• Le champ de la " santé mentale " ne semble plus avoir de limites de la prévention du suicide à la promotion du bonheur, en passant par le " combat du stress " dans la vie quotidienne, toute situation sociale est susceptible de devenir objet d'intervention.
    Les individus, la famille, le couple, l'école, l'état, l'entreprise, voire ce que l'on appelle la " communauté ", ont de plus en plus recours aux interventions psychosociales. Il s'agit ainsi de pallier des " dysfonctionnements " ou, mieux encore, de " produire " des comportements désignés aujourd'hui comme " adaptés " plutôt que " normaux ". Comment expliquer la diffusion extraordinaire des interventions en " santé mentale " au-delà du contexte clinique ? Quelles sont les tendances dominantes ? Quel est le visage actuel de l'individu en bonne " santé mentale " ? Les nouvelles règles de la " santé mentale " sont indissociables des profondes transformations de la normativité sociale dont les sociétés libérales ont été le théâtre au cours des trente dernières années.
    La société québécoise, au carrefour des modalités nordaméricaine et française d'intervention sociale, apparaît comme un terrain privilégié d'observation de ce que recouvre aujourd'hui le terme " individu " en Occident.

  • De nos jours, Tout le monde souffre, parle de sa souffrance et a le droit à la reconnaissance de sa souffrance. La dépression constitue la figure médicale emblématique qui se vit non seulement sur le plan individuel mais déborde également dans la sphère sociale.
    Pour la psychiatrie contemporaine, la dépression est un syndrome, c'est-à-dire un agencement particulier de symptômes, signes et comportements qui sont identifiés par le clinicien. Pourtant, rien dans l'argumentation de la psychiatrie ne permet de comprendre pourquoi autant de personnes se sont mises à dysfonctionner et à souffrir de dépression. La compréhension des racines de cette « démocratisation » de la maladie échoit, comme pour la névrose autrefois, à la sociologie.
    Comment expliquer la résonnance extraordinaire des mêmes signes et symptômes chez des millions d'individus partout en Occident et de plus en plus ailleurs ? En d'autres termes, de quelle société nous parle l'épreuve dépressive ?

  • Qu'est-ce qu'une institution aujourd'hui? Les conceptions théoriques de l'institution sont aussi variées que les représentations mobilisées par les intervenants sociaux dans le feu de l'action. Dans le présent ouvrage, théoriciens et intervenants du domaine social tentent de mettre en lumière, de comprendre et de problématiser le «nouvel esprit» de l'institution.

  • La normativité sociale est changeante; de même, létude des problèmes sociaux doit se transformer. Les auteurs de cet ouvrage repensent les problèmes sociaux en dépassant les logiques de leur discipline respective. Ils proposent ainsi une lecture renouvelée de ce qui fait problème dans nos sociétés.

  • Le recours croissant aux médicaments psychotropes est-il le reflet d'une société de plus en plus fragile au niveau psychique, de plus en plus encline à développer des dépendances, ou encore très sensible au puissant discours sur la prévention et les risques sanitaires ?

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