• Il faut lire Le Cid dans sa première version, celle de 1637, qui explose comme un coup de tonnerre, avec la fougue de la jeunesse, le flamboiement du sang, les trompettes de la victoire. On s'aime, on se déchire, on libère sa patrie en quelques heures parmi les plus intenses de notre théâtre.
    Drame du conflit entre les sentiments passionnés et les dures contraintes du devoir moral et politique, la pièce offre une liberté de ton et une audace formelle que Corneille, pour se conformer aux codes d'une dramaturgie classique en train de se mettre en place, s'attachera par la suite à atténuer, mais dont le texte original, que cette édition restitue, conserve l'éclat.

  • Représentée pour la première fois en 1659, oedipe marque le retour de Corneille au théâtre, après sept ans d'absence.
    Le dramaturge achevait alors ses trois Discours sur le poème dramatique, dans lesquels il expose ses principes de composition en un dialogue constant avec la Poétique d'Aristote. Il était donc tentant de traiter le sujet de l'oedipe roi de Sophocle, désigné par le philosophe comme le chef-d'oeuvre du genre tragique. Ce n'est qu'ensuite que Corneille en aurait mesuré la difficulté : l'histoire de ce roi qui se découvre parricide et incestueux heurte de front l'impératif de bienséances. Pour « remédier à ces désordres », il apporte des modifications considérables au mythe, qu'il adapte selon ses propres préceptes dramatiques. Lire l'oedipe de Corneille, c'est ainsi l'occasion de comprendre, peut-être plus clairement qu'avec toute autre pièce du XVIIe siècle, ce qu'est une tragédie classique.

  • Corneille aurait-il lu Pirandello ? À se laisser prendre à L'Illusion comique, à se prêter avec délectation à ces jeux d'ombres où, dans le miroir d'un magicien dramaturge, le théâtre donne à voir le reflet de lui-même, le doute ne semble pas permis : Corneille est bien pirandellien ! Ce qui n'exclut pas qu'on puisse se demander, à le voir mettre en question la représentation par cette distanciation qu'il établit entre le spectacle et son spectateur, s'il ne serait pas aussi un peu brechtien. À moins qu'on se dise qu'à tout prendre, à le regarder jouer avec le réel, changer de lieux et de décors, se complaire aux mirages de l'illusion et au bric-à-brac romanesque, mêler la féerie à la fantaisie et au drame, il pourrait bien être aussi quelque peu shakespearien !
    Rapprochements flatteurs, à l'évidence, mais qui recouvrent le talent dramatique de Corneille d'une tunique patchwork où sa couleur propre disparaît, au point qu'ils incitent finalement surtout à regarder cette pièce curieuse pour elle-même, en se demandant si, au bout du compte, avec L'Illusion comique, Corneille ne serait pas aussi, tout simplement, cornélien...

  • Cinna

    Pierre Corneille

    Corneille, on le sait maintenant, était un profond analyste de la vie et du pouvoir politiques. Il raconte ici l'échec d'une conjuration - seule forme d'opposition sous la dictature - et le pardon qui la suit. Sous l'intrigue apparente, et historique, il a voulu montrer le drame du pouvoir vieillissant, de l'opposition impuissante, des individus dépassés par des forces qui les écrasent. Cette tragédie n'a donc rien perdu de sa puissance, ni de son actualité.

  • « Tout ce qu'en ta faveur fit mon amour extrême, Je le ferai par haine ; et je veux pour le moins Qu'un forfait nous sépare, ainsi qu'il nous a joints ; Que mon sanglant divorce, en meurtres, en carnage, S'égale aux premiers jours de notre mariage, Et que notre union, que rompt ton changement, Trouve une fin pareille à son commencement. » Médée fait partie des personnages tragiques qui basculent dans la folie : répudiée par son époux, Jason, elle en conçoit une colère qui la conduit à toutes la abominations. Elle tue ses deux enfants pour punir le père et avec une robe qu'elle a conçue et envoutée, elle brûle celle qui est promise à Jason. En reprenant la trame des pièces antiques qu'il a lues, Corneille crée un personnage dont la souffrance intime provoque la pitié du spectateur mais dont les actes attirent sur elle la réprobation.

  • La première tragédie de Corneille, suivie d'une anthologie sur le mythe de Médée, d'Euripide à Anouilh. Édition annotée, avec un dossier pour les lycéens.

    La tragédie de Corneille Abandonnée et trompée par Jason qu'elle aime encore, Médée découvre que le père de ses enfants va épouser Créuse. Hors d'elle, la femme répudiée décide de se venger en tuant ses propres enfants.
    Cette première tragédie de Corneille reprend l'histoire de Médée, en mettant l'accent sur le destin d'une femme détruite par la passion et gagnée par la folie meurtrière.

    ... suivie d'une anthologie sur le mythe de Médée L'anthologie retrace l'histoire des réécritures du mythe de Médée de l'Antiquité à nos jours. Elle s'attache à souligner les différentes variations intervenues depuis la Médée antique et présente successivement : la Médée gothique et lyrique, la Médée du théâtre symboliste et la Médée contemporaine.

    Avec un dossier critique Comprenant toutes les ressources utiles au lycéen pour étudier l'oeuvre :
    - des repères historiques et biographiques ;
    - des fiches sur les principaux axes de lecture de l'oeuvre ;
    - deux groupements de textes thématiques ;
    - des documents iconographiques en couleurs et des lectures d'images ;
    - des sujets de type bac pour l'écrit et pour l'oral.

    Et un guide pédagogique Sur www.classiques-et-cie.com. En accès gratuit pour les enseignants, il propose une séquence de cours sur l'oeuvre et les corrigés des sujets de type bac.

     

  • En 1660, Corneille donnait une édition en trois volumes de son Théâtre complet, qui faisait de son oeuvre un monument. Dès lors, faut-il lire les Trois Discours sur le poème dramatique, qui ouvrent chacun des volumes, comme une manière de testament poétique délivré par un dramaturge vieillissant, qui quitterait ainsi la scène en prenant congé de son public?
    Loin de n'offrir qu'un commentaire de ses pièces, Corneille entendait proposer non seulement une poétique à l'usage des dramaturges de son temps, mais encore renouveler le geste inaugural de la théorie littéraire.
    Lisons donc ces Discours comme s'il s'agissait de la Poétique d'Aristote, rédigée par Sophocle et donnée par lui en préface d'oedipe Roi.

  • Qui, de Rome ou d'Albe, dominera l'autre ? Un combat singulier en décidera : trois Romains, les Horaces, combattront trois Albains, les Curiaces. Mais les liens familiaux ou amoureux entre les adversaires vont rendre la situation éminemment tragique. Et Lorsque Rome triomphe grâce à son champion, c'est au prix du sacrifice et de la mort alentour. Aussi pathétique que glorieux, l'héroïque Horace fera l'expérience du renoncement et de la solitude, condamné à vivre comme on l'est à mourir.

  • Polyeucte

    Pierre Corneille

    Polyeucte vivait en l'année 250, sous l'empereur décius.
    Il était arménien, ami de néarque, et gendre de félix, qui avait la commission de l'empereur pour faire exécuter ses édits contre les chrétiens. cet ami l'ayant résolu à se faire chrétien, il déchira ces édits qu'on publiait, arracha les idoles des mains de ceux qui les portaient sur les autels pour les adorer, les brisa contre terre, résista aux larmes de sa femme pauline, que félix employa auprès de lui pour le ramener à leur culte, et perdit la vie par l'ordre de son beau-père, sans autre baptême que celui de son sang.
    Voilà ce que m'a prêté l'histoire ; le reste est de mon invention. a mon gré, je n'ai point fait de pièce où l'ordre du théâtre soit plus beau, et l'enchaînement des scènes mieux ménagé. les tendresses de l'amour humain y font un si agréable mélange avec la fermeté du divin, que sa représentation satisfait tout ensemble les dévots et les gens du monde.

  • La place royale

    Pierre Corneille

    Parce qu'il craint de se lier pour la vie, Alidor envisage de "donner" sa maîtresse Angélique à son meilleur ami... Cinquième comédie de Corneille, La Place Royale (1637) est celle qui nous paraît aujourd'hui la plus moderne : sous les traits de l'" amoureux extravagant" qui fuit tout engagement, nous croyons reconnaître la figure familière de l'adolescent. Mais lorsque Corneille signe l'Examen de sa pièce en 1660, il en dénonce la "duplicité d'action" et fustige une incohérence dans le caractère du personnage principal.
    Sous ses airs de comédie "imparfaite", cette pièce annonce l'avènement du héros authentiquement cornélien qui dépasse la contradiction entre la liberté et l'aliénation amoureuse.

  • Noir, c'est noir. De toutes les tragédies de Corneille, Rodogune est l'une des plus sombres, celle où les tensions atteignent une violence d'autant plus saisissante qu'elles se font jour à travers une intrigue lourde de toutes les complications, lesquelles se dénouent dans un final que Stendhal comparait à ceux des drames shakespeariens.
    Tragédie dynastique du pouvoir, la pièce est aussi une tragédie familiale de l'amour et de la haine. Des êtres se déchirent ; une coupe empoisonnée, comme chez Hitchcock, attend les héros. Le personnage de Cléopâtre fait briller un héroïsme du mal qui éclaire l'univers cornélien d'une étonnante lumière noire.

  • Nicomède

    Pierre Corneille

    Cornélien, Nicomède. Cornélien, ce prince héritier du royaume de Bithynie qui, face à un père voulant l'écarter de la couronne et aux intrigues de Rome cherchant à le réduire, réussit à faire triompher tout à la fois la loyauté au pouvoir paternel et la résistance à l'ingérence romaine. Cornélien, et sans doute même un des plus cornéliens des héros de Corneille : « Généreux, intrépide, chevaleresque et absolument impeccable », comme le définissait Émile Faguet. Et pourtant, sans dilemme, sans problème de conscience, sans soumission aucune à un de ces choix impossibles et tragiques qu'on appelle précisément « cornéliens ». Si c'était donc, du coup, la notion même du héros selon Corneille qu'il convenait de reconsidérer, au vu de la pièce que lui-même avouait être une de ses préférées ? Et si c'étaient les rapports mêmes de Corneille avec la tragédie qui étaient à revoir, à la lumière de ce héros en effet problématique, dont lui-même disait d'ailleurs, dans une formule qui vaut son pesant de litote : « Il sort un peu des règles de la tragédie. » ?

  • «On doit à Corneille (1606-1684) quinze pièces de théâtre baroques, pleines de vie et d'invention et quatre fameuses tragédies d'héroïsme (Le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte). Mais c'est dans une dizaine de pièces tardives que son génie se déploie : Théodore, Rodogune, Héraclius, Othon... Il y dévoile le fond de l'expérience humaine : le tragique (et même le comique) est moins dans ce que coûte le devoir ou l'erreur que dans l'impossibilité de savoir quoi faire. "Devine si tu peux et choisis si tu l'oses."» Jean Grosjean.

  • XIe siècle, à Séville. Rodrigue et Chimène se préparent à célébrer leur mariage lorsqu'une dispute survient entre leurs familles, Pour venger son père, Rodrigue doit tuer celui de Chimène. Comment conserver son honneur et son amour ? Les jeunes héros y parviendront-ils sans trahir leurs propres valeurs ?

  • Théâtre t.2

    Pierre Corneille


    Réunit les tragédies les plus célèbres de Corneille, grâce auxquelles il se fit un nom dans les années 1630-1640.


  • Oeuvre en texte intégral, suivie d'une anthologie sur le thème du théâtre dans le théâtre. En lien avec les objets d'étude « La tragédie et la comédie au XVIIe siècle : le classicisme » (programme de 2de) et « Le texte théâtral et sa représentation : du XVIIe siècle à nos jours » (programme de 1re). Une édition annotée et commentée par Laurence Rauline, professeur agrégée de lettres modernes, docteur en littérature française de l'âge classique.
    Le texte : Un père inquiet du sort de son fils disparu depuis dix ans s'adresse à un magicien ayant le pouvoir de le faire apparaître. La grotte se transforme alors en véritable scène de théâtre. L'Illusion comique est une comédie considérée comme un modèle du théâtre dans le théâtre, principe dramaturgique qui eut une grande influence dans la littérature. L'anthologieL'ouvre de Corneille est suivie d'une anthologie qui illustre les principales caractéristiques du théâtre dans le théâtre et ses évolutions du XVIe siècle à nos jours.
    Le dossierLe texte est associé à un dossier critique, qui comprend : des repères historiques et biographiques, des fiches de lecture permettant de dégager les principaux axes de lecture de l'oeuvre, des exemples d'adaptations théâtrales de la pièce, deux groupements thématiques composés de textes complémentaires et de documents iconographiques en couleurs ; des sujets de type bac, pour l'écrit et pour l'oral.

  • Le mensonge sous ses différentes formes comme moteur dramatique de deux comédies de Corneille.

  • Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'oeuvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points:
    Mouvement littéraire : Vertige baroque, variations précieuses, prémices théoriques du classicisme
    Genre et registre : Une comédie pour les honnêtes gens
    L'écrivain à sa table de travail : Une adaptation en forme de chef-d'oeuvre
    Groupement de textes : Mensonge et inconstance, une vision baroque du monde, un rôle dramatique
    Chronologie : Pierre Corneille et son temps
    Fiche : Des pistes pour rendre compte de sa lecture.

  • «On doit à Corneille (1606-1684) quinze pièces de théâtre baroques, pleines de vie et d'invention et quatre fameuses tragédies d'héroïsme (Le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte). Mais c'est dans une dizaine de pièces tardives que son génie se déploie : Théodore, Rodogune, Héraclius, Othon... Il y dévoile le fond de l'expérience humaine : le tragique (et même le comique) est moins dans ce que coûte le devoir ou l'erreur que dans l'impossibilité de savoir quoi faire. "Devine si tu peux et choisis si tu l'oses."» Jean Grosjean.

  • La dernière tragédie de corneille est l'une des plus belles, tant l'action s'y mêle à l'élégie, et à la poésie.
    On veut faire épouser à suréna mandane, qu'il n'aime pas, et non eurydice, qu'il aime; on veut faire épouser à eurydice pacorus, qu'elle n'aime pas, et non suréna, qu'elle aime. mandane est la fille du roi des parthes, que son lieutenant, suréna, a rétabli sur le trône. c'est donc un drame de l'ingratitude du pouvoir, de l'amour impossible, et de la mort. entre le politique, représenté par un roi emporté par la logique totalitaire du système dont il est le produit et le garant, et la liberté de la personne dont le héros est le défenseur, le combat est impitoyable et sans issue.
    La grandeur finale de la pièce est que, comme chez claudel, les amants vaincus triomphent, et que leurs bourreaux sont oubliés.

  • Théâtre t.1

    Pierre Corneille

    Réunit les six comédies composées par Corneille à ses débuts, de 1629 à 1634.


  • Théâtre t.3

    Pierre Corneille

    Ce volume rassemble six pièces de Corneille, de Rodogune, sa pièce préférée, composée en 1644 au sommet de sa gloire, à Suréna (1674), son ultime tragédie. Trente années d'expérimentation poétique et d'audaces inouïes, au cours desquelles Corneille réinve

  • «Ce tome III, c'est Corneille qui revient au théâtre après l'avoir abandonné. À plus de cinquante ans, il a envie de se mesurer au vieux Sophocle. Seulement, chez Corneille, la solitude n'est plus un tête-à-tête avec le destin. Corneille nous donne un oedipe qui, comme Pertharite huit ans plus tôt, pivote sur la scène V de l'acte IV. Dans les deux cas, toute la pièce est faite pour ce dialogue d'un couple au fond du puits. Il n'y a pas d'autre fatalité que les circonstances, mais elles font découvrir à deux êtres la terrible dimension de leur amour.
    Tout différent, Sertorius est dominé par l'entrevue des deux chefs ennemis. Ils s'admirent l'un l'autre sans rien se concéder qu'utilement. Jamais on ne nous a si bien montré ce que pourrait être la grande politique.
    Othon, au contraire, nous fait prendre conscience de la réalité de la vie sociale. Chacun y est condamné à l'ambition, sous peine de mort. Mais personne ne peut arriver à rien sans l'aide d'autrui. Or chacun de nos alliés est un rival, et nous passons notre vie à nous garantir contre un associé par un autre non moins dangereux.
    On ne peut s'empêcher de comparer Tite et Bérénice à la Bérénice de Racine. Dans Racine, dont le talent est tout d'exécution, comme dirait Bonaparte, les rencontres des personnages ne servent qu'à déployer la fluctuation des sentiments. Mais dans Corneille on voit agir deux hommes et deux femmes, et on comprend alors ce qui fait la singularité de tout Corneille : les personnes n'y existent que les unes par les autres. Ce qu'elles disent et ce qu'elles font s'adresse toujours attentivement à quelqu'un, tandis que chez Racine les passions dévorent des personnages qui ne se heurtent entre eux qu'en aveugles.
    Corneille saura encore nous surprendre quand, avec Suréna, il tirera de sa langue restée nerveuse un chant d'une mélancolie unique en français. Ce duo d'un amour impossible est d'autant plus émouvant que les amants restent lucides et maîtres de soi.
    Ce n'est là nommer que quelques sommets des vingt dernières années de Corneille, dont on va trouver ici, dans leur diversité, d'autres pièces encore et des poèmes, des discours, des lettres, des traductions, des prises de position, bref tout ce qu'on a de cet homme secret. Mais les sommets que je dis sont peut-être les plus étonnants d'une oeuvre pourtant assez invulnérable pour être encore, en partie, future, contrairement à ceux de nos chefs-d'oeuvre qui, même parmi les plus modernes, sont déjà épuisés.» Jean Grosjean.

  • Grand classique de la spiritualité chrétienne, l'imitation de jésus-christ, attribué avec une quasi-certitude au mystique thomas a kempis, reflète l'esprit de la devotio moderna, qui fleurit à partir du xive siècle dans la lignée de jean rysbroek l'admirable.
    Pierre corneille, dont on méconnaît souvent la foi ardente, traduisit ce joyau de la sagesse humaine en lui donnant le rythme, l'élan et la splendeur qui caractérisent son oeuvre. parmi les centaines d'éditions que connut l'imitation, cette traduction par l'auteur du cid demeure aujourd'hui la plus saisissante de profondeur et de beauté. elle est ici présentée par le moine bénédictin bernard de give, grand connaisseur de la méditation chrétienne comme des spiritualités orientales.

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