Tusitala

  • C'est l'histoire de Sundance, un Sioux qui sombre tre`s jeune dans l'alcoolisme et e ? cume pendant vingt-cinq ans les bars de l'Ouest ame ? ricain. Sans-abri, trimardeur, arnaqueur, rendu presque fou par l'alcool, coince ? entre la rue et la prison, son histoire aurait du^ s'arre^ter la`. Mais lasse ? du harce`lement policier, Sundance contre-attaque. Sa victoire lors d'un proce`s retentissant a` la fin des anne ? es soixante-dix met fin aux abus du syste`me judiciaire envers les alcooliques et entrai^ne une prise de conscience : l'alcoolisme n'est pas un de ? lit, c'est une maladie qui ne se soigne pas derrie`re des barreaux.
    Rares sont les te ? moignages de premie`re main de ceux qui vivent dans la rue. Celui de Sundance cristallise nombre de maux de la civilisation qui l'a recrache ? sur le bord du trottoir. Ivrogne, clochard, il est en outre un Indien dans une Ame ? rique qui s'est ba^tie sur la de ? pouille de son peuple. Des e ? meutes en prison aux rode ? os du Montana, de la Seconde Guerre mondiale aux champs de coton d'Arizona, en passant par les trottoirs de Los Angeles, la vie de Sundance nous raconte l'american way of life vu d'en bas.

  • Les martyrs et les saints

    Larry Fondation

    • Tusitala
    • 12 Septembre 2018

    Le 11-Septembre est passé par là : bienvenue dans l'Amérique de George W. Bush, de l'Axe du mal, de la guerre contre le terrorisme, les talibans, et Saddam Hussein dans le rôle du méchant récurrent.
    Les martyrs d'un côté, les saints de l'autre. Mais la guerre s'enlise, elle devient un état permanent. Les vétérans affluent dans les rues de Los Angeles, rapportant dans leurs bottes le sable du désert et une terreur qui les hante. Les frontières s'évanouissent : l'Afghanistan, c'est L.A. ; l'Irak c'est L.A.
    Au rythme de sa prose lapidaire, Larry Fondation juxtapose les histoires, compressées comme une sculpture de César, pour tirer le portrait de L.A. Beaucoup de martyrs, peu de saints. Ni vraiment nouvelles ni vraiment roman, ses textes cinglants racontent une ville viscéralement violente et compulsivement sexuelle - à Los Angeles, l'ombre de Charles Bukowski n'est jamais loin.
    Guidé par la figure d'un Virgile familier des Enfers, Fondation « chante les armes et l'homme » avec une poésie et une ironie qui nous sauvent des recoins sombres de son oeuvre, cernée de personnages dont la persévérance finit par ressembler à une ultime forme d'espoir. Des personnages qui semblent rejouer les mots de Samuel Beckett, « il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer. »

  • Étudiant brillant, Lawrence préparait une thèse sur les écrivains Nathaniel Hawthorne et Nathanael West quand il a perdu pied. Dépression, dégringolade, pour échouer sur les trottoirs de Los Angeles. Entre démence et lucidité, Lawrence survit dans un monde cabossé.

    Hanté par son passé et ses lectures, il confond les opérations de police de la ville et les procès des sorcières de Salem, ressasse ses vieux cours de biologie et tâche tant bien que mal de se raccrocher au peu qui lui reste : ses rassurantes superstitions, les corbeaux qu'il côtoie, et Bekah.

    Sous la forme d'un roman déroutant et émouvant, Larry Fondation raconte l'âpreté de la rue à travers le regard d'un homme égaré, enlisé dans les bas-fonds de L.A. comme dans le labyrinthe de son esprit instable.

  • Le champion nu

    Barry Graham

    • Tusitala
    • 21 Janvier 2021

    Billy est journaliste sportif, ancien boxeur. Il décide de passer un mois pour couvrir la préparation de Ricky Mallon, un jeune poids-léger qui se prépare au combat de sa vie. Pour Mallon, combattant acharné et talentueux, seule la victoire compte. Mais pour Billy, ce mois d'entraînement va au-delà du simple boulot de journaliste : c'est un moyen de prendre du recul afin d'opérer un choix crucial pour son avenir, entre la petite amie qu'il ne sait comment quitter et l'amour qui lui tend peut-être les bras.
    A partir de cette simple allégorie de la boxe, Barry Graham parvient, comme dans Le Livre de l'homme, à tisser une histoire d'amour, d'amitié, de solitude et de violence. L'écrivain n'a pas son pareil pour mettre des mots sur les déchirures qui nous habitent et les désirs qui nous hantent, et pour composer des romans universels, sincères et émouvants.

  • Un homme court, seul. Deux chasseurs qui campent par là le voient passer. Surpris de cette intrusion, « comme enivrés par l'âcre odeur de la forêt », ils décident de le rattraper. L'homme repart, les deux chasseurs sur ses talons. S'ensuit une battue farouche, où l'incompréhension se mue en haine.
    Intrigue dépouillée à l'extrême mais d'une infinie complexité secrète, La Bouche pleine de terre est une oeuvre inclassable qui oscille entre fantastique, absurde et réalisme ; entre allégorie, roman ou conte.
    Comme dans le texte qui l'accompagne, La Mort de M. Goluža, autre histoire d'un intrus qui bouleverse le monde dans lequel il surgit, Branimir Šcepanovic fait admirer son style saisissant et son imagination débridée. Deux textes inoubliables, tendus par une angoisse croissante, qui contemplent l'existence humaine d'un oeil mi-amusé, mi-résigné.

  • La faction cannibale

    Servando Rocha

    • Tusitala
    • 6 Novembre 2020

    La Faction Cannibale, c'est une histoire du vandalisme éclairé, illustrée par une recherche iconographique, littéraire et musicale riche et disparate qui reflète avant tout les obsessions de son auteur, imprégné par la pop culture de la fin des années 70 et de toutes les influences qu'elle charrie en son sein (le punk, Robespierre, Jack L'Eventreur, Debbie Harry, The Clash, André Breton, les Shakers, Alan Moore, Kim Gordon, Picabia, la bande à Baader, etc.) Servando Rocha se soucie peu de la chronologie et des frontières, il préfère nous faire emprunter des coursives temporelles. L'introduction d'un film sur les Sex Pistols nous renvoie aux émeutes de Gordon, qui nous conduisent aux conceptions de Burke sur le Sublime, qui nous mènent aux accidents de voiture sérigraphiés par Andy Warhol. Et singulièrement, toutes ces petites pièces mystérieuses assemblées les unes aux autres finissent par dévoiler un tableau poignant : les hommes n'ont jamais cessé de crier.

  • Paria

    Richard Krawiec

    • Tusitala
    • 17 Janvier 2020

    Maire d'une petite ville éclaboussé par un scandale, Stewart Rome se rappelle le sordide fait divers qui a bouleversé sa vie alors qu'il n'était encore que le jeune Stewie, timide et empoté. En 1967, on retrouvait Masha, la fille dont il était fou amoureux, sauvagement assassinée dans le sous-sol de son lycée. Un adolescent noir était rapidement arrêté. Était-il coupable ? De quoi se souvient réellement Stewart, narrateur trouble et manipulateur ?
    Paria parle de l'adolescence, de ses émotions incandescentes et des choix draconiens qu'elle implique. Loin du flower power et des luttes sociales que l'on associe ordinairement aux années 1960, c'est une autre Amérique qui se dévoile : celle de la famille ouvrière, du racisme, de l'addiction, qui punit les femmes tentées de s'émanciper. Une société minée par la peur, qui se nourrit de ses parias pour tâcher de survivre.

  • Vulnérables

    Richard Krawiec

    • Tusitala
    • 11 Septembre 2017

    Lorsque Madame Pike rentre du travail, elle trouve devant chez elle une estafette de police. Guidés par son mari, deux agents sont en train de constater les dégâts perpétrés dans la maison familiale.
    Cambriolée. Saccagée. Souillée. Le vieux couple est sous le choc. Leur fille, enceinte de neuf mois, demande à son grand frère Billy de leur venir en aide.
    Quadragénaire à la vie en miettes qui n'a pas vu ses parents depuis plusieurs années, Billy revient donc en ville. Sans trop savoir pourquoi. Lui, l'ancien délinquant qui a braqué tant de maisons, se retrouve à devoir veiller sur son père et sa mère, traumatisés. Et à retourner dans la ville qui l'a vu basculer.
    Partant de cette simple histoire de cambriolage, Richard Krawiec met le doigt où ça fait mal, et décompose méticuleusement les secrets troubles et les terreurs enfouies d'une famille moyenne américaine. Une plongée dans les entrailles sombres d'un pays renfermé sur lui-même, gangrené par la paranoïa et rongé par le malaise.

  • Jacqui

    Peter Loughran

    Jacqui nous embarque de force dans la tête d'un personnage rebutant, chauffeur de taxi frustré, réactionnaire, râleur, perfide et surtout effroyablement misogyne, qui aime asséner des leçons sentencieuses sur la vie. Entre macabre et humour noir, on suit le monologue intérieur d'un meurtrier qui raconte comment et pourquoi il s'est débarrassé de sa femme, la fameuse Jacqui, et en profite pour nous raconter le monde, vu à travers son regard désabusé.
    Avec son phrasé populaire, direct, fluide, cinglant, dont on ne sait jamais s'il va basculer dans le rire ou les larmes, Peter Loughran réussit magnifiquement son numéro d'équilibriste. Un roman singulier et dérangeant, toujours aussi corrosif malgré les années.

  • Effets indésirables

    Larry Fondation

    • Tusitala
    • 12 Septembre 2016

    Piliers de bars, prostituees, receleurs, clochards, arnaqueurs en tout genre... tels sont les personnages qui jalonnent le recit nerveux de Larry Fondation, assemblage de vignettes, d'eclats de voix, de bribes d'action, d'inventaires aberrants ou de nouvelles laconiques. Dans une Los Angeles hallucinee, vue au ras du sol, tout semble regi par une violence brute, epidermique, desinvolte ; chaque situation, meme la plus banale, peut basculer vers l'irremediable.
    Autant marque par les romans-collages de Dos Passos, la photo de Cartier-Bresson ou le rap de NWA, Larry Fondation construit des pièces composites, d'où jailli une poesie inattendue. Avec une economie qui evoque le minimalisme de Felix Feneon ou l'ironie des Crimes exemplaires de Max Aub, l'Americain cisèle ses textes pour les rendre plus percutants, et atteindre une purete où la moindre phrase compte. Fondation parvient à saisir ces instants fugitifs qui, resumes en quelques lignes, laissent transparaître la folie desesperee d'un monde à la derive. Folie qui glisse parfois jusqu'à l'absurde - l'humour et l'optimisme perçant alors derrière les fissures du bitume qui sert de decor à ses saynètes implacables.

  • Le voleur de voitures

    Theodore Weesner

    • Tusitala
    • 15 Septembre 2015

    Alex, seize ans, vient de voler sa quatorzième voiture. Pas pour la revendre ou se lancer dans un trafic, non, juste pour conduire, s'évader d'un morne quotidien coincé entre une scolarité dont il s'est totalement désintéresse et une famille éclatée - un père alcoolique ouvrier chez Chevrolet, une mère partie ailleurs en emmenant avec elle son petit frère. Largement inspiré de la jeunesse de l'auteur qui, comme Alex, découvrit la lecture en maison de correction âpres avoir été arrête au volant d'un véhicule qui n'était pas le sien, Le Voleur de voitures arrive à créer un personnage universel, un adolescent paumé qui sombre dans la délinquance sans même en avoir conscience. Il s'embourbe mollement, espérant se faire arrêter pour que quelque chose vienne, enfin, perturber son existence morose. En suivant l'inexorable coulée de ce personnage qui perd pied, Theodore Weesner tresse un roman initiatique sensible et émouvant sur les relations père-fils, sur l'apprentissage de l'amour à l'adolescence, la recherche du frère perdu et la fin de l'enfance.

  • Dandy

    Richard Krawiec

    • Tusitala
    • 14 Novembre 2013

    Artie, qui vit dans une pauvreté extrême, essaie de ne pas s'enfermer dans le désespoir et la solitude. Il rencontre Jolene, mère célibataire d'un enfant malade, contrainte de trouver de l'argent pour le soigner en essayant de garder sa dignité - "quand on est une fille, y a plus beaucoup de moyens respectables de se faire de l'argent". De leur rencontre naît une association bancale, qui permet à Richard Krawiec de faire le portrait d'un monde souterrain que le rêve américain a laissé sur le bord de la route. Il nous oblige à regarder en face ceux que l'on fait semblant de ne pas voir quand on les croise tous les jours, en allant au travail ou en se promenant dans les rues. Dandy est un livre dur, qui attaque frontalement la misère du nos sociétés contemporaines. Cependant, la grâce de l'écriture de Richard Krawiec lui évite de sombrer dans le voyeurisme, lui permettant au contraire de poursuivre son exploration de la face honteuse de la société de consommation américaine, de creuser ces deux personnages complexes, partagés entre espoir et résignation.

  • Francis Rissin

    Martin Mongin

    De mystérieuses affiches bleues apparaissent dans les villes de France, seulement ornées d'un nom capitales blanches : FRANCIS RISSIN. Qui est-il ? Comment ces affiches sont-elles arrivées là ? La presse s'interroge, la police enquête, la population s'emballe. Et si Francis Rissin s'apprêtait à prendre le pouvoir, et à devenir le Président qui sauvera la France ?
    Pour son premier roman, Martin Mongin signe un livre vertigineux. Un roman composé de onze récits enlevés, onze voix qui lorgnent tour à tour vers le roman policier, le fantastique, le journal intime ou encore le thriller politique, au fil d'une enquête paranoïaque sur l'insaisissable Francis Rissin. Avec une maîtrise rare, Martin Mongin tisse sa toile comme un piège qui se referme sur le lecteur, au coeur de cette zone floue où réalité et fiction s'entremêlent.
    Autant marqué par l'art de Lovecraft, de Borges ou de Bolaño que par la pensée de La Boétie ou d'Alain Badiou, Francis Rissin est un premier roman inventif et inattendu, au propos profondément politique.

  • Antoine Boute, Stephane de Groef et Adrien Herda appréhendent l'avenir avec une confiance aveugle. En teémoigne ce Manuel de Civilité Bioharcore qui dans une explosion de couleurs, de poésie et de typographie, recompose le quotidien avec des conseils pour aborder la vie sereinement en branchant un karcher aux égouts pour dégager une piste de pétanque ou encore emmener ses enfants camper dans un "spot bien déglingué" et les réveiller en leur faisant croire qu'ils passent à la télé.
    A la manière de planches pédagogiques et éducatives, éléments narratifs, injonctions politiques et environnementales se digèrent les uns les autres pour former un ensemble fascinant, d'où se dégage un malaise et une poésie déconcertants. Réalisé de manière insolite et secrète, cet étrange ouvrage à l'ingéniosité graphique et littéraire ravira un large public composé de révoltés de la société, de poètes en mal de reconnaissance et de fans de bande dessinée indépendante.

  • Dans Mémoires d'un Bison (1972), Oscar Acosta racontait comment il avait brusquement décidé de fuir la vie d'avocaillon commis d'office qui lui était promise. L'histoire d'une sortie de route, d'un road-trip dans l'Ouest, d'une consommation outrancière de drogue et d'alcool, et d'une amitié avec Hunter S. Thompson.
    Après ce premier texte en forme de genèse, le "Bison brun" raconte, dans La Révolte des cafards (1973), ces Chicanos dont il est l'avocat attitré avant de devenir l'un des porte-parole. Lassés des brimades, des injustices et du violent rejet de la société WASP, ces Américains d'origine mexicaine s'unissent dans un mouvement pour les droits civiques que la police de Los Angeles considère à l'époque comme "plus dangereux que les Black Panthers". Au passage, Acosta participe à l'un des procès les plus fameux outre-Atlantique, réussit à ridiculiser la justice américaine, et va jusqu'à se présenter aux élections pour le poste de shérif du comté de Los Angeles.
    Mégalomane mais incapable de se prendre au sérieux, héraut des Chicanos bien malgré lui, avocat de bas étage forcé de jouer dans la cour des grands, Oscar Zeta Acosta nous narre la contestation politique de la fin des années 1960 avec une verve sans pareille. Plus sombre que dans Mémoires d'un Bison, Acosta raconte le crépuscule d'une libéralisation de l'Amérique, loin de l'imagerie mythifiée que l'on a gardé de cette période.

  • La Nuit aveuglante raconte l'histoire de Cyprien qui, à la suite d'une mauvaise farce lors de la fête de la Saint-Jean, où il a voulu mettre le masque du diable pour effrayer sa famille, se retrouve pris à son propre piège et ne parvient plus à l'ôter. Cet effrayant miracle le force à s'exiler et à s'installer seul, loin de tout, dans une maison étrange où les enchantements rythment son quotidien. Le vin sort du robinet, la chambre se meuble au coucher du soleil, et lorsque la solitude est trop forte, une tête sort du plancher et converse avec lui.

    L'écriture éblouissante d'André de Richaud saisit le lecteur dès la première page, par son style humble et précieux qui semble s'excuser sans cesse de décrire avec autant d'exactitude la complexité des sentiments du narrateur. La force des évocations de la nature qui entoure le narrateur et la vie qu'elles portent en elles contrastent violemment avec les ténèbres de la folie dans laquelle il s'abîme, et l'on reste subjugué par le récit, qui passe de la première à la troisième personne subrepticement, effaçant ainsi encore l'un de nos derniers repaires de lecteur pour nous faire traverser la nuit.

    La Nuit aveuglante est paru en 1944 aux éditions Robert Laffont. Republié par Robert Morel en 1965 puis en poche par les éditions Marabout, dans la collection Fantastique, ce roman renaît quelquefois avant de tomber dans l'oubli, jusqu'à ce que Benoît Virot, éditeur du Nouvel Attila, ne remette la main dessus et ne le sélectionne en 2012 pour le faire concourir au désormais célèbre Prix Nocturne, duquel il fut lauréat à l'unanimité d'un jury conquis.

    Il inaugure la collection Insomnies, dirigée par Mikaël Demets, Carmela Chergui et Benoît Virot.

  • Escal - vigor

    Georges Eekhoud

    • Tusitala
    • 20 Janvier 2017
  • Le livre de l'homme

    Barry Graham

    A 35 ans, Kevin Previn, artiste installe´ a` Londres depuis une dizaine d'anne´es, est envoye´ a` Glasgow, sa ville natale, pour y re´aliser un documentaire sur un jeune e´crivain mort du sida, Michael Illingworth. Le retour dans la cite´ qui l'a vu grandir et ses souvenirs lie´s a` Illingworth, son meilleur ami d'alors, vont transformer son reportage en une que^te sur ses propres origines.

    Glasgow est a` l'e´poque la « capitale de l'he´roi¨ne » (Libe´ration, 23 sept. 1995), et le retour de Previn se mue en une plonge´e dans les me´andres d'une ville ravage´e par la crise e´conomique, le cho^mage, la violence et la drogue. Ressurgissent les fanto^mes de son enfance chaotique, de l'addiction de sa femme ou des tristes raisons de son de´part pour Londres.

    A sa sortie en 1995, Le Livre de l'Homme a e´te´ retenu dans la se´lection des « meilleurs livres de l'anne´e » par l'American Library Association. Encense´ par Irvine Welsh et de nombreux auteurs, il a e´te´ qualifie´ de « de´couverte litte´raire » par le magazine Details. A la fois ultrare´aliste et tre`s poe´tique, Le Livre de l'homme est l'un des romans phares de l'Ecosse de´sespe´re´e de la ge´ne´ration Trainspotting.

  • Volez ce livre

    Abbie Hoffman

    • Tusitala
    • 19 Octobre 2015

    Comment se procurer gratuitement de la nourriture ? Comment prendre l'avion sans payer ? Comment monter un journal militant ? Comment réussir une manifestation ? Comment répondre aux violences policières ?
    Comment adopter un bison ?... A la manière d'un faux guide pratique, Volez ce livre aborde - avec beaucoup d'humour et une sacrée dose de provocation - des sujets aussi sérieux que l'exclusion, la pauvreté, l'avortement clandestin ou le bouillonnement des mouvements des droits civiques. Après tant d'années, l'intérêt de cet ouvrage ne réside plus dans ses « bons plans », pour la plupart inutilisables aujourd'hui évidemment. Volez ce livre est davantage à prendre comme un document sur l'état de la société américaine dans les années 1960-70, ou comme une belle introduction au personnage d'Abbie Hoffman et à son esprit libertaire.

  • Paru en 1969, Un locataire est un pilier littéraire et politique de l'Histoire islandaise. Un couple islandais accepte l'intrusion d'un locataire étranger dans leur petit appartement, afin de pouvoir payer les traites de la maison qu'ils font construire. L'équilibre se rompt, un huis clos silencieux et très théâtral se met alors en place, qui glisse imperceptiblement vers le fantastique. Tiraillée entre l'agacement qu'elle ressent devant l'invasion de son appartement et la peur du qu'en dira-t-on, la maîtresse de maison s'étouffe dans une timidité polie et s'écrase devant l'importun, le laissant peu à peu prendre possession des lieux tandis que le mari se fond mollement aux exigences des deux autres protagonistes. En ne donnant ni noms, ni souvenirs à ses personnages, et en s'attachant aux détails de la vie quotidienne et aux moindres gestes de chacun d'entre eux, l'écrivain donne une aura universelle à son texte, portrait de la société islandaise de l'époque. La femme, cantonnée au territoire domestique, dépendante de son mari et du regard des autres, s'évertue avant toute chose à plaire et servir sans éveiller les soupçons, la malveillance et la jalousie.
    Ce roman est suivi d'une courte nouvelle. Une histoire pour enfants met en scène une mère qui, prête à tout pour céder aux caprices de ses enfants, les autorise à retirer son cerveau de sa boîte crânienne. Le ton de ce récit n'est ni vraiment cynique, ni vraiment humoristique. Il dit plutôt, sur un mode grotesque, le désespoir discret de ces femmes au foyer, dont le bonheur illusoire est le premier pilier de leur solitude.

  • Rongé par les ulcères, abruti par dix ans de thérapie, incapable de trouver sa place dans un pays qui rejette ses enfants basané s, Oscar Acosta plante son boulot d'avocat à l'aide sociale le 1er juillet 1967. Il quitte San Francisco et file sur les routes de l'Ouest américain. C'est le récit, quasiment initiatique, de cette journée- clé et de l'errance qui s'ensuit que retrace Acosta dans ce premier roman. Il évoque son enfance dans un bled de Californie, l'absence du père parti pour combattre les Japonais en 1941, la violence quotidienne que subissent les siens, rejetés par les Blancs comme par les "vrais" Mexicains immigrés. Mais aussi son obésité qui le répugne, la découverte du sexe, de l'alcool et des drogues... Toutes ces blessures et ces obsessions qui nourriront son oeuvre, littéraire comme politique : la discrimination raciale et la recherche de l'identité, individuelle et collective.
    Marqué par le gonzo journalisme de son ami Hunter S. Thompson et la contre-culture ambiante, Oscar Acosta signe un roman foisonnant, brut, traversé par un humour décapant. A travers son autoportrait tour à tour grotesque, lâche, agaçant, amusant ou attachant, le Bison californien esquisse un tableau plein d'ironie du pays qu'il aime et déteste à la fois.

  • Album

    Gudrun Eva Minervudottir

    • Tusitala
    • 12 Février 2015

    Incontournable recueil des anecdotes du quotidien, témoin de la genèse familiale et mémoire imagée du foyer, l'album photo est une pièce constitutive de l'histoire de chacun. Guðrún Eva Mínervudóttir travaille son récit en rendant hommage à ces compilations mémorielles, et choisit de présenter, de manière chronologique, de courts textes qui photographient ses souvenirs et évoquent des instants de sa plus tendre enfance jusqu'à son entrée dans l'âge adulte. D'une écriture humble et précise, elle dissèque diverses situations pour laisser s'en dégager des sensations merveilleusement intactes, qu'on aurait pensé indicibles. Album aurait pu n'être qu'un exercice littéraire mais, parce qu'il est pensé avec une tendresse véritable et dénuée de mièvrerie, c'est un roman d'une incroyable douceur, où l'on s'attache aux personnages et où l'on regarde se dérouler les aléas de la vie d'une mère célibataire, d'une petite fille amoureuse, et de quelques intervenants de passages. Détachée de tout narcissisme, ancrée à la trivialité d'un quotidien islandais désargenté, Guðrún Eva Mínervudóttir raconte sa saga, explique pourquoi elle est amoureuse de Derrick et tout le monde la comprend : c'est parce qu'il « surclassait les autres personnages de la télé comme un pur sang arabe au milieu d'un troupeau de moutons atteints du tournis ».

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