Langue française

  • Novembre 1746.
    Une sage-femme dépose à l'hospice des Enfants-Trouvés un nouveau-né âgé de deux jours. Il est le fils d'un certain Jean-Jacques qui s'apprête à conquérir Paris.
    L'abandon d'enfant est, à cette époque, une pratique relativement courante et ledit Jean-Jacques abandonnera successivement quatre autres nourrissons. Pourtant, son fils aîné, Baptiste, restera sa mauvaise conscience. Au soir de sa vie, il tentera en vain d'en retrouver la trace grâce à une carte à jouer déposée dans ses langes. En imaginant la vie du seul enfant que Rousseau aurait pu retrouver, Isabelle Marsay croise les destins du père et du fils, donnant à voir le quotidien d'une époque paradoxale : siècle des Lumières, ultimes heures de la féodalité, décor naturel d'une histoire presque authentique : celle d'un homme qui abandonne ses enfants puis écrit des traités d'éducation qui feront date jusqu'à nos jours.

    Interrogeant la conscience et les contradictions de Rousseau, dont la faute sera révélée au grand jour par Voltaire, Isabelle Marsay nous offre un roman surprenant, avec des personnages hauts en couleurs, de l'amour, de la haine, de la cupidité et de la générosité, sous-tendu par cette question : comment le pédagogue de L'Emile a-t-il pu abandonner cinq enfants ?
    Faut-il condamner notre philosophe, le plaindre ou s'abstenir de le juger ?

  • Des statues renversées. Des dieux auxquels on ne croit plus. Des hommes qui s'entretuent sur une île nue, sans arbres, sans oiseaux, sous le regard impassible de titans de pierre. Faute de bois, faute de pirogues, les insulaires ne peuvent quitter le « Nombril du Monde » pour retrouver les terres fertiles de leurs ancêtres.

    Comment survivre quand les ressources d'une île aride ont été épuisées et que les hommes, à coups de pics, ont creusé leur propre tombeau ? Entre le conte philosophique, la complainte ou le chant, ce roman insolite interroge notre conscience en retraçant le destin d'un peuple victime de ses croyances, du climat, de lui-même, avant l'arrivée des Européens, le jour de Pâques 1722.

    /> Assis sur le sable, Tao enlaçait Siam et sentait son coeur battre dans ses mains : J'ai aussi peur que toi, dit-il. J'ai aussi peur. Les vagues s'échouaient à leurs pieds, près des récifs noirâtres, et tous deux partageaient le même pressentiment. C'était peut-être leur dernière nuit. Leur dernière nuit au creux des vagues et du vent. Notre monde va disparaître, dit Siam. Le ciel va rejoindre la mer, et la lune s'éteindre avec le soleil...

  • Quand tout se tait

    Isabelle Marsay

    Qu'ont fait nos ancêtres sous l'Occupation ? Quel camp ont-ils choisi ? Quel fardeau nous ont-ils transmis, à travers les non-dits, les silences et les récits plus ou moins tronqués ? Faut-il connaître le passé de nos aînés ?

    Ce roman intense, à la violence sourde, au rythme obsédant, mêle plusieurs époques en abordant les thèmes du libre-arbitre, de la psychogénéalogie et des secrets de famille qui nous façonnent à notre insu. Voyeur, spectateur, le lecteur suit une enquête fatale menée par le personnage principal contre l'avis d'un narrateur qui tente de l'en dissuader...

  • Avec ce petit livre d'une trentaine de pages, Isabelle Marsay évoque les dérives d'une société toujours plus sécuritaire et intrusive dans la vie des individus.

    Écrit sous la forme d'une pièce de théâtre, ce texte innove par l'absence de personnages. Ils sont trois, que rien ne différencie à dialoguer, à entrer dans une quête incertaine : qui a commis le crime dont ils ont entendu parler sans en être les témoins. L'argument de la pièce est vite évacué.

    Ce qui intéresse l'auteure, n'est pas qui est le criminel, mais le sens du crime dans une société qui semble l'avoir banni. Comme elle semble avoir banni toutes les aspérités de la vie en commun. Pour un peu, on se croirait revenu en d'autres temps, guère si lointains, où des dirigeants politiques prônaient la société idéale. Mais depuis le Mur de Berlin est tombé, nos idéaux avec, nos convictions aussi.

    La société décrite par Isabelle Marsay, en contrepoint car rien n'en est dit, ressemble à celle d'un totalitarisme avancé, vers lequel nos démocraties occidentales semblent tout droit se diriger. Ce livre interpelle, plus qu'il ne suggère, fait réfléchir, plus qu'il ne donne de solutions, et met au pilori cette pensée unique dont se pare, tout en le niant, nos gouvernants.

  • Rue des dames

    Isabelle Marsay

    • Ginkgo
    • 13 Juin 2013

    A 35 ans, Juliette, célibataire et sans enfant, acquiert une maison bourgeoise comportant sept logements. Elle décide de proposer une colocation à titre gratuit à des amis, pour créer une micro-société régie par un idéal artistique, économique et humain.

  • Le poisson qui reve

    Isabelle Marsay

    Quand l'amant de passage qu'elle a ramené chez elle meurt en plein coït, elle n'est pas vraiment stupéfaite.
    Un peu inquiète, certes, à l'idée d'être tenue pour coupable, mais surtout curieuse de revoir en face " le regard du Mort ".
    Elle n'a plus qu'une obsession : renouveler l'expérience de l'étreinte qui tue. Entre deux séances de manucure, elle envisage plusieurs stratagèmes et décide de passer une petite annonce. Elle y offre ses services de garde-malade câline, apte à soulager bien des souffrances. Mais avec les vieillards cacochymes, les faux malades et les très résistants, le projet s'avère difficile à réaliser.
    Elle va devoir aller plus loin.
    En attendant, elle se console comme elle peut auprès de Walter, son poisson rouge, sans être tout à fait comblée...

  • Un recueil de nouvelles ou de « petits défis » au style alerte, faussement naïf, qui nous entraîne à Barcelone, Dakar, Paris, sur un mode ironico-tragico-tonique, avec des femmes, des hommes, des académiciens en tenue peu académique, des cohortes de flics sympathiques, etc...

  • L' Apprenti des Lumières constitue le second volet du Fils de Jean-Jacques, roman édite par les éditions Balland, en 2002, et repris par Ginkgo en 2013.

    Le Fils de Jean-Jacques imaginait la vie de Baptiste, premier enfant abandonne du pe dagogue de L'Emile, de sa naissance a l'a ge de seize ans. Ce second volet, inde pendant du pre ce dent mais e crit dans le me me style et selon le me me principe, permet de suivre le destin de Baptiste en s'achevant sur la mort de Voltaire et sur celle de Rousseau, un mois après.

    Comme le pre ce dent, ce roman se fonde sur de nombreuses recherches historiques, la vie de Baptiste appartenant a la fiction, contrairement a celle des deux e crivains aux vues si modernes et si antagonistes...
    En imaginant la vie du seul enfant que Rousseau aurait pu retrouver, Isabelle Marsay croise les destins du pe re et du fils, donnant a voir le quotidien d'une e poque paradoxale : sie cle des Lumie res, ultimes heures de la fe odalite , de cor naturel d'une histoire presque authentique :
    L' Apprenti des Lumières e voque la vie d'un fils, le drame d'un pe re, et s'attarde sur la face cachée de deux Lumières qui se déchirent en plein jour.
    Rousseau meurt sans savoir que Voltaire a re ve le sur la place publique son douloureux secret dans un pamphlet anonyme en imitant le style d'un pasteur. (Le sentiment des Citoyens, de cembre 1764.)

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