• Tout au long de sa vie, Jean Jaurès (1859-1914) a collaboré à La Dépêche, le grand quotidien du Sud-ouest, où il publie le 15 janvier 1888, sa Lettre aux instituteurs et institutrices sur le rôle primordial des enseignants du primaire dans la formation des futurs citoyens de la République.

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  • Deux textes inédits récemment retrouvés à forte tonalité actuelle.
    Qu'est-ce que le socialisme ? Une politique, mais fondée sur une philosophie, et sur le coeur de la vie humaine. C'est ce que Jaurès, homme politique, mais aussi philosophe, démontre dans ces deux inédits essentiels. Le socialisme consiste à justifier l'intervention de la société dans la vie humaine, les « relations de travail ». Mais il le fait pour réaliser la liberté individuelle et les principes universels, dans le monde concret et vivant. Revenir à l'origine du socialisme pour résister à la « fin de l'histoire », tel est le programme de ce livre.
    Ce n'est pas un hasard si ces deux textes précèdent le retour de Jaurès en politique en tant que député de Carmaux. Jaurès se confronte au réel, à la fois en philosophe et en citoyen. Pour lui, la liberté et la justice sont indispensables pour sauver la politique et l'humanité. Quoi de plus actuel ? Ces textes, qui forment une véritable leçon de philosophie, aident à penser le socialisme et notre temps.

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  • « Citoyens !... » L'orateur Jaurès, debout face à l'assistance, marque une courte pause puis s'élance. Sa voix, capable d'emplir les plus vastes édifices, épouse chaque nuance de sa pensée. L'effet d'entraînement sur l'auditoire est immédiat : les témoignages abondent, qui décrivent son incomparable éloquence. Mais s'il fut un maître reconnu de la parole, l'élu de Carmaux, fondateur de la SFIO, demeure aussi et surtout, Léon Blum l'a souligné, l'« un des plus hauts penseurs et un des plus grands écrivains dont la France ait pu s'honorer ».
    Qu'il s'agisse de l'homme politique, farouche défenseur de la République et socialiste convaincu, du militant pacifiste, du philosophe ou du poète, ce recueil de discours et de conférences constitue la meilleure approche du « tribun extraordinaire ».

  • Comme le souligne Jean-Pierre Sueur, Dolet et Jaurès se « rejoignent l'un et l'autre, au-delà des temps, des époques, des épistémè qui auront changé. Ils auront connu les mêmes épreuves. On aura voulu les anéantir. Mais ils savaient l'un et l'autre que c'était vain et qu'en effet [...] rien n'anéantirait ce qu'il faut par-dessus tout servir, quoi qu'il en coûte, la souveraine liberté de l'esprit ».

    Préfaces « Étienne Dolet, Jean Jaurès et le combat pour la souveraine liberté de l'esprit », par Jean-Pierre Sueur.
    Jean-Pierre Sueur, ancien élève de l'École Normale de Saint-Cloud, a été maître de conférences à l'Université d'Orléans, député du Loiret, Secrétaire d'État aux collectivités locales. Il est sénateur du Loiret, vice-président de la commission des lois.

  • Ce texte est la retranscription du débat parlementaire qui s'est déroulé à l'Assemblée nationale, après le vote de la loi de 1905 qui institua la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Un autre texte, écrit en 1892, définit la morale laïque. Les deux sont annotés et commentés. Avec un historique des textes de loi afférant à la laïcité.

  • Penser dans la mêlée, tel est le titre donné à ce volume qui plus que d'autres permet une plongée au coeur de la difficile élaboration du mouvement socialiste et de l'action ouvrière. S'élevant tout autant contre l'ordre établi incarné par un gouvernement inapte à défendre les plus faibles que contre la tentation de la violence qui s'impose dans certains courants révolutionnaires, Jaurès déploie sa plume et sa voix pour porter son action.
    Jean Jaurès, Penser dans la mêlée, 1907-1910, édition établie par Jean-François Chanet et Emmanuel Jousse.

    La période de 1907 à 1910 est apparemment confuse. Le gouvernement Clemenceau ne réalise guère ses promesses de réforme, qu'elles soient sociales ou démocratiques. Les tensions sont exacerbées par la répression des grèves et des manifestations. Période de mêlée, de lutte sociale intense, qui force Jaurès à mieux définir la méthode du socialisme et la place de l'action ouvrière.
    Le contexte politique, dominé par les divisions et la dilution autant du parti radical que du camp modéré, ne favorise aucune clarification. La représentation proportionnelle aux élections serait-elle une solution ? Bien qu'unis depuis 1905, les socialistes peinent à trouver le ton juste. Faut-il se défier davantage de l'opportunisme des indépendants, comme Aristide Briand ou René Viviani, désormais ministres ? Ou des débordements du syndicalisme révolutionnaire prôné par la majorité de la CGT, susceptibles de conduire à la violence et à l'isolement ? Comment faire avancer de grandes réformes sociales, comme l'institution d'un système de retraites ouvrières et paysannes ?
    Cette période de mêlée force Jaurès à penser en même temps qu'il avance. C'est l'époque de son fameux discours au congrès de Toulouse en 1908, où il expose « l'évolution révolutionnaire » dont se revendiqueront nombre de ses héritiers au xxe siècle et après. C'est l'époque de ses grandes joutes contre Clemenceau et Briand, occasions de clarifier les principes républicains sur lesquels il édifie son socialisme. Le regard toujours porté sur l'Internationale, autant que sur son Midi occitan, Jaurès cherche tout autant à armer le mouvement ouvrier dans sa lutte contre le danger de guerre qu'à penser la diplomatie et l'armée d'une république vraiment démocratique.

  • Jean Jaurès inscrivait au tableau noir des grands Congrès socialistes autour de 1900 la phrase suivante : « L'histoire ne se fait pas toute seule. » C'est que pour lui, homme politique, philosophe, l'histoire matérielle des hommes est bien première et le socialisme est chargé à la fois de la penser et de la réaliser dans la justice ; mais elle suppose en elle l'action des hommes et l'idée de justice, comme un facteur agissant, irréductible et réel. C'est de cette tension, de ses conséquences théoriques et pratiques, historiques et métaphysiques, qu'il est question dans ces textes qui dessinent la figure, tragiquement brisée en 1914, mais constamment reprise ensuite (parfois dans une confusion qui appelle aussi un retour précis à sa pensée), de celui qui fut à tous égards un penseur et un acteur majeur du siècle.

  • Choix des textes et présentation par Jean-Numa Ducange.

    Étudié à l'université, considéré comme une référence par la classe politique dans son ensemble, Jean Jaurès demeure, un siècle après sa mort, encore très présent. Mais qui l'a véritablement lu, hors des historiens et des militants ? Tout au long de sa vie, Jaurès ne cessa d'écrire. Après sa thèse de philosophie, il se consacra notamment à l'écriture d'une grande histoire de la Révolution française, tout en conservant un engagement politique actif, dont témoignent ses centaines d'articles publiés dans les grands journaux de son temps. Ces écrits dessinent le portrait d'un homme aux multiples visages : grand penseur, homme politique, citoyen engagé et défenseur de la paix. À travers un choix de textes emblématiques remis dans leur contexte, cette anthologie permet de découvrir Jean Jaurès et son oeuvre.

    "LA LETTRE ET LA PLUME, une collection qui marie littérature et histoire au travers d'écrits intimes (mémoires, correspondances, journaux, chroniques...) d'une grande qualité littéraire."

  • En 1884, Jean Jaurès écrivait?: «?Quand nous prenons possession d'un pays, nous devons amener avec nous la gloire de la France. [.] Nous pouvons dire à ces peuples sans les tromper [.] que là où la France est établie, on l'aime, que là où elle n'a fait que passer, on la regrette ; que partout où sa lumière resplendit, elle est bienfaisante?; que là où elle ne brille plus, elle a laissé derrière elle un long et doux crépuscule où les regards et les coeurs restent attachés. » Un an plus tard, le député de Carmaux vote les crédits pour le Tonkin, conquête qui conduira à la création de l'Indochine française.
    Une décennie plus tard, après avoir voyagé en Algérie, Jaurès commence à douter et parle dans un article publié en 1898 du «?meurtre de tout un peuple?». Il ne va pas jusqu'à demander la fin de l'entreprise coloniale de la France, mais réclame au Parlement des droits politiques pour les Algériens. Quelques années plus tard, en 1904, au congrès socialiste international d'Amsterdam, il affermit sa position et demande la fin des expéditions outre-mer, refusant de soutenir la conquête du Maroc.
    Ce recueil d'articles et de discours de Jean Jaurès, présentés et contextualisés par l'historien Gilles Manceron, éclaire de façon passionnante le parcours intellectuel et moral de cette grande figure de la gauche française. On perçoit comment Jaurès a cru sincèrement en un colonialisme humaniste avant d'adopter des positions universalistes. Plus largement, on voit comment cette ligne de fracture sur la question coloniale traverse toute la gauche du XIXe et du XXe siècle, voire perdure aujourd'hui.

  • Un discours optimiste et lumineux, qui incite la jeune génération à devenir des citoyens justes et créatifs pour le bien commun. Un écho fort aux problématiques contemporaines.

  • Le 31 juillet 1914, l'assassinat de Jaurès laissait le champ libre au déclenchement de la guerre. Cent ans plus tard, la mémoire du pacifiste, du républicain, du tribun socialiste est toujours présente et revendiquée. Mais souvent cette référence à Jaurès demeure vague ou ne s'appuie que sur quelques citations. Ce recueil a pour vocation de replonger le lecteur au coeur de la pensée jaurésienne. Il pourra retrouver des discours qui sont devenus des classiques (« République et socialisme », « Pour la laïque », « Discours à la jeunesse »). Il aura aussi l'occasion de découvrir ou de redécouvrir des aspects moins connus : Jaurès face à la violence d'État ou à l'immigration, Jaurès cherchant les voies d'un dialogue avec les civilisations non-occidentales, ou Jaurès observateur de la première mondialisation.
    Loin d'être un hommage au passé, ce livre entend montrer que la réflexion jaurésienne est, plus que jamais, d'une brûlante actualité !

    Textes présentés par Marion Fontaine, maître de conférences à l'université d'Avignon, chercheuse au centre Norbert Elias. Secrétaire de la Société d'études jaurésiennes, elle participe à l'édition des oeuvres de Jaurès aux éditions Fayard. Elle a récemment codirigé Une contre-histoire de la IIIe République (La Découverte, 2013).

  • Le manuscrit de 1908

    Jean Jaurès

    Il s'agit de la motion du Tarn adoptée lors du congrès de Toulouse de la SFIO en 1908. Le texte est une référence du socialisme du 20ème siècle.
    Le manuscrit original a une histoire originale puisqu'en 2012 pour échapper à sa « privatisation » sur le marché de collectionneurs privés le journal l'Humanité et le Conseil Général du Tarn se sont mobilisés pour le racheter.
    Dans l'actualité post Présidentielles, les mots et valeurs défendues par Jaurès trouvent un échos particulier. Roland Foissac dans une introduction volontairement engagée, en montre toute la portée.

  • Entre 1894 et 1896, les Arméniens de l'Empire ottoman subirent des massacres qui causèrent directement la mort violente de 250 000 à 300 000 personnes. Ces massacres d'Abdul Hamid précédèrent le génocide de 1915-1918 : on pratique systématiquement la spoliation des biens arméniens engendrant alors une très forte vulnérabilité des populations. Ce processus est dénoncé à l'époque par des intellectuels et des hommes politiques français et anglais.

    Le grand discours de Jean Jaurès en faveur des Arméniens prend place le 3 novembre 1896 lors de la discussion « d'interpellations relatives aux événements d'Arménie ». Jaurès parle après les députés catholiques (de droite) Denys Cochin et Albert de Mun, après le député radical Gustave-Adolphe Hubbard. Il commence par exposer en historien l'ampleur et la cruauté des massacres perpétrés contre les Arméniens, puis il souligne en socialiste les responsabilités de l'Europe et de la diplomatie française représentée par le ministre Gabriel Hanotaux. L'engagement de Jaurès s'inscrit dans une véritable politique des droits de l'homme et du citoyen.

    Dépassant les clivages politiques ou nationaux, la défense des Arméniens en 1894-1896 représente un combat décisif qui jettera les bases de l'engagement en faveur du capitaine Dreyfus.

  • Ce troisième volume reprend les tomes 4 et 5 de la première édition. Jean Jaurès y analyse les apports des intellectuels, et les réactions des peuples et des gouvernants de l'Europe à la révolution qui emporte l'Ancien Régime, condamne le roi et " sauve la civilisation " .

  • Le débat autour du commerce international est trop souvent résumé à une alternative binaire?: d'un côté, les partisans du libre-échange mettent en avant son rôle moteur pour la croissance économique?; de l'autre, ses détracteurs pointent ses effets sociaux et écologiques désastreux et promeuvent le protectionnisme.
    Aujourd'hui vanté par les politiciens de tous bords, Jean Jaurès renvoie pourtant ces deux camps dos à dos. Tout en dénonçant les ravages du libre-échange, il refuse de se rallier aux mesures protectionnistes adoptées alors par ses adversaires conservateurs, car celles-ci servent en réalité les intérêts des grands propriétaires, des rentiers et autres spéculateurs, au détriment des travailleurs et des petits producteurs.
    Souvent évoqués et rarement lus, ces discours de Jean Jaurès donnent l'occasion de (re)découvrir la verve de cet orateur exceptionnel, tout en éclairant des débats actuels. Protectionnisme, fiscalité, salaire minimum, protection sociale ou encadrement des prix?: toutes ces questions se ramènent finalement à une seule, économique par excellence?: comment les richesses doivent-elles être réparties?

  • Les deux années, 1905-1907, que couvre ce nouveau volume des Oeuvres complètes de Jean Jaurès révèlent l'homme d'action, engagé dans la défense de la démocratie et dans la lutte sociale, contre les menaces qui pèsent sur la France et sur le monde en ce XXe siècle débutant.
    Voici le XXe siècle !
    Le socialisme, la République et la guerre.
    Ce volume couvre deux années décisives, de la fin 1905 à l'automne 1907. Tout se transforme en France et dans le monde. Face au gouvernement Clemenceau qui s'arc-boute sur la défense de l'ordre et fait un usage disproportionné de la force, Jaurès fait entendre les revendications de justice des mineurs après la catastrophe de Courrières, des électriciens de Paris ou des vignerons du Midi, et même, fugitivement, des « suffragettes ». Il soutient les demandes de syndicalisation des fonctionnaires, instituteurs et postiers. Ces mouvements sociaux l'amènent à réfléchir sur le rôle de l'État, les moyens de la démocratie et les obligations de la République, alors que s'achève son long combat pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus et que se met en place le nouveau régime de la Séparation des Églises et de l'État. Contre les dangers de guerre, il s'emploie à créer les conditions d'une politique d'action socialiste internationale tout en récusant l'antipatriotisme. Il combat le colonialisme et se dresse contre les expéditions au Maroc. Réflexions et actions nouvelles, qui l'amènent à débattre et parfois à se heurter avec ses anciens alliés républicains et radicaux, y compris ses anciens camarades Briand et Viviani, voire avec son affectueuse amie, la marquise Arconati-Visconti.

  • Ce texte, qui médite les origines du socialisme allemand ", permet de pénétrer dans le laboratoire philosophique du jeune Jaurès - Jaurès avant Jaurès en somme, avant de devenir le militant et penseur majeur qu'on sait.
    Mais l'intérêt de le rééditer est loin d'être seulement patrimonial : par-delà la différence des temps, Jaurès y anticipe notre actualité sociale. C'est en effet dès ce texte de jeunesse, en se frottant à Luther ou Marx, en engageant le débat sur l'argent ou l'État prussien, qu'il élabore sa pensée lucide, combative, d'un compromis social aujourd'hui menacé. À l'heure confuse où, même en haut à droite, on croit chic de citer Jaurès à contre-emploi, et tandis que le capitalisme semble déployer l'éventail de ses pathologies, il reste urgent de relire dans le texte le jeune docteur engagé - pour éprouver la pertinence de son hypothèse socialiste ".

  • Les deux volumes consacrés aux Temps de l'affaire Dreyfus sont d'une ampleur exceptionnelle.
    L'Affaire y occupe une place primordiale. Les responsables de l'édition ont voulu donner à lire tous les textes de Jaurès qui permettent de suivre jour après jour son évolution. Celle-ci culmine à l'été de 1898 avec Les Preuves. Ces articles célèbres sont reproduits ici pour la première fois à partir du journal, La Petite République, pour lequel ils ont été écrits, y compris les textes non repris dans l'édition en volume.
    Mais si la moitié des chapitres du volume 6 est consacrée à l'affaire Dreyfus, celle-ci est également liée aux réflexions et aux combats de Jaurès pour la République et le socialisme et à sa découverte des responsabilités de la France dans la crise algérienne. L'important article de la revue Cosmopolis est ici repris ainsi que de nombreux articles et discours sur la crise des institutions, l'armée et la justice en premier lieu, les transformations de la société, des plus apparemment triviales comme la mévente du porc, jusqu'aux analyses plus fondamentales sur l'émergence des intellectuels et leur place dans les conflits sociaux, éthiques et politiques.
    Jaurès est à la fois homme d'action et de réflexion, plongé dans la bataille électorale, préoccupé par la situation des ouvriers du Tarn, attentif à l'évolution de la situation internationale, à la répression qui frappe le mouvement ouvrier italien comme aux conflits d'Orient et à ceux liés à la guerre hispano-américaine. L'édition, la présentation et l'annotation de ces volumes sont dues à Eric Cahm, secrétaire de la Société internationale d'histoire de l'affaire Dreyfus, et à Madeleine Rebérioux, présidente de la Société d'études jaurésiennes.

  • Républicain, laïque et socialiste, Jean Jaurès, en 1902 et 1906, prononce deux conférences : La justice dans l'humanité et La question religieuse et la question sociale.
    Ces conférences sont exceptionnelles tant dans leur contenu que dans l'expression de son souhait le plus profond : une humanité de la paix et du droit, l'avènement de la justice Jaurès expose également sa conception de l'histoire, son espérance d'une libération et d'une émancipation généralisées, mais il définit aussi un programme méthodique valant pour la situation présente : organisation d'une assurance sociale contre les risques de maladie, d'accident, de chômage et de vieillesse.
    Ces deux conférences montrent la profonde unité de sa pensée et de sa vision du monde. Jaurès ne se voulait certainement pas un pragmatique mais fondait sa politique sur une conception du monde, sur une philosophie de la vie.

  • L'Histoire socialiste de lu Révolution française de Jean Jaurès a été publiée au tout début du vingtième siècle. Elle est un moment fort de l'affirmation des singularités du socialisme jaurésien, qui entend s'ancrer dans la tradition révolutionnaire et républicaine du siècle précédent. "Il y avait dans la France révolutionnaire une telle force de passion, un orgueil si véhément de liberté que, même si elle avait pu mesurer exactement l'étendue de la lutte où elle entrait, elle n'aurait pas reculé", dit Jean Jaurès.
    Dans un récit enflammé mais fondé sur une exploration des archives et une analyse novatrice des rapports de force politiques, économiques et sociaux, Jaurès revient sur les quatre premières années de la Révolution française et ses moments clefs. Vibrant plaidoyer, l'Histoire jaurésienne se lit comme un roman qui transporte le lecteur au coeur des luttes et de la psychologie des acteurs d'un des épisodes les plus célèbres de l'histoire mondiale.

  • Lorsque Jaurès entre en socialisme comme leader militant à partir de son élection à Carmaux en janvier 1893, à l'issue de la grève à but politique des mineurs de ce bassin, il comprend toute l'importance des liens entre question sociale, pouvoir économique et conservatisme républicain. Sa conviction est faite : la question sociale ne se réglera que par la propriété sociale et l'intervention des classes populaires.Le militant ouvrier est le premier des deux volumes qui couvrent la période de janvier 1893 à octobre 1897.
    Elu et réélu député socialiste de Carmaux, Jaurès doit affronter un très dur conflit social avec le lock-out des verriers de Carmaux. Le pouvoir politique et le patronat se coalisent pour abattre aussi bien la position politique de Jaurès que toute implantation syndicale et socialiste dans sa région ; ces années sont intenses en luttes menées à Carmaux et à Toulouse comme à Paris, dans la presse, en réunion publique ou à la Chambre des députés.
    L'aventure épique de la Verrerie Ouvrière d'Albi se construit, non sans crises. Jaurès combat la dérive répressive et conservatrice du gouvernement républicain (les " lois scélérates ") et cherche à définir une politique socialiste distincte du radicalisme comme de l'anarchie.Les premiers pas de Jaurès dans le socialisme permettent de retrouver l'origine de la pensée sociale d'une figure tant invoquée aujourd'hui.Alain Boscus est maître de conférences en histoire à l'université de Toulouse-Jean Jaurès, spécialiste notamment des liens entre Jaurès et la CGT.
    Ancien directeur du Centre national et musée Jean-Jaurès de Castres (1987-2003), il est membre de l'Association Jaurès Espace Tarn et du conseil d'administration de la Société d'études jaurésiennes.

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