• Le Pré de la chèvre, longue nouvelle publiée isolément en 1937 dans une édition illustrée de gravures sur bois due au graveur anglais Gwenda Morgan (1908-1990), offre un accès des plus plaisant à l'oeuvre singulière entre toute de Theodore Francis Powys. Mr. Nutty, est un marchand d'articles de sport et notamment de ballons de football dont les rondeurs ont presque autant d'attraits pour lui que le dos de celle qui va devenir sa première femme.
    Hélas, celle-ci mourra accidentellement, frappée par le ballon que son mari avait cru bon d'offrir en guise de dot à son père ! Ce malheur va inciter Mr. Nutty à s'interroger sérieusement sur "ce que signifie donner et recevoir" . Il en vient à penser qu'il n'y a qu'un seul don (dont la nature sera révélée à la fin de l'histoire) qu'hommes et femmes pourraient recevoir sans craindre aucun danger. S'étant retiré dans le hameau du Prè de la chèvre, il y observe, comme le faisait Powys lui-même, la vie des habitants de ce nouvel avatar d'East Chaldon.
    Ainsi les vicaires, et tout ce que le pays compte de soutanes, sont-ils sans cesse mis en danger par les charmes de la très jeune Jenny Honeybun, qui ne répugne pas à se laisser prostituer par un maquereau affairiste. Mais la belle Jenny finira par se souhaiter "des fleurs d'oranges à son chapeau, un anneau nuptial, un chat et un canapé" . Pour cela il lui faudra croiser le chemin de Mr Nutty, qui a compris que l'amour est naturel à l'homme, ni donné ni reçu, mais lui appartenant comme droits de naissance" et que, "quand l'amour est pure joie, il n'y a pas de péché" .
    Et ce sont toujours, comme l'écrit Patrick Reumaux dans son avant-propos, les mêmes questions qui hantent cet écrivain fils de pasteur et lecteur de Nietsche : pourquoi serait-il nécessaire de faire souffrir une créature pour éprouver du plaisir ? Pourquoi "même le souffle de la vie, un don dont on peut penser qu'il faut être reconnaissant, est-il souvent source de chagrin pour celui qui le reçoit" ?

  • « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.


  • t.
    f. powys, en plus de ses frères avec lesquels il rivalisait de génie, n'avait qu'un réel adversaire à sa mesure : dieu. du presbytère oú il vécut, il l'affronta en enrichissant la littérature de ses propres créatures, gens de rien qui nous ressemblent malgré leurs figures de paysans du dorset. a l'ombre de ses pommiers, il confronte l'homme aux mystères d'un eden incompréhensible et l'oblige à déchiffrer une destinée illisible.
    ce court roman encadré de deux nouvelles, petits fragments d'une bible étrange et drolatique, vous plongera dans l'univers d'un créateur sans équivalent dans tes lettres anglaises.

  • John Crew en son jeune âge a rencontré Celui que tant de pauvres humains leur vie durant cherchent eu vain : Dieu, rien de moins.
    Et il s'est rendu compte, le premier de tous, de cette chose incroyable, incontestable pourtant : Dieu est un chapeau. Première édition en français de God (1933), l'un des récits les plus délicieusement dérangeants de Theodore Francis Powys (1875-1953), le plus délicieusement dérangé des enfants Powys - dont son frère aîné John Cowper fut le premier à célébrer la " terrifiante originalité ". Les " délices " dont il s'agit ici, on l'aura compris, ont quelque accointance avec ce que les gens qui n'entendent rien de rien appellent la folie.
    Patrick Reumaux, traducteur et présentateur du présent recueil a tenu à joindre au texte de cette longue nouvelle trois récits de la même veine : La Bête traquée, Les Habits neufs de Mr. Toller, L'Unique Pénitent. Dans tous les cas, Theodore Francis poursuit sa quête têtue, ainsi que le rappelle à l'occasion John Cowper " Il ressemble au chasseur qui aurait déserté une chasse au faisan pour descendre dans les marais tirer la bécassine.
    C'est un oiseau vraiment sauvage qu'il chasse, un oiseau qui vole en zigzag. Il chasse Dieu. "

  • Ce récit plein de cancans et d'humour narre les soupçons qui pèsent sur le révérend Sidas Dottery, pasteur du village de Tadnol, soupçonné d'entretenir des relations coupables avec une mystérieuse fille rousse, porteuse d'irrésistibles jarretelles. Tout au long de l'enquête, le pasteur est défendu par la jeune Lottie, petite-fille du fossoyeur, qui en vient à prononcer le plus extraordinaire plaidoyer en faveur de la tombe jamais écrit dans la littérature anglaise.

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