Mimesis

  • Il y a un avant et un après Welles, tant l'auteur de ­Citizen Kane­ a laissé sa marque dans l'histoire du cinéma et a inspiré des vocations. Ce livre questionne son héritage. Où ses images sont-elles imitées et comment son cinéma se prolonge-t-il dans d'autres oeuvres­ ? Qu'est-ce qui, de Welles, passe chez d'autres cinéastes­ ?

  • Sigrid Weigel est un des plus grands spécialistes de l'oeuvre de Walter Benjamin, et nous présente dans ce livre l'analyse détaillée de certains aspects fondamentaux de la production du philosophe et critique allemand. Organisé en un avant-propos suivi par 10 chapitres divisés en trois grandes parties, le livre aborde une série de questions qui vont du rapport entre le sacré et la création, à l'interprétation de textes de Goethe, Brecht et Kafka, jusqu'à la théorie de l'art, des images et des médias. Paru en Allemagne en 2008, le livre s'est vite imposé comme un de textes de référence sur la pensée de Walter Benjamin : avec cette traduction française, il deviendra aussi en France un des livres incontournables pour tous ceux qui s'intéressent à l'oeuvre de cet auteur fondamental de la première moitié du XXe siècle.

  • Ces Celtic Wonder Tales, première collection de récits d´Ella Young, datent de 1910 et ont été publié en traduction française en 1966. Bien qu´elle continue à écrire de la poésie, c´est surtout avec ces rédactions de légendes irlandaises traditionnelles, illustrés par son amie la militante féministe Maud Gonne, que Young se fait connaître. L´auteure a essayé de s´approcher de ce que devaient être les légendes originales, traditionnellement confiées à la transmission orale, scandés et chantés, puis plus tardivement rédigés - dans les siècles chrétiens-carolingiens - donc bien altérés, chaque copiste y apportant sa petite variante. Ces contes merveilleux décrivent l´origine du monde avec la venue sur la terre d´Irlande des dieux et des Dê Danaans, les attaques des puissances des ténèbres qu´ils subissent, les combats formidables qui s´ensuivent.

  • Dans ce livre, Michael Marder décortique les espèces végétales et en extrait les sucs qui ont alimenté le discours philosophique pendant des siècles. En choisissant douze espèces botaniques qui correspondent à douze philosophes significatifs, il retrace une histoire de la philosophie à travers l´évolution des relations entre humains et végétaux. À l´aide d´images et de métaphores végétales, ce livre nous ouvre une voie à travers le dense sous-bois et les racines enchevêtrées de la philosophie. Du platane de Platon aux nénuphar de Luce Irigary, des poires de Saint Augustin aux pommiers de Heiddegger, des tulipes de Kant aux tournesols de Deridda, il nous invite à un cheminement accessible à tout lecteur.

  • De l'abîme à l'espoir ; les années folles du mondialisme (1945-2020) Nouv.

    Michel Fize poursuit sa réflexion sur la société contemporaine et dresse un état des lieux des « abîmes actuels » : économiques, sociaux, politiques, écologiques, intellectuels, moraux. Il constate que si l´individualisme est préférable au collectivisme totalitaire, le libéralisme au socialisme d´État, la démocratie à la dictature, les grands principes finissent toujours par être pervertis. L´individualisme est devenu égoïsme et autoritarisme, le libéralisme aliénation et exploitation des plus modestes, la démocratie « démocratisme ». Nous devons passer d´un « individualisme de la marchandise » à un « individualisme de la liberté » qui retisse le lien social avec les autres, et fasse que nous soyons à nouveau ensemble, et pas simplement côte à côte, nous dit-il.

  • Faruk Šehic s'engage en 1992, à vingt-deux ans, dans l'armée bosnienne et il traverse la guerre civile yougoslave au commandement d'une compagnie de 130 soldats. Blessé, démobilisé à la fin des hostilités en 1995, il écrit et publie de la poésie. Ses proses, âpres et féroces, en font l'une des voix le plus authentiques de l'ex-Jugoslavie, chef de file de la « génération mutilée » née en 70. Šehic place au centre de son oeuvre l'expérience de la guerre, pour en raconter le quotidien, la banalité et la brutalité, mais aussi ses replis d'humanité. Dans les interstices laissés libres par le sang, la violence et la rage résignée, Faruk Šehic laisse s'infiltrer une étrange poésie qui parvient à retrouver la personne qui se terre, apeurée, sous le masque du soldat, et qui tente de donner un sens de fortune à ce qu'elle vit.

  • C´est dans l´histoire que nous pensons, et à l´épreuve de l´histoire. Les balisements de la pensée par l´histoire, leurs façons parfois douloureuses de se heurter doivent être questionnés. L´idée même d´Histoire n´échappe pas à la nécessité de ce questionnement. L´Histoire, à l´épreuve de l´histoire est un ouvrage collectif, international et pluridisciplinaire qui multiplie les points de vue et les perspectives. L´histoire de l´Afrique autant que la pensée africaine a fait l´objet de refoulements massifs, dans la pensée occidentale. Ces pensées et ces histoires ont une place privilégiée, mais pas exclusive, dans ce volume. En plus de la pensée historienne et de la philosophie, ce livre s´ouvre à des pratiques artistiques, pour affirmer que l´universel ne peut être approché que par une pensée plurielle. Un récit, quelques poèmes, viennent illustrer ce que peut l´écriture.

  • Ce volume rassemble les contributions de Pierre Pachet à l'histoire de la philosophie grecque, depuis 1968, avec sa thèse de doctorat - une édition commentée des fragments de Cléanthe - jusqu'en 1978, année de sa participation au recueil Les Stoïciens et leur logique. Pourquoi donc le stoïcisme ? Sans doute son " accointance avec les Stoïciens avait du sens " et " leur fréquentation (lui) avait profité ".
    Car c'est Cléanthe le philosophe qui ne se sépare pas du " poète inspiré de l'hymne à Zeus ", que Pachet fait figurer au centre de son recueil et qui témoigne d'un effort pour retrouver l'unité proprement hellénique de la poésie et de la philosophie, brisée par Platon. Une philosophie en vers, voire une poésie didactique. C'est en définitive à l'écrivain plus qu'à l'historien que Pachet entend qu'on laisse Cléanthe, moins pour reconstituer son système philosophique que pour y trouver " un exemple, un précurseur, un frère ".

  • Il y avait autrefois le cinéma, la photo, la peinture. Il y a désormais, de plus en plus, des images. Des passages entre les images : l'entre-images. Entre ces images, ces passages, il faut choisir : les representations, les oeuvres, par quoi faire exister encore un monde, et un art. Les essais rassemblés dans ce livre ne cherchent pas à faire, directement, l'histoire ou la théorie de l'entre-images. Ils tentent plutôt d'en dessiner le champ, d'en formuler l'expérience. Un livre sur le cinéma, l'un des premiers sur l'art vidéo, où la photo est très présente, plus comme horizon et limite qu'en tant qu'art.
    Un livre attaché aux images, porté par leur passion.

  • Ce recueil d´essais sur Jacques Derrida aborde des sujets aussi divers que l´écriture, la lecture, les problèmes de traduction et l´économie, en croisant des questions métaphysiques fondamentales : l´humanisme, le temps, l´infini. Dans toutes ces problématiques, la déconstruction opère des « détours », c´est-à-dire des déviations, introduisant des différences par rapport à la façon ordinaire que nous avons de les concevoir - ce qui nous permet d´en apercevoir la nature radicalement évènementielle. Car c´est là que nous découvrons le véritable contenu du concept instituant et constitutif de la déconstruction : celui de la différence. Ce dont ce mot est la trace, ce dont il représente le diagramme, est le fait qu´une différence se soit produite, que quelque chose soit arrivé et arrive. La déconstruction, comme l´a écrit Derrida, est en effet « ce qui arrive ».

  • D'une manière encore plus manifeste et controversée suite à la pandémie de Covid-19, les écrans sont des protagonistes indiscutables de notre époque. Ce volume s'interroge sur leur avenir à travers une exploration collective et transdisciplinaire qui réunit les contributions de spécialistes internationaux en esthétique, philosophie de la technologie, philosophie de la politique, études des médias, culture visuelle, sciences cognitives et théologie. Leur réflexion se développe autour de trois problématiques principales : le prolongement réciproque du corps dans les écrans et des écrans dans le corps ; les transformations perceptives et affectives produites par leur présence croissante, ainsi que leurs conséquences sur nos comportements, nos imaginaires symboliques et nos croyances collectives ; l'idéologie soutenant le désir d'immédiateté et de désintermédiation qui s'exprime aussi bien au niveau social que politique.

  • Pourquoi, partout et de tout temps, les hommes ont-ils voulu offrir des sacrifices à leurs dieux ? Pour leur plaire et s'attirer leurs faveurs ? Pour les remercier sans rien demander en échange ? Qu'est-ce qui se cache derrière ce rite? Hubert et Mauss, éminents spécialistes des religions, pensent que si le sacrifice est « l'instrument privilégié de communication entre l'homme et les forces supérieures », comprendre son langage signifie cueillir l'essence de la religiosité primitive.

  • Revisiter le sublime Nouv.

    « Passion mêlée de terreur », le sublime traverse le négatif, il est iconoclaste, et il touche au dénouement de l'esprit - voilà des traits qui doivent éveiller autant que déconcerter la pensée sur l'art moderne, sinon la pensée tout court. Par où qu'on l'approche - à travers ses moments fondateurs chez Longin, Burke et Kant, ou par les Lumières dans un XVIIIe siècle qui le discutait vivement, ou bien encore plus proche de nous dans un contexte «¬postmoderne¬» - le concept du sublime se révèle essentiel et étonnamment moderne. Revisiter le sublime aujourd'hui revient justement à saisir une actualité toujours impeccablement renaissante, et il est passionnant de voir s'élargir et se préciser sa portée au fil des études présentées dans ce volume. Rassemblant une équipe internationale et interdisciplinaire de chercheurs, il sera donc question du sublime dans des domaines des plus divers de la contemporanéité, des arts à l'espace urbain, de l'esthétique au politique. »

  • Cet ouvrage se propose d´examiner comment le réel émerge dans l´art et la création sonore contemporains - ou comment ils y basculent. Lorsqu´elles relèvent moins de la création que de la capture, lorsqu´elles accueillent le concret sans apparence de médiation, à quoi les oeuvres nous donnent-elles donc accès ? Field recording, renouveaux du ready-made, vie des formes cinématographiques. entre arts sonores, arts visuels, design et cinéma, il semble que la théorie comme la pratique des arts accompagnent une certaine fortune du réalisme dans le paysage philosophique contemporain. Il s´agira de montrer que les arts viennent y puiser concepts et méthodes et, réciproquement, que le champ des pratiques artistiques constitue une pierre de touche pour de nombreux philosophes se réclamant du réalisme aujourd´hui.

  • Il y a deux lignes au sein de la pensé moderne. L'une a créé le consensus chez la plupart des philosophes du XXe siècle¬ : c'est la ligne de la finitude, du manque, de la contingence comme clés d'accès au sens de l'être. Pour cette ligne, la philosophie comme science de l'absolu est un rêve fini. Heidegger en a été le champion. Cependant, une autre ligne traverse la pensée moderne, une ligne mineure, en dépit de la renommée de ses représentants. Henri Bergson en France, William James aux États-Unis, Alfred North Whitehead en Angleterre, Giovanni Gentile en Italie ont lancé un défi au paradigme dominant en donnant voix à l'hypothèse d'une immanence absolue, dénuée de toute négativité. Rocco Ronchi reprend cette ligne pour jeter les bases d'une ontologie du procès. Il réhabilite les notions de l'Un, de l'Infini, de la Cause. Il dialogue avec les sciences de la nature contemporaines. Il revient à l'ancien rêve de la philosophie spéculative.

  • Nous vivons dans un monde où l´on est sans cesse confronté à l´infiniment grand et à l´infiniment petit, que les sciences ne cessent d´explorer : les nanotechnologies sont aussi vertigineuses que les images galactiques. Du coup, la mesure des choses semble de plus en plus relative. Le domaine des arts semble lui aussi affecté par cette perturbation des échelles. Il nous semble qu´aujourd´hui le changement d´échelle est l´un des paradigmes qui nous permet de saisir les oeuvres d´arts. Ce livre rassemble des articles qui nous invitent à une lecture transversale de cette question à travers des disciplines variées (médecine, psychologie, neurologie, physique quantique ainsi qu´urbanisme, architecture, photographie, théâtre). Des passerelles, des rapprochements, des formes de dialogue tout à fait passionnants.
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  • La toute première histoire de la lutte du paganisme contre le christianisme naissant. Le monde antique n´a pas combattu la foi nouvelle par le fer et le feu seulement. Il a usé contre elle des armes redoutables qu´une pensée - depuis longtemps rompue à toutes les subtilités de la dialectique - pouvait opposer non seulement au dogme et à la mystique chrétienne, mais aussi à l´idée d´une « Révélation ». Paru en 1934, ce livre de Pierre de Labriolle nous rappelle que c´est en réponse aux objections, aux critiques, aux réfutations des auteurs attachés aux dieux traditionnels, que les apologistes et les Pères de l´Église ont peu à peu construit la doctrine chrétienne. Il demeure l´étude la plus complète sur la confrontation intellectuelle entre païens et chrétiens jusqu´à la fermeture de l´École d´Athènes par Justinien en 529.

  • Georg Simmel observait que la ville est un lieu de croisements, de combats et de conflits, à partir desquels l´habitant affirme sa différence. Cet ouvrage va explorer l´importance de son oeuvre en croisant différentes disciplines (philosophie, sociologie, anthropologie, théorie de l´architecture). Une lecture singulière de l´espace urbain, axée autour de concepts-clés : modernité, espace, grande ville, sociabilité urbaine. Il s´agit d´interroger la question du paysage, celle de la culture urbaine, de l´organisation spatiale, ou encore les questions de la frontière, de la limite, de l´argent, des réseaux, jusqu´à la problématique très actuelle de la place de « l´étranger dans la ville ».

  • La question de la reproduction technique obsède la modernité. Mais, en vérité, elle relance une question plus ancienne, et mal aimée : celle de la répétition. Simuler, copier, doubler, redire. On doit encore affirmer l´intérêt de tels gestes, mais aussi leur diversité. Plus que jamais, on voit proliférer aujourd´hui non seulement les reprises et les réappropriations dans tout art et tout média, mais aussi les reformatages et les retransmissions, les relocalisations et les réexpositions. Les arts - à l´ère de leur médiatisation exponentielle - et les médias - à l´ère de la possibilité de création diffuse - semblent devenir un vaste chantier d´archivage et de partage, de transformations et de réactualisations. Approché sous différents angles, le « re- » peut ainsi révéler ses multiples facettes.

  • Cet ouvrage retrace l´histoire de l´étude de la mesure du temps en psychologie, des origines de la discipline jusqu´au perspectives actuelles. L´auteure y aborde la notion de temps, l´étude des temps de réaction, la psycho-chronométrie et la naissance de la psychologie ""scientifique"", ainsi que l´étude de l´expérience subjective du temps. Elle termine son essai par une ouverture sur les nouveaux horizons de recherche sur le temps psychologique. Cette histoire coïncide avec celle de la psychologie, car la nécessite d´une mensuration de la durée d´un processus psychique (la technique des soi-disant ""temps de réaction"") à la fin du Dix-Neuvième a donné une première impulsion à la constitution de la psychologie comme science autonome, et à sa séparation définitive de la philosophie.
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  • Tout ce que l'on écrit aujourd'hui sur l'alchimie doit quelque chose à l'immense travail critique de Marcellin Berthelot. Grand chimiste et historien de l'alchimie, Berthelot utilise ici des documents introuvables d'origine grecque, syriaque, arabe et nous propose une conception de cette «science» comme une sorte de «protochimie».
    Un ouvrage hors du temps, un grand classique de l'histoire de la science, ou de la folie des hommes, la plus fascinante.

  • Dans le Paris des années Trente, Laure - nom de plume de Colette Peignot - a vécu sa brève existence à l´ombre du dionysiaque, animée par un désir d´expériences extrêmes, d´intensité et de transgression, vers ce qu´elle espérait être une liberté. Cet essai a pour but de nous restituer une Laure au delà de la débauche érotique, dans sa dimension d´artiste et femme engagée politiquement. Les Ecrits publiés posthumes ont révélé une écrivaine secrète, refusant toute compromission dans son engagement : sa conception de la lutte politique comme dépense de soi allant jusqu´à la mort c´est ce qui la distingue de ses maîtres-amants, le surréaliste Jean Bernier, le marxiste anti-stalinien Boris Souvarine et le sulfureux Georges Bataill

  • Georges Canguilhem affirmait que la notion de milieu s'était constituée «- comme catégorie de la pensée contemporaine-». En effet, depuis que la biologie de Lamarck a établi le postulat de l'influence des milieux de vie dans l'évolution des espèces zoologiques et que le positivisme a repris à son compte cette notion en guise de charnière entre le biologique et le social, elle a trouvé nombre d'applications dans les domaines les plus disparates, de la technologie à la biologie, de l'ethnologie aux sciences politiques, jusqu'à l'esthétique et au droit. Cet ouvrage se propose de faire du milieu l'enjeu d'une ethnographie des médiations. Il s'agit de penser l'espace de l'action comme un espace toujours relationnel, et l'action comme étant toujours une interaction. Ainsi le milieu apparaît-il à la fois comme le lieu de toute relation à autrui (lieu interstitiel-: mi-lieu) et un espace doté de ses normativités propres, par principe multiples-: les milieux.

  • En 1929, Eisenstein prononce une conférence lors de la grande exposition de cinéma et photo des avant-gardes internationales, à Stuttgart. Il y développe sa conception de l'art et du cinéma. Cet ouvrage propose une édition critique de ce texte fondamental : dans sa version initiale allemande et dans une traduction française inédite. Les variantes des différentes éditions et les notes additionnelles en russe sont également présentées. Dans sa deuxième partie l'ouvrage donne une définition du constructivisme au-delà du point de vue esthétique, en dessinant précisément le contexte culturel et politique de cette période. Sont enfin analysés les liens qu'Eisenstein a entretenu avec ce mouvement constructiviste - né dans les arts plastiques, étendu au théâtre et à la photographie, et enfin au cinéma.

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