Myriapode

  • Racho est un homme originaire de Dirédoua près de Harar en Éthiopie. Sa trisaïeule, femme Amhara d'une certaine élégance, vécut une brève et discrète idylle avec Arthur Rimbaud pendant le deuxième séjour de ce dernier à Harar. Suite à la famine due à la guerre et aux problèmes de sécheresse sévissant en Éthiopie, le famille de Racho s'exila dans le Golfe de Guinée.

    Comme Rimbaud, Racho fait état d'une veine artistique féconde. Il est sculpteur et offre une nouvelle vie aux bibelots et colifichets qu'il ramasse au Port autonome de Cototrou. Mais son art ne répondant à aucune règle académique, Racho a du mal à se faire accepter par ses pairs et à vivre de son art. Il va ainsi décider de tout laisser tomber et d'aller mener sa vie sur le continent de son illustre ancêtre dans l'espoir d'y recevoir, du fait de sa filiation, un abord princier. Pour ce faire, il embarque sur un navire marchand dissimulé dans un container. Débarqué au Havre, il n'a qu'une idée en tête : visiter la tombe de son ancêtre et traverser le Rhin pour élire domicile en Rhénanie. Cueilli par les policiers allemands, il se fera renvoyer en France où, pour se prémunir contre une situation clandestine, il sera obligé de déposer une demande d'asile politique perdant définitivement la maîtrise de son destin.

    Un roman polymorphe qui procède par la fusion de genres à savoir la narration fictionnelle, la théâtralisation textuelle et l'injection de l'énergie poétique. Ici, le personnage central assiste à un spectacle inspiré de son parcours, un spectacle qui le désarçonne plus que tout et le pousse à la transcendance pour qu'il nous livre par ses propres mots et émotions le déroulement de sa vie. Le lecteur, témoin de ses tribulations, finit par effectuer un rapprochement entre la réalité d'une situation et le tableau qu'un artiste peut en tirer. Un ouvrage au style percutant, palpitant, obsédant où chaque phrase est un paragraphe à l'image d'un vers qui concourt à la structure d'un poème. Un livre qui s'inscrit thématiquement dans l'actualité et aborde tous les méandres de l'immigration clandestine, Arthur Rimbaud représentant l'entité qui l'a vu naître et son descendant, cet africain francophone en quête de reconnaissance dans un pays qui a façonné son identité.

  • « Anecdote » est le terme qu'emploie Claude Simon pour désigner l'intrigue lorsqu'il parle de ses romans, notamment de L'Herbe - d'où sortira La Route des Flandres.

    Une histoire de Grace, roman publié par Les éditions Myriapode, n'en est pas dénué, même si il en joue, et si son récit se caractérise par ce que la critique actuelle nomme la « narration indécidable ». Comme dans Les gommes, l'anecdote s'apparenterait même à l'intrigue d'un roman policier, mais l'enquête piétine, en grande partie peut-être à cause du fait que le livre est écrit au présent, dans un présent qui nivelle tout, rejetant l'enquête dans l'artifice ou le leurre et donnant à penser que le véritable personnage de l'histoire est le temps - dans lequel celui auquel on s'adresse se trouve comme empêtré, incapable d'épouser le devenir.

    Aussi peut-on lire le petit texte démaillé d'Une histoire de Grace comme la narration d'une obsession ou d'une errance ; ou bien encore comme un récit de deuil, un texte-linceul où la forme de l'être absent, manquant, poursuivi, s'est imprimée ; sinon comme une plongée dans la nuit, celle qui baigne la pensée et où le poème nous ramène parfois, rendue sonore : le personnage de Grace y est confondu à une « obscure lampe » que la parole, en des élans furieux, aura voulu capter.

  • Le lit des ombres

    Victor Kathemo

    Récit de la vie compliquée d'un albinos au Zaïnavire, pays en pleine déliquescence où règnent préjugés et croyances obscures.

  • Max

    Julien Oeuillet

    Depuis ce jour où Max a perdu la vision des couleurs, il roule droit devant lui. Il perd petit à petit la mémoire, le sens de l'espace et du temps, et se persuade que ses yeux sont les premiers agents d'une mystérieuse conspiration vouée à sa perte. Dans sa course folle, Max ne souhaite rien que d'avancer un peu plus loin, sans autre but que de survivre plus longtemps et d'échapper à la conspiration qu'il croit lancée à ses trousses. Qu'est-ce qui pousse Max à fuir toute sa vie, l'oublier, la démonter ? Est-ce un burn-out, une crise existentielle ou la peur d'une vraie machination ? Et si, finalement, cet homme qui refuse de croire ce que les yeux lui disent était celui qui voit le plus clair ? Dans Max, Julien Oeuillet explore une nouvelle dimension de la folie : le rejet de la normalité, le refus des images et la destruction progressive de l'ego d'un homme qui voulait seulement prendre la route...

  • Pseudo

    Ella Balaert

    Un homme, une femme, engagent une correspondance sur le Net. Mais l'un(e) des deux n'est pas celui que l'autre croit. Jeux de séduction épistolaire, libertinage amusé, masques, mensonges et vérités... On croit ne jouer qu'avec les mots. Mais le drame n'est pas loin. En feront l'expérience Jeanne, vingt-cinq ans, musicienne et romantique ; Sophie, la quarantaine mondaine et cynique ; Alice, une trentenaire accro au poker, la flambeuse du groupe, et Ulysse, un antiquaire un peu distant mais si élégant !

  • " ...Que s'est-il passé ? Un nouveau jour commence ; ce sommeil, n'a-t-il duré qu'une seule nuit ? Il faut que je me lève, je dois rentrer chez moi. Depuis combien de temps suis-je là ? Je baisse les yeux et je vois, sous mon ventre, quatre pattes grises... Suis-je toujours en train de rêver ? Que se passe-t-il ? Je n'étais pas comme ça avant ! Je me redresse, un frisson me parcourt l'échine, quelque chose cloche, quelque chose va arriver, mes poils se hérissent, je dois m'échapper. Je m'enfuis. Qui pourra m'aider ?... " .

    Chaque nuit, Elie Owl subit les transformations de son corps. Chaque matin, effrayé de voir ce qu'il est devenu, il ne peut lutter contre l'instinct qui le pousse à agir comme l'animal dont il a pris la forme. Chaque métamorphose l'enfonce davantage dans l'horreur et les remords. Que faire pour enrayer ce processus, mettre fin à ce maléfice, cesser d'être le jouet des forces obscures qui le dominent ? Est-il là pour répandre le mal et la désolation ou a-t-il une autre mission sur terre ? Un voyage au coeur des questionnements de l'adolescence, entre révolte et découverte, servi par une écriture subtile et éthérée.

  • Dounia littéralement « Humanité »est un enfant qui présente une bichromie de la peau. Il est moitié blanc moitié noir, en permanence porté par l'idée d'un monde meilleur et solidaire. Il possède une peluche nommée Vodou qui héberge en son sein un génie de la forêt. Ce fétiche, investi par des pouvoirs surnaturels, l'aide à surmonter toutes les difficultés qu'il rencontre et à réaliser ses rêves.

    Entre nouvelle, fable et conte littéraire, les histoires de ce recueil pour jeunes et adultes exploitent un univers multiple et mettent en scène un être malicieux, généreux, qui s'interroge sur les rapports entre l'homme et son environnement proche ou lointain et la pertinence de la mémoire collective. Un personnage qui permet de découvrir à quel point la diversité est une richesse qui se doit à tout prix d'être préservée.

  • « Nous nous arrêtions là où l'eau était émeraude et nous piquions des pédalos en pleine nuit. Nous trempions nos lèvres teintées de café frappé, et on riait en se dévoilant nos dents de traviole comme une confidence. Pourtant, je savais que cela n'allait pas durer. Par essence, le sublime frôle la chute. La vie n'est trop courte que si la vitesse a mal été ajustée. Respirer pleinement, c'est accepter que le temps varie dans son allure jusque dans son épaisseur. C'est se laisser rattraper par cette quête infinie de désir. Se donner le vertige à la folie, s'enivrer d'une goutte de poison qui monte au nez, effleurer la mort en râpant sa chair tendre du bout des doigts ne sont pas des attitudes suicidaires, c'est vivre ».

    Folle d'Absinthe est le récit d'une femme qui tente de cerner l'amnésie frappant ses émotions, les conséquences d'un temps trop dissolu, et sa poursuite effrénée de l'exclusivité. L'histoire démontre qu'il y a parfois de la beauté dans le désespoir. Une beauté incandescente. Le sujet n'est au final ni l'amour ni le désamour, mais la foi obligatoire en l'existence.

  • « Il a fini par perdre son humour, son amour. Il s'était rangé, ses souvenirs engrangés, sans aucun gage pour son avenir. Il sentait maintenant le caoutchouc tel un scaphandrier, comme si l'Occident lui avait fourni un étui neuf dans lequel il s'était glissé. Il a fini par se prendre dans la nasse, se fondre dans la masse, marcher dans les clous, au pas, comme une automate, marcher droit devant, sur des voies tracées au cordeau, devenir lisse, sans relief, perdre son magnétisme, sa magnitude magnifiée, telle une étoffe qui a subi sans cesse la loi d'un tambour infernal, d'une machine effrénée. » Ce roman passe au microscope un nom, le dissèque au pamphlet aigre-doux pour dévoiler des personnages inscrits dans l'histoire mouvementée de l'humanité avec des parcours singuliers et instructifs. Une généalogie rongée par le poids des traditions. Un miroir du passé dont les reflets nous éclairent sur les impasses du présent. Une quête d'identité, comme un désert plein de mirages parcouru par un athlète rompu. Naître ou ne pas naître Noir. Ni l'un ni l'autre, mais naître. Cela n'a pas beaucoup de sens. L'un et l'autre selon cette petite métisse. Normal car la vision du monde se déploie à partir de soi, chaque individu se croyant au centre de l'univers. Une oeuvre à la lisière de l'essai qui donne à réfléchir sur la condition d'un Noir dans le monde contemporain.

  • « Maman. Un mot gâteau. Un mot sucré. Une crème nourricière. Je ne le prononce plus. » Parce qu'elle n'est plus. Rongée par une vie qu'elle a sacrifiée, une existence qu'elle n'a pas su vivre pour elle. « Je suis passée à côté de ma mère. » Une dernière chance en décalé. Sa fille raconte, à travers ses yeux de fille, mais aussi à travers ses yeux à elle, les yeux de sa mère. Elle raconte ce décalage qui la définit.

  • Recueil de nouvelles aux sujets divers : un chauffeur de taxi sillonne l'Europe et écrit son propre dictionnaire ; un musée devient un champ de bataille entre gardiens jaloux ; une employée d'usine réécrit le manuel d'une machine à laver pour en faire une arme de destruction massive ; un couple oublie la tyrannie en se droguant aux vapeurs de javel d'une piscine.

  • Louisa, la trentaine dynamique et urbaine, n'a jamais connu son père. Par une chaude journée d'avril, elle apprend la mort de celui-ci ; elle découvre dans la foulée qu'il lui a laissé un conséquent héritage. Mais cet argent inespéré est soumis à une condition : elle doit cohabiter un mois avec un frère dont elle ignorait jusqu'à l'existence.
    Ne se doutant pas qu'elle prend un aller simple pour le début du reste de sa vie, Louisa fait sa valise et débarque à Lougeac, village du centre de la France où elle n'est pas la bienvenue et où les rumeurs vont bon train. L'y accueille Matthias, qui ressemble à tout sauf au grand frère idéal.
    De désaccords en maladresses, de déceptions en heureuses surprises, la confrontation de ces deux êtres en quête d'identité que tout oppose se révèlera chaotique ; mais comme toute chose, la vie commune s'apprend...

  • Des statues renversées. Des dieux auxquels on ne croit plus. Des hommes qui s'entretuent sur une île nue, sans arbres, sans oiseaux, sous le regard impassible de titans de pierre. Faute de bois, faute de pirogues, les insulaires ne peuvent quitter le « Nombril du Monde » pour retrouver les terres fertiles de leurs ancêtres.

    Comment survivre quand les ressources d'une île aride ont été épuisées et que les hommes, à coups de pics, ont creusé leur propre tombeau ? Entre le conte philosophique, la complainte ou le chant, ce roman insolite interroge notre conscience en retraçant le destin d'un peuple victime de ses croyances, du climat, de lui-même, avant l'arrivée des Européens, le jour de Pâques 1722.

    /> Assis sur le sable, Tao enlaçait Siam et sentait son coeur battre dans ses mains : J'ai aussi peur que toi, dit-il. J'ai aussi peur. Les vagues s'échouaient à leurs pieds, près des récifs noirâtres, et tous deux partageaient le même pressentiment. C'était peut-être leur dernière nuit. Leur dernière nuit au creux des vagues et du vent. Notre monde va disparaître, dit Siam. Le ciel va rejoindre la mer, et la lune s'éteindre avec le soleil...

  • L'orange-bleu

    Bénédicte Fichten

    « Ce jour-là, l'instant de cette fin, je me suis appuyée sur le rebord du sofa, m'y suis assise.
    Sans m'affaler. Au contraire, j'y suis restée toute droite, presque stoïque. Pour toi ou pour les yeux qui regardent sans chercher à sentir. C'est-à-dire en apparence...! En apparence, seulement. Fiez-vous seulement à ce que vos yeux vous montrent, vous ferez fausse route, sans doute. Provoquez, faites ployer, aventurez-vous vers l'autre moi qui est en abîme, osez aller naviguer dans le vague souterrain de ce que nous sommes, là où bat cette autre chose sans se faire voir. Et qui se sent dans la moiteur des mains, au fond d'une prunelle pétulante. Dans la joie du corps qui ne tient pas en place. Silence et cache-cache. À ce moment-là, mon for intérieur n'était que ce qu'il était ».
    Nouvelles « années folles », pendant la plus longue crise identitaire de la Belgique, une jeune française dévoile sa passion quasi christique pour un modèle hollandais. Ils évoluent dans un pays « surréaliste » et coloré, peuplé de troubles, de griseries et de liberté; il est lié à un autre homme, elle est peintre et sculptrice et le désire. Ils sont faits pour s'aimer et se haïr, ou pour se perdre dans le mystère artistique et cet acte merveilleux : créer...
    De cette mère qu'elle a l'impression de n'avoir pas véritablement connue.

  • Le 7 janvier 2015, deux individus cagoulés s'introduisirent dans la rédaction du journal Charlie Hebdo et ouvrirent le feu, assassinant onze personnes, ainsi qu'un policier, lors de leur fuite. Le lendemain, un troisième terroriste tuait une policière municipale puis, le surlendemain, attaquait un supermarché cacher, commettant quatre autres meurtres. Les auteurs de ces attentats furent tués par la police, non sans avoir revendiqué leurs actes au nom d'Al-Qaïda.
    Ces attaques, l'émoi qu'elles ont suscité et les réactions de l'appareil d'État constituent un événement qu'il convient de mettre en perspective. C'est ce que cet ouvrage se propose de faire. Il relève un paradoxe. D'un côté, les attentats de janvier 2015 s'inscrivent dans une tradition politique ancienne en grande partie occidentale dans sa généalogie et dont l'appropriation récente par des groupes islamistes radicaux n'a modifié ni les modes opératoires ni l'inscription dans un projet fondamentalement politique. D'un autre côté, ces attentats ont majoritairement été perçus comme originaux, étrangers aux traditions occidentales et culturellement marqués par les croyances religieuses - en l'occurrence musulmanes - de leurs auteurs. Cet ouvrage éclaire ce paradoxe en montrant que des mécanismes de pouvoir puissants médiatisent et construisent notre perception du terrorisme.

    Gilles BERTRAND est maître de conférences, co-directeur du parcours de master « Politique internationale », chercheur au Centre Emile Durkheim à Sciences Po Bordeaux.
    Mathias DELORI est chargé de recherche au CNRS, co-responsable de l'axe « Sociologie politique de l'international » du Centre Emile Durkheim de Sciences Po Bordeaux.

  • L'air du monde

    Victor Kathemo

    Jérôme Jauréguy est un Français moyen qui occupait un poste d'opérateur de presse d'imprimerie. Par son travail il apportait un souffle vital à la poésie, aux rêves et aux idées. Un licenciement économique va briser son couple au moment où sa femme venait de lui offrir un enfant. Cette situation le fera sombrer dans une dépression insoutenable. Son réaménagement dans un immeuble avec vue sur la cour d'une école élémentaire marquera le tournant de sa vie.
    Se sentant abandonné par le monde, il ne réussira à trouver du réconfort qu'auprès des enfants en tissant à distance avec eux un lien affectif indéfectible. Mal interprétée par les adultes, sa relation lui vaudra une mise en examen pour des faits de pédophilie le poussant, rabroué, à attenter à sa vie. Un roman sous forme de plaidoyer où l'accusé cherche à inverser les rôles en portant un jugement sur la société dans laquelle il évolue.

  • Station-service

    Anne Bourrel

    « Juste avant d'entrer en ville, il y a les parkings vastes et noirs. Au dessus : encore du ciel bleu. Entre ces deux surfaces que l'on dirait infinies, des enfilades de camions, des trente-huit tonnes comme des mammifères patients autour d'un point d'eau. » Est-ce qu'une station-service est le meilleur endroit pour prendre des vacances quand on a tué le Catalan ? Bégonia, ex-étudiante en lettres tombée dans la prostitution, Ludovic, maquereau à peu près conforme au genre, et le Chinois, leur homme à tout faire, viennent d'assassiner le Catalan. Ils ont déposé son corps au sommet du monument pyramidal qui, sur l'autoroute, borde la frontière franco-espagnole. Ils décident alors de faire une pause avant d'entamer une nouvelle vie. A Leucate, sur une plage interdite à la baignade, ils rencontrent Marielle, jeune fille mal coiffée, qui leur demande de la ramener chez elle. Avec une enfant sur les bras, l'histoire bifurque et prend un tour inattendu... Station-service rapproche deux univers n'ayant à priori rien en commun : la Jonquera, en Espagne, haut-lieu de la prostitution et une station-service au bord d'une nationale, dans le sud de la France.

  • Quand tout se tait

    Isabelle Marsay

    Qu'ont fait nos ancêtres sous l'Occupation ? Quel camp ont-ils choisi ? Quel fardeau nous ont-ils transmis, à travers les non-dits, les silences et les récits plus ou moins tronqués ? Faut-il connaître le passé de nos aînés ?

    Ce roman intense, à la violence sourde, au rythme obsédant, mêle plusieurs époques en abordant les thèmes du libre-arbitre, de la psychogénéalogie et des secrets de famille qui nous façonnent à notre insu. Voyeur, spectateur, le lecteur suit une enquête fatale menée par le personnage principal contre l'avis d'un narrateur qui tente de l'en dissuader...

  • A l'Isle, une jeune femme, très attirée par un homme marié, hésite. Doit-elle croire à une possible et véritable histoire et se laisser tenter, ou passer outre, sous peine de tomber dans un terrible piège ?

    Histoire écrite sous la forme d'une rêverie, cette lettre à un homme, ciselée par des mots justes et salvateurs, et admirablement illustrée par Karl Lakolak est plus qu'un message capturant les émotions douloureuses.

    Cette version féminine intime et émouvante de la difficulté d'aimer aborde un autre thème essentiel : la nudité, seule apte à retranscrire la sensation brute éveillée par les désirs irréfragables. Voilà pourquoi le phénomène de société insulaire qu'est le naturisme moderne, entre primitivisme et « sexual addicts », apporte une partie de son décor naturel au récit.

empty