Plon

  • Parce qu'elle est à la fois morale (la vertu de réserve) et érotique (« elle fait le charme de l'amour comme le prix des abandons », disait Louise de Vilmorin), la pudeur est sans doute la plus troublante des vertus.
    Deux philosophes s'emploient ici à en faire l'éloge, et pour cela sont conduits à s'interroger sur le sexe des anges et la vie amoureuse de Kant.
    Valeur désuète et même ringarde ? Loin de là : véritable piment du désir, infiniment plus charmante que ses soeurs la pruderie, la décence, la honte et l'escartefiguerie, la pudeur est sans doute le sentiment le plus propre à l'homme, être fragile oscillant à jamais entre l'ange et la bête.

  • "Voilà le sort des enfants obstinés", dit la chanson, véhiculant une morale qui condamne l'entêtement absurde de celui qui n'écoute pas d'autres voix que la sienne. Mais que serait l'art sans l'obstination de l'artiste qui croit en ce qu'il fait malgré les critiques frileuses ? Que serait la politique sans le courage d'aller contre l'air du temps et la persévérance qui permet de ne pas abandonner ? Contrairement au courage qui n'est souvent qu'un coup d'éclat vite retombé, l'obstination trace une ligne sûre qui s'inscrit dans le durable. Quand le téméraire peut prendre ses rêves pour la réalité, l'obstiné a la tête sur les épaules, les pieds sur terre, et affronte les obstacles un par un. Comprise comme détermination de la volonté envers et contre tout, l'obstination permet de garder le cap quand tout chavire et de tenir bon en temps de crise.

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