• Après Le garçon qui cherchait la peur, Giacomo Nanni chronique une histoire de famille, entre inconscient et réalité, bercée par la voix du King.
    16 août 1977 : Elvis Presley est retrouvé mort dans sa somptueuse villa de Graceland.
    Pourtant, un homme lui ressemblant à s'y méprendre a été aperçu le même jour achetant un billet pour Buenos Aires, sous l'un des pseudonymes de la star :
    John Burrows. Trente ans plus tard, au matin de l'anniversaire de la disparition du King, Lara Canepa reçoit un mystérieux paquet contenant un vieux 45 tours : une version italienne de la célèbre chanson That's someone you never forget de l'icône du rock'n roll. Un cadeau qui risque de faire remonter à la surface bien des non-dits, car l'histoire d'Elvis semble intimement liée à des secrets inavoués de la famille.
    Prisonniers d'une vie qui s'enfonce avec lenteur dans la monotonie, les personnages sont incapables de communiquer. Dans leur existence circulaire, comme fermée sur elle-même, ils se heurtent sans cesse aux souvenirs qu'ils ont tenté d'oublier.
    Leur histoire se dévoile alors par petites touches, dans un enchevêtrement lent matérialisé par le dessin même, entre rêve et réalité, à la frontière ténue entre l'inconscient et le conscient. Un récit profondément onirique, aux accents surréalistes, qui aborde avec poésie les relations amoureuses, la quête d'identité et, au-delà, l'impossibilité empirique de raconter une histoire « vraie ».

  • Avant Adam est une adaptation d'un récit de Jack London. Un enfant est hanté par un rêve préhistorique. Chaque nuit, il tombe d'un arbre et se réveille en sueur. Adulte, son rêve continue et s'enrichit de détails, devient une histoire. C'est l'histoire de son ancêtre, un petit garçon du peuple des arbres, et de ses compagnons d'aventures Oreille-Pendante et Rapide. Témoins de la grande guerre entre le peuple des cavernes et le peuple du feu, le plus évolué et impitoyable, ils affrontent mille dangers. À l'issue de cette guerre rêvée, on imagine le début de l'histoire humaine. Ses rêves font écho à ses propres expériences et à son évolution dans le monde contemporain, de l'enfant à l'adolescent et à l'étudiant en psychologie, jusqu'à brouiller les pistes. A travers ce conte, Jack London et Giacomo Nanni nous offrent une réflexion tout en poésie sur l'humanité et notre société.

  • « Pour faire une tarte aux pommes, il faut un pépin de pomme ». Ainsi débute et se termine une histoire sans fin qui s'articule autour d'une spirale. Dans cette boucle narrative, le lecteur avance pas à pas : d'abord, planter le pépin, regarder pousser l'arbre, cueillir les pommes, les mettre sur la tarte...  Le temps, l'attente, la patience sont au coeur du récit tandis que l'image nous raconte en parallèle comment passent les saisons, grandissent enfant et pommier, cuit une tarte, se créent les liens. Autour de ce simple pépin de pomme, une vie entière faite d'amitiés, de rencontres et d'amour, se déroule et s'apprête à se répéter : l'enfant de l'enfant reçoit à son tour un pépin qu'il transmettra bientôt... Alors, la fin devient le début et vice versa.

  • Acte de Dieu

    Giacomo Nanni

    « Giacomo est l'un des auteurs de bande dessinée vivant les plus intelligents et les plus talentueux. Il est aussi l'un des rares que j'envie » GIPI.
    Dans ce récit choral, Giacomo Nanni, par la virtuosité d'une écriture hypnotique et d'un dessin pointilliste aussi précis qu'envoûtant, nous parle de la Terre, des hommes, et de leur impitoyable rapport de force.
    Fascinant.

  • Un biopic dessiné haletant qui retrace la trajectoire d'un des premiers tueurs de masse, et certainement un des plus connus, aux États-Unis: Charles Whitman. Le 1er août 1966, il s'est armé et enfermé dans la tour de l'université d'Austin, au Texas, tuant 16 personnes et en blessant 32. Dans un dessin un peu rétro, qui reflète l'atmosphère de l'époque, les auteurs restituent les jalons psychologiques et les faits qui ont conduit cet homme à agir de la sorte. Une narration puissance et glaçante.

  • "Un père avait deux fils.
    Le premier était réfléchi et intelligent. Le cadet en revanche était sot, incapable de comprendre et d'apprendre". Ainsi débute Histoire de celui qui s'en alla chercher la peur, conte des frères Grimm magistralement réinterprété ici par Giacomo Nanni. C'est en s'engageant sur les chemins de la falaise à la recherche de la peur que l'idiot a rencontré l'amour. Mais en bousculant les conventions, il se heurte aux préjugés des puritains et déclenche la haine d'une communauté prompte à passer de l'enseignement des Évangiles au plaisir du lynchage collectif.
    Malheur à celui par qui le scandale arrive... Revisitant la grande tradition du mélodrame et des amours impossibles, Giacomo Nanni décortique ce drame familial pour en exposer l'implacable mécanique sociale ; il en tire un manifeste esthétique ébouriffant. Ses constructions géométriques, son utilisation de la répétition et le rythme circulaire qu'il donne à l'histoire transforment ses planches en un théâtre où se révèle tout son art de la mise en scène.
    Ses personnages rejouent pour nous l'éternelle défaite du fou, le sacrifice des amoureux et la corruption des autorités morales avec un brio qui rend la conclusion plus déchirante que jamais.

  • Chroniquettes

    Giacomo Nanni

    Le lien qui unit un chat et son maître a quelque chose d'indicible.
    Giacomo hanni s'est astreint à une forme d'ascétisme artistique durant une année pour en rendre compte : dessiner de manière quotidienne la vie de sa chatte, esterina, pour mieux en percer les secrets. à travers ses chroniquettes, c'est plus de dix ans de vie commune qu'il se remémore et nous confie, avec une simplicité narrative et graphique raffinée. ces micro récits journaliers scandent la merveilleuse aptitude des chats à vivre dans un temps qui leur est propre : siestes et phases contemplatives interrompues par de mystérieuses accélérations.
    S'inspirant de ce rythme imprévisible, giacomo rianni joue à son tour de l'espace temps, l'étirant et le comprimant à sa guise pour épouser au plus près ce qu'il imagine être la vie intérieure de l'animal.
    Le trait est limpide, élégant, retenu, multipliant les variations au gré des facéties d'esterina, qui n'hésite pas à intervenir dans le récit ou à se frotter contre les cases pour en faire plier les contours.
    En substituant la poésie au réalisme, giacomo marini réussit à évoquer ce qu'on devinait des chats et nous rend leurs miaulements plus énigmatiques que jamais.

  • Casanova s'illustre.
    Une adaptation de L'Histoire de ma fuite des prisons de la République de Venise qu'on appelle les Plombs, récit dans lequel Giacomo Casanova relate en français l'unique évasion que la prison des plombs connue, celle de l'auteur qui y fut détenu quatorze mois à partir de 1756 pour libertinage, athéisme, occultisme et appartenance maçonnique.
    Giacomo Nanni est né en 1971 en Italie, à Rimini, petite ville balnéaire où il réside encore aujourd'hui. Après avoir étudié le dessin animé à l'École du Livre d'Urbino, il publie sa première bande dessinée en 1996 dans la revue Mano, (Six dessins pour Un Voyage en Grande Garabagne, d'après Henri Michaux). Depuis 2004, il fait partie du groupe de dessinateurs réunis autour de l'audacieuse revue « Canicola » (primée à Angoulême en 2008), qui incarne avec brio la nouvelle garde de la bande dessinée italienne. Il remporte en 2005 le « Prix de la meilleure histoire courte » au festival de Lucca pour La plus belle chose, qui deviendra un chapitre de son premier livre, Le garçon qui cherchait la peur, publié en Italie en 2006 et présenté en France dans une édition totalement nouvelle.
    Les livres s'enchaînent, parmi lesquels la trilogie Chroniquettes, véritable manifeste de minimalisme improvisé quotidiennement sur internet dont le premier volume a été traduit chez Cornélius. Depuis 2011, il réalise des bandes dessinées et des animations inspirées de faits-divers pour le site italien Ilpost.it. Ne cessant jamais de remettre en jeu ses acquis et cherchant avec rigueur de nouvelles voies, Giacomo Nanni s'impose comme l'un des auteurs les plus excitants de la nouvelle bande dessinée italienne.

  • Né en 1939 à Londres, élevé aux USA, Brian Maurice Holden (alias Vince Taylor) a 18 ans lorsqu'il se lance dans une carrière de rocker en Angleterre, puis à Paris. Séduit par ses interprétations de Sweet Little Sixteen, Shakin'All Over ou Memphis Tennessee, Eddie Barclay prend dans son écurie ce jeune homme vêtu de cuir noir dont les concerts déclenchent des émeutes. Mais sa trajectoire sera de courte durée, brisée par la paranoïa et les passages à l'acte violents qu'il ne peut contrôler. Vince Taylor n'existe pas propose un récit romanesque qui reprend les principaux éléments de sa biographie, tout en évoquant le climat de ces années-rock.

  • Tout est vrai Nouv.

    Tout est vrai

    Giacomo Nanni

    A Paris, une corneille est témoin d'un attentat terroriste. Se remémorant l'anecdote selon laquelle Rod Taylor, l'acteur principal des Oiseaux d'Hitchcock, aurait durant tout le tournage été harcelé par l'une des corneilles utilisées pour le film, Giacomo Nanni part du postulat selon lequel l'animal est capable didentifier et de se souvenir des visages humains. De là, il imagine l'une delles en témoin des préparatifs d'attentat de la filière jihadiste dite "des Buttes-Chaumont" , suspecte des attentats survenus en France en janvier 2015.
    Il reprend pour ce faire le procédé si original et poétique déployé dans Acte de Dieu de l'enchaînement et du croisement des regards et points de vue. La vision d'une corneille a la même valeur que celle d'une petite fille, le Parc des Buttes-Chaumont comme le piège à corneilles deviennent des protagonistes à part entière. Selon Giacomo Nanni, le but de cette histoire n'est "pas seulement de raconter la violence d'un attentat terroriste, mais aussi d'évoquer la brutalité des faits par rapport à linvention littéraire et artistique" .
    Comme d'habitude chez Nanni, cette évocation est d'une subtilité et d'une poésie rares.

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