• Nice, 1947. Aurore Félix rêve d'une vie à elle, loin des contraintes familiales et bourgeoises. Elle décide d'échapper à son destin tout tracé en rejoignant Martin, un beau G.I., aux États-Unis d'Amérique, persuadée que seul le « Nouvel Monde » pourra lui offrir cet avenir fabuleux, plein de promesses de liberté.
    Seulement, une fois l'Atlantique traversé, Aurore déchante. Son fiancé ne l'a pas attendue. Abandonnée et sans repère, elle se refuse à faire demi-tour. Confrontée à ses peurs, ses espoirs déçus et une Amérique qu'elle ne connaissait pas, en pleine lutte pour les droits des femmes et pétrie de discriminations raciales, Aurore persiste pourtant : c'est ici qu'elle construira sa vie...

  • La nuit passera quand même

    Emilie Houssa

    • Denoel
    • 11 Janvier 2018

    Connaissez-vous Victor Victoria, de Blake Edwards ? Dans ce film sorti en 1982, il y a un personnage de garde du corps. On ne sait pas trop pourquoi il est là et on ne le perçoit que par bribes : il est assis à la table d'à côté, fait de la boxe, est homosexuel. Pour connaître son nom il faut attendre le générique. Il se nomme Squatsh Bernstein.
    Bien qu'il devienne vite familier au spectateur, Squatsh Bernstein manque de consistance. Pourtant il a tout de la douce force d'un personnage tragique, alors pourquoi ne pas imaginer ce qu'aurait pu être sa vie ?
    Disons donc que Squatsh Bernstein est né dans la campagne normande en 1942 et a grandi à Paris, sur les hauteurs de Belleville, entre un père effacé, une mère aussi violente que désespérée, et un frère et une soeur qu'il chérit plus que tout. La vie possible de Squatsh se dessine ainsi au gré de détails anecdotiques : il aime la danse, s'enferme aux toilettes pour réfléchir, porte la moustache mais jamais d'imprimé fleuri. Il possède peu de choses et fait passer les autres avant lui-même, toujours. Enfin, surtout, niché dans un creux, il cache la mélancolie des gens qui se cognent au monde. Il aurait pu devenir chevalier ou prince charmant, il sera garde du corps.

  • Aux alentours immédiats du centre ville de Rennes, la photographe Juliette Agnel a été confrontée à une végétation exubérante qu´elle a explorée et réinventée la nuit pendant le confinement. Grâce à des pauses longues les éléments obscurs prirent une nouvelle forme. Son regard sur cette zone entre ville et nature presque sauvage n´est-il pas le même que celui que l´on porte lorsque l´on scrute un visage en prenant le temps de tout observer comme un vaste territoire, avec ses plis, ses rebonds, son intériorité ? La romancière Émilie Houssa s´est glissée dans les photographies de Juliette Agnel, véritables supports de fiction, pour y narrer à travers une nouvelle fantastique la déambulation de son personnage Yves, collectionneur de nuages la nuit à la recherche de son passé. «Yves arpente ces pays imaginaires en cherchant à ancrer les nuages sous les cailloux pour donner aux étoiles le poids de la terre ».

  • L'entretemps Nouv.

    La série présentée dans ce livre a vu le jour suite à trois résidences artistiques réalisées dans trois communes des Pays de la Loire, en France. Jérôme Blin photographie des héros contemporains qui vacillent et se battent contre leur quotidien. Il parvient à faire émerger de ces adolescent·e·s une poésie et une singularité forte. L'auteur, par la succession de portraits et de paysages, installe une ambiance douce, sensible mais aussi une tension sous-jacente.

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