Aoc

  • « La première leçon du coronavirus est aussi la plus stupéfiante : la preuve est faite, en effet, qu'il est possible, en quelques semaines, de suspendre partout dans le monde et au même moment, un système économique dont on nous disait jusqu'ici qu'il était impossible à ralentir ou à rediriger. » Bruno Latour En décembre 2019, Bruno Latour envoie, tel un cadeau, un conte de Noël au quotidien numérique AOC, qui le publie immédiatement. Trois mois plus tard, alors que la pandémie de Covid-19 vient de nous installer dans le confinement, il envoie un second cadeau : un article qui sera certainement l'un des plus lus à travers la planète durant ces mois reclus, traduit en une vingtaine de langues. Ce sont ces deux textes qu'AOC a voulu réunir (en un volume tête-bêche) pour en faire l'un de ses « Imprimés ».

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  • « Reprendre ce matériau souillé et avili qu'aura représenté l'Afrique - et les Africains - et le transformer en matériau astral, voilà où réside la puissance de «Black Panther» et telle est la raison pour laquelle il suscite tant d'effervescence. » Achille Mbembe Black Panther est un blockbuster inédit. Comment interpréter cette apparition de l'Afrique dans la conscience techno-cinématographique de notre temps ? Qu'est-ce qui explique que des foules, aux États-Unis, au Brésil et ailleurs soient prises dans un tel engouement pour ce qui, après tout, n'est qu'un film ? Dans un contexte de reviviscence de BlackLivesMatter, les hommages qui ont suivi la mort de l'acteur principal, Chadwick Boseman, ont pris une résonnance particulière. Bref, de quel projet politique Black Panther est-il le nom ? Deux textes réunis en un volume tête-bêche pour explorer cette question.

    Achille Mbembe est aujourd'hui l'un des très grands intellectuels africains, historien et philosophe il enseigne en Afrique du Sud et aux États-Unis.
    Bérénice Hamidi-Kim est sociologue du théâtre, maître de conférence à l'université Lyon 2 AOC est un quotidien d'idées numérique fondé en janvier 2018 par Sylvain Bourmeau, Raphaël Bourgois et Cécile Moscovitz. Du lundi au vendredi, il publie chaque jour une Analyse, une Opinion et une Critique, le samedi un entretien et le dimanche un texte littéraire.
    En presque trois ans, AOC a publié 2 500 articles de plus de 1 300 auteurs différents (chercheuses et chercheurs, écrivain.e.s, artistes, journalistes...). Plus de 80 000 lecteurs reçoivent chaque jour par email le sommaire, parmi lesquels 7 000 sont abonnés.
    Dès avant son lancement, le quotidien d'idées AOC a imaginé publier dans un ouvrage de belle facture certains de ses articles de référence, renouant ainsi, à l'ère numérique, avec les brochures du XVIIIe siècle.

  • À quelques mois d'intervalle, entre 1988 et 1989, et à la faveur d'un film de Martin Scorsese, La Dernière tentation du Christ, et d'un roman de Salman Rushdie, Les Versets sataniques, l'accusation de blasphème a soudainement refait actualité dans nos paisibles démocraties pluralistes. Ce fut un tournant pour l'anthropologue Jeanne Favret-Saada, qui n'a eu de cesse, depuis, d'enquêter sur ce retour de bâton religieux, y compris les caricatures de Mahomet.

    Un an avant l'assassinat du professeur Samuel Paty, AOC avait choisi d'accueillir un entretien important entre Jeanne Favret-Saada et Arnaud Esquerre, un texte refusé par la revue Terrain qui l'avait initialement commandé pour un dossier intitulé... « Faire taire». En revenant sur les enquêtes qu'elle mène depuis trente ans sur ces sujets, Jeanne Favret-Saada nous permet de mieux saisir comment le mot blasphème a fait son grand retour à la « une » des journaux.

    Jeanne Favret-Saada est anthropologue, elle a travaillé successivement sur les systèmes politiques tribaux en Algérie, la sorcellerie dans le bocage de l'Ouest français, l'antisémitisme et l'antijudaisme catholiques et les accusations de blasphème dans l'Europe contemporaine.
    Arnaud Esquerre est sociologue, il a notamment travaillé sur les sectes, les cimetières, l'astrologie, la censure. Il est le co-auteur avec Luc Boltanski d'Enrichissement (Gallimard).

    AOC est un quotidien d'idées numérique fondé en janvier 2018 par Sylvain Bourmeau, Raphaël Bourgois et Cécile Moscovitz. Du lundi au vendredi, il publie chaque jour une Analyse, une Opinion et une Critique, le samedi un entretien et le dimanche un texte littéraire.
    En presque trois ans, AOC a publié 2 500 articles de plus de 1 300 auteurs différents (chercheuses et chercheurs, écrivain.e.s, artistes, journalistes...). Plus de 80 000 lecteurs reçoivent chaque jour par email le sommaire, parmi lesquels 7 000 sont abonnés.
    Dès avant son lancement, le quotidien d'idées AOC a imaginé publier dans un ouvrage de belle facture certains de ses articles de référence, renouant ainsi, à l'ère numérique, avec les brochures du XVIIIe siècle.

  • « Signes et déchets de signes, phrases et déchets de phrases font nos milieux de vie. En cela, l'actualité récente a souvent révélé, s'il en était besoin, quelque chose comme des états pourris de la parole, pourris à force de déliaisons, de rétrécissements, d'inattention, de bâclage, de négligence, de morgue, de dédain. Des états pourris de la parole politique, de la parole médiatique, et de nos propres échanges, c'est-à-dire des phrases que nous mettons dans le monde et entre nous, dans la rue, dans le travail, sur les réseaux, dans les tweets, ces « gazouillis » ». Marielle Macé - Déjà auteure pour AOC d'un formidable texte sur « Nos cabanes », Marielle Macé a confié au début 2021 un long et important article à propos des « états pourris de la parole » tels que notamment révélés par la crise sanitaire. Mais attention, parler d'une pollution de la parole n'est pas une manière de déplorer un quelconque appauvrissement de la langue, ce n'est ni un esthétisme, ni un élitisme. C'est le désir de penser la parole comme un milieu partagé et vulnérable, comme une « zone à défendre » : un lieu commun dont il faut prendre soin. C'est précisément ce que faisait Céline Curiol quelques mois plus tôt dans les colonnes d'AOC avec « Paroles malheureuses », une nouvelle en forme de dystopie autour d'une épidémie de mots pathogènes. Et si notre vulnérabilité relevait directement du propre de l'humain : de la langue ?

  • « Entre les collapsologues et les anti-catastrophistes, un jeu de miroirs s'est formé. Tout se passe comme si les collapsologues donnaient raison aux critiques les plus radicales du catastrophisme. S'ils n'existaient pas, les anti-catastrophistes les auraient inventés. L'homme de paille que ces derniers ont construit pour mieux l'incendier est devenu réel. Mais, comme toujours avec les extrêmes, des points de contact apparaissent. » Jean-Pierre Dupuy - Dans un texte important pour AOC, le philosophe Jean-Pierre Dupuy s'en prenait vertement à tous les « collapsologues » qui le citent de travers et prophétisent l'effondrement certain de nos civilisations. Mais, dans un second texte confié au même quotidien d'idées, il mettait également en garde contre les « optimistes béats », et choisissait de poursuivre dans la voie qu'il a tracée en précurseur, celle d'un « catastrophisme éclairé ».

  • « Entre le temps de la maladie surveillée par les médecins et l'urgence, qui est un des maîtres-mots du présentisme, a surgi un conflit de temporalités, qui s'est cristallisé autour de la question de la mise au point d'un traitement curatif et d'un vaccin. Dans une série, le scénario voudrait que le chercheur génial et marginalisé découvre la bonne molécule qui, au dernier moment, va sauver la communauté. Et dans la réalité ? » François Hartog - Historien du « présentisme », François Hartog ne pouvait pas ne pas se sentir requis par la pandémie tant elle est venue brouiller nos habituelles temporalités. Au printemps 2020, pendant le premier confinement, il a confié un premier texte à AOC sur ce trouble qui surgissait dans le présentisme. Puis, au début de cette année 2021, alors que la crise sanitaire s'installait dans la durée et que le virus s'installait en maître impérieux du temps, il rappelait combien la courte histoire de cette épidémie pouvait être représentée comme celle d'une succession de batailles pour en reprendre le contrôle. Sachant que, du fait de sa capacité à muter sans cesse, le virus a toujours inévitablement un coup d'avance, et nous, un coup de retard.

  • « Nul n'aurait imaginé, il y a un an seulement, nos vies si puissamment ébranlées par l'épidémie galopante. Sans que nous sachions encore s'il s'agit de mutations durables ou momentanées, sinon définitives, la crise sanitaire altère à la fois nos façons de sentir et de ressentir, nos perceptions intimes de l'espace et du temps, comme nos attitudes et gestes coutumiers. » Hervé Mazurel - Historien des sensibilités, Hervé Mazurel s'est autorisé à esquisser quelques analyses à partir de bribes de réalité collectées lors de flâneries dans l'atmosphère étrange d'une métropole frappée par la pandémie et donc bien peu reconnaissable, et où se laissent lire, du fait d'un tel dépaysement, certains signes révélateurs d'évolutions en cours. Au printemps 2020, il avait donné à AOC un premier texte sur la manière dont le toucher se trouvait affecté par l'épidémie, avant d'en donner un second en ce début 2021 dans lequel il s'interroger sur la manière dont une civilisation du masque avait pointé son nez.

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