• Une main

    Ramuz Cf

    Toute vie, à l'instar de toute oeuvre, est faite de chutes et de rebonds, comme le montre Une main.
    Dans ce texte autobiographique, Ramuz se dévoile, laissant le lecteur pénétrer dans son intimité, dans sa maison, son bureau, se mettant en scène torse nu et soumis à ses médecins autant qu'aux impératifs du corps. Car un jour d'hiver de 1931, à la mi-janvier, Ramuz glisse sur du verglas et se brise l'humérus gauche.
    Impossible d'écrire désormais. L'auteur réfléchit dès lors à sa relation à la création : sa vie, semble-t-il conclure, n'a de sens que par la place qu'elle occupera dans son oeuvre.

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  • Construction de la maison nous convie auprès d'une famille de propriétaires terriens vivant au rythme des saisons de la vigne, le temps du chantier de leur nouvelle demeure. A travers les événements que traversent la famille, Ramuz illustre les tensions entre le désir de transmission des hommes et le cycle implacable de la nature.
    Dans ce roman inédit, Ramuz met en place les prémisses qui lui assureront, dès 1924 et sous l'égide des éditions Grasset, la reconnaissance. On voit tout dans cette histoire, la première scène sur le lac, la mise en place du chantier, les filles qui se penchent dans les vignes, mais moins que s'il n'y avait pas de pente et la nature dans la lumière avec ses formes géométriques, qui devient une véritable oeuvre architecturale.

  • Dès l'âge de douze ans, selon ses propres dires, C.
    F Ramuz s'adonne à l'écriture. Mais c'est en 1896 qu'il confie à sa mère sa décision de devenir écrivain. Il vient de passer son baccalauréat et se trouve en séjour d'étude à Karlsruhe. Dès lors, il conserve soigneusement tout ce qu'il écrit, datant méticuleusement ses textes. De 1896 à 1903 (année de la parution du Petit Village), il compose plus de mille poèmes, une soixantaine de nouvelles, des conférences qu'il prononce à l'Université.
    Il ébauche aussi des pièces de théâtre et, en 1900-1901, il rédige un roman entièrement achevé et dont il a laissé deux versions, La Vie et la Mort de Jean-Daniel Crausaz. Fallait-il publier ces inédits et montrer l'écrivain tâtonnant à la recherche d'un style qui fût en harmonie avec la vision du monde qu'il était en train de se forger. Oui, car cette immense production littéraire n'a pas seulement un intérêt documentaire,.
    Elle donne la mesure de l'acharnement avec lequel C. F. Ramuz a cherché à tracer une voie originale et à trouver un ton personnel dans la littérature de son temps. Ce volume d'inédits présente ainsi un témoignage unique et remarquable sur la constitution de la poétique ramuzienne.

  • Decouverte du monde

    Ramuz C.F.

    1 autre édition :

  • "Méditation sur ce que pourrait être la nouvelle. Il ne s'y passerait rien, l'intrigue (s'il y avait encore une intrigue) en serait sans cesse déviée. Tout serait de contact, avec les êtres[,] avec l'objet. Et l'accent serait mis sur les choses tenues par moi pour sacrées." En janvier 1947, après la parution des recueils Nouvelles et Les Servants et autres nouvelles, Ramuz réfléchit, une fois encore, à sa pratique de la prose brève, qu'il avait délaissée depuis la parution de Salutation paysanne et autres morceaux en 1921. Si l'écrivain a tempéré le lyrisme de ses morceaux et bridé son goût de la profusion verbale, le rêve d'une langue qui serait l'expression du contact direct avec les choses et les êtres ne l'a pas quitté. Mettant en scène des personnages confrontés à la séparation - d'avec leurs proches, leur pays, l'objet de leurs désirs -, il leur redonne une présence au monde par la description de sensations, surtout visuelles, mais aussi auditives et olfactives, qui participent de la puissance expressive de l'écriture. En sourdine, et peu importe que cela ne se produise que de manière fugitive, ces nouvelles révèlent ainsi cette "vénération devant la vie" et cet "état de poésie où on est devant le créé", qui sont le propre de ce "sens du sacré" que Ramuz cherche à cerner au cours de ses dernières années. Ce volume contient Le Cirque, paru en 1925, et Forains, paru en 1928 ; les six nouvelles et morceaux publiés par Ramuz dans Six cahiers et Aujourd'hui entre 1928 et 1931, trois textes choisis parmi les inédits de la même période, ainsi que Portes du lac, paru en 1932. Il contient également huit nouvelles et morceaux insérés dans des journaux et des revues entre 1943 et 1947, onze textes choisis parmi les inédits de la même période (dont huit avaient été publiés à titre posthume), et les recueils Nouvelles, paru en 1944, et Les Servants et autres nouvelles, paru en 1946.

  • " On voit que l'art vivait de l'art, et était un gourmand de l'arbre, au lieu de se nourrir de la terre elle-même ; on voit quele livre vivait du livre et s'inspirait du livre, et la "littérature" se greffait sur la littérature. " Sur fond d'une PremièreGuerre qui s'enlise, voilà comment Ramuz considère la production littéraire de ses contemporains. L'enjeu de son entreprise, par venue à son point critique, est de renouer au-delà de la littérature - mais par la littérature néanmoins - avec la connaissanceélémentaire, la plus purement émotive, " commune à la brute et au philosophe ". Pour descendre (ou monter ?) jusque-là, l'écrivain doit imaginer se déprendre de l'Ecriture ; et c'est dans la salutation qu'il trouve le modèle d'une parole qui n'est guère plu s qu'un geste, tout à la disposition du monde et à son accueil. Instant de la relation intime avec la nature, la salutation paysanne atteint à l'expérience mystique. Ce n'est pas faute d'avoir essayé : mais pour exprimer cette connaissance qui n'est encore qu'une émotion, l'édifice romanesque est encombrant - et cela même dans la fausse simplicité que lui donne l'auteur, dès Aline. En revanche, grâce à la virginité du "morceau", érigé par Ramuz lui-même au rang de genre (anti)littéraire, l'écrivain estime sa tentative publiable, qui consiste au fond à concéder à l'écrit une expérience langagière qui par nature l'excède. Ce volume comprend les sept morceaux et nouvelles publ iés dans des journaux et des revues entre 1915 et 1920, vingt textes inédits rédigés pendant la même période, ainsi que le recueil Salutation paysanne et autres morceaux, paru en mai 1921, qui est suivi d'un morceau rédigé quelques années après et intégrédans d'autres éditions reprenant tout ou partie de ce livre. Textes établis, annotés et présentés par Roger Francillon, Rudolf Mahrer et Vincent Verselle.

  • "C'est une chose splendide [...], vous êtes libéré de la tyrannie du sujet, du genre, de la forme, de tout ce qui ne devrait jamais être que le prétexte d'une oeuvre, ou son appui et qui en est trop souvent le joug et la cage. " Ces quelques lignes à propos d'Adieu à beaucoup de personnages, extraites d'une lettre élogieuse d'Ernest Ansermet, évoquent avec clairvoyance le projet esthétique qui sous-tend l'écriture du recueil ; elles pourraient s'appliquer avec autant d'à propos à de nombreux autres textes parus entre 1912 et 1914 dans la Gazette de Lausanne et le Journal de Genève. La création des Cahiers vaudois, qui réunit des artistes considérant Ramuz comme leur chef de file, ouvre à l'écrivain une période de grande liberté éditoriale, et lui offre l'occasion d'affirmer ses partis pris esthétiques. Il emprunte alors avec finesse des caractéristiques propres aux genres de l'essai et de l'autobiographie pour faire de ces fictions brèves autant de facettes d'un ambitieux art poétique centré sur la représentation du pays. L'écrivain n'abandonne cependant pas les collaborations de longue date qui le lient à La Semaine littéraire et à la Bibliothèque universelle, auxquelles il destine des textes où le récit tient plus de place. Ces publications, ajoutées aux tentatives - infructueuses - de percer à Paris comme nouvelliste, marquent d'autres traits formels une production aux allures hétérogènes. L'édition conjointe des nouvelles et des morceaux parus - ou rédigés - entre 1912 à 1914 révèle en creux un écrivain à la f ois soucieux d'accroître son public et désireux de se donner les moyens de donner naissance à une oeuvre originale, où les contraintes éditoriales ne retranchent rien à la rigueur du projet poétique.

  • Un jeune soldat qui rentre chez lui en permission rencontre le diable et lui vend son violon - c'est-à-dire son âme - en échange d'un livre qui prédit l'avenir et le rendra très riche. Mais sa nouvelle condition d'homme libre et fortuné ne lui convient pas. Cherchant toujours plus de bonheur, il guérit et épouse une princesse malade. Mais, en voulant fuir avec elle le royaume de son père, il prend le risque de désobéir au diable...

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