• Il était une fois un pays grand comme un continent que parcouraient deux voyageurs, un couple étrange formé d'une renarde et d'un héron, partis sur les traces d'une femme captive et à la recherche de la fée qui libéra les enfants du joug familial, des matrones et des maquereaux. Or, en ce pays lointain, les poules avaient disparu et les coqs s'étaient faits moines.

  • Dans ce livre, tout se passe pour la première fois. Marin découvre le monde et le monde découvre Marin. Marin ou une partie de Marin peut se dissoudre dans l'eau et s'élever dans l'air. Marin est hypnotisé par un chat. Marin oblige la mer à s'aplatir. Marin mange du poisson et Marin mange de la terre. Le riz fait rire Marin. Marin ou une partie de Marin s'enfuit en carrousel. Qui est Marin et de quoi est-il fait ? À ces deux questions, il n'existe qu'une réponse. Mais l'auteur préfère donner sa langue au crapaud-buffle.


    Marin mon coeur est tout entier dédié à Marin, le fils aîné d'Eugène Savitzkaya. Avec la tendresse d'un entomologiste, l'écrivain observe la capture de son éléphanteau dans les rêts du monde. Nain parmi les géants, innocent qui ne hait personne et que personne ne hait, Marin reconstitue peu à peu son corps, apprivoise l'espace et le réorganise à sa mesure.
    Antoine de Gaudemar, Libération Il faut entrer dans ce livre avec le coeur frais et l'haleine pure, puis se laisser aller au rythme du doux babillage qui berce comme si Marin racontait lui-même, parce que le narrateur a donné à l'écrivain le sens d'une langue qui se mâche autant qu'elle se lit. On s'y frotte, parfois elle râpe un peu sur la joue, souvent elle caresse le front, toujours elle va son chemin sans rien demander à personne qu'un peu de temps pour écouter encore ce qui va venir ensuite.
    Marin mon coeur est une bouffée de vie qui donne du souffle au lecteur patient et attentif.
    Pierre Maury, Le Soir

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    1 autre édition :

  • Toutes les dents de Louise n'ont pas été comptées, ni ses cheveux et sa courbe de croissance n'a pas été analysée. Une petite fille grandit sur l'écorce de la terre qui projette une partie de son cercle sur le disque lunaire reflétant le soleil dans la grande nuit des astres, des gaz et des poussières.


    Un très beau conte pour réenchanter le monde : un antidote contre la platitude du réel. En 1992, Eugène Savitzkaya publiait Marin mon coeur, un livre consacré à son fils, qui venait illuminer d'une poésie douce et lumineuse une oeuvre travaillée par les obsessions de la mort, de la violence et du pourrissement. Exquise Louise, dédié à sa fille, constitue en quelque sorte le second volet de ce beau diptyque tourné vers l'enfance, ses mystères, sa grâce et sa ferveur.

    Les Inrockuptibles Dans ce livre à l'écriture déliée, limpide comme de l'eau de source, on apprend à connaître Louise, " princesse aigre-douce " née " de son propre chef " un jour de janvier. Décidée, délicate, en colère, aimant les chats, curant les pieds des chevaux, Louise ne néglige pas pour autant les histoires de souris et de dents de lait, la capture des escargots et la chasse aux poux, le tissu des robes légères, la cuisson des crêpes et le rire de ses voisines. C'est qu'avec Louise, écrit joliment son père, " on est si près d'une hirondelle qu'on peut en humer le frémissement ".
    Louise, ou du moins, le personnage qui porte ce nom. Car Savitzkaya prend garde, dans ce portrait tendre et affectueux sous-titré roman, de ne pas nous laisser entrer trop loin dans un univers qui doit rester personnel. Avec pudeur, il évite aussi à Louise l'hommage symbolique et trop pesant d'un père systématiquement observateur. Difficile exercice - que ratent beaucoup de romancier(e)s contemporain(e)s -, savoir tracer cette ligne de démarcation qui sépare la vie privée de la vie publique. Savitzkaya saute magnifiquement l'obstacle, sans tomber dans la préciosité ou l'infantilisme. Et derrière l'évocation de Louise - qui a ou aura, comme tout être, des difficultés à traverser -, il donne l'éloge d'une enfance en devenir, sautillante, sensible au plaisir de l'imprévisible, mais surtout ouverte à tous les possibles. Un manuel de savoir-vivre, en quelque sorte.

    Alain Delaunois, Le Soir

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  • C'est un ouvrage quasiment mythique que la collection Poésie/Flammarion accueille aujourd'hui : parues chez Bourgois en 1980, Les couleurs de boucherie étaient en effet épuisées depuis plusieurs décennies. Il s'agit pourtant d'un des livres majeurs d'Eugène Savitzkaya, composé à la fin des années 1970, parallèlement à ses premiers romans. Avec L'Empire (également repris dans ce volume) on peut même considérer qu'il s'agit de la matrice de toute son oeuvre à venir : une plongée sans précédent, par une écriture à proprement dire envoûtée, dans un univers qui a la pureté, la cruauté, la fulgurance de l'imaginaire enfantin.
    Un livre qui n'a rien perdu de sa puissance fondatrice, à redécouvrir d'urgence...

  • Il est en miettes, en morceaux ottants, en fragments brisés. Il est en éclats qui se forment et se déforment comme au gré des vents, une fumée qu'un moindre sou e assemble et défait. Sa charpente elle-même est déconstruite. Il est comme un char à deux roues dont les roues s'écartent et divergent, roulant chacune pour son propre compte, disloquant le char à chacun de leurs mouvements. Il est plusieurs matières qui s'a rontent, s'écrasent, s'entre pénètrent. Il est pris dans l'écrasement, dans une lutte de roches qui s'abrasent en se rencontrant, qui se dégradent en se frottant et sa boîte crânienne est au coeur de ce chaos et tous les éléments de son corps sont au coeur de ces diverses pressions, pressions qui se rejoignent et se repoussent, qui s'annulent et se renforcent par ces luttes qu'elles mènent les unes contre les autres. Et il n'y a aucune accalmie dans cet affrontement, aucune paix dans cette confrontation, pas la moindre relâche, pas le moindre temps mort. Il n'y a pas de repos pour lui, jamais, sauf en trichant avec les forces qui l'oppressent, en s'escamotant, en faisant semblant de disparaître, de n'être plus, de ne plus vivre, de ne plus agir et en perdant peu à peu toute énergie, choisissant la fatigue pour amie et la paresse comme alliée. Il ne sait pas qui il est, jamais, il ne peut se nommer, il ne peut se dé nir, il est toujours autre, jamais soi.

    « Je voulais depuis longtemps parler du regard des normaux sur les anormaux, utiliser le théâtre comme chambre d'écho à cette relégation des fous, des "dingues", hors des frontières de la bienséance conventionnelle. Je voulais ainsi mettre en lumière une question réservée trop souvent aux amphithéâtres des facultés et à l'intimité des chambres. Celle de la folie. Ce faisant, il me semblait qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que d'envisager ce qu'il reste en nous d'accueillant pour le différent. » Hélène Mathon

  • Pourquoi frauder est la question primordiale de ce récit qui ne parle que d'enfants que l'été retarde dans les champs et les taillis. Fous qu'ils étaient, ils chérissaient leur mère et menaient contre leur père un combat acharné, véritable guérilla, ayant choisi, à la manière des partisans, le repli dans les hautes herbes et l'alliance avec les bêtes À tous les modes, à tous les temps, voici l'histoire romancée d'un garçon fraudant la vie comme on fraude l'État, la douane, le fisc, l'église ou la couronne. Échappera-t-il pour autant à la mort qui achève tous les organismes vivants et dissout les assemblées ? Mourra-t-il pour autant à la vie qui entraîne tout dans son giron ?

  • Quatre textes proches de la profération théâtrale voire de l'imprécation, qui appartiennent plutôt à la veine burlesque de l'auteur. On y retrouve les thèmes qui lui sont chers, l'univers du conte et du merveilleux, la matérialité corporelle, le goût assumé pour tout ce qui est bas et méprisé mais qui est aussi le lieu fécond de l'engendrement et de la création.
    Quand le trivial se marie à la féérie.

  • à la cyprine

    Eugène Savitzkaya

    • Minuit
    • 5 Février 2015

    Le moindre vent nous décoiffe, le plus petit cri nous fait sursauter, l'acidité nous fait grimacer, l'aigre émeut nos sinus, la douceur nous appelle et nous écoeure, le sel relève les saveurs des aliments, le poivre révèle l'amertume de l'orange, la nuit attend le jour et les années s'étirent, le châtaignier doit revivre, le coeur active le sang. Mais, sans la cyprine, point de bonheur en ce monde, ni d'appétit.

  • Il y a un jardin au milieu d'une ville. Au milieu du jardin est bâtie une maison. Il y a du bruit et des odeurs : la maison est habitée. Les habitants de la maison vaquent à leurs occupations. Les tâches sont nombreuses et très variées. Il faut réparer les vêtements et la maison elle-même qui, comme la plupart des maisons, menace de tomber en ruine. Il faut préparer les repas et manger. Il faut balayer et nettoyer. Sitôt nés, les enfants grandissent. Lorsqu'elle est pleine, on sort la poubelle. Après la nuit vient le jour. Au jour succède la nuit. Après l'automne vient l'hiver. Les vêtements s'usent. Les cheveux vieillissent et redeviennent très fins et très doux. On cuit des légumes verts dans l'eau bouillante. Le sel est à sa place.

    Ce texte est paru en 1995.

  • Pourquoi ne pas écrire des poèmes tranquillement assis sur une berge effondrée, en pêchant sans espoir, en mangeant des baies d'églantier, en toussant ou sans bruit, entouré de rats presque discrets, de crapauds, face à la gare désaffectée, au pied de l'autoroute, en dormant, ravi, colérique ou plein de frayeur ? Pourquoi ne pas pêcher l'ombre ? Pourquoi ne pas manger les fruits ? Pourquoi ne pas demeurer silencieux ? Et aussi pourquoi écrire des poèmes ?

    Ce recueil de poèmes est initialement paru en 1986.

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  • Quelque part dans le monde un festin se prépare, des noces sont célébrées : la corporation des bouchers marie ses enfants.
    Pour honorer les deux tribus qui se lient, sont présentes les autres tribus de la confrérie/sororerie. on parle, on boit, on chante, on jure, on évoque le destin. autour des convives, le temps, s'exprimant par le vrombissement des mouches, le bourdonnement des abeilles, le bruit des feuilles et les trilles têtus des merlettes, les asperge de questions fondamentales. fiancée et fiancé sont absents de la fête.

  • Quelqu'un crache sur les fleurs ou pisse dessus mais les vénère. On entend rouler les camions et on regarde passer les avions. On propose une illusion, un roman peuplé non pas de perruches mais de perriches, foutrepoli !

  • Les protagonistes de La Traversée de l'Afrique, les peintres, les mécaniciens, les oisifs, sont, pour la plupart, des jeunes gens comme il s'en trouve beaucoup : libres, heureux mais tristes, contraints par une sorte de fatalité. Ils sont inventifs, mais ne veulent pas construire. Ils travaillent, mais en pure perte, comme on joue au meccano. Ils entreprennent, mais accumulant les échecs. Ils aiment leur mère, mais ne la reconnaissent plus parmi les femmes. Ils ont perdus leur virginité. Ils veulent tout, mais leurs vies n'aboutiront qu'à la faillite et ils disparaîtront avec leurs outils et leurs machines.

    La Traversée de l'Afrique est paru en 1979.

  • Capolican

    Eugène Savitzkaya

    Capolican ressent le besoin d'avoir des frères et des soeurs. Mais il n'a plus rien à exiger de sa mère, sinon qu'elle se taise et disparaisse. Alors, suivant les conseils du coq, il crée le moule d'où ils sortiront.
    S'il fut content de sa fabrique? Demandez-le lui. Mais vous le dira-t-il?

  • Ces poèmes inédits écrits en 1972 , c'est-à-dire à ses débuts, donnent le meilleur de l'univers poétique d'Eugène Savitzkaya, une concrétion d'images autour du corps et des animaux enroulés dans les éléments naturels ou des objets hétéroclites. Une pointe de sacrificiel pique le tout : " Les singes dorment nez à nez, anneaux enfilés jusqu'aux coeurs " " De Savitzkaya, l'Atelier de l'Agneau avait déjà publié Rue Obscure (1976) ou Plaisirs solitaires (1979) écrits avec la complicité de Jacques Izoard. Le premier titre (Le Coeur de schiste) était cependant paru en 1974, c'est à dire un an après Cénotaphe qui marque donc comme une préhistoire à la publication. Savitzkaya avait dix-huit ans.
    (...) En vis-à-vis, l'éditeur laisse voir les pages manuscrites de ce qu'on lit : écriture pressée, horizontale à vouloir trop vite finir sa course, avec peu de ratures.
    (...) Le cénotaphe est peut-être celui de l'adulte que Savitzkaya se refuse à devenir et pour lequel il n'a de cesse de dresser le tombeau. Comme un talisman.
    T.Guichard, Le Matricule des Anges

  • Des lettres de 1974, à Plaisirs solitaires, qu'il écrit en 1979 avec Jacques Izoard, jusqu'à Alain Le Bras, portrait en pied en 1987, texte à cet ami disparu un peu plus tard, l'écriture de Savitzkaya est « comme une goutte de sang ou de liqueur » : ainsi désigne-t-il lui-même « la plus belle couleur ». L'hommage fantasque, poétique, à caractère universel, d'un écrivain à un artiste.

  • Ce texte datant de 1972 a été publié une première fois en 1998 par l'atelier de l'agneau en même temps que la première édition de Cénotaphe.

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