Langue française

  • Dans un texte oublié, écrit en 1936, Espagne, Thomas Mann, prix Nobel de littérature, identifiait dans la guerre d'Espagne « le scandale le plus immonde de l'histoire de l'humanité », un crime contre « les revendications de la conscience », avec la participation des « démocraties d'argent ». Gide et Camus, ainsi que le catholique et royaliste Bernanos, le relayèrent, Camus espérant la « renaissance » d'une humanité que tous sentirent menacée dans cette guerre terrible.
    Cet ouvrage est une enquête historique mais bien davantage aussi : dans les bourgs d'Estrémadure et d'Andalousie où débuta ce crime ; sur la triple terreur, franquiste, communiste, anarchiste, à ne pas amalgamer mais à dénoncer ; sur les lieux de la bataille de l'Ebre, qui marque le dénouement de la guerre ; enfin sur la mort de Lorca, événement hautement tragique et symbolique.
    Camus disait que l'Espagne détient des « secrets royaux » : et si le moment était venu d'un retour possible de « l'homme de bonne volonté », tel que le définit Bernanos, et tel que l'incarna Camus ?

  • Non sans raison, l'Occident s'estime dépositaire de la modernité. Il peut se prévaloir de ses découvertes scientifiques, de sa technologie, de sa révolution industrielle. Dès lors, il lui devient difficile de concevoir une autre forme de modernité que la sienne, et nous sommes tentés de considérer les cultures différentes comme simplement porteuses d'un savoir « traditionnel ».Pourtant, dans l'Asie profonde, une conception radicalement différente a vu le jour au Tibet : elle est fondée sur la conquête de soi et l'éveil des consciences. Il s'agit d'une autre modernité, que rejoignent aujourd'hui les progrès que les neurosciences nous ont fait faire dans la connaissance de cette chose évidente et mystérieuse : l'esprit. Cet ouvrage tente de décrire cette modernité-là , dans toute son ampleur.
    L'ouvrage se veut historique - il raconte l'histoire du Tibet du point de vue de l'élaboration d'une conception de la conscience ; sans omettre les aspects négatifs (violences, tortures, etc.), et conceptuel - un long chapitre final est consacré à  la convergence, signalée par le Dalaï-lama lui-même, entre cette conception de l'esprit et ce que nous apprennent aujourd'hui les neurosciences.

  • Le livre commence comme une chronique : un jeune ingénieur idéaliste lance une revue politique et littéraire, et va demander son soutien amical à Jean-Paul Sartre, qui le lui accorde immédiatement. C'est le début d'une relation profonde et durable. Nous sommes dans les années 1970, au cours desquelles se développe en France un combat politique radical, animé principalement par les maoïstes de la Gauche prolétarienne ' Olivier Rolin, André Glucksmann, Alain Geismar, et l'incontournable Pierre Victor, Benny Lévy de son vrai nom, qui deviendra le secrétaire de Sartre. Jean-Pierre Barou fait partie de ce petit groupe qui poussera la France au bord de l'explosion. Il raconte les événements auxquels il a participé : le tribunal populaire de Lens, animé par Sartre, qui juge les dirigeants des Charbonnages de France responsables d'accidents du travail mortels ; les actions violentes à Renault-Billancourt, jusqu'à la mort tragique de Pierre Overney ; les interventions de Michel Foucault qui lance le Groupe d'Information sur les prisons. Il campe enfin un extraordinaire portrait de Sartre, dans toutes ses contradictions : vieillissant, presque aveugle, travaillant le matin à son " Flaubert " et l'après-midi prêchant la bonne parole aux portes de l'usine Renault, après avoir déjeuné à La Coupole. Sartre merveilleusement raconté, généreux et intransigeant, radical dans son exigence de liberté. Jean-Pierre Barou montre les liens entre la réflexion et l'action du philosophe pour tenter de comprendre les raisons de son fameux " retour au religieux " et dénonce ainsi le cliché d'un Sartre sénile, manipulé par quelques gauchistes exaltés. Un témoignage très personnel sur l'effervescence révolutionnaire, de Mai 1968 à la création de Libé et une analyse originale du rôle de Sartre dans ce contexte.

  • Nechung, l'oracle d'Etat tibétain qui ne s'est jamais trompé, Sam Begay, l'homme-médecine navajo qui soigne avec la beauté, Emily Kame Kngwarreye, la "Matisse du désert australien", sont les guides de cette enquête inédite au coeur des savoirs indigènes. Trois initiateurs, trois peuples, et trois thèmes : la prophétie, la santé et l'art.
    Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou ont approché au plus près ces maîtres, reçu leurs confidences, partagé leur vie et leurs cérémonies sur les contreforts de l'Himalaya, les hauts plateaux d'Arizona et aux confins de l'Australie. Ni voyageurs en quête d'exotisme, ni ethnologues bardés de certitudes. Ni suivistes ni compatissants. Nouveaux explorateurs. Nous découvrons avec eux que les sagesses ancestrales sont connaissance véritable. D'ailleurs, aujourd'hui, nos scientifiques les plus émérites valident les savoirs indigènes.
    L'Occident s'interroge, les Nations premières offrent des réponses. Nous sommes aux portes d'une nouvelle révolution copernicienne.

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