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PUF
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De l'indifférence à la différence
Mazarine M. Pingeot
- PUF
- Philosophie Francaise Contemporaine
- 17 Septembre 2025
- 9782130890690
Prenant acte que la crise se traduit par une indifférenciation des champs symboliques et par une indifférence à la philosophie, nous avons cherché à mettre au jour cette structure d'indifférenciation que nous avons retrouvée jusque dans la philosophie de Deleuze. Or cette indifférenciation ne permet pas de rendre compte de certaines expériences éthiques, et porte en elle la menace de la dislocation du politique, du social, et plus globalement du philosophique. En nous appuyant sur l'idée d'infini en moi (Troisième méditation métaphysique de Descartes), sur l'infini lévinassien et sur la phénoménologie de la transcendance de Sophie Nordmann, nous avons cherché à sortir du destin de l'indifférence et à proposer une structure de Différence qui ouvre à la dimension éthique.
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Sexe, genre et sexualités : introduction à la philosophie féministe
Elsa Dorlin
- PUF
- Philosophies
- 7 Avril 2021
- 9782130827511
Le sexe désigne communément le sexe biologique qui nous est assigné à la naissance (mâle ou femelle), le rôle ou le comportement sexuels qui sont censés lui correspondre (le genre), et, enfin, la sexualité. Les théories féministes s'attachent à la problématisation de ces trois acceptions mêlées du sexe. Elles travaillent à la fois sur les distinctions historiquement établies entre le sexe, le genre et la sexualité, sur leurs constructions et leurs relations.
S'agit-il d'une relation de causalité : le sexe biologique détermine-t-il le genre et la sexualité ? D'une relation de simultanéité non contraignante entre le sexe biologique, d'une part, et l'identité sexuelle (de genre et de sexualité), d'autre part ? S'agit-il d'une relation de normalisation ? L'hétérosexualité reproductrice est-elle la norme légale, sociale, mais aussi médicale, à l'aune de laquelle les catégories de sexe comme de genre peuvent être déconstruites, voire contestées et bouleversées ? Le présent volume porte sur les théories féministes de ces cinquante dernières années, dont la richesse et l'engagement en font l'un des champs les plus novateurs de la recherche actuelle : le féminisme marxiste, l'épistémologie ou l'éthique féministes, l'histoire et la philosophie féministes des sciences, le black feminism, le féminisme " post-moderne " et la théorie queer.
L'ensemble de ces pensées constitue aujourd'hui un véritable champ de la philosophie contemporaine, dont on trouvera ici une introduction et une problématisation particulièrement éclairantes. -
La philosophie de Bergson distingue toujours deux aspects ou deux sens de « la vie ». Il y a d'abord la contrainte vitale, ou mortelle, le besoin. « Primum vivere » (c'est la devise que Bergson ne cesse de citer) : d'abord survivre. Cela explique, par exemple, en l'être humain, la primauté de l'action et de la pensée qui se règle sur elle, l'espace, la technique et la science, avec leur vérité propre. Mais cette contrainte vitale nous cache un autre aspect de la vie : l'acte intérieur, qui lui permet non seulement de se maintenir mais aussi de se diversifier et de se créer dans le temps, acte présent dans chaque vivant et dans « la vie » non pas comme abstraction mais elle-même comme « élan » sur notre planète et dans l'histoire aussi des vivants humains. La vie n'est pas seulement lutte contre la mort, mais acte créateur, voici ce qu'a toujours dit Bergson, depuis la distinction entre la « durée » et l'espace (dans son premier livre) jusqu'à celle (dans son dernier livre) entre la morale close, tournée vers la guerre à cause de la limitation de la vie, et la morale ouverte, qui en retrouve l'élan, chez quelques hommes de bien qui sont, pour cette raison, prêts à accepter la mort ! Ainsi, l'aphorisme inconnu confirme tout cela : on est tourné d'abord vers la limite de la vie, et la mort nous obsède. Mais il y a un autre aspect de la vie, qui est si fort, qu'il oublie même de penser à la mort. Ainsi, cette phrase confirme toute cette philosophie, si souvent méconnue sur cette thèse centrale et ses enjeux vitaux, tout ce que Frédéric Worms a tenté de montrer depuis trente ans, et dont le présent recueil cherche à témoigner.
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Vers une phénoménologie de l'action
Charles-André Mangeney
- PUF
- Philosophie Francaise Contemporaine
- 21 Mai 2025
- 9782130889342
Faire surgir un lapin de son chapeau sans l'y avoir placé au préalable, mouvoir un objet sans avoir eu à le déplacer effectivement : telle est l'essence de la magie. N'est-ce pas, paradoxalement, à une telle magie que sont vouées toutes les tentatives de phénoménologies de l'action ? En effet, comme l'a affirmé la tradition phénoménologique, l'action doit a minima être entendue comme cette modification réelle du monde pouvant être produite par un comportement d'un certain type. Sous l'influence kantienne, par ailleurs, la phénoménalité a été définie par sa réceptivité et son impuissance. L'idée même d'un phénomène de l'action enveloppe donc la notion contradictoire d'une puissance de ce qui est constitutivement impuissant. Les phénoménologies de la pratique sont en ce sens nécessairement magiques. Tel est le paradoxe que cet ouvrage tâche de mettre en lumière et dont il tente de sortir.
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La race fut longtemps appréhendée politiquement dans un sens biologique, approche qui constitua l'une des formes les plus puissantes de l'idéologie raciste. À la suite de la disqualification scientifique et politique de ces catégorisations biologiques, le racisme fut relégué précipitamment au rang de simple préjugé.
Or, qu'en est-il de la production continuée de la race dans les sociétés postcoloniales, à une ère prétendument « post-raciale » ? En mêlant une approche féministe, attentive à une compréhension des rapports sociaux de sexe, et une approche postcoloniale, le présent volume s'interroge sur les conditions épistémiques de la difficulté de défaire la race, ainsi que sur les outils permettant de la déconstruire. Le dernier chapitre porte ainsi précisément sur la supposée obsolescence du racisme scientifique qui serait supplantée par un racisme culturel. -
Autour de Jean-Louis Chrétien
Camille Riquier
- PUF
- Philosophie Francaise Contemporaine
- 9 Octobre 2024
- 9782130871620
Ce volume rassemble des inédits de Jean-Louis Chrétien, des articles de grands philosophes actuels (J.-L. Marion, M. Foessel, C. Riquier, O. Boulnois, E. Cattin, J. Greisch, C. Chalier) mais aussi des photographies et des lettres du philosophe.
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Robespierre. une politique de la philosophie
Georges Labica
- PUF
- Philosophies
- 1 Novembre 1990
- 9782130434191
Il existe une pensée politique de Robespierre qui a ceci de particulier et d'inédit qu'elle est pensée de la révolution du sein même de ses vicissitudes. La dignité philosophique de Robespierre surgit du plus redoutable affrontement qui soit : celui des principes et des pratiques. En dépit de son échec, en dépit de des détracteurs, d'aujourd'hui et d'hier, Robespierre a servi, comme il le disait, " la cause du peuple " . Du refus des " citoyens passifs " au droit des nations à disposer d'elles-mêmes, de la " vertu " à la Terreur et à l'Etre suprême, il a proprement tenté l'invention de la démocratie. C'est pourquoi la leçon de ce " surveillant incommode " concerne encore notre actualité.
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La pensée antique
Jean-François Mattéi
- PUF
- Une Histoire Personnelle De La Philosophie
- 23 Septembre 2015
- 9782130627524
Sommaire 1. Les présocratiques 2. Platon 3. Aristote 4. Épicure 5. Les stoïciens 6. Plotin
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La voie des idées, de Descartes à Hume
Pierre Guenancia
- PUF
- Une Histoire Personnelle De La Philosophie
- 23 Septembre 2015
- 9782130729693
Lorsque Descartes fait de la connaissance de l'esprit humain la principale tâche de la philosophie, il lui applique l'idée moderne de la science comme connaissance certaine et évidente. Durant les 150 ans qui suivront, aucun penseur ne reniera cette étincelle cartésienne. Dans son sillage mais aussi contre elle, dans le ciel de la philosophie apparaît une constellation de penseurs de premier ordre : Pascal, Hobbes, Spinoza, Malebranche, Leibniz, Locke, Berkeley, Hume. La recherche philosophique accompagnant la « révolution scientifique » commencée avec Galilée s'engage alors dans « la voie des idées ».
C'est donc sur cette voie que Pierre Guenancia nous entraîne, soulignant toujours dans les différences et les oppositions entre les philosophes la perspective épistémologique qui leur est commune : l'analyse de la connaissance doit précéder la connaissance des choses de l'univers, car ce n'est qu'à partir de nos idées que nous pouvons connaître les choses. -
Introduction à l'Éthique de Spinoza. La première partie : La nature des choses
Pierre Macherey
- PUF
- Les Grands Livres De La Philosophie
- 1 Novembre 1998
- 9782130491385
Depuis que l'Ethique a été publiée, en 1677, les idées de Spinoza ont suscité, selon les orientations les plus diverses, un intérêt qui ne s'est jamais relâché. Mais ces idées, le plus souvent, ont été considérées pour elles-mêmes, indépendamment du contexte démonstratif qui soutient leur exposition, en raison du caractère extrêmement technique et de l'aridité de celui-ci. Dans le présent ouvrage, qui devrait servir d'outil de travail à ceux qui cherchent à avoir un accès plus direct au texte, sont proposées les explications indispensables à une lecture suivie de la première partie de l'Ethique, où est abordée, sous l'intitulé «De Dieu», l'étude raisonnée de l'ensemble de la réalité considérée à partir du principe rationnel et causal qui lui confère à la fois son unité interne et son caractère d'absolue nécessité. Cette partie de l'ouvrage de Spinoza, que sa relative brièveté rend particulièrement difficile et énigmatique, joue un rôle essentiel dans son économie d'ensemble : c'est elle qui donne ses bases objectives au projet de libération éthique, qu'elle enracine en profondeur dans la nature des choses.
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La voie de la conscience ; Husserl, Sartre, Merleau-Pounty, Ricoeur
Pierre Guenancia
- PUF
- Une Histoire Personnelle De La Philosophie
- 28 Février 2018
- 9782130748717
Pierre Guenancia décrypte les quatre grands auteurs qui ont suivi la « voie de la conscience » au cours du XXe siècle, et dévoile ainsi ce courant souvent obscur et pourtant primordial qu'est la phénoménologie. Depuis Husserl jusqu'à Ricoeur, en passant par Sartre et Merleau-Ponty, le grand mouvement philosophique de l'époque contemporaine met l'intentionnalité, donc la libre conscience de l'homme, au coeur de ses considérations. Après la révolution des sciences sociales (objet d'une « Histoire personnelle » par Johann Michel), la phénoménologie signe la renaissance d'une philosophie conceptuelle qui va marquer en retour toute la culture européenne contemporaine.
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Heidegger et la question du temps (4e édition)
Françoise Dastur
- PUF
- Philosophies
- 2 Novembre 2011
- 9782130594154
La question que Martin Heidegger a posée à l'ensemble de la tradition occidentale est celle du sens de son concept fondamental, celui de l'être.
En révélant que c'est à partir du temps que nous comprenons l'être, il a montré que la philosophie trouve son origine dans l'existence d'un être qui ne peut plus être compris, comme le veut la philosophie moderne depuis Descartes, comme un sujet centré sur lui-même. La question du temps n'est donc pas pour lui une question philosophique parmi d'autres, mais celle qui seule peut donner accès à ce qui constitue l'humanité comme telle.
Ce que Martin Heidegger accomplit en posant la question du rapport de l'être et du temps, c'est cette « révolution du mode de penser » que requiert la prise en vue de l'essentielle finitude de l'homme et de l'être. La mise en évidence de l'historialité foncière de la pensée philosophique implique que celle-ci ne puisse plus se définir comme une pure théorie et qu'elle exige un engagement existentiel qui ne la met pas à l'abri de l'erreur.
C'est uniquement à partir d'une telle conception de la pensée que l'on peut comprendre l'engagement politique de Martin Heidegger, ce qui ne signifie nullement l'excuser. -
Aristote et la politique (4ème édition)
Francis Wolff
- PUF
- Philosophies
- 7 Novembre 2008
- 9782130571759
La " philosophie politique " est le singulier croisement, effectué par aristote, de deux produits de l'histoire grecque.
Depuis lors, toute la pensée politique (de machiavel à marx, de montesquieu à h. arendt) se nourrit de celle d'aristote. il convenait d'analyser les livres fondateurs de cette pensée fondatrice pour en livrer à tous l'intention singulière et le sens universel. les problèmes des cités oú vécut aristote ne sont sans doute pas ceux de nos états. et pourtant les réflexions philosophiques d'aristote sur ces problèmes peuvent toujours éclairer nos questions.
Tous les pouvoirs sont-ils du même type ? est-il naturel d'obéir ? qui doit commander ? quel est le meilleur régime ? qu'est-ce que la justice en politique ? qu'est-ce que la démocratie ? ceux-là même qui ne veulent pas en entendre parler pourraient entendre quelles inquiétudes cache ce mot de " politique " : " pourquoi vivre ensemble ? " et " comment vivre ensemble ? ". -
Derrière le mythe de Socrate il y a une énigme. Celui qui n'a pas écrit demeure aux yeux de tous LE philosophe, mais qui était-il réellement ? Que pouvons-nous savoir vraiment de sa philosophie ? Ce livre tente de faire le point sur le philosophe et sa philosophie.
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Spinoza et la politique (4e édition)
Etienne Balibar
- PUF
- Philosophies
- 11 Septembre 2011
- 9782130591153
L'ouvrage se propose d'introduire à la philosophie de Spinoza à partir du rapport intrinsèque qu'elle entretient avec la politique. Après une mise en situation de Spinoza dans les conflits de son temps, ce qui éclaire les multiples dimensions de son projet intellectuel, les trois grandes oeuvres sont analysées. Les thèmes, tels le rapport entre raison et imagination, la démocratie, la religion... sont particulièrement étudiés.
Étienne Balibar, né en 1942, est professeur émérite à l'Université de Paris X-Nanterre et Distinguished Professor of Humanities à l'Université de Californie à Irvine. Il a publié Lire le Capital avec Louis Althusser, Roger Establet, Pierre Macherey, Jacques Rancière, 1965 (réédition aux PUF, " Quadrige ", 1996) ; Race, Nation, Classe. Les identités ambiguës avec Immanuel Wallerstein (La Découverte, 1988) ; La philosophie de Marx (La Découverte, 1993) ; La crainte des masses. Politique et philosophie avant et après Marx (Galilée, 1997) ; Droit de cité. Culture et politique en démocratie (1997 ; réédition augmentée PUF, 2002) ; Nous, citoyens d'Europe ? Les frontières, l'État, le peuple (La Découverte, 2001) ; Violence et civilité (Galilée, 2010) ; La proposition de l'égaliberté (PUF, 2010). -
L'avenir de la liberté ; de Rousseau à Hegel
Michaël Foessel
- PUF
- Une Histoire Personnelle De La Philosophie
- 25 Octobre 2017
- 9782130731689
De 1750 à 1830, l'Europe traverse une époque d'intenses bouleversements politiques et sociaux. Entre ces deux dates, la Révolution française éclate comme un coup de tonnerre qui met à l'ordre du jour l'émancipation historique de l'humanité. Elle constitue un événement philosophique : pour la première fois, la liberté devient, à la place de Dieu ou de la nature, le principal objet de la pensée. C'est pourquoi on peut parler des « aventures de la liberté » pour décrire ces décennies où l'indépendance morale, la souveraineté du peuple et l'autonomie deviennent les horizons de la philosophie.
De Rousseau, qui élève la liberté au rang de toute légitimité, à Hegel et aux idéalistes allemands pour qui l'esprit est liberté, en passant par Kant qui consacre le droit inaliénable des peuples à disposer d'eux-mêmes et fait de la liberté l'absolu à l'échelle de la finitude humaine, cet ouvrage revient sur les théories qui ont marqué cette période et continuent d'influencer notre histoire contemporaine démocratique. -
Hermann cohen, franz rosenzweig, emmanuel levinas : trois réflexions contemporaines déterminantes pour comprendre la rencontre de la philosophie et du judaïsme.
Cette inspiration commune renouvelle de multiples questions : relation de l'éthique à la religion, constitution de la subjectivité, inscription de l'individu au sein de la communauté humaine, sens de l'histoire... une telle méditation s'approfondit dans un dialogue constant avec les grandes figures de la pensée juive et de la philosophie moderne et contemporaine : kant, hegel, heidegger, mais aussi maimonide, spinoza, leo strauss, martin buber.
A l'horizon se dessine la perspective d'une " éthique de l'altérité ", qui, hors de toute dogmatique religieuse, ouvre la pensée à l'accueil de la transcendance, de l'autre, contre tout enfermement de la philosophie contemporaine dans les catégories de l'immanence et du même. -
Cet ouvrage présente une analyse très complète de la relation entre islam et politique. Les différentes approches présentent la sécularisation comme un pur produit de l'Occident et lient le destin de la modernité à un phénomène de "désenchantement du monde" (Weber) qui n'a pu avoir lieu en islam, resté prisonnier des schèmes religieux et qui n'a pu franchir le seuil de la modernité politique. La faiblesse du droit dans la tradition de l'islam classique et son incapacité à mettre des limites au pouvoir pourraient expliquer la raison pour laquelle certains régimes transforment l'état d'exception en mode normal de gouvernement. Néanmoins, la pensée politique de l'islam classique a réalisé des manières d'appréhender le politique : certains penseurs ont mis l'accent sur la pluralité des formes de rationalité qui doit guider l'action de l'homme politique, des juristes ont élu le maintien de la cohésion de la communauté comme critère majeur de l'action de l'État, des philosophes ont insisté sur les possibilités de l'amélioration de l'homme tel qu'il doit être et non tel qu'il est.
Makram ABBÈS enseigne la philosophie à l'École normale supérieure. -
Atome et nécessité. Démocrite, Épicure, Lucrèce
Pierre-Marie Morel
- PUF
- Philosophies
- 15 Août 2013
- 9782130628590
Démocrite, Épicure et Lucrèce sont les trois figures dominantes de l'atomisme ancien. Ils construisent une philosophie de la nature selon laquelle tout est constitué d'atomes en mouvement dans le vide. Le monde n'est donc ordonné par aucune intelligence organisatrice ni aucune intention qui en définirait les fins. Il est le fait de la pure nécessité. Aussi Démocrite affirme-t-il que la nécessité est le principe de toutes choses et de tout événement. Les épicuriens s'efforcent cependant de limiter le pouvoir de ce principe intangible sans pour autant dénier la réalité ni la force du nécessaire.
Les enjeux d'un tel débat ne sont pas seulement d'ordre cosmologique ou physique. Ils concernent également la philosophie de la connaissance et l'éthique : pouvons-nous exercer notre jugement propre, nous efforcer au bonheur ou décider de bien agir, si nos actes eux-mêmes dépendent de la nécessité ? C'est en substance l'objection que les épicuriens adressent au fondateur de l'atomisme. Faut-il dès lors s'adapter à l'hégémonie de la nécessité, comme Démocrite nous y invite, ou convient-il, à l'inverse, de se convaincre que tout n'est pas en son pouvoir et que nous sommes réellement autonomes dans le domaine de ce qui dépend de nous, comme le pensent Épicure et Lucrèce ?
Telle est la question fondamentale que pose l'antinomisme ancien, dans le jeu même de ses conflits internes, en mettant l'exigence de liberté à l'épreuve de la nécessité, l'exercice de la décision face à la réalité du monde. -
A la fin des années 50 s'est développée en Grande-Bretagne une lecture analytique de saint Thomas, à l'initiative de Peter Geach, Elzabeth Anscombe et Anthony Kenny.
Ce livre explique pourquoi selon ces trois philosophes la lecture de la seconde philosophie de Wittgenstein reconduit à saint Thomas, et tout particulièrement à sa philosophie de l'esprit et à sa philosophie de l 'action.
Table des matières 5 La parenthèse internaliste De Wittgenstein à saint Thomas, 5 Néo-scolastique ?, 9 12 Les actes mentaux Critique de Ryle, 12 L'abstractionnisme, 18 La disposition conceptuelle, 24 La nature humaine, 28 31 Anti-Descartes Le sens interne, 31 L'erreur du cogito, 38 Le privatisme, 43 48 L'intentionnalité Esse naturale et esse intentionale, 48 La corruption de la logique et ses conséquences noétiques, 50 Intentionnalité et langage, 57 L'objet intentionnel, 66 L'intentionnalité de la perception, 72 78 La volonté Le mythe des volitions, 79 Peut-on s'observer vouloir ?, 84 Intellect et volonté chez saint Thomas, 89 Le libre arbitre et le fantôme de la liberté, 100 104 Une tradition philosophique Thomismes, 104 En quel sens Wittgenstein est-il un philosophe ?, 110 115 Annexe Comment comprendre la notion de phantasme ? (saint Thomas et Quine), 115 119 Indications bibliographiques 122 Glossaire -
Le moment du soin ; à quoi tenons-nous ?
Frédéric Worms
- PUF
- Ethique Et Philosophie Morale
- 15 Mai 2010
- 9782130575160
Si le moment présent est le moment du soin, c'est-à-dire non pas seulement
d'une vulnérabilité généralisée mais de l'activité humaine qui doit y répondre
dans tous les domaines, il faut penser celle-ci dans sa spécificité, sa
diversité et ses ruptures, de la technique à l'éthique, de la vie à la justice
: c'est le but de ce livre qui en propose à la fois une étude synthétique et
des applications ouvertes. Il fallait ressaisir l'unité du soin, ce par quoi il
unifie non seulement un acte technique indispensable et une relation humaine
fondamentale, et sa tension interne, la violation à laquelle il répond mais qui
le menace aussi, et qui lui donne sa portée morale et politique. Il fallait
ensuite approfondir cette étude sur des aspects précis qui posent chacun des
problèmes singuliers et majeurs : la pandémie ou les soins palliatifs, les
violations politiques et historiques. Il fallait enfin ouvrir les discussions
sur les divers points et avec les diverses approches qui tissent conjointement
le moment présent. C'est l'objet de ces chroniques, publiées deux années durant
dans la revue Esprit, qui répondent à la question liant aujourd'hui notre
fragilité et notre fermeté : à quoi tenons-nous ? Frédéric Worms est professeur
d'histoire de la philosophie contemporaine à l'Université de Lille 3 (UMR 8163
Savoirs textes et langage) et directeur du Centre international d'étude de la
philosophie française contemporaine à l'ENS (Paris).
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Le Cercle de Vienne a constitué un des mouvements philosophiques les plus influents entre les deux guerres, en défendant une philosophie d'inspiration scientifique, dont le but principal était de lutter contre l'obscurantisme de toute sorte, par le biais d'une théorie du sens et d'une conception scientifique du monde. Popper, qui avait pourtant combattu cette philosophie, avait, lui-même, reconnu que grâce à elle, " nous sommes tous devenus plus attentifs à ce que nous disons et à la manière dont nous nous exprimons, et c'est mieux ainsi ". Ce livre a pour objectif de montrer la difficulté de parler d'une pensée qui pourrait réunir tous les membres du Cercle de Vienne et de rectifier quelques uns des préjugés et malentendus qui entourent le Positivisme logique.
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Ce livre prend appui sur les analyses logiques et ludiques de Lewis Carroll pour souligner le caractère fictif et labyrinthique de l'identité. Contre le sophisme du particularisme culturel, ce livre place l'identité dans une réflexion sur la frontière, en abandonnant comme une notion peu opératoire celle d'appartenance. Comment mettre en avant les observations et les expériences plutôt que les convictions ? Cette question, mise en évidence par des philosophes empiristes comme Hume, sert de pivot pour substituer au débat idéologique contemporain sur l'identité, les constructions fictives des philosophes, des constructions rationnelles qui prennent relais des anciennes épopées.
Ali Benmakhlouf, professeur des universités, enseigne la philosophie à l'Université de Nice. -
L'idée de guerre juste
Monique Canto-Sperber
- PUF
- Ethique Et Philosophie Morale
- 30 Octobre 2010
- 9782130584735
Comment définir la guerre juste ? En quelles circonstances, pour quels objectifs est-il possible de justifier le recours à la guerre ? Depuis l'Antiquité, où la guerre était considérée comme le produit naturel des interactions humaines, jusqu'aujourd'hui, où l'usage de la force est strictement limité par les juridictions internationales, la réflexion est ininterrompue sur la justice de la guerre.
La guerre juste est-elle la guerre nécessaire, soumise à des contraintes dans les motifs et les moyens, ou une forme inédite de guerre morale visant à promouvoir un certain état du monde ? Ce livre plaide pour définir la justice de la guerre à partir de critères hérités de la tradition de la guerre juste mais révisés de façon à faire droit à une forme irréductible d'ambiguïté morale.