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  • Dentelle de Calais-Caudry ; l'art de tisser le rêve/the art of weaving dreams Nouv.

    Pour la somptueuse robe portée par Kate Middleton lors de son mariage avec le Prince William, qui a ébloui le monde entier, Sarah Burton, directrice artistique de la maison Alexander Mac Queen, a choisi l'exceptionnelle Dentelle de Calais-Caudry pour magnifier sa création.
    La « Dentelle de Calais-Caudry® » est, en effet, la marque d'une dentelle iconique, étoffe de rêve de haute facture et du glamour intemporel. Intimement liée à l'âme du chic à la française, elle est indissociable de l'élégance et de la féminité, sublimant, sous le talent des créateurs, les courbes du corps, comme en transparence la délicatesse de la peau. Infinie dans ses effets, elle se prête aussi à la créativité du design et de la décoration pour enchanter des univers tout en poésie.
    Sous cette appellation, une dizaine de maisons de dentelle, à Calais et à Caudry, perpétuent un savoir-faire historique aussi exceptionnel que remarquable. La fabrication de la Dentelle de Calais-Caudry, exclusivement sur métiers Leavers, est rendue possible grâce à la maîtrise d'un métier d'art unique au monde. Ce label certifie la spécificité de cette dentelle précieuse, tissée selon un procédé original et inégalé depuis deux cents ans d'entrelacements de fils. Il permet de distinguer la dentelle de luxe tissée à Calais et à Caudry des dentelles tricotées, beaucoup plus répandues.

  • Peintre, dessinateur et graveur actif à Ratisbonne, Albrecht Altdorfer (vers 1480-1538) est un artiste majeur de la Renaissance germanique, même s'il reste moins connu que d'autres maîtres de sa génération, comme Albrecht Dürer ou Lukas Cranach.
    Cet ouvrage monographique vise à présenter la richesse et la diversité de l'oeuvre d'Albrecht Altdorfer, artiste doté d'une grande capacité d'invention formelle et iconographique, pionnier dans les genres du paysage et de l'architecture.
    Il met en exergue sa stature d'artiste de la Renaissance, à la fois très original et parfaitement au fait de la création artistique de ses contemporains.
    Tous les aspects de sa vie artistique sont étudiés, avec une sélection de dessins, gravures, peintures et objets. Le parti adopté est à la fois chronologique et thématique, tout en réservant des sections aux différents genres dans lesquels le travail d'Altdorfer a été particulièrement important et novateur, comme le paysage, l'orfèvrerie et l'architecture.

  • Si plusieurs ouvrages ont déjà traité de l'importance de l'impressionnisme français pour la peinture, les rapports entre ces peintres venus des États-Unis pour étudier l'art français et leur rôle dans la découverte de Courbet par les collectionneurs et mécènes américains n'y était pas clairement évoqué. Il restait à l'expliquer. C'est précisément le but de ce livre.
    À l'origine de cette aventure américaine, il y eut le marchand d'art parisien, Paul Durand Ruel. Au début des années 1870, il décida, avec le soutien de la peintre, originaire de Philadelphie, Mary Cassatt, de «?... révolutionner ce pays de milliardaires?» et d'y faire entrer, entre autres, les plus belles oeuvres impressionnistes et les meilleures toiles de Courbet, dont beaucoup font, aujourd'hui encore, la gloire des grands musées américains et de prestigieuses collections privées. Flavie Durand-Ruel, historienne de l'art, descendante de l'illustre galeriste, et Mary Morton, conservatrice à la National Gallery de Washington, spécialiste de Mary Cassatt, nous rappellent le rôle essentiel de ces deux découvreurs de la jeune peinture française.
    Il fallait évoquer les connivences du peintre James Abott McNeill Whisler avec Courbet et les impressionnistes. Whisler fit son apprentissage au plus près de Courbet et tous deux partagèrent une passion commune pour Joanna Hifferman, la belle irlandaise qui posa pour eux. Isabelle Enaud-Lechien, maître de conférences à l'Université de Lille, auteur d'une thèse de doctorat sur Whisler, nous explique ici l'émulation qui le lia à Courbet.
    Enfin, l'intérêt pour cette peinture moderne provoqua chez beaucoup d'artistes américains l'envie de venir étudier en France et bientôt le voyage vers Paris se fit de manière presque obligée, comme autrefois l'on faisait le Voyage d'Italie. Ils s'installèrent auprès de maîtres, Gauguin à Pont-Aven ou Monet à Giverny. Puis ils rentrèrent chez eux et transmirent à leur tour ce qu'ils avaient appris mais en créant un courant plus personnel aux résonances nationales dont l'impressionnisme américain devait naître. Emily C. Burns, enseignante à l'Université d'Auburn en Alabama et professeur invitée à l'Université d'Oxford comme spécialiste de cet exode artistique, en retrace pour nous l'histoire.

  • L'ouvrage offre l'occasion de porter un nouveau regard sur un fonds d'images atypique au sein de la production visuelle des premières décennies du xxe siècle : les autochromes - premier procédé de photographie en couleur - et les films pris à Paris par les opérateurs des Archives de la Planète. Cette vaste et noble entreprise, imaginée par Albert Kahn (1860-1940), banquier, mécène utopiste et pacifiste, poursuivait l'ambition « d'établir un dossier de l'humanité prise en pleine vie », à un moment charnière de son histoire, à « l'heure critique » de changements aussi profonds qu'inéluctables.
    Le fonds « Paris » des Archives de la Planète participe pleinement de cette volonté de documenter le monde par la photographie.
    Avec près de 5 000 autochromes et 90 000 mètres de films, il constitue l'un des plus importants fonds d'images photographiques et cinématographiques du début du xxe siècle consacrés à la capitale.
    L'ouvrage montre les particularités de cette remarquable collection qui couvre, en images couleurs et films, plus de vingt ans d'histoire de la ville. Il souligne ses liens étroits avec les grandes questions urbaines qui ont accompagné sa mutation au cours de cette période, qui la façonnèrent en ville moderne, la délivrèrent du carcan des fortifications de Thiers, à la genèse du Grand Paris. Un parcours immersif, au coeur de l'image, propre à montrer le glissement d'une capitale intemporelle, en cours de patrimonialisation, estimant son passé, vers une métropole soucieuse de progrès, tournée vers l'avenir.

  • Fès mérinide ; une capitale pour les arts Nouv.

    Les émirs mérinides partagèrent avec leurs prédécesseurs le même amour pour les beaux bâtiments. Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, ils choisirent Fès comme nouvelle capitale. Par sa dimension spirituelle et intellectuelle, la vieille cité les avait aidés à renforcer leur pouvoir et leur avait apporté du prestige. En moins d'un siècle, entre 1276 et 1358, elle s'agrandit d'une nouvelle ville palatine et elle se para de nombreuses mosquées, écoles coraniques, palais et demeures. L'art mérinide du XIVe siècle y déploie encore aujourd'hui toutes ses beautés et laisse admirer l'harmonie de ses lignes et de ses espaces, la luxuriance et le raffinement de ses décors, l'invention harmonieuse et mélodique de ses ornements, n'ayant ainsi rien à envier aux créations contemporaines des palais de l'Alhambra et du Generalife voulues par les souverains nasrides à Grenade.

  • L'éminent marchand d'art, grand collectionneur et richissime David Nahmad, dont la fortune est estimée à 1,8 milliard de dollars selon le magazine Forbes, a constitué avec son frère Ezra l'une des plus importantes et prestigieuses collection d'art privée du monde.
    La collection de la famille Nahmad est riche de plusieurs milliers d'oeuvres et chefs-d'oeuvre, signés des grands noms de l'art moderne, depuis les maîtres du pré-impressionnisme et de l'impressionnisme (Boudin, Monet, Renoir, Sisley, Degas), en passant par les Fauves (Marquet, Dufy), les cubistes (Braque, Gris), l'École de Paris (Modigliani, Kisling, Pascin), sans oublier trois cents Picasso (la plus importante collection privée du peintre, en dehors de celle de la famille Picasso). Ces toiles sont régulièrement prêtés aux grandes institutions françaises et internationales.
    Ainsi, à l'occasion des 150 ans de la naissance d'Henri Matisse, les Nahmad font l'honneur de manifester leur soutien au musée Matisse de Nice en prêtant, pour une durée d'un an, les dix-sept peintures d'Henri Matisse qu'ils ont réunies au fil des années. Un ensemble exceptionnel à découvrir.

  • Blessés, mutilés, torturés, violés, tués, obligés de fuir, soumis aux privations, témoins des violences subies par leurs proches ou de la mort de ceux-ci, enrôlés de force ou depuis toujours condamnés à vivre dans une société guerrière, les enfants ont une expérience totale des violences de masse, une mémoire et une parole à part entière.
    Bien loin des «?direct live?» de nos écrans, l'image dessinée est arrêtée. Le temps est suspendu. L'hypermnésie du traumatisme va parfois figer l'instant de l'attaque dans une image aux détails presque photographiques. Les tracés des trajectoires des balles et des bombes nous disent la cible précise dans les scènes d'attaque. L'instant de la mise à mort est partout représenté, comme le sont les armes qui l'infligent -?machettes, avions, hélicoptères, bombes, barils explosifs, véhicules blindés, fusils d'assaut... Les corps sont omniprésents. Les corps dans la fuite, dans l'effroi, cet au-delà de la peur. Les corps abîmés. Les corps morts.
    Ces dessins montrent, tout comme ils nous aident à faire d'un insoutenable un imaginable. Car si ces corps abîmés avaient été photographiés, nos yeux auraient fui l'image. Dans la figuration dessinée, nous pouvons les regarder. C'est notre relation à la violence et à sa représentation qui est questionnée. Si le dessin peut créer une distanciation, la puissance graphique et narrative des enfants a toutefois le pouvoir de nous affecter profondément. En cela, elle participe aux mémoires plurielles des sociétés, à la documentation sur les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides, à nos défis de justice internationale.

  • Couleur du paradoxe, le noir est-il une absence de lumière, un vide, ou une somme réjouissante de toutes les couleurs, un éblouissement ?
    Soleils noirs plonge le lecteur dans l'observation fascinante de cette tonalité au symbolisme pluriel dans les arts occidentaux, de l'antiquité à nos jours. Une immersion qui débute par une expérience du noir familière, grâce aux représentations artistiques de thématiques omniprésentes dans l'histoire de l'art, comme la nuit et son ciel noir.
    Si la plongée dans le noir constitue une expérience physiologique connue de chacun, la couleur noire forme un élément structurant mais ambigu de la représentation du sacré, à la fois couleur de tous les commencements, de l'infini, de l'intemporel, mais aussi celle de la mort et de l'ignorance. Il y a dans cette ambiguïté autant de crainte que de fascination, tous deux ferments du sentiment mélancolique, chers aux artistes pour sublimer dans leurs créations la beauté et la sensualité du noir.
    Couleur codifiée dans la vie et la mode, le noir constitue dans les portraits de l'Europe moderne un luxe social, une marque d'élégance ou le marqueur d'une fonction, autant qu'un plaisir pour le peintre. Le noir devient ainsi la couleur emblématique des modernités industrielle et esthétique. Elle s'affranchit au point de devenir une substance plastique sans cesse interrogée, comme en témoignent l'Outrenoir de Pierre Soulages ou le Vantablack d'Anish Kapoor.

  • En juin 1940, la défaite militaire consécutive à la bataille de France, le chaos provoqué par l'invasion des deux tiers du territoire en l'espace de six semaines, l'exode, les bombardements, les victimes militaires et civiles, l'effondrement des structures de l'État ont provoqué un traumatisme national. Dans une France « éblouie par son malheur », selon les mots de Joseph Kessel, un nombre infime d'hommes et de femmes prennent la décision de s'engager pour contribuer à la lutte menée alors par les Britanniques contre l'Allemagne et l'Italie.
    Les compagnons de la Libération se caractérisent par la précocité de leur engagement auprès du général de Gaulle ou dans la Résistance intérieure. L'ouvrage tend à mettre en lumière leurs diverses motivations : patriotisme, refus de la défaite et de l'occupation, de la collaboration, du national-socialisme, de la suppression des libertés individuelles, mais aussi, humanisme, idéalisme...
    Tout du long de cette présentation du processus de l'engagement, la parole est donnée à ces Compagnons, pionniers de la Résistance ; leurs mots et leurs souvenirs illustrant les trois éléments que sont la décision, les motivations et l'action au cours de la seconde partie de cette année 1940. Une lettre d'époque pour décrire un état d'esprit à l'écoute de l'armistice, un journal intime relatant un désir de continuer le combat pour faire honneur à un parent tombé lors de la Grande Guerre, un déguisement enfilé pour fuir la France, un plan d'évasion dessiné...

  • Pierre Gatier (1878-1944) ; de l'élégance parisienne aux rives de l'Oise Nouv.

    Promenade des Champs-Elysées, place Vendôme, Palais des glaces, hippodrome de Chantilly... Les gravures à l'eau-forte et à l'aquatinte en couleurs de Pierre Gatier nous invitent à entrer dans le sillage des élégantes Parisiennes de la Belle Époque et à les suivre sur les lieux de rendez-vous alors en vogue. Une attention toute paticulière est portée aux toilettes de ces dernières, des chapeaux jusqu'aux bottines. Aussi, l'ouvrage revient-il sur les liens qu'a entretenu l'artiste-graveur avec le couturier Jacques Doucet et avec la mode de son époque. Mais Pierre Gatier n'est pas que le peintre de la bonne société ; fils et petit-fils de marins, il s'est aussi intéressé à la mer et aux bateaux.
    1915-1918. La guerre marque une rupture dans l'oeuvre de Pierre Gatier. Les linoléums qu'il produit alors traduisent la dureté des temps. Ils contrastent stylistiquement et de manière radicale avec ses aquatintes en couleurs de la vie parisienne.
    Une nouvelle rupture marque à nouveau son oeuvre de l'après-guerre, avec l'adoption d'un style plus graphique, au burin et à la pointe sèche. Gatier grave alors exclusivement au trait et en noir, souvent en hachures parallèles. Il prend pour sujets des lieux parisiens, notamment de spectacles, et surtout des scènes rurales, des paysages du Val-d'Oise, de montagnes, ainsi que des marines.
    Nous partons à la découverte d'un artisan passionné, qui parvint à révéler toutes les potentialités expressives des différentes techniques de gravure qu'il aborda : aquatinte, eau-forte, linogravure, burin et pointe sèche.

  • À partir d'un socle iconographique originaire de l'Inde, puis diffusé dans l'ensemble des pays asiatiques - de l'Afghanistan au Japon et de la Chine à l'Indonésie -, la mise en image de la vie du Bouddha historique constitue une part essentielle des arts religieux du monde extrême-oriental. L'ultime existence terrestre de celui que l'on désigne indifféremment comme l'Éveillé (Bouddha), le Bienheureux (Bhagavant) ou encore le Sage du clan des Shâkya (Shâkyamuni) a donné lieu à d'innombrables oeuvres immédiatement identifiables.
    L'ouvrage se propose donc de mettre en exergue la richesse des traditions iconographiques et stylistiques se rapportant à la représentation de la vie exemplaire et édifiante du fondateur de la quatrième religion au monde en nombre de fidèles. Narrant le destin d'un homme aux qualités intellectuelles et morales exceptionnelles, la vie du Bouddha se déroule telle une geste de l'esprit, tour à tour concrète et banale ou miraculeuse et transcendante.
    Sans omettre de rappeler les circonstances de l'apparition du bouddhisme en Inde, aux environs du V e siècle avant J.-C., ni d'évoquer la teneur de la « bonne Loi » et les principales évolutions doctrinales qui ont marqué son développement - boudd- hisme ancien (theravâda), bouddhisme du grand Véhicule (mahâyâna) et bouddhisme du Véhicule de diamant (vajrayâna).

  • Représentant majeur de l'abstraction lyrique, Olivier Debré (1920-1999) incarne à la fois l'image d'un peintre à la carrière internationale et celle d'un artiste dont le territoire natal nourrit la création?: la Loire et ses paysages sont fondateurs de sa perception de l'espace et irriguent son oeuvre.
    Le centième anniversaire de sa naissance est l'occasion de présenter une facette moins connue, plus intime de l'artiste en invoquant le contexte artistique qui l'a vu naître à la peinture et plus largement aux arts plastiques. Afin de redonner à son oeuvre toute sa profondeur historique, sont tour à tour étudiés?: ses débuts, après la Seconde Guerre mondiale et jusqu'aux années 1975, marqués par la puissance de la référence à Picasso et au cubisme, les thématiques de l'Occupation et du nazisme, le dialogue avec les artistes de la seconde École de Paris -?Nicolas de Staël, Jean-Paul Riopelle, Hans Hartung, etc.?; son lien avec la Touraine et la Loire, marqué par l'émergence de la notion d'«?abstraction fervente?», véritable immersion dans le paysage?; ses «?pas de côtés?» vers d'autres formes de création comme la céramique, le livre illustré, le vitrail, qui révèlent une créativité au-delà de la forme peinte.
    Olivier Debré est déjà un artiste classique, comme Nicolas de Staël, Hans Hartung ou encore Pierre Soulages, il importait donc de lui rendre sa place dans l'histoire de l'art français de la seconde moitié du xxe siècle et de faire dialoguer ses oeuvres avec celles de ses pairs.

  • Il est peu d'artistes contemporains qui peuvent s'enorgueillir d'avoir couvert à fresque près de 700 m2 sur les chantiers les plus prestigieux de l'entre-deux-guerres en s'associant la complicité d'architectes de renom. À lui seul, le décor consacré à l'Afrique noire du salon Paul Reynaud du Palais de la Porte dorée suffirait à la gloire de Louis Bouquet (1885-1952).
    Mais si les grands décors de l'artiste - Palais de la Porte dorée et église du Saint-Esprit à Paris, hôtel de ville de Puteaux et Grande Poste de Lyon - forment la partie la plus visible de son oeuvre et firent sa célébrité, le reste de sa production picturale reste en réalité entièrement à découvrir. Il est vrai que Bouquet ne connut jamais de succès de galerie, bien que de nombreuses manifestations individuelles ou collectives aient jalonné sa carrière.
    Philippe Dufieux nous invite à suivre l'artiste depuis ses premières oeuvres symbolistes et nabies, élaborées sous l'égide de Marcel Lenoir et de Maurice Denis, en passant par la maturation d'un art original et synthétique, jusqu'à son épanouissement sur les vastes surfaces murales offertes par l'architecture au début des années 1930. Peintre, dessinateur, portraitiste, graveur, illustrateur... Symboliste, nabi, cubiste, expressionniste, classique enfin... Son oeuvre rassemble en lui toutes ces écoles en les dépassant souverainement.

  • Depuis des temps immémoriaux, la Chine s'est intéressée au Grand récit de l'Univers. Dès les premières dynasties, des guetteurs du ciel relèvent le mouvement des corps célestes. La cosmologie devient science d'État et les souverains - les fils du Ciel - les garants de la mise en écho du Ciel et de l'empire. L'histoire de ces épousailles entre le Ciel et la Terre peut se déchiffrer à travers le prisme du jade.
    Seul le jade est en mesure d'établir un pont de cinquante siècles et d'offrir simultanément un miroir réfléchissant le Ciel, la Terre et les hommes. Symboles emblématiques, bestiaire mythique et instruments rituels illustrent ce propos, invitant le public à découvrir quelque 200 oeuvres insignes. Des pans inédits de la civilisation chinoise sont abordés, éclairés, par l'archéologie, l'anthropologie ou l'astronomie. Cette approche pluridisciplinaire est facilitée par une médiation simple sans pour autant se départir des questions existentielles qui impliquent aujourd'hui l'humanité toute entière.

  • Le musée Vivant Denon de Chalon-sur-Saône conserve un superbe Portrait de Noir par Théodore Géricault, réalisé lors de son apprentissage chez Pierre Guérin vers 1811-1812. La redécouverte de ce portrait constitue le point de départ de cette étude approfondie du regard si singulier de Géricault, qui fut l'un d'un premier peintre occidental, dans son célèbre Radeau de La Méduse, présenté au Salon de 1819, à faire d'un métis le héros principal d'une toile monumentale.
    Le métissage doit être alors considéré comme la ferme condamnation du système colonial, entièrement basé sur la ségrégation de la couleur de peau. Mais la vision anticolonialiste de Géricault ne s'arrête pas là : l'artiste romantique explore dans ses oeuvres la guerre d'indépendance de Saint-Domingue, la résistance, en Égypte, face aux armées napoléoniennes, celle des Grecs face aux Turcs. Des citoyens du monde qui aspirent tous à l'indépendance et à la paix des peuples.
    Les thèmes orientaux et les personnages exotiques dans l'oeuvre de Géricault signalent son adhésion d'artiste à la modernité romantique. Alors que, pour la plupart de ses contemporains, l'Orient n'est qu'un prétexte à un exotisme de façade, l'iconographie de Géricault sert à véhiculer des revendications humanistes et à diffuser des mots d'ordre politiques défendus, à commencer par les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité étouffés par la Restauration.

  • La peinture de Robert Combas pense. Il peint très vite parce que c'est une pensée qui recouvre la toile. Il ne faut pas qu'elle lui échappe, elle est au bout de son pinceau, elle frémit, elle va s'envoler. Toute la peinture de Robert Combas virevolte autour de lui, toutes les couleurs se projettent partout sur les murs alentour, sur les tables et les chaises, le plafond et le plancher, comme si tout se mettait à bouger, faisant trembler tout l'atelier où il travaille. Comme si tout devenait vivant quand il peignait. Comme si tout devenait des corps en mouvement. Comme si les pinceaux, les stylos et les crayons devenaient une immense foule d'êtres vivants qui éclaboussaient de leurs pieds la toile que Robert Combas avait tendue devant lui.
    Robert Combas plonge en lui-même comme vers sa propre fin : il peint et il se noie dans l'eau, il peint et il étouffe dans l'air, il peint et il s'asphyxie dans la terre. Mais il peint encore et, à y regarder de plus loin, il ressuscite dans la lumière.

  • Ce livre évoque les rapports que l'écrivain Pierre Mac Orlan (1882-1970) entretenait avec la peinture, les peintres qu'il a rencontrés et sur lesquels il a écrit et/ou avec lesquels il s'est lié d'amitié.
    Jeune homme, Pierre Dumarchey, dit Mac Orlan, voulait être peintre. Sa carrière débute modestement par un travail de commande : peindre au pochoir les murs blancs de la prochaine Exposition internationale. Pour être délivré des soucis matériels et pouvoir s'adonner à la peinture, il travaille comme correcteur d'imprimerie, notamment pour L'Intransigeant ou La Dépêche de Rouen. C'est dans les bars à matelots, mais aussi à Bruges et Zeebrugge, que son inspiration se nourrit. En 1905, il réalise les illustrations de Monsieur Homais voyage de Robert Duquesne, qu'il signe pour la première fois du nom de Mac Orlan.
    Mais la peinture se vend mal. Il se fait alors engager par une dame-écrivain à la recherche d'un nègre pour écrire des romans inspirés de ses voyages. Avec elle, il se rend à Naples et Palerme. De retour à Montmartre en 1907, il gagne sa vie en écrivant des ouvrages érotiques, des romans et contes humoristiques, illustrés par lui-même, ou des romans d'aventures.
    Si après 1920, l'écrivain à succès a définitivement chassé le fantôme du peintre famélique, tout au long de sa carrière d'écrivain Mac Orlan n'aura de cesse de s'intéresser à la peinture des autres, célèbres ou non : Courbet, Grosz, Pascin, Sevellec, Toulouse-Lautrec, Vlaminck... Il leur consacre pas moins de 180 textes.

  • L'art brut existe-t-il ?

    Collectif

    • Lienart
    • 21 Mars 2019

    La question de ce qui est art brut ou non se pose. Art des enfants ? Art populaire ? Art naïf ? Art hors-les-normes ou art singulier ?
    Le nom-même est questionné : pourquoi l'appeler « brut » quand des artistes comme ceux de Cobra s'attachent eux aussi à faire des expressions artistiques libérées des codes traditionnels de représentation ?
    Jean Dubuffet emploie pour la première fois le terme « art brut » lors de visites dans les hôpitaux psychiatriques suisses avec Jean Paulhan en 1945. Et il écrit dans son manifeste pour la première exposition collective de l'Art Brut à la galerie René Drouin en 1949 : « Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique ».
    Les productions esthétiques réalisées en hôpital psychiatrique ont joué un rôle déclencheur, dont bien sûr celles d'Antonin Artaud. Or, certains contestent le qualificatif même d'« art » pour ces productions, d'autres y voient une source de « thérapie . Nom et contenu posent donc de nombreuses questions qui sont ici abordées grâce à des contributions riches et utiles. La question de la sélection et des processus de valorisation est interrogée, éclairée par une importante et variée iconographie.

  • Sabine Pigalle

    ,

    • Lienart
    • 1 Octobre 2020

    Sabine Pigalle, artiste visuelle privilégiant le medium photographique, née en 1963, s'inscrit dans la mouvance d'une nouvelle génération d'artistes qui naviguent aux frontières troubles de la réalité et de la fiction. Les principaux axes de son travail interrogent mythe, patrimoine, mémoire collective, et se concentrent autour du portrait traité comme représentation d'archétypes décalés. Sabine Pigalle produit des oeuvres transversales et accomplit la rencontre entre les territoires de la peinture et de la photographie, mais aussi entre l'art ancien et l'art contemporain, entre le figuratif et l'abstrait.
    L'ouvrage présente deux séries principales. La première, Timequakes, rend hommage à la peinture humaniste. Mêlant des peintures exécutées par les maîtres de la Renaissance, des photographies de flux lumineux abstraits et des portraits contemporains à la beauté intemporelle, ces collages digitaux opèrent une collision temporelle. Superposé et sédimenté sous les strates d'époques différentes, tant picturales que photographiques, le temps, passé et présent, est compressé.
    Métaphoriquement, ces oeuvres rendent compte de notre héritage culturel.
    Dans In Mémoriam, Sabine Pigalle interroge notre rapport à l'image, mais aussi au temps et à l'identité. Elle crée un musée imaginaire, une mythologie contemporaine, en détournant le sens initial des oeuvres qu'elle revisite. Au moyen de techniques de compositions fusionnées, la géologie de la mémoire opère. Ses oeuvres donnent à voir des images d'aujourd'hui qui résonnent en chacun de nous et qui manipulent notre perception, en activant le souvenir d'une oeuvre familière, car ancrée dans notre inconscient collectif, mais qui cependant n'existe pas. En outre, elle démontre que, tant sur le plan personnel que collectif, la vérité peut être factice et la mémoire lacunaire. Une plongée dans un univers aussi intrigant que déroutant.

  • Raoul Dufy est l'un des artistes français les plus marquants du xxe siècle. Peintre, dessinateur, céramiste, créateur de tissus, décorateur, il a su, à l'instar de Paul Gauguin, abolir les frontières entre arts majeurs et arts mineurs. Les peintures et dessins mettent en valeur les thèmes qui sont chers à l'artiste?: la mer, les régates, la musique et les fêtes pavoisées aux couleurs lumineuses. L'ouvrage met l'accent sur une facette moins connue de l'artiste qui a multiplié les expérimentations dans le domaine des arts décoratifs, impulsées par ses bois gravés réalisés pour le Bestiaire d'Apollinaire. Il a en effet collaboré avec le célèbre couturier Paul Poiret et la société Bianchini-Férier, l'une des principales maisons de soieries lyonnaises. Robes et tissus donnent un aperçu de la hardiesse et de la justesse des trouvailles de Dufy, qui ont largement alimenté l'inventivité des grands couturiers des années folles.
    Une invitation à la découverte de la diversité de l'oeuvre d'un chantre de la modernité et du bonheur de vivre. Gertrude Stein ne disait-elle pas que «Raoul Dufy est plaisir»?

  • Le musée des Beaux-Arts de Lyon conserve un dessin exceptionnel d'Albrecht Dürer étudiant un pan de draperie. Cette étude minutieuse révèle comment la souplesse d'un tissu se prête à une infinité de plis, soulignés par des jeux d'ombres et de lumières.
    Comment une draperie est-elle mise en place?? Pour quelles raisons ce motif perdure-t-il jusqu'à aujourd'hui?? Comment expliquer son pouvoir de fascination??
    Ce sont les questions auxquelles cet ouvrage entend répondre. Le lecteur est invité à pénétrer à l'intérieur des ateliers d'artistes les plus remarquables, tels que Nicolas Poussin, Gustave Moreau ou Ingres, à entrer dans la «?fabrique?» de la draperie et à se placer au plus près du geste artistique, à suivre les étapes d'élaboration d'une draperie, pour découvrir les pratiques singulières des artistes depuis la Renaissance jusqu'à la seconde moitié du xxe siècle.
    Le dessin est au coeur du propos tout en étant confronté à d'autres techniques?: peinture, sculpture, photographie. Si avec l'invention de nouveaux médiums artistiques comme la photographie, l'élaboration patiente d'une draperie semble appartenir à un régime esthétique révolu, des artistes comme George Grosz, Fernand Léger ou Gino Severini continuent de travailler ce motif. Pour certains artistes contemporains, la draperie reste un défi, celui de donner à voir la texture du tissu et le détail des plis. Pour d'autres, elle est porteuse d'une dimension sociale, anthropologique et politique. Ernest Pignon-Ernest, Maurizio Cattelan ou encore Mathieu Pernot inscrivent quant à eux leurs oeuvres dans le sillage d'une «?survivance?» de la draperie à travers le temps.

  • À travers son oeuvre, Edi Dubien, né en 1963, aborde la question de la construction sociale, psychologique et émotionnelle de l'individu.
    Il développe avec sensibilité un dialogue entre l'enfance et la nature, et dénonce la violence subie en prêtant sa voix aux enfants transgenres. L'artiste s'est ainsi distingué, depuis quelques années, par la réalisation de séries de dessins représentant des visages d'enfants et d'adolescents au regard absent, fuyant ou frontal, mais toujours empreint d'émotion et d'humanité. Souvent accompagnées d'animaux, ces jeunes personnes incarnent avec subtilité des questionnements fondamentaux, liés à la construction de l'identité et à la liberté d'être soi-même dans un monde chargé d'une violence normalisante, à la fois mentale et physique.

  • Le mythe de Prométhée... Entre les sources orientales, sumériennes et grecques, on s'y perd. La cosmogonie védique ou les mythes mésopotamiens se laissent difficilement percer. Et que dire des variantes grecques, entre Hésiode, Eschyle et les fables d'Ésope... À l'ère moderne, Prométhée a inspiré maints littérateurs, d'Edgar Quinet à Péladan en passant par Shelley et André Gide, sans qu'il soit pour autant plus facile d'y retrouver son chemin.
    Par chance, Jean Delville a pris soin de résumer, en quelques lignes, sa propre conception du mythe. Dans le catalogue raisonné manuscrit qu'il a rédigé en 1940-1941, il écrit, au sujet de sa toile : « Conception nouvelle de la figure prométhéenne.
    Le feu qui, selon le mythe, est dérobé au Ciel, n'est pas le feu physique, mais celui de l'Intelligence dans l'Homme, symbolisée par l'étoile à cinq pointes. Conception ésotérique et symbolique de l'évolution mentale humaine à laquelle j'ai donné un caractère nettement pictural et plastique... » Son Prométhée se présente ainsi comme une variante théosophique du mythe et c'est ce que cet ouvrage richement illustré s'attache à commenter. Après la présentation par Daniel Guéguen d'un Jean Delville martiniste, franc-maçon et théosophe, et les liens entretenus avec Péladan ou Krishnamurti, Sébastien Clerbois consacre un essai aux deux Prométhée de l'artiste - l'huile sur toile de 1907 et le dessin venant illustrer la couverture de la partition de Prométhée, ou le Poème du Feu d'Alexandre Scriabine - et Jean Iozia-Marietti s'intéresse à la vision singulière du mythe de Delville, pour en livrer une analyse théosophique.

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