• À gauche, d'ici novembre 2006, tout peut se passer... Mais une seule chose est sûre : cet automne Laurent Fabius sera au coeur de l'actualité politique.
    Ségolène peut s'effondrer dans les sondages, Jospin revenir en se posant comme l'ultime recours, François Hollande reprendre la main pour éviter la division du parti, Strauss-Kahn se retirer pour miser sur une place de Premier ministre, Jack Lang parier sur sa très grande popularité. Peut être... Mais le seul dont on est certain aujourd'hui qu'il ira jusqu'au bout, c'est Laurent Fabius. En novembre 2006, lorsque le PS va désigner lors d'un congrès extraordinaire son candidat à l'élection présidentielle, il sera candidat à la candidature socialiste quel que soit le ou " la " challenger... C'est son tour et il n'a pas pris le risque politique qu'il a pris avec le " non " au référendum pour se désister face à chacun des cinq autres... C'est une valeur sûre...
    L'itinéraire politique d'un des plus beau CV de la République.
    Laurent Fabius est un cas. Tout le destinait aux sommets, il n'en finit pas de remonter la pente. C'est Sisyphe en politique...
    Jean-Michel Helvig relève la singularité d'un parcours à nul autre pareil. Il démonte le moteur d'une ambition qui se nourrit d'elle-même, recherche les constantes d'un comportement toujours tourné vers les fins, rarement porté à examiner la contradiction des moyens, et déroule le fil de la vie politique de celui qui ne livre le meilleur de lui-même que dans l'épreuve.
    Pour la première fois, un très brillant et mordant essai sur celui qui est peut-être le dernier éléphant du socialisme français.
    Paradoxalement, un des personnages les plus importants du paysage politique de ces vingt dernières années n'avait jusqu'à présent donné lieu qu'à une seule biographie. L'homme complexe qui a dressé entre lui et le reste du monde une paroi opaque a découragé plus d'un essayiste. Il fallait le talent et la plume d'un grand journaliste politique comme Jean-Michel Helvig pour rassembler les pièces d'un portrait-puzzle où l'on voit apparaître la figure jaunie d'un Mitterrand réduit à quelques traits.

  • avec la complicité du dessinateur jul, jean-michel helvig nous offre aujourd'hui un choix commenté et illustré des bourdes, gaffes, bévues et autres petites phrases assassines, dont nous a comblés la campagne présidentielle.

  • Ils ne sont pas si nombreux ceux qui, tel Edmond Maire, auront marqué leur époque en accompagnant, et parfois en devançant, les mutations de la société. Enfant d'un catholicisme populaire qui disputait au PCF l'encadrement des banlieues, il fut l'artisan d'un syndicalisme laïc affranchi de la tutelle de toutes les églises spirituelles ou séculières et l'une des figures d'une gauche préférant affronter le réel plutôt que se réfugier dans le dogme.
    Faire le récit de la vie d'Edmond Maire, c'est raconter l'histoire de la CFDT dont il fut le secrétaire général de 1971 à 1988. C'est plonger au coeur d'une alchimie très française faite du meilleur des traditions anarcho-syndicalistes, chrétiennes et socialistes. Son ancien secrétaire général a porté la volonté de ne pas être intimidé par les tenants d'un marxisme jacobin, mais pas davantage par le patronat ou les gouvernants de gauche comme de droite.
    Son autonomie de pensée et d'action ont rendu la CFDT plus que d'autres, réceptive, sinon réactive aux grands enjeux qui ont surgi sur sa route : la guerre d'Algérie, Mai 68 et le désir d'émancipation collective au travers l'autogestion, la crise marquant la fin des Trente Glorieuses et la question des " nouvelles solidarités " face à la déstructuration d'un ordre social bousculé. Quitte parfois à se brûler les ailes dans les tentatives de la régénération d'une gauche ayant vocation à gouverner.
    L'itinéraire exceptionnel d'Edmond Maire est un plan de coupe de l'histoire politique et sociale des années 1970 et 1980 dans laquelle il a cherché et avancé des réponses qui placent au poste de commande le devoir de vérité et l'exigence de démocratie.

  • Né à Berlin en 1917, fils de l'écrivain Franz Hessel et de Helen Grund - le couple anti-conformiste qui a inspiré Jules et Jim, le film de Truffaut -, Stéphane Hessel fera ses études en France.
    La guerre venue il s'engage dans la Résistance, à Londres. Capturé, déporté, il s'évadera pour entamer à la Libération une carrière diplomatique qui le mènera à participer aux premiers pas de l'ONU et aux débats préparatoires à l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme aux côtés de René Cassin. Militant anticolonialiste il s'engagera pour l'indépendance des anciennes colonies françaises, et rejoindra le combat d'un Pierre Mendès-France et d'un Michel Rocard.
    Aujourd'hui, à quatre-vingt-dix ans passés, Stéphane Hessel ne se résigne pas et est de tous les combats, qu'il s'agisse des sans-papiers, ou encore des peuples opprimés de Palestine ou de Birmanie. Celui qui aime à se définir comme citoyen du monde est sans doute une figure achevée d'un homme engagé aujourd'hui.

  • Professeur agrégé de droit public, mendésiste et anticolo-nialiste dès dix-sept ans, initiateur à vingt-quatre ans du festival mondial de théâtre de nancy puis directeur à trente-trois ans du palais de chaillot, avant de s'engager auprès de françois mitterrand : jack lang est le seul ministre à avoir appartenu à tous les gouvernements du président socialiste, dont il a souvent partagé l'intimité familiale. en cette année de cinquantenaire du ministère de la culture, on se souvient qu'il resta rue de valois aussi longtemps qu'andré malraux. en outre, depuis la libération, aucun autre que lui n'a exercé à deux reprises les fonctions de ministre de l'education nationale.
    Jack lang peut se prévaloir d'un parcours riche d'idées, d'initiatives et de rencontres - en france et à l'étranger - éclairant utilement toute une part de notre histoire contemporaine. il en est toujours un acteur majeur.
    Sans reniement ni renoncement, jack lang s'estime moins contraint aujourd'hui par les enjeux partisans.
    Fort d'une popularité intacte, il entend désormais user pleinement de cette liberté au service de son idéal et de notre pays.

    Jean-michel helvig est journaliste. ancien directeur adjoint de la rédaction de libération, il collabore aujourd'hui au républicain lorrain et à la république des pyrénées.

  • « Cher Martin Hirsch, c'est avec beaucoup de plaisir que j ai trouvé votre lettre dans ma boîte. J'accepte votre proposition de continuer à échanger, d'autant que l'idée de correspondre avec vous m'amuse beaucoup : de ma France d'en bas, court-circuiter les échelons hiérarchiques est franchement jubilatoire. Pour commencer, veuillez trouvez ci-joint mon « petit guide du chômard ». » Gwenn Rosière « Ainsi ont commencé six mois d'échange avec Gwenn Rosière. En sa qualité d'allocataire du RMI résidant dans les Côtes-d'Armor, elle avait été invitée à donner son avis sur le Revenu de solidarité active. La qualité de sa réflexion, son ouverture aux autres, sa pertinence et... son impertinence m'ont frappé. J'ai répondu, nous avons poursuivi une correspondance.
    Pourquoi la publier aujourd hui ? Parce que mieux que de longs discours, elle semblait la manière la plus naturelle de faire comprendre notre démarche. Ceux qui connaissent le RMI, la survie à 440 euros par mois, savent qu'il faut transformer profondément notre système social. Mais tous les autres ? En sont-ils vraiment convaincus ? Ne trouvent-ils pas plus simple de ne rien changer ? Parfois de ne rien voir ? Avec ce livre, je me suis dit que nous pouvions ébranler quelques certitudes. Je compte sur lui pour accélérer la prise de conscience, pour multiplier les déclics, pour que rien n'arrête la volonté de faire. C'est en cela que j'avais besoin du soutien de Gwenn, de ses mots, de son énergie, de sa sincérité, de son expérience. Lisez bien ses lettres et répondez franchement : vous ne pensez pas qu'on doit y arriver ?

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