• Les 25 ans de la disparition de "Jackie O." Jackie Kennedy (1929-1994), icône de la mode construite à coups de photos volées et de couvertures de magazines, cache une autre réalité. La vraie Jacqueline est une femme d'influence, charismatique, intelligente et drôle. Cette personnalité hors du commun a marqué Khrouchtchev, de Gaulle, Malraux et bien d'autres. Malgré ce destin, elle a refusé d'écrire ses mémoires, ne révélant quasiment rien de son rôle à la Maison Blanche. Si la First Lady avait l'oreille du Président sur certaines questions politiques, personne ne l'a su ou si peu.
    Dès l'élection de JFK, elle lance des travaux de restauration à la Maison Blanche pour en faire l'emblème de l'Amérique. Grâce à elle, Washington devient un haut lieu culturel, où cette antiségrégationniste convaincue valorise les artistes et les intellectuels noirs et blancs sans préjugés. Férue de littérature et d'histoire, elle défend le "patrimoine architectural américain" - un non-sens pour ses contemporains - et sauve Grand Central, la célèbre gare de New York sur le point d'être rasée.
    Incarnant avant l'heure la "Soft Diplomacy", elle part seule, avec l'aval du Président, faire la promotion des États-Unis en Inde et au Pakistan. Si d'aucuns la disaient " timide ", elle a insufflé, aux heures les plus graves de la guerre froide, courage et fierté à ses concitoyens. Au fil des ans, Jackie est devenue un atout auprès de son mari, indispensable à sa réélection. C'était avant le 22 novembre 1963...
    Ce parcours exceptionnel est revisité par l'auteure pour expliquer pourquoi Jacqueline Kennedy Onassis occupe une place à part dans l'histoire des États-Unis.
    Première édition : éd. du Moment, 2014.

  • Le mystère Bogdanoff

    Maud Guillaumin

    • Archipel
    • 30 Janvier 2019

    Depuis "Temps X", dans les années 1980 et leurs combinaisons argentées, ils sont restés les mêmes... ou presque. Inclassables, loufoques et déroutants, Igor et Grichka Bogdanov semblent tout droits sortis de la quatrième dimension. Leur carrière ponctuée de scandales et leur stupéfiante transformation physique se conjuguent pour une étrange odyssée.
    S'ils parviennent à poursuivre leur carrière sur le petit écran depuis 1974, c'est par la fascination que les deux jumeaux les plus célèbres du PAF continuent d'exercer. Leur possible "immortalité", leur QI inégalé et leur intrigante métamorphose sont autant de mystères qu'ils entretiennent. État civil, diplômes, réseaux : le sympathique duo a créé une nébuleuse impénétrable. Ces Dorian Gray cathodiques, qui approchent des soixante-dix ans sans prendre une ride, soignent leur étrangeté pour séduire les foules et pénétrer les sphères du pouvoir.
    Car la galaxie des "Bogda" s'étend de Luc Ferry à Carla Bruni, d'Edmonde Charles-Roux à Pierre Sarkozy en passant par Cyril Hanouna.
    Incontestables phénomènes de librairie, ces vulgarisateurs sont pourtant désavoués par la communauté scientifique, qui dénonce des chercheurs d'opérette, aux thèses aussi ahurissantes que leur look. Derrière des dehors romanesques, élevés dans un château du Moyen Âge, ces chevaliers sans peur mais non sans reproches maîtrisent les pirouettes et brouillent les pistes depuis 40 ans.

  • Georges-Marc Benamou est un homme déroutant.
    Mitterrandien fanatique lorsqu'il était à la tête du magazine Globe entre 1985 et 1994, ses livres à succès (Le Dernier Mitterrand et Jeune homme, vous ne savez pas de quoi vous parlez) ont scandalisé les proches du président défunt.
    Véritable homme de culture, il passe avant tout pour un intrigant sans foi ni loi qui s'est pris les pieds dans le tapis en annonçant trop vite sa nomination à la tête de la villa Médicis.
    Journaliste de talent sachant flairer l'air du temps mieux que quiconque, aucun des journaux qu'il a dirigés ne lui a survécu.
    Incarnation de la gauche caviar, il sait avant tout rester fidèle à lui-même en intervertissant ses masques au gré des époques.
    Au-delà des nombreuses polémiques auquel son nom est attaché, la vie de G.-M. Benamou, de l'enfance à Nice dans les années 60 aux dîners parisiens d'aujourd'hui, est celle d'un personnage balzacien. Elle donne matière à un récit passionnant et aux mille anecdotes, parfois ironique mais toujours équilibré, qui jette une lumière inédite sur les années 80 et 90.
    En dressant un portrait de G.-M. Benamou, L'Homme des présidents raconte aussi l'histoire de la « génération Mitterrand » dont il fut le porte-parole médiatique. Ces jeunes gens black-blanc-beurs aux avant-postes d'une nouvelle gauche, des mouvements étudiants de 1986 et 1994 à la création de SOS Racisme en passant par la mobilisation contre le Front national. Mais une fois François Mitterrand disparu, la génération des « potes » s'est retrouvée dans une impasse, confrontée d'abord à un PS aveugle à la diversité puis à un Nicolas Sarkozy qui, fasciné par les années Mitterrand, lui ouvre enfin les portes du pouvoir. au prix d'une sérieuse révision de ses convictions.
    Rédigé à partir de nombreux entretiens avec G.-M. Benamou, son entourage et des acteurs de l'époque, L'Homme des présidents confronte habilement à travers l'itinéraire d'un aventurier atypique deux présidents, deux époques clés : l'élan de la gauche des années 80 et celui incarné par Nicolas Sarkozy. Deux parenthèses politiques comme il en existe peu, où tout semble possible.

  • Le vicomte

    Maud Guillaumin

    Personnage Balzacien, Arnaud Montebourg est un ambitieux, évoluant au gré des changements de société qu'il pressent instinctivement. De son fief de la Bresse à l'Assemblée nationale, des plateaux de télévision aux meetings, il aime être vu, écouté, admiré, bref, il veut exister. Pourfendeur de l'immobilisme, invoquant sans cesse une nouvelle cause à défendre, il finit par se perdre dans les méandres de ses élucubrations doctrinales. Hâbleur et séducteur impénitent, il entraîne toujours de nouveaux fidèles. qu'il délaisse au fil de ses aventures.
    Florange, SFR, Alstom. À Bercy aussi, entre les mains du ministre du Redressement productif, un dossier chasse l'autre. « Montebourg gouverne de façon narcissique et superficielle », assurent ses détracteurs. Pourtant, lorsqu'il endosse une marinière pour défendre le made in France, ce risque-tout croit sincèrement être le nouveau Colbert, capable de relancer l'industrie nationale. Après en avoir dénoncé l'« idéologie destructrice » à l'été 2014, Arnaud Montebourg a démissionné du gouvernement avec fracas. Le troisième homme de la primaire socialiste a choisi : il n'occupe plus aucune fonction, ne possède plus aucun mandat. Pour autant, s'il passe pour un animal à sang chaud qui agit sans plan de carrière, sous l'empire de son immense ego, cette enquête montre que le « coq bressan » a la politique chevillée au corps et continue de ne rêver que d'une chose : la conquête de l'Élysée.

  • Dallas, vendredi 22 novembre 1963, 12h30 : le monde de Jackie Kennedy s'effondre. A ses côtés dans la voiture présidentielle, le président vient d'être abattu. Vers 14 heures, un suspect, Lee Harvey Oswald, 24 ans, est arrêté dans une salle de cinéma. A 14 h 38, Lyndon B. Johnson prête serment à bord de l'avion Air Force one, juste avant qu'il décolle.
    Jackie aurait pu être laminée. Au lieu de cela, elle tient bon, avec un objectif : faire entrer son mari dans la légende. Mais le temps est compté. Jusqu'aux funérailles, elle n'a que quatre jours pour tout orchestrer et donner au monde une leçon de dignité. Si le deuil sied à la First Lady, c'est que, tout à la fois, elle lutte contre son chagrin, console ses enfants et tente de garder foi en l'Homme. Rédigé à partir notamment d'interviews qu'elle a données, ce portrait est celui d'une femme qui se bat.
    Une épreuve dont Jackie conservera néanmoins des séquelles à vie.

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