelle ? Par de multiples exemples, Amartya Sen montre que le soutien à la cause du pluralisme, de la diversité et de la liberté peut se retrouver dans l'histoire de nombreux peuples : en Inde, en Chine, au Japon, en Corée, en Iran, en Turquie, et dans de nombreuses régions d'Afrique. Cette hérédité globale est une raison suffisante pour mettre en doute la thèse selon laquelle la démocratie serait un concept purement occidental.
    En effet, l'on entend par démocratie, non seulement l'exercice du droit de vote, mais aussi la discussion libre et responsable des thèmes politiques concernant les collectivités, ses racines sont repérables en dehors de la Grèce antique et de l'Occident en général : par exemple dans l'histoire de l'Inde antique, de l'Afrique, de l'Asie orientale et de l'Asie du Sud-Est.
    Dans les deux extraits recueillis dans ce livre, Amartya Sen, prix Nobel d'économie en 1998, illustre par des exemples concrets l'existence des traditions démocratiques séculaires dans des pays actuellement opprimés par des pays totalitaires, et il nous invite à ne pas commettre à l'avenir un pêché "d'impérialisme culturel" : l'appropriation indélébile de l'idée de démocratie. A partir de cette idée, il nous suggère en revanche d'explorer et de développer justement ces aspects qui sont des valeurs partagées par tous les hommes à différents moments de leur histoire.

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  • Progression de la mondialisation économique, accélération de la construction européenne, croissance du rôle du droit, montée en puissance des instances de régulation non élues, rôle plus actif du conseil constitutionnel : de multiples évolutions convergent pour ébranler les objets et les modes d'expression acquis de la volonté générale.
    Ces questions présentes s'éclairent dès lors qu'on les resitue dans une histoire longue et élargie du problème de la souveraineté du peuple. si celle-ci apparaît depuis plus de deux siècles comme le seul principe organisateur de tout ordre politique moderne, l'impératif que traduit cette évidence fondatrice a toujours été aussi ardent qu'imprécis. bien qu'il demeure inachevé, le projet d'une souveraineté plus active du peuple, en des termes qui renforcent la liberté au lieu de la menacer, reste toujours pertinent.

  • Radicaliser la démocratie.
    La démocratie est devenue prisonnière du principe de représentation et le marché lui impose désormais ses lois. Pourtant, malgré la montée des populismes et la défiance à l'égard des élus, l'idée démocratique vit dans les quartiers, les villes, les écoles, les entreprises, portée par des collectifs de citoyens qui prennent en charge directement les questions qui les préoccupent.
    Ces expériences manifestent une forme nouvelle de démocratie qui n'a pas encore trouvé son nom. S'agit-il de démocratie participative, d'opinion ou du public ? On pourrait plus justement l'appeler démocratie continue. Telle est la proposition de Dominique Rousseau, qui défend ici les principes et les implications d'une profonde réforme institutionnelle prenant acte du caractère vivant et concret de l'exercice de la démocratie.

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  • Réalité englobante qui commande représentations, modes de pensée et relation à soi et aux autres, la démocratie reste difficile à saisir comme phénomène et comme problème philosophique. Dans le cadre d'une sacralisation et d'une auto-célébration indissociables de sa mise en place historique, elle est confrontée au risque d'une banalisation qui en occulte la complexité. Puisant aux sources de la philosophie politique moderne et contemporaine, il s'agit donc de mettre la démocratie en perspective pour réfléchir aux valeurs qui la fondent et aux grands mécanismes qui en rendent l'exercice légitime pour dégager, ensuite, le type de société et d'humanité qu'elle implique.

  • La démocratie semble, dans son principe, la façon la plus séduisante d'organiser le pouvoir dans une société. Le peuple se gouverne lui-même ou par ses représentants et chacun, étant à la fois gouverné et gouvernant, apprend à tenir compte de l'intérêt général aussi bien que de ses intérêts individuels. Aujourd'hui, tout semble différent. Au doute, né il y a une dizaine d'années avec la « crise de la représentation » et l'épuisement du modèle productiviste, entre autres, a laissé place la défiance et aux revendications la colère. Certes, les aspirations démocratiques, exprimées à travers le monde, n'ont jamais été aussi fortes, mais outre qu'elles sont durement réprimées par les pouvoirs en place, elles cohabitent avec une montée de la demande autoritaire que révèle notamment le succès électoral des partis dits « populistes ». Les « vieilles » démocraties, les mobilisations et les inquiétudes populaires s'expriment sur fond d'affaiblissement, perçu ou réel, du monde occidental. Tout se passe comme si le modèle, longtemps attractif, incarné par l'Europe et les États-Unis, était devenu un repoussoir, faute de tenir ses promesses.

    Ce livre, dirigé par Jean-Vincent Holeindre, fait le point sur ce qu'est la démocratie aujourd'hui. Après un premier ouvrage sur le sujet il y a dix ans, il fait appel à de nombreux spécialistes pour redéfinir ce que ce système politique est devenu après les multiples crises qu'il a rencontrées ces dernières années.

  • Deux textes, deux mises en gardes urgents : l'IA va-t-elle dynamiter la politique  ?

    Pour Laurent Alexandre les effets de l'irrésistible progression de l'IA vont tout bouleverser.
    À l'origine on pensait qu'Internet deviendrait le principal outil de la promotion de la démocratie, au contraire le web est devenu un outil majeur de désinformation et de contrôle policier, allié des régimes les plus autoritaires. Le pouvoir est désormais tout entier dans une poignée de mains : Washington et ses GAFA, le parti communiste chinois et ses BATX.
    Le capitalisme cognitif c'est-à-dire l'économie de la connaissance, de l'IA et du big data va modifier radicalement la hiérarchie des nations. L'Europe est en péril, la France ne réagit pas, le politique est coupable  !
    Jean François Copé, dans un second texte, répond aux inquiétudes et anathèmes de Laurent Alexandre. La politique doit devenir plus importante que jamais pour réguler notre pouvoir démiurgique sur la nature et nous-même et donc décider de l'avenir de l'Humanité. Des initiatives précises sont à prendre à tous les niveaux  : manipulations génétiques, sélection embryonnaire, IA, la fusion neurone transistor... Il faut sauver la politique pour sauver l'homme. 

  • Brexit, élections de Donald Trump et de Salvini... avec la montée des populismes, on se demande aujourd'hui si la parenthèse démocratique ouverte il y a trois siècles n'est pas en train de se refermer.

    Ce livre aborde les raisons qui ont conduit au succès des populistes depuis le début du siècle, tout en définissant ce terme par trop dévoyé. Il rappelle ce qu'est l'essence de la démocratie depuis sa mise en place dans la Grèce antique jusqu'à son perfectionnement dans l'Angleterre du XVIIe siècle.

    Il propose aussi quelques pistes pour régénérer la démocratie en particulier en France où la volonté d'Emmanuel Macron, pourtant élu sur la dénonciation des élites a créé des blocages et des violences, affaiblissant un pays déjà fragilisé.

    Au coeur de la bataille pour sauver la démocratie, qui demeure le meilleur système de gouvernement, il faut une prise de conscience que la liberté et la transparence sont les meilleurs anticorps contre les virus populistes et extrémistes.

  • La crise des "Gilets jaunes", le Grand Débat National et la Convention citoyenne pour le climat témoignent d'une crise de la démocratie représentative et d'une demande corrélative de participation des citoyens en France. Ce phénomène existe aussi à l'étranger. Le droit comparé éclaire d'un jour nouveau l'analyse de la démocratie participative, son articulation avec les autres formes de démocratie représentative, semidirecte et délibérative ainsi que l'espace, national ou local, dans lequel elle trouve à s'appliquer. Il contribue ainsi à situer l'expérience française par rapport à celle d'autre pays afin de mesurer si la démocratie participative est un véritable vecteur de renouvellement démocratique.

  • Le mouvement des gilets jaunes est tout sauf anecdotique. Tenter de l'expliquer en se focalisant sur la sociologie des participants ou en évoquant la montée des populismes et le rejet des élites n'est guère probant.
    Luc Rouban voit dans ce mouvement le symptôme d'une profonde mutation du rapport au politique. En épluchant minutieusement sondages, enquêtes, baromètres ainsi que les remontées du grand débat national, il met au jour les sources cachées de cette mutation, ce qu'il appelle la matière noire de la démocratie.
    Alors que l'offre politique est devenue un produit comme un autre et qu'une part croissante de la population se sent privée d'autonomie et subit les effets de la mondialisation, la lutte des classes a changé de visage, les notions de représentativité et d'universalité n'ont plus cours.
    À un débat démocratique centré sur la poursuite de l'intérêt général à long terme s'oppose désormais une vie politique réduite à un échange de court terme entre un citoyen-client et un élu-fournisseur. Le choc frontal entre ces deux visions difficilement réconciliables (et dans lesquelles, paradoxalement, gilets jaunes et macronisme se rejoignent) crée de lourdes menaces sur la démocratie.

  • Notre belle démocratie ne serait-elle qu'un mythe ?
    Cernée par la tentation autoritaire, la démocratie paraît fragilisée. Brandie comme un étendard, la promesse d'un « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » n'a, semble-t-il, pas été véritablement tenue. La classe politique paraît souvent plus soucieuse de sa propre survie que du bien commun. La démocratie représentative ne serait-elle qu'un leurre ? Partout dans le monde, de nouveaux mouvements citoyens cherchent à mettre en oeuvre une démocratie horizontale. En déconstruisant les mécanismes et les croyances qui régissent notre vision du pouvoir, ce texte propose de refonder rigoureusement le concept de démocratie réelle.

  • Aujourd'hui la démocratie participative ne s'affiche plus seulement dans les discours, elle s'incarne dans des règles juridiques, des dispositifs participatifs, des services administratifs, des échanges marchands, etc. Les militants d'hier sont pour l'essentiel concurrencés par des professionnels (agents publics, consultants, salariés de grandes entreprises d'aménagement) qui vivent de l'offre de participation et ont, à ce titre, intérêt à l'entretenir. La demande de participation tend ainsi désormais à devenir la finalité et l'alibi de ce que les auteures qualifient de marché de la démocratie participative.
    En s'intéressant à la construction savante de l'impératif participatif, aux luttes d'expertises professionnelles qui l'ont accompagnée tout comme à la sociologie et aux pratiques concrètes de ces acteurs auxquels les autorités publiques ont confié la charge d'animer, d'organiser ou encore d'évaluer des dispositifs participatifs, cet ouvrage rappelle combien la qualité démocratique ne peut à elle seule expliquer le développement des politiques participatives en France. Les dynamiques de professionnalisation y ont joué un rôle majeur. C'est ce que montre cet ouvrage qui éclaire également les logiques sociales et politiques de la sophistication croissante des technologies de gouvernement et plus largement l'ambivalence politique du tournant participatif contemporain. Remise en cause sur le plan symbolique par la promotion du citoyen-expert et des formes participatives de légitimation politique, la division du travail politique entre le professionnel et le profane semble en pratique plus solide que jamais.

  • Les élections présidentielles de 2017 ont connu une fois de plus la victoire du « vote utile ». Depuis au moins 2002, ce vote domine largement les élections nationales. En réalité, le vote utile contribue à la domination sans partage du libéralisme, qui ne satisfait pas l'électorat et crée amertume et désillusion. Il convient donc de conduire la critique générale de la manière souterraine par laquelle s'est imposé un vote qui n'est pas conforme à ce qu'on peut espérer de la démocratie. C'est sur cette dernière qu'il faudra faire porter ensuite notre réflexion pour mettre en évidence les conditions possibles d'un renouveau démocratique, qui soit capable de répondre au désarroi et au désinvestissement politique des populations. Il en va en effet de l'avenir de notre société, qui est secouée par des crises multiples (économique, migratoire, écologique, etc.), dont celle de la politique n'est pas la moindre, à une époque où le fascisme renaît en Europe, en réponse à la violence sociale des réformes libérales, véritables destructions des protections collectives. Tout n'est pas perdu, parce qu'il existe en France comme ailleurs une aspiration démocratique forte, c'est-à-dire la volonté d'être acteur de son histoire et d'échapper au destin tracé d'avance que nous promettent les libéraux - la concurrence effrénée, les inégalités galopantes, la misère de masse au nom d'une conception dévoyée de la modernité et de la liberté.

  • La démocratie, un organisme vivant ? Une approche originale qui se propose d'en analyser les mécanismes et les dysfonctionnements.


    Diplômé de sciences politiques, Frédéric Bischoff défend une approche humaniste et non dogmatique des grands enjeux actuels.

  • Les chiffres record de l'abstention et le mouvement des gilets jaunes témoignent d'un fossé toujours plus profond entre l'élite et le peuple, les gouvernants et les gouvernés. Qu'elle soit ou non légitime, cette crise de confiance peut ruiner la démocratie. Comment rétablir le lien entre les électeurs et les élus étant entendu que la démocratie directe, sans délégation de pouvoir, serait vouée à un échec dramatique.
    Avocat, familier des procès d'Assises, Paul Le Fèvre s'inspire de son expérience des jurys populaires. Instauré en 1791, le jury est choisi par tirage au sort suivant des procédures très strictes. Il a rempli très honorablement son office depuis plus de deux siècles : pacifier les rapports sociaux ou, au moins, canaliser leurs débordements. Ses décisions peuvent être imparfaites mais aucune décision judiciaire ne l'est, y compris celles rendues exclusivement par des magistrats.
    Pourquoi ne pas étendre le tirage au sort à la vie politique ?
    Selon Paul Le Fèvre, l'expérience des jurys populaires réfute les objections selon lesquelles les « gens » ne sauraient appréhender un domaine complexe qu'ils ne maîtrisent pas. Le fonctionnement des jurys montre aussi qu'il n'y nulle propension de ces mêmes « gens » à céder aux excès ou aux illusions de l'émotion populaire.
    L'introduction du tirage au sort comme mode de désignation des représentants du peuple aux côtés (et non à la place) du mode classique de l'élection contribuera à réconcilier deux mondes qui se servent depuis trop longtemps de boucs émissaires réciproques. Elus et gens ordinaires seront désormais tous à bord du même bateau et responsables ensemble de son cap.

  • « L'Alsace n'existe plus » a dit François Hollande, interpellé par deux jeunes Alsaciens, suite à un conseil des ministres franco-allemand à Metz.
    « Il faut bien donner l'illusion qu'il s'agit d'une vraie réforme », a dit de son côté avec candeur à propos de la loi sur la réforme territoriale, dont elle était l'initiatrice, Marlyse Lebranchu, sa ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique.
    La désinvolture de tels propos dans la bouche des plus hauts responsables de l'État démontre que cette loi - qui a notamment marié de force l'Alsace à la Lorraine et à la Champagne-Ardenne - est une parfaite illustration des maux dont souffre la démocratie française : mépris du citoyen, bricolages législatifs, démission des partis, dénis démocratiques...
    À partir de la réalité politique et sociale alsacienne et en se référant à quelques grands théoriciens de la démocratie (Montesquieu, Pierre Mendès France, Jürgen Habermas...), Pierre Kretz, qui n'est membre d'aucun parti, analyse ici en toute liberté les mécanismes du délabrement des processus démocratiques français.
    Après Le Nouveau malaise alsacien, qui a connu un vif succès et a contribué à alimenter un débat dont les citoyens ont été privés, le présent ouvrage se propose d'approfondir la réflexion engagée, avec toute la clarté, l'humour et l'ironie qui lui sont propres.

  • Sommes nous toujours en démocratie ? La question est récurrente et suscite des réponses souvent contradictoires. Formellement, pour la plupart des pays économiquement développés dont la France, on peut répondre oui. Liberté d'association, d'information, votations...sont inscrites dans notre constitution et les séquences électorales rythment notre vie politique. De plus les dictatures à l'ancienne reculent dans le monde. Mais qu'en est-il de la démocratie réelle, vivante, participative, de ce fameux « pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple» ? L'objet de ce livre est d'analyser l'état actuel de notre démocratie en France et de proposer des solutions pour construire un nouvel âge démocratique. Après avoir dans la première partie déconstruit quatorze principales idées reçues sur la démocratie, véhiculées par la pensée et les médias dominants, nous formulons dans la seconde partie treize propositions susceptibles de ré-enchanter notre démocratie.

  • Il serait vain de chercher l'origine de la notion de démocratie, comme d'en proposer une seule définition, voire d'essayer d'en sérier toutes les manifestations. Sous ce terme se dessinent en réalité différentes formes d'exercice du pouvoir et donc de souveraineté du peuple, dont certaines sont plus persistantes, même si elles sont souvent renouvelées.
    Ainsi en est-il de la démocratie représentative, de la démocratie directe et de la démocratie participative.
    La première, qui constitue le modèle d'une conception universaliste, est souvent dite en crise, la deuxième est désirée mais peu appliquée, et la troisième, présentée comme un substitut ou un complément des deux autres, prendrait mieux en compte la diversité des citoyens.
    Nonobstant les débats, souvent d'ordre politique, sur les formes de la démocratie, il semble aujourd'hui que la notion les rassemble finalement toutes, dès lors qu'elles peuvent légitimer les institutions, les pouvoirs et les normes.
    Mais encore convient-il de s'assurer que la concurrence des formes n'affaiblisse pas la démocratie tout entière.

  • "Cet ouvrage cherche à cerner les moyens pour assurer la prévention de la radicalisation, d'où qu'elle vienne. Fruit d'un colloque organisé par l'association CEDEC (Chrétiens pour une Église Dégagée de l'École Confessionnelle), il affirme d'abord haut et fort que la loi, celle de la République, n'a pas à se soumettre aux aspirations d'une communauté étiquetée « religieuse » (ou d'un autre groupe convictionnel). Seuls des citoyens élus, représentants de la nation, ont la responsabilité de l'exprimer."

  • Il aura suffi d'un virus pour déchirer le voile et révéler l'état de délabrement de notre société, résultat notamment de décennies de financiarisation de l'économie. Défection de l'état au profit des lobbies, décisions politiques à courte vue, services publics à l'abandon, enrichissement croissant des plus nantis, paupérisation galopante, krach écologique, c'est un monde en jachère d'idées et de principes que nous découvrons à l'occasion de cette pandémie.

    Cette dynamique ne date pas d'hier, comme le rappelle le Professeur Marc Chesney: si nous en percevons aujourd'hui les stigmates, cela fait des décennies que la "crise permanente" volontairement entretenue par un monde financier dévoyé nous touche tous et toutes au quotidien.

    Le bilan exposé, c'est à une prise de conscience citoyenne à laquelle appelle l'auteur. Des solutions existent, et ce livre coup de poing les identifie. Il nous rappelle également que le monde de demain ne sera autre que celui que nous en ferons.

  • Les frontières séparent, dit-on, les territoires, les espaces, les individus et les communautés. Elles sont tantôt solides comme un mur, tantôt légères comme un fil. Matérielles ou symboliques, durables ou éphémères, profanes ou sacrées, les frontières partagent. Mais, comme la porte, la frontière est aussi ce que deux entités ont en partage ; comme le seuil, la frontière entrelace les espaces.
    L'eruv est cette frontière discrète, ce mur symbolique fait de portes, cette séparation presque immatérielle qui privatise une portion de la voie publique pour permettre aux Juifs rabbiniques de respecter les interdits du shabbat à l'extérieur du domicile.
    Réfléchir à l'eruv - ce mur fait de fils tendus sur la ville -, c'est interroger notre lecture d'un espace commun aux significations multiples, c'est questionner notre conception de la bonne distance entre la religion et le politique, c'est évaluer la tolérance des sociétés démocratiques à la différence. Sans que les frontières ne deviennent des clôtures et sans que les portes ne se transforment en murs.

  • "L omniprésence de ""démocratie"" est l un des faits les plus significatifs de notre ère. De nos jours, la démocratie est le nom du Bien en politique. Ce n était pas le cas pendant la majeure partie de l histoire humaine où le mot évoquait un Mal politique absolu. On lui reprochait les principaux défauts des régimes politiques auxquels on l oppose actuellement. À rebours du mythe récent selon lequel la démocratie est une ""valeur"" occidentale, le fait est que s il y a une constante historique de la pensée politique occidentale, c est bien la haine de la démocratie."

  • Les crises politiques, sociales, financières qui secouent le monde actuel installent chaque jour un peu plus la défiance entre les sociétés et les États. Les « révolutions » populaires de ces dernières années sont sans ambiguïté. C'est bien l'approche gestionnaire de l'État et sa mise sous tutelle d'intérêts spécifiques qui indignent et suscitent un rejet des peuples, non l'État en tant que tel. Mais face à ses défaillances, les populations s'auto-organisent ou se tournent vers d'autres « autorités » et repères, qui en viennent à concurrencer, voire à remplacer l'État de manière rampante, autoritaire ou violente.

    Se pose dès lors la question de la légitimité de l'État, à savoir ce qui fonde l'adhésion volontaire des populations à ce dernier, lui conférant sa qualité d'autorité politique suprême. La légitimité est au coeur de l'ancrage social, de la définition du sens et des valeurs partagées censés organiser le vivre-ensemble et de l'effectivité de l'État. En cela la question de la légitimité soulève des enjeux graves et importants. Elle est un pilier de la régulation pacifiée des sociétés et une condition de survie de la démocratie.

    Cet ouvrage propose une méthodologie pratique de la légitimité pour une refondation démocratique. Si le premier volume avait vocation à décrire des processus de légitimation du pouvoir politique dans différents pays du monde, ce second volet pose les jalons d'une démarche politique, la mise en oeuvre de « l'action publique plurielle ». Jetant un pont entre les théories et les pratiques, il entend donner aux acteurs étatiques et non étatiques les capacités, les moyens et surtout l'envie d'agir pour faire vivre le pluralisme social et aider à son institutionnalisation : l'État refondé.

  • Ce livre propose un mode mode de gouvernance qui tout en reposant sur les valeurs universelles de la démocratie libérale, intègre les particularités culturelles de l'Afrique en général et de la République Démocratique du Congo en particulier. Il démontre qu'il était "prétentieux" de croire que la démocratie pouvait aisément s'importer sans prendre en compte les contingences sociologiques du milieu.

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