L'amourier

  • Les "pétroleuses"

    Edith Thomas

    «Il faut beaucoup de temps et de distance pour que les regards portés sur un événement et ses acteurs s'assemblent et quittent la polémique et la discorde. Cependant, certains événements gardent un pouvoir d'agitation qui n'en finit pas de relancer les passions. C'est le cas de la Commune de Paris de 1871... écrit Bernard Noël dans la préface de ce livre. Ce qui a eu lieu a eu lieu, c'est irrévocable. Cependant, on peut toujours interroger l'imbrication des événements et apercevoir dans leur passage quelque chose qui est demeuré en suspens. L'historien qui remarque cela peut ainsi donner du présent à ce passé. Le cours des choses, bien sûr, n'en sera pas changé mais un peu d'avenir sera introduit dans le révolu. C'est ce que réusssit à faire Édith Thomas en mettant au premier plan le rôle des femmes jusque-là toujours secondaire.» Le terme de «pétroleuse» fut inventé en 1871 pour stigmatiser les femmes que l'on accusait, à tort, d'avoir incendié Paris. Malgré l'absence de preuve, ces femmes au courage et à la détermination exemplaires, ont été fusillées par vagues anonymes, ou condamnées à la déportation. Comme pour leur rendre justice, Édith Thomas raconte ici leur histoire, l'histoire de la Commune vécue par des femmes en marche vers leur émancipation ; chacune réhabilitée dans son nom, sa profession quand elle en a une, son caractère, sa situation sociale, son rôle durant la Commune. Avec une grande exigence intellectuelle, une générosité constante et le sens concret de l'Histoire, Édith Thomas nous propulse au coeur d'une insurrection dont le génie particulier reste toujours fécond.

  • Ecrit par sa compagne et collaboratrice, Janet Biehl, ce livre retrace, en nous faisant voyager dans l'histoire mondiale de l'écologie, la vie de Murray Bookchin, philosophe américain, historien, critique anticapitaliste et surtout promoteur de l'Ecologie Sociale. Auteur de nombreux articles et ouvrages qui vont accompagner les mouvements de la Nouvelle Gauche et de l'Écologie aux États-Unis, Bookchin va, dès les années soixante, alerter l'opinion sur les atteintes portées à la planète par les effets du système capitaliste et des rapports de domination qu'il engendre. Il est le fondateur de l'Écologie Sociale et des moyens de sa mise en oeuvre à travers le Municipalisme Libertaire - organisation locale en démocratie directe d'assemblées - dont s'est inspiré le peuple kurde du Rojava, en Syrie, à partir de 2004 pour bâtir un «Confédéralisme démocratique» adapté à la situation au Moyen-Orient.

  • Frantz Fanon, psychiatre d'origine martiniquaise, est surtout connu pour son engagement en Algérie, sa patrie d'adoption, au moment de la guerre d'Indépendance. Marie-Jeanne Manuellan, qui a travaillé avec lui à l'hôpital de Tunis, est aussi la femme à qui Fanon a dicté ses deux livres, L'An V de la révolution algérienne et Les Damnés de la terre.
    En même temps qu'il nous introduit à un Fanon proche et familier, ce récit à la première personne nous fait revivre les enthousiasmes et les désillusions d'une époque traversée par la guerre. Non passéiste, il est écrit pour le présent, parfois dans la colère et l'amertume de ce que ce présent est devenu au regard des attentes de cette combattante, mais avec la conviction que ce qu'elle a reçu de ces années-là, de cet homme-là, Fanon, a quelque chose d'indispensable pour aujourd'hui encore. Pour qui veut se défaire des enfermements et des destins imposés. Pour qui veut encore lutter et espérer.

  • Ce livre a tout d'un récit d'anticipation. Il y a eu une guerre. Quelque chose qui ressemble à la fin du monde. Des hommes. Des femmes. Des enfants font entendre leur voix. Ce pourrait être le temps des recommencements... «pour une dignité en voie de disparition».
    Il y a des personnages, des figures, Weg, l'homme qui marche, Eva, la femme médecin, plus tard la femme sans yeux, ceux des sous-sols, les enfants. Il y a des guerres, des paysages, des lieux, des voix, des actes. Il y a même dans la nuit du livre, une histoire d'amour. La langue puissante et tendue de Michael Glück nous entraîne à la suite de ces personnages dans une méditation errante sur l'humanité de l'homme en temps de désastre et la place que tient le langage dans sa survie.

  • Dédié à la compagne disparue, ce livre, empreint d'autant de cinéma que d'amour, célèbre une qualité de présence et un regard porté sur le monde. (Livre ayant bénéficié de l'aide du CNL) «L'ordinateur diffuse le film que tu ne regarderas plus. Sur l'écran, il ne me reste que les mots pour tenter de redessiner, en transparence, le reflet de ton visage.».

    Ce très beau film, «qu'elle ne regardera plus», est L'Amour existe, de Maurice Pialat. Parce qu'il fut prélude à leur rencontre, le narrateur en tresse ici le récit avec cet autre, celui de leur courte vie ensemble, interrompue par son geste, à elle. Pialat filme la banlieue de leur enfance : Il n'a pas fait bon rester là, emprisonné, après y être né. Quelques kilomètres de trop à l'écart, commente la voix off (de Pialat). Trente ans après, eux aussi, ont connu les rues lentes et silencieuses... Contre l'oubli, le livre se remémore. Le cinéma devient texte, et le récit de vie fait image au creux de l'absence. De leurs réalités mêlées émane une grâce lumineuse échappée de la grisaille de ces paysages pauvres.

  • Quolibets

    Daniel Biga

    Daniel Biga, nous le savons, depuis ses premiers livres, pour dire la poésie, parle de «poévie». Chantre des jeux de langue et de la musicalité des mots, il en cultive avec brio la polysémie.
    Jamais peut-être la lutte amoureuse dans la langue contre elle-même, Daniel Biga ne l'avait menée aussi radicalement que dans ce livre. Il y brise les mots, joue des sonorités, heurte les significations, les démultiplie. Dans ce détournement, se crée la langue-Biga. Elle combat le cliché en jouant des clichés, en les parodiant, en les sapant.
    Avec la mort qui rôde, le silence qui menace, c'est la vie qui va, c'est la vie qui gagne. QUODLIBETs ne parle pas du monde mais de ce monde dans lequel vit, aime, souffre, vieillit Daniel Biga et c'est alors l'autre monde qui se lève. Daniel Biga écrit selon des motifs personnels sur l'existence générale.

  • La poésie n'est pas étrangère à la vie - la poésie nous attend au coin de la rue. Elle peut nous sauter dessus n'importe quand, écrit Jorge Luis Borges. Phrase que Werner Lambersy a choisi de mettre en exergue de son livre pour soutenir son propos expliqué ainsi dans un récent entretien : «Un coup de vent a écarté le rideau de la conscience, de la connaissance et même de l'émotion pour laisser passer un rayon de soleil qui réchauffe la chambre (forte) de l'âme. C'est pourtant furtif, sans durée, et noter cet événement essentiel reste du seul pouvoir bien faible du miroir de l'écriture. Il se joue dans cet entre-deux improbable de l'éternité quelque chose qui n'est pas de moi, ni à moi, mais cependant moi tout entier. »

  • Sous le soleil de Monsieur le Curé, s'opposant aux forces de la nuit et aux sentences séculières, la vie se fait charnelle et savoureuse.
    Cet humble prêtre a perçu d'emblée que la pire tentation d'un homme de Dieu n'est pas la gourmandise, ni encore moins le sexe, mais le désespoir.
    Partant de cette leçon de vie, il lui faut s'accommoder des préceptes divins ou supposés tels ; au langage en l'occurrence à trouver les voies de l'arrangement.
    Le bonheur sourit à ceux qui savent discuter et manier la langue. L'irrépressible désir de vivre peut trouver sa voix dans la culture du paradoxe sachant qu'il n'est pas de sagesse possible sans impertinence.
    Ainsi naît une écriture de la jubilation.

  • Ceux du lointain, sujets des poèmes de ce recueil, sont les migrants. L'auteur est allée à leur rencontre, et témoigne par ce livre avec pour seul outil, la poésie.
    Au delà de tout engagement factuel qui témoignerait de notre compréhension du quotidien, de son urgence, Patricia Cottron-Daubigné nous donne à entendre qu'il est un autre engagement qui étend la vie : celui contenu dans les mots qui terminent ce livre, nous écrirons. Injonction qu'elle se fait à elle-même, en tissant auparavant des liens avec l'Histoire, dans le temps et dans l'espace. Ainsi sont convoqués les dieux et héros grecs et romains de Virgile, de son Énéide, long poème de l'exil.
    Ces poèmes portent l'exigence d'une évidence, qui a toujours besoin d'être répétée, l'Autre, l'étrange étranger est notre semblable, et l'hospitalité, l'humaine manière d'être un humain.
    Patricia

  • Les « chroniques» de Marc Delouze traversent l'Histoire de la Shoah et construisent un roman bouleversant où le narrateur, retiré dans sa campagne pour écrire, écoute en lui battre le sang des morts.
    Ce sont eux qui le font parler.
    Certes, ce n'est pas lui qui se retrouve à Westerbork avec Etty Hillesum. Ni dans le ghetto de Varsovie avec Yitskhok Katzenelson. Ni sur les traces de Margarete Buber-Neumann. Ni à Auschwitz, ni à Hiroshima aux côtés d'Imre Kertész, de Tôge Sankichi. Ce n'est pas lui - ce ne sont que ses mots.
    Réunis dans un livre qui n'est que l'ombre portée d'une réalité qui n'en finit pas de nous escorter, et qu'il s'obstine à vouloir nommer, peser, interroger.
    « Sont toujours là les en-allés. Pas question d'en faire son deuil. Jamais. Sont toujours là. Ils ne « revivent » pas.
    Ils vivent. En nous, en vous, en moi. Quand ma bouche s'ouvre et qu'en surgit un peu de leur parole, ma joie m'étoufferait presque. Mais cela ne fait pas mon bonheur pour autant.»

  • Récit d'une histoire d'amour qui s'échoue sur une rive inattendue : Fabienne Swiatly lui donne une forme minimale captivante par son rythme syncopé.
    Ce sont de petits drapeaux qu'un geste vif plante tour à tour, où l'on peut lire les transformations qu'opère l'écriture sur le quotidien, celui où l'on aime, celui où l'on meurt... et où il faut poursuivre, malgré tout. Comme une injonction salvatrice à dire l'urgence, ce récit poétique et poignant compose avec beaucoup de retenue les bribes d'un amour aliéné. À lire en apnée, dans la fulgurance du geste.

  • Écrit pour un jeune compagnon dont la capacité à se souvenir s'estompe, ce roman procède de la transfusion des réminiscences. Deux hommes. L'un d'eux perd peu à peu la mémoire, le mal lentement l'enferme, l'isole de l'être aimé. Celui-ci, seul, impuissant, lutte avec l'oubli, donne voix à l'autre, s'accroche aux mots, écrit ce qui se perd. C'est dans ce parcours-là, à Taïwan, que nous entraîne M., retenu auprès d'un compagnon d'une autre culture que la sienne, et dont la maladie ravage le cerveau...
    Introspection, richesse de l'analyse, beauté rendue des paysages, il faut s'y enfoncer, page après page, et plonger à son tour au coeur de ce récit que nous offre Christophe Bagonneau à travers une langue précise, souple et sensuelle, entièrement tendue vers l'expérience du sensible.

  • «La Commune engendre un sens qu'elle ne contient pas tout entier - un sens qui la dépasse mais qui n'existerait pas sans elle. Tout vient peut-être de ce que la Commune est plus durable qu'elle n'a duré, de sorte que sa lumière voyage encore.» écrit Bernard Noël. (extrait de l'article «Idéologie» de son Dictionnaire). C'est pour cette raison qu'une nouvelle édition de ce livre nous a paru indispensable tant ce livre est porteur de qualités et d'actualité. Au-delà de la nécessaire rigueur des dictionnaires classiques, celui-ci est soutenu par la même exigence d'écriture qu'a l'auteur pour son oeuvre et par une variété de formes au fil des articles: des récits se juxtaposent à des portraits - de communards, mais aussi de Versaillais -; des courants de pensée nous sont présentés, ponctués par de courtes citations percutantes. Ce Dictionnaire se lit presque comme un roman si la curiosité du lecteur accepte de s'adonner à l'errance proposée par les nombreux renvois, chacun construisant sa propre mosaïque.

  • Trois ânes

    Michel Séonnet

    Ce récit est scandé par le pas d'un âne. Des coups donnés, réguliers ; des coups infligés à une porte. trois fois rien dans la nuit. un enfant les perçoit pourtant et l'histoire est enclenchée.Ça part de rien, et l'on est happé par un récit conçu comme ces tourbillons de fleuve qui nous emportent, par cercles concentriques, dans les tournoiements de l'Histoire.
    Nous savions combien l'âne est une figure fraternelle et généreuse. Mais ce que nous découvrons dans le récit de Michel Séonnet, c'est qu'il est aussi porteur de mémoire. Un âne que l'on croyait si paisible va entraîner trois enfants derrière lui. En pleine nuit. À travers routes et montagnes. Ils ont rendez-vous avec l'histoire, celle de la deuxième guerre mondiale, dans laquelle se mêle le destin d'hommes, de femmes, d'enfants, et de trois ânes. À chacun des enfants il sera révélé comment cette histoire est aussi la sienne.
    Ce récit d'une grande tendresse concerne autant les adultes que les enfants.

  • Un narrateur adulte emprunte à l'enfant qu'il fut son regard, encore vierge et pur, pour retrouver ses eaux d'origine :
    Je la revois encore aujourd'hui, gracile, riant, barbotant de toute sa joie dans le petit lac salé, à droite des sources d'où jaillissent les torrents qui font le fleuve.
    - Elles sont froides, a-t-elle dit en berbère, à propos de l'eau, toujours plurielle dans sa langue.
    Au gré des remous, il revoit des femmes libres tomber petit à petit sous la coupe d'hommes maniant un discours descendu du ciel, définitif, inaltérable, chargé de mises en garde et surtout d'hypocrisie. Les belles eaux limpides qui arrosent le Maroc depuis les hauteurs de l'Atlas se chargent d'humeurs pathogènes, de brumes aveuglantes et de vacarmes guerriers.

  • Les carpes vieillissent bien. On leur prête volontiers longévité, sérénité, silence, luxe, calme et volupté..
    Écrire sur des écailles de carpe est un exercice de concision, d'humilité et de jubilation rêveuse.
    C'est retrouver la grammaire des origines, en essayant de lire le premier livre des miroirs.

  • On pourrait croire ce récit inscrit dans la lignée des tragédies grecques : une unité de temps (une fin d'après-midi), une unité de lieu (une terrasse donnant sur la mer où sont réunies trois femmes ; une quatrième, Sara, étant hors champ), la « cité phocéenne » (Marseille) très présente, et, liés en un seul drame, l'amour et la politique butant sur une énigme dont Oreste, l'absent, est le centre. Cependant, changements de rythme et tresse narrative donnent une facture très contemporaine à un texte continûment tendu, lancé à contre-désastre, attentif à la fois à ne pas éluder le réel de la perte ni celui de « l'état du monde » mais aussi, et surtout, à ne pas céder sur son désir.

    «Ainsi, le texte va, vient, saute, reprend et ne cesse de déborder le récit qui trame sous lui son avenir, écrit Bernard Noël. Les coïncidences qui ponctuent ce monde immense y introduisent régu lièrement des élans, une sensualité, qui troublent une lecture que l'on voudrait raisonnable. Mais ne vaut-il pas mieux que le désir de lire soit soutenu par un appétit plutôt que par la raison ?»

  • La poésie d'Alain Freixe interroge encore une fois le chemin que prend notre Humanité. Les titres des quatre parties centrales de ce recueil peuvent se lire comme une seule phrase qui exposerait la dramaturgie de l'ensemble : «derrière les étangs», «derrière les cols», «derrière les jours», «l'imprenable toujours».
    Cette phrase témoignerait d'un échec, que semble pourtant démentir le titre de la dernière et sixième partie : Comme on tombe amoureux, qui redonne au poème, malgré tout, son pouvoir et sa légitimité à affirmer du sens. Mais quel sens ? Relancer la parole, lui donner sa chance d'être fidèle à la vie, de témoigner de ces moments de grâce où le monde a signifié sa présence, et donc, tresser un lien qui tienne debout le poème et le dresse «contre» les forces négatives, le temps que s'accomplissent les menaces d'un désert où grandissent froids et dangers. Contre le désert, un combat entre le dedans et le dehors.

  • Ensemble des sept volumes de cette suite publiée à L'Amourier, ce nouveau recueil est augmenté d'un avant-dire et d'un texte de fin Plus une nuit. Sept livres s'ouvrent, oeuvrent dans les marges du livre de la Genèse ; ni imitations, ni commentaires, plutôt questions, questions de la création face au silence. Dire comment ce livre-là,- explique l'auteur - se lit jour après jour, comme poème et objet de pensée.Un lent dépli du temps - plus de dix ans d'écriture -, un lent dépli de la langue, font émerger de ces huit textes réunis par L'Amourier comme un murmure et sans doute aussi, in fine, une grande paix dont témoigne le 7ème titre, Le repos.

  • Vous ouvrez le livre comme le narrateur entre chez les gens : clandestinement. Vous lisez une page au hasard, vous êtes chez vous. Fin prêt à accueillir les absents qui peuplent ce roman, dont se souviennent le narrateur, jeune homme à la périphérie de sa propre vie, et Monsieur Édouard, personnage rencontré... sur un banc du BHV, avec qui le narrateur passe régulièrement ses après-midis : deux êtres au passé et aux récits radicalement différents, si proches pourtant quand ils posent la question centrale du comment vivre : avec ses souvenirs, fantômes ou apparitions.
    Roman aux confins de l'étrange et de la méditation, à l'écriture distanciée mais néanmoins sensible, De l'univers visible et invisible libère une parole et donne foi en la littérature.

  • Je me noie...

    Collectif

    Depuis vingt ans, elle a vingt ans d'avance. Avec Sarah Kalisky, le tragique est la mesure commune de notre déraison la plus exaltante et la figure la plus nue de notre impitoyable désir de vivre.

  • Une patience

    Serge Bonnery

    1915 : le jeune soldat quitte son vignoble du Sud pour rejoindre Notre-Dame de Lorette où la bataille s'engage entre les lignes française et allemande. Il laisse derrière lui sa femme et une fillette en bas âge.
    1971 : dans le cortège funèbre qui conduit son arrière-grand-père au cimetière, l'enfant prend la mesure de la distance qui le sépare de lui maintenant.
    Un livret militaire, une croix de guerre, deux photographies et quelques cartes postales lui parlent encore de l'ancien "poilu". Une patience fait récit de cette mémoire, dans le temps arrêté que rend illusoire une implacable chronologie.

  • On dit que le chant de Kebkab est un don du ciel. Sa voix, dans cette lointaine contrée d'Éthiopie, ferait pleurer les montagnes. Pourtant, lui, le plus brillant des étudiants en théologie va douter. Pire : il manifeste son doute, risquant d'être privé de toute fonction au sein de l'Église. Le Conseil des Anciens décide que la foi de Kebkab doit être mise à l'épreuve. Il est envoyé vers Lalibela, la Jérusalem noire, première étape d'un parcours initiatique au cours duquel il va rencontrer successivement trois ermites. Leur enseignement de L'Évangile secret de Philippe va ébranler sa vie et le ramener au souvenir de son ami, Gezagn, grand amateur d'art et de sciences, futur roi de la tribu des Konsos, peuple que Dieu n'a pas touché.
    Dans une langue flamboyante deux chemins s'entre­croisent pour nous offrir une odyssée intemporelle où le sens du doute est magnifié à hauteur de celui de la foi.

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