• Jean-Louis Barrault, figure majeure de la vie théâtrale du XXe siècle, a assis le nouveau métier de metteur en scène et son art  de façon novatrice en centrant le travail sur l'espace scénique et le corps de l'acteur. Le corpus de textes réunis ici, et écris par Barrault lui-même, vise à redécouvrir son approche pour saisir le théâtre d'aujourd'hui dans une généalogie.

  • Scènes

    Yannis Kokkos

    Un beau livre qui retrace le parcours de Yannis Kokkos, depuis l'enfance, sa formation, ses débuts de scénographe et costumier pour le théâtre et l'opéra, les années avec Antoine Vitez et d'autres artistes, à sa carrière de metteur en scène international. Plus d'une centaine de documents inédits dans ce véritable journal intime mais aussi catalogue d'une exposition sur Yannis Kokkos au Centre national du costume de scène en novembre 2020.

  • Plus ancien théâtre d'Europe encore en activité, la Comédie-Française associe de façon organique une troupe, un répertoire joué en alternance et un espace de création permanents dans un établissement marqué par son exceptionnelle pérennité. Son histoire se mêle intimement à celle des spectacles en France. Emblématique des relations privilégiées autant qu'ambivalentes entre théâtre et État-nation, celle qu'on appelle la «maison de Molière» alors qu'elle naît sept ans après la mort de son «saint patron» - a toujours été investie d'une double vocation: identifier, à chaque époque, parfois avec retard, les innovations artistiques émergentes, tout en valorisant un patrimoine littéraire qui ne cesse de s'enrichir.

    Glorifiée comme le sanctuaire de la consécration, elle est parfois dénigrée pour cette même raison. Elle est longtemps appelée «Théâtre-Français», en référence à son rôle symbolique aussi bien pour la politique culturelle nationale que son rayonnement dans le monde. Elle offre ainsi un poste d'observation sans équivalent du rapport entre culture et pouvoir. Forte aujourd'hui de ces quatre cents employés issus de plus de soixante-dix professions, elle permet une plongée unique dans un ensemble de cultures de métiers relevant de l'artisanat d'art: scénographie, décors, costumes, machinerie, régies, accessoires...

    Cet ouvrage retrace les grandes phases de l'histoire politique, administrative, juridique, artistique, technique, sociale et économique d'une institution très présente dans l'imaginaire culturel des Français comme des étrangers. Il s'appuie sur un exceptionnel fonds d'archives, conservées depuis sa fondation en 1680, et de nombreuses oeuvres émanant de peintres, sculpteurs, architectes, comédiens ou metteurs en scène. Richement illustré de plus de 240 documents, pour partie inédits, il articule de manière originale les regards croisés de la conservatrice-archiviste et de l'historien du théâtre. Il vise un public étendu, allant des spectateurs de théâtre et des étudiants aux amateurs d'art et d'histoire.

  • Enfant de la province (Franche-Comté), fils d'ouvriers (usines Peugeot), Jean-Luc Lagarce voulut très tôt faire du théâtre. Avec quelques amis rencontrés au Conservatoire de Besançon, il fonde une jeune compagnie amateure, La Roulotte, qui deviendra professionnelle.
    C'est pour elle qu'il écrit ses premières pièces, met en scène, adapte, joue parfois et commence la rédaction d'un Journal qu'il tiendra jusqu'à la fin de sa vie, à 38 ans, mort du sida le 30 septembre 1995.
    Grand lecteur de romans, de journaux, dévoreur de films, son théâtre se nourrit de tout cela, mais d'abord de sa famille, de ses amis, de ses amants, mais encore de la vie théâtrale d'hier et d'aujourd'hui. La maladie, l'adieu avant la mort, le retour hantent son oeuvre de plus en plus fulgurante quand l'échéance approche, cependant si le sida habite son corps, le mot n'apparaît dans aucune de ses pièces. Reconnu de son vivant comme metteur en scène, il ne le sera pleinement comme auteur qu'après sa mort ou la scène révélera des chefs-d'oeuvre dont le plus connu Juste la fin du monde. Jean-Luc Lagarce est aujourd'hui un auteur culte, l'un des premiers auteurs contemporains français joués de par le monde et traduit en trente langues.

  • Henrik Ibsen, le plus célèbre des écrivains scandinaves, a pourtant vécu vingt-sept ans hors de la Norvège et a distillé son amertume envers son pays natal dans des portraits grinçants de provinciaux sans idéal. Admiré dans toute l'Europe de son vivant, il est compris par les symbolistes comme l'auteur d'un théâtre d'art, espace de pensée et de rêve voué aux apparitions spectrales de personnages évanescents, alors que les naturalistes voient en lui le « Zola du nord » et célèbrent ses drames bourgeois faisant la part belle à la défense de l'émancipation féminine et à la dénonciation des politiciens corrompus.
    Ce sont toutes ces facettes et ces contradictions que ce livre tente de restituer : Ibsen féministe mais conservateur, Ibsen patriote quoique critique envers la Norvège, Ibsen inventeur du drame moderne tout en revendiquant le modèle de la « pièce bien faite » de Scribe et Augier n'a pas fini de nous étonner.

  • Oublier le temps

    Peter Brook

    Ni autobiographie classique, ni thèse sur le théâtre, Oublier le temps étire le fil des souvenirs. Ancrés dans un monde de sensations, à la fois précis et évanescents, ils se manifestent sous la forme de réminiscences - bribes qui s'appellent mutuellement, comme pour esquisser une vaste réponse à la question de savoir comment on en vient au théâtre. Peter Brook montre combien une vie peut être habitée par une vocation autant qu'elle peut la faire.

    L'auteur relate dans cet ouvrage ses débuts à Londres, son installation à Paris, ses rapports avec le groupe Gurdjieff, ainsi que ses rencontres avec des figures culturelles marquantes de la vie culturelle française et internationale.

  • Prix Nobel de littérature en 1934, Luigi Pirandello (1867-1936) n'en reste pas moins un classique méconnu. Par ses quarante-trois pièces, sept romans et deux-cent quarante et une nouvelles - auxquels s'ajoutent sept recueils de poèmes et des essais copieux -, il a déployé une oeuvre monumentale et intimidante, qui sema la panique sur les scènes de l'époque avec une déconstruction audacieuse de la comédie bourgeoise.
    Six personnages en quête d'auteur, Ce soir on improvise ou Les Géants de la montagne - des pièces montées par des monstres sacrés comme Ingmar Bergman, le Living Theater ou Giorgio Strehler - ne sont que les arbres qui cachent une forêt obscure, dressée comme une forteresse par un Sicilien athée épris de philosophie. Sa force n'est pas dans l'intelligence mais dans le désespoir, dans une radicalité qui déchiffre sans pitié les contradictions de l'existence.
    Pirandello se disait lui-même balloté « dans un tumulte des pensées et des sentiments, dans lequel quiconque se sentirait chavirer comme dans les spirales tournoyantes d'une tempête ; un vertige à en mourir ou à devenir fou ».
    Son génie indéniable est à la mesure de cette onde de choc, des vagues inconsidérées qu'il provoque à son corps défendant, en essayant de contenir une énergie brute et éprouvante dans une « croûte conceptuelle », dans une « coagulation douloureuse » : « mon travail est comme une fresque de Tiepolo », clamait-il en réaction aux mises en scène trop pédantes de ses pièces, « perpétuellement balayé par un vent fantasque ».

  • Le 1er juin 1938, une tempête s'abat sur Paris, faisant une victime : Ödön von Horváth, né 37 ans plus tôt, tué par une branche que le vent arrache alors qu'il sort d'un cinéma. La fin tragique de cet écrivain fauché en plein élan est à l'image de textes qui ne cessent de nous interroger et dont les titres semblent à eux seuls une profession de foi poétique : Casimir et Caroline, Légendes de la forêt viennoise, Foi amour espérance, Don Juan revient de la guerre, Nuit italienne... Enfant de la Mitteleuropa, attaché à sa langue comme à une patrie, Horváth assiste avec stupeur à la montée des nationalismes et des extrémismes, lui pour qui le dialogue est sans doute l'essence de l'humanité. C'est par l'écriture en général, par le théâtre surtout qu'il témoigne des injustices, des scandales, des lâchetés, mais aussi des beautés qu'il découvre. Son oeuvre, à nulle autre comparable, est faite de fulgurances poétiques, d'ambiances et de mouvements, de lumières et de couleurs. Développant un art du fragment et de la fresque dramatique, il dessine le destin d'êtres, de femmes en particulier, saisis dans les convulsions d'une société déboussolée : celle de l'Europe qui vacille au bord de toutes les abîmes.

  • Né au Maroc, arrivé en France à peine âgé d'un an en raison de problèmes de santé, Mohammed Benyamna a mis des années à trouver sa voie. Bon footballeur et fan du joueur marocain Aziz Bouderbala, il n'avait pas les moyens de s'acheter un maillot floqué à son nom.
    Il s'amusait donc à l'écrire dans le dos d'un T-shirt vierge. « Bouderbala » étant bien trop long pour la largeur de son dos, il l'a réduit en « Bouder », ce qui lui a valu ce surnom dans son quartier. Tout le monde le connaissait, très blagueur, souriant et plein d'entrain, il s'est servi de ces qualités pour devenir éducateur pour les jeunes, sa vie tournait autour du football. Découragé par le manque d'intérêt porté aux enfants de ces quartiers, il a tenté de changer de chemin.

    Il a passé son BAC, fait des études de comptabilité, il s'est donné les moyens de réussir mais son physique, son nom, son adresse semblent lui avoir fermé les portes. Jusqu'au jour où le directeur de son école l'a menacé de le virer trois jours après une grosse bêtise. Il lui a proposé un deal : « Je ne te vire pas si tu t'inscris au cours de théâtre du soir ». Sans conviction, Booder a accepté et sa vie a changé. Sa passion, il l'avait trouvée. C'était la scène, l'humour, le jeu. Il pensait qu'il était impossible de gagner sa vie en faisant des blagues mais il a persévéré.

    Et après quelques années, quelques salles vides ou avec seulement trois ou quatre personnes assises dans le public, il ne s'est jamais découragé et le succès est arrivé. Il ne gagnait pas beaucoup d'argent mais les gens commençaient à le reconnaître, il les faisait rire. Il écrit son premier spectacle en 2000, joue dans plusieurs films puis, c'est la traversée du désert.

    Booder a eu le bonheur de devenir papa mais sa carrière se met à stagner. Pendant un an et demi, on n'entend plus beaucoup parler de lui. Le téléphone sonne moins et il se retrouve au RSA.

    Pour autant, il ne se laisse pas aller. Sa force de caractère, son amour pour la famille, le pousse à rebondir, à faire un come-back et ça marche. Son sourire, sa bienveillance et son humour ont manqué au public qui lui réserve un accueil chaleureux. Booder, très aimé des enfants et des jeunes, comprend alors qu'il doit raconter son histoire. Il doit dire qu'il ne faut jamais se décourager, s'accepter tel que l'on est, coûte que coûte, et se donner les moyens d'atteindre ses objectifs. Tout est possible. Dans les moments difficiles, il existe toujours une clé, une bouffée d'oxygène. La vie nous offre toujours des « bouts... d'air » pour continuer à espérer.

  • Anton tchekhov, une vie

    Rayfield Donald

    • Louison
    • 28 Février 2019

    Anton Tchekhov. Une vie est la biographie faisant autorité sur cet auteur russe si populaire, mais assez peu documenté hors de Russie. Résultat d'un long travail de recherches menées durant les années 1980 et 1990, ce livre a pour source des archives personnelles de la famille Tchekhov jusqu'alors inconnues, ainsi que des correspondances inédites. Si ces documents étaient jusqu'alors ignorés, c'est parce qu'ils avaient été interdits sous l'URSS, ou bien oubliés des universitaires. Michael Frayn, traducteur d'oeuvres d'Anton Tchekhov et de Léon Tolstoï, dit à propos de cet ouvrage qu'il est « l'ultime biographie sur Tchekhov, et elle le restera probablement longtemps.
    Donald Rayfield commence avec l'énorme avantage d'utiliser des toutes nouvelles sources interdites par pudibonderie sous le régime soviétique, ou habilement ignorées des universitaires. Mais sa maîtrise de toutes les sources, qu'elles soient anciennes ou nouvelles - représentant une énorme archive - est magistrale, sa connaissance globale de la période historique impressionnante ; sa connaissance du russe sensible à chaque nuance d'une langue russe quotidienne voire familière, et son style assuré. Il réussit à capturer un portrait du réputé allusif Tchekhov qui commence enfin à prendre figure humaine - mais se révèle surtout extraordinaire. » Le travail de recherche minutieux de Donald Rayfield se ressent dans cette épaisse biographie au style fluide et agréable bien que fourmillante de détails, alors même qu'elle recouvre une vie longue de seulement quarante-quatre ans. Courte existence que l'on suit chronologiquement depuis l'enfance, à travers la maladie, les histoires de coeur et, bien évidemment, l'écriture, d'abord de nouvelles pour les journaux, puis du célèbre L'île de Sakhaline. Notes de voyage, et des non moins fameuses pièces aux débuts chaotiques. Cette biographie s'attarde sur chaque détail, des noms des animaux de compagnie de l'auteur, à ses relations compliquées avec ses frères et soeurs. L'on suit l'évolution de sa carrière littéraire, les difficultés financières qui l'accompagnent, ainsi que les premiers succès. Anton Tchekhov se révèle tout aussi grand voyageur que séducteur, pilier d'une famille modeste aux caisses souvent vides, et médecin philantrope finançant des écoles autour de Taganrog et Melikhovo, là où se trouvent respectivement sa maison de famille, et sa datcha.

    Une biographie qui permet donc non seulement de mieux connaître les dessous de l'écriture des oeuvres de l'auteur, mais aussi sa vie familiale, amoureuse et amicale, et les incidences de celle-ci dans les intrigues et personnages de ses nouvelles, romans et pièces de théâtre.

  • En 1964, Ariane Mnouchkine, avec un groupe d'amis, fonde le Théâtre du Soleil, qui occupe depuis lors une place très particulière dans le paysage théâtral français et international. Elle transmet, à travers des stages ouverts à des participants de toutes nationalités, le savoir théâtral acquis par la troupe et sa démarche artistique. A l'occasion d'une rencontre avec des élèves de deux écoles de théâtre (ENSATT de Lyon et CNSAD de Paris), elle revient par petites touches sur ce qui l'a conduite au théâtre, sur ce qui nourrit son travail de mise en scène, ses influences (théâtres du monde, théâtres traditionnels, actualité, grands auteurs). Elle s'arrête sur la démarche qui a abouti aux deux dernières créations collectives de la troupe. Béatrice Picon-Vallin présente son travail de metteur en scène avec le texte de théâtre, et son évolution, regroupe l'essentiel de cette conversation vivante et la complète par des extraits de notes de stage sur le jeu de l'acteur, l'improvisation et ses règles.

  • Prolifique et brillant dramaturge - il a écrit 124 pièces ! -, écrivain, scénariste et cinéaste, Sacha Guitry a dominé son temps par son oeuvre et ses célèbres aphorismes qui restent au goût du jour. Pour preuve, son oeuvre est un bréviairepour qui veut briller dans les dîners ou clore un discours par un mot d'esprit !
    De sa plume, Guitry gratte l'Histoire, la psychologie, le couple ou la vie en société pour en tirer des bons mots ou des sagesses cruelles. Car le monde de Sacha Guitry, c'est l'Homme... et surtout la femme ! Les qualités, les vices, les charmes, les horreurs, l'intangible comme l'éphémère, l'éternel féminin ou le mortel masculin, la morale comme l'instinct : tout passe sur le divan du docteur Guitry - un divan convertible en lit, bien sûr. Sa plume est un scalpel, il fouille les viscères et les âmes, sonde les reins et les coeurs, sculpte les vérités et traque les secrets.
    Le monde de Sacha Guitry, c'est aussi le passé, celui des gloires et des puissants et d'un certain art de vivre, celui de l'âge d'or. Comme il y a du désespoir derrière son humour, il y a de la nostalgie derrière sa culture. Enfin, c'est Paris, un jardin à la française délimité par les Champs-Élysées, l'avenue de Messine, la place Édouard VII et l'avenue Élysée-Reclus.Avec quelques escapadessur la Côte et un séjour à Fresnes...
    Homme de plume et amoureux du théâtre, Christophe Barbier nous emmène pour un savoureux voyage dans l'univers de celui qui semble avoir dédié sa vie à l'esprit français.

  • À l'occasion de la reprise de «De la maison des morts »de Janácek, en novembre 2017, la Bibliothèque nationale de France et l'Opéra national de Paris mettent à l'honneur le travail de Patrice Chéreau pour la scène lyrique. Metteur en scène, cinéaste et acteur, Patrice Chéreau (1944-2013) a profondément marqué le paysage artistique de ces dernières décennies. Parallèlement à son travail théâtral, il se lance très tôt dans la mise en scène d'opéra. Après des débuts remarqués au Festival de Spolète et à l'Opéra de Paris, il s'impose sur la scène internationale à l'occasion du centenaire du Festival de Bayreuth, avec une production historique de la tétralogie de Wagner, «L'Anneau du Nibelung», dirigée par Pierre Boulez. À travers une centaine de documents issus des collections de la BnF, de l'IMEC et de collections privées (manuscrits, correspondance, dessins, maquettes, photographies...), l'exposition invite à explorer les processus de création mis en oeuvre pour l'opéra et interroge la spécificité du travail mené pour la scène lyrique : direction des chanteurs, dialogue avec les chefs d'orchestre, concepteurs lumière et costumes, choix des décors - véritables agents du drame en train de se jouer - avec le scénographe Richard Peduzzi.

  • Le théâtre de Max Frisch développe sous forme ludique et métaphysique la pensée d'un moraliste convaincu que la dignité de l'homme réside dans la liberté : la culpabilité, la bien-pensance, le narcissisme, l'infidélité, l'ennui, l'affabulation, la conscience qui fractionne la réalité, le rêve qui l'unifie et la fait disparaître, la fatalité des stéréotypes. Il est difficile de situer une telle oeuvre qui doit autant à la dramaturgie brechtienne qu'au théâtre de l'absurde. Dans ces vertigineux huis-clos se rencontrent le baroquisme d'un Pirandello et la fable existentialiste. Théâtre du doute absolu et de la dérision, théâtre de la conscience politique plus que théâtre politique, l'oeuvre dramatique de Max Frisch constitue un solide remède pour notre époque, éprise de certitudes.

  • Corps et acteur sont au coeur des enjeux du théâtre de Thomas Ostermeier. Sa pratique de la scène, qu'il veut artisanale, commence par un apprentissage du regard, puis s'élabore dans une dynamique d'expérimentation, autour du plaisir du jeu, de la conception scénographique, du mouvement chorégraphique, de la composition musicale et de la partition rythmique. Chacune de ses trois à quatre mises en scène annuelles est l'occasion d'explorer de nouvelles formes, dans une perpétuelle recherche influencée autant par Meyerhold ou Eisenstein que par Artaud.
    Dans ces entretiens avec Sylvie Chalaye, Thomas Ostermeier revient sur sa formation à Berlin, entre beaux-arts, musique et art dramatique, sur ses expériences à la Baracke, sur ses compagnonnages comme sur ses influences croisées. L'occasion de transmettre quelques clefs de sa pratique artistique.

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  • Grâce à son génie de la poésie et du théâtre, Shakespeare, simple fils de gantier, se sera bâti un monument pour l'éternité. Alors, où trouver les raisons d'un succès qui, loin de se démentir, s'est désormais élargi aux dimensions du monde ? Dans sa passion, sans l'ombre d'un doute. Passion de la poésie et théâtre de la passion. Avec Shakespeare nous gravissons jusqu'au vertige le grand escalier de l'histoire. Avec Shakespeare, le sublime n'est jamais loin dans ces moments pleins de bruit et de fureur où se succèdent et s'entremêlent l'horreur, le pathétique et le rire. Richard III, Hamlet, Macbeth, Falstaff, Cléopâtre n'ont pas fini de nous fasciner, ni la musique de sa langue de nous enchanter.
    Si d'aucuns semblent persuadés que Shakespeare n'était pas Shakespeare mais Sir Francis Bacon, le comte d'Oxford, ou la reine Élisabeth Ière, libre à eux de continuer à chercher les clés du mystère. Mais nous ne nous détournerons pas ici de l'essentiel. Loin de ces débats d'arrière-garde, l'amoureux comme l'enseignant passionné que je suis de son théâtre et de ses poèmes s'est principalement efforcé au gré de ce vagabondage festif de faire partager son plaisir grâce à la saveur unique que peut procurer une oeuvre qui, quatre siècles plus tard, n'a décidément pas pris la moindre ride.

  • «Totem» est repise sur la plaine de jeux de Bagatelle du 25 octobre au 2 décembre 2018 (Paris). «Kanata» est jouée du 15 décembre au 17 février au Théâtre du Soleil (Paris). Robert Lepage est aujourd'hui l'une des grandes figures de la mise en scène internationale. Né en 1957 à Québec, il entre au Conservatoire d'art dramatique de la ville avant un séjour à Paris, où il suivra un atelier dirigé par Alain Knapp et découvrira les spectacles du Théâtre du Soleil. Très vite, il développe un théâtre visuel, inspiré à la fois par le théâtre d'objets, l'univers des marionnettes et la culture orientale. 

  • L'oeuvre dramaturgique d'Aimé Césaire (1913-2008) tient en une trilogie (à laquelle on peut ajouter Et les Chiens se taisent, son premier essai d'écriture scénique, qu'il désignait sous le terme d'oratorio). Mais il est parvenu, en faisant une moisson inégalée d'images flamboyantes, à exposer dans ces trois textes les moments primordiaux de l'histoire du peuple noir : la libération de l'esclavage et un pays à créer dans La Tragédie du roi Christophe, la difficile accession à l'indépendance et le caractère impitoyable du néo-colonialisme dans Une Saison au Congo et la réalité du racisme et de la ségrégation dans Une Tempête. Cette trilogie constitue comme la tête de lecture de l'oeuvre entière de Césaire en permettant d'interpréter à leur juste valeur les autres textes majeurs - d'une indéniable théâtralité - tels que Cahier d'un retour au pays natal ou Discours sur le colonialisme. Elle se présente surtout comme « la poésie mise à la portée du peuple », selon le voeu de l'auteur. Ce livre s'efforce de mettre en évidence l'étonnante actualité, à portée universelle, de ces démonstrations qui sont comme autant de témoignages toujours à méditer.

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  • Dans la continuité de Qu'est-ce que la dramaturgie ? - publié en mai 2010 dans la même collection -, Joseph Danan soulève, dans ce nouvel essai, la question de la place et de l'avenir du texte théâtral face à des spectacles-performances de plus en plus présents sur la scène contemporaine. L'occasion de redéfinir ce qu'est l'art de la performance à travers des artistes majeurs, d'Antonin Artaud à Romeo Castellucci, et de mettre en relief l'avenir de l'écriture théâtrale.
    Joseph Danan mène une triple activité d'écrivain, d'enseignant et de dramaturge auprès du metteur en scène Alain Bézu. Il est professeur à l'Institut d'études théâtrales (Sorbonne Nouvelle - Paris III) où il enseigne la dramaturgie contemporaine. Ses dernières pièces sont éditées chez Actes Sud-Papiers. Son dernier essai, Qu'est-ce que la dramaturgie ?, a été publié chez Actes Sud-Papiers en 2010, et plus récemment L'Atelier d'écriture théâtrale en compagnie de Jean-Pierre Sarrazac (Actes Sud- Papiers, coll. «Apprendre», 2012).

  • Le parcours atypique de Michel Vinaver lui a appris à se trouver à la fois au coeur et à distance de toute chose, et c'est peut-être l'un des fondements de sa pratique d'auteur. Venu au théâtre par hasard, il ne s'est pas contenté de l'écriture de pièces : ses Ecrits sur le théâtre, entre autres, en témoignent et soulignent son acuité de lecteur, de spectateur autant que ses relations houleuses mais fécondes avec la mise en scène.
    « Aujourd'hui est le plus beau jour de ma vie », déclare un de ses personnages. Collision entre le quotidien et les fissures de l'Histoire et des mythes, l'oeuvre de Vinaver, depuis les années 50, instaure un rapport vivant et inédit au monde, un ici et maintenant vers lequel tout converge. Son écriture fragmentaire aux allures de chronique, innervée par l'ironie, ne cesse de fouiller le réel, d'en proposer la redécouverte en inventant gaiement les voies pour le traverser et résister à ses assauts. A bien des égards iconoclaste et précurseur, le théâtre de Vinaver invite, dialogue, en même temps qu'il bouscule, mais sans jugement.
    Ce livre propose de cheminer dans une « dramaturgie du passage » afin de rendre sensible la remarquable intégrité d'un auteur qui chante le monde avec la persévérance, la distance et la poésie d'un clown-blanc.

  • A travers images, documents, témoignages, ce livre propose la rétrospective d'une aventure individuelle et collective à Lyon et Villeurbanne, exemplaire de la décentralisation théâtrale.

  • Jean-Jacques Lemêtre s'intéresse dès le plus jeune âge au timbre et à la couleur des instruments, nourri par les cultures terre-neuvienne et tzigane de ses parents. Il rejoint le conservatoire et multiplie dans le même temps les expériences musicales non conventionnelles, avec l'américain Moondog notamment. Des plus anciens aux plus modernes, Jean-Jacques Lemêtre collectionne bientôt des milliers d'instruments, écrit des musiques aux inspirations multiples. Lorsqu'il rencontre Ariane Mnouchkine en 1978, l'artiste découvre enfin une équipe, un lieu qui vont lui permettre de «poser ses valises». En racontant ce parcours atypique, Pierre Longuenesse dévoile aussi les ressorts d'une dramaturgie caractéristique du Théâtre du Soleil, où la musique tisse un dialogue avec les corps et devient écriture au plateau, où la parole des comédiens presque chantée devient «envoûtement». Pédagogique, le texte est complété par la retranscription en fin de volume des exercices imaginés par l'artiste au cours des ateliers qu'il a menés, et met à la disposition des lecteurs ces activités comme autant d'outils pour découvrir ce travail du jeu avec la musique.

  • Cet ouvrage est un récit intime et un texte manifeste des moments clés de la vie de Richard Peduzzi, cet homme qui dans les années 1960 s'est détourné de son atelier de peintre pour l'espace théâtral, celui où il a pu "construire sa peinture". Les dessins, photographies et maquettes qui accompagnent le récit sont mis en regard avec tout ce qui nourrit son inspiration : l'architecture, l'histoire de l'art, la musique, l'opéra, le jazz, la littérature, le cinéma, la photographie, mais aussi des souvenirs d'enfance, des lieux, des rencontres. Richard Peduzzi, dans une succession de textes courts qui correspondent chacun à une période marquante, raconte son parcours. Il nous dévoile ses images, leurs sources, ses visions et comment leur accomplissement dans un décor est né de leurs métamorphoses.  Dans cette nouvelle édition assortie de photos et dessins inédits, Richard Peduzzi se confie par de nouveaux fragments. Après le décès de ses deux grands amis, les metteurs en scène Patrice Chéreau et Luc Bondy, il a eu le sentiment de perdre le théâtre, une partie de lui. Et il s'en est détourné : rénovation d'un hôtel rue du Faubourg-Saint-Honoré, commissariat de l'exposition Chaumet en Chine, décoration de la Scala à Paris... Mais le théâtre lui manque. L'odeur du théâtre. Il évoque ce manque-là qui lui rappelle d'autres manques liés au début de l'âge adulte : manque lié à la drogue, manque des parents, de structures, de référents, d'avenir. Mais finalement, partout où il intervient aujourd'hui, dans tous ces espaces fermés, il rêve et y met son théâtre.

  • "Dans cette première monographie consacrée à Olivier Py, actuel directeur du Festival d'Avignon, il m'a semblé nécessaire de ressaisir l'ensemble d'une oeuvre et d'une activité extraordinairement profuses et diverses - dont, par goût ou par âge, le public n'a en général qu'une connaissance circonscrite : théâtre ou opéra, Srebrenica ou Miss Knife, La Servante ou Orlando - afin d'articuler tous les pans d'une conception du monde et du théâtre, et d'en montrer la puissance et surtout la cohérence." Timothée Picard

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