Sciences humaines & sociales

  • Les "pétroleuses"

    Edith Thomas

    «Il faut beaucoup de temps et de distance pour que les regards portés sur un événement et ses acteurs s'assemblent et quittent la polémique et la discorde. Cependant, certains événements gardent un pouvoir d'agitation qui n'en finit pas de relancer les passions. C'est le cas de la Commune de Paris de 1871... écrit Bernard Noël dans la préface de ce livre. Ce qui a eu lieu a eu lieu, c'est irrévocable. Cependant, on peut toujours interroger l'imbrication des événements et apercevoir dans leur passage quelque chose qui est demeuré en suspens. L'historien qui remarque cela peut ainsi donner du présent à ce passé. Le cours des choses, bien sûr, n'en sera pas changé mais un peu d'avenir sera introduit dans le révolu. C'est ce que réusssit à faire Édith Thomas en mettant au premier plan le rôle des femmes jusque-là toujours secondaire.» Le terme de «pétroleuse» fut inventé en 1871 pour stigmatiser les femmes que l'on accusait, à tort, d'avoir incendié Paris. Malgré l'absence de preuve, ces femmes au courage et à la détermination exemplaires, ont été fusillées par vagues anonymes, ou condamnées à la déportation. Comme pour leur rendre justice, Édith Thomas raconte ici leur histoire, l'histoire de la Commune vécue par des femmes en marche vers leur émancipation ; chacune réhabilitée dans son nom, sa profession quand elle en a une, son caractère, sa situation sociale, son rôle durant la Commune. Avec une grande exigence intellectuelle, une générosité constante et le sens concret de l'Histoire, Édith Thomas nous propulse au coeur d'une insurrection dont le génie particulier reste toujours fécond.

  • Frantz Fanon, psychiatre d'origine martiniquaise, est surtout connu pour son engagement en Algérie, sa patrie d'adoption, au moment de la guerre d'Indépendance. Marie-Jeanne Manuellan, qui a travaillé avec lui à l'hôpital de Tunis, est aussi la femme à qui Fanon a dicté ses deux livres, L'An V de la révolution algérienne et Les Damnés de la terre.
    En même temps qu'il nous introduit à un Fanon proche et familier, ce récit à la première personne nous fait revivre les enthousiasmes et les désillusions d'une époque traversée par la guerre. Non passéiste, il est écrit pour le présent, parfois dans la colère et l'amertume de ce que ce présent est devenu au regard des attentes de cette combattante, mais avec la conviction que ce qu'elle a reçu de ces années-là, de cet homme-là, Fanon, a quelque chose d'indispensable pour aujourd'hui encore. Pour qui veut se défaire des enfermements et des destins imposés. Pour qui veut encore lutter et espérer.

  • Pour célébrer ses 20 ans, L'AMOURIER éditions a choisi de faire resurgir de l'oubli une biographie de Louis-Auguste Blanqui, écrite par un journaliste écrivain du XIXe siècle, Gustave Geffroy, publiée en 1897, puis en 1926 et demeurée jusqu'à ce jour indisponible.
    Cette nouvelle édition est augmentée d'une préface de Bernard Noël et de dessins d'Ernest Pignon- Ernest.
    En 600 pages, nous parcourons le XIXe siècle et participons, avec Blanqui, aux événements tragiques qui ont oeuvré à construire la démocratie moderne. Son titre L'Enfermé dit la longueur (intermittente) de son incarcération, plus de 40 ans. soit plus de la moitié de sa vie qu'il consacra au combat pour la justice, l'égalité et la liberté, « l'avènement d'un ordre nouveau qui affranchit le travail de la tyrannie du capital ». Écrite dans une langue manifique, cette biographie est très renseignée, et reprise quasi textuellement dans tous les travaux sur Blanqui en ce qui concerne les références biographiques.

  • En introduction Jacques Ferlay nous dit ceci : « Dans son jeu l'enfant fait semblant de croire que tout est possible et se soucie peu des aptitudes requises ni de la finitude des êtres. Ses stratégies exercées divinement et tous ses sens y concourent sans calcul. Chez l'enfant, l'aspiration à vieillir est immédiate. Son premier jour accompli est sa première victoire. Tous ceux qui l'aiment ou le cultivent agissent en ce sens et renforcent ce jeu de vivre encore et encore. « Il puise ici ses thèmes dans le quotidien et l'observation du monde. Par son regard lucide mais attendri d'humour, il sait nous communiquer, même en évoquant la mort, son paisible optimisme.
    Pour lui le poète n'est que le puisatier de nos soifs.

  • Le Contredieu est la guerre portée dans les lettres humaines.
    Il est la philosophie athéiste et humaniste appliquée au monde sans dieu : cela se passe au théâtre, dans la vie, au travail, dans l'écriture, chez les hommes. Dans la pensée... Le Contredieu est dédié aux amitiés d'astres, aux traceurs et intercesseurs, grands individus souverains, Alain Jouffroy, Bernard Stiegler et Michel Surya, cela a son importance, c'est pour la vie... Le Contredieu est envoyé aux embarqués de la mi-nuit, pris dans la nasse, grands catholiques ou grands convertis dans l'être là de l'humain à tout faire, les Sollers, les Onfray, les Benoît XVI, c'est pour rire...
    Le Contredieu est contre dieu : pas le mort, l'autre. Alain Jugnon

  • Je suis français citoyen français à Valmy ils allaient pieds nus j'aime les héroïnes et les héros j'aime les mythes qui me font rêver d'Histoire je n'aime pas les uniformes ni les casques ni les bottes ni les armées coloniales ni mon reflet dans un bouclier de CRS je n'aime pas que l'on frappe les enfants au nom de la sécurité ceux qui sont derrière la visière les chefs de meute nous veulent sans armes mais en guerre provoqués mais démunis fragilités entretenues industrie de l'aléa meurtre de la durée pour un immédiat qui donne soif délitement des élites les ectoplasmes que nous avons élus ont-ils jamais songé à ce qu'irise ce mot élu ils nous servent sous vide un pays reconstitué qui n'est pas le nôtre...

  • éloge de Gilgamesh

    Joël Cornuault

    • Federop
    • 10 Décembre 2015

    Dans une langue sobre et d'une grande sensibilité, Joël Cornuault entraîne le lecteur dans sa rêverie sur le héros sumérien, Gilgamesh, dont la quête de l'immortalité est restée compréhensible quarante siècles plus tard et peut aujourd'hui encore servir de support à nos méditations.

  • La revue des individus au carré :
    Coordonnée par Alain Jugnon : Alain Jouffroy ; Philippe Sollers ; Jean Luc Nancy ; François Dastur ; Jean-Pierre Faye ; Michel Surya ; Malek Abou ; Christina Ion ; Alain Brossat ; Nathalie Quintane ; Bertrand Bonnello etc..
    Contr'Un, à chaque numéro : un carré, 4 noms d'auteurs : trois individus pour découvrir et mettre en valeur la trajectoire d'un quatrième individu vivant : hommage ici à Alain Jouffroy et à trois de ses principaux inspirateurs : Novalis/Machiavel/Marx.
    Dans le sillage d'Etienne de la Boétie et de « l'individualisme révolutionnaire » d'Alain Jouffroy, Contr'Un est une revue d'individus résolus à ne plus servir les instances de l'uniformisation mortifères : un laboratoire pour reposer les conditions de la politique à l'heure du géocide en cours.
    Par delà sa diversité d'expressions philosophiques, plastiques, poétiques, scénaristiques, des « individus au carré » conscients que le mot « liberté » signifie aujourd'hui : se créer soi même partout et en tout lieux.
    « Il est temps de brancher toutes les pensées les unes sur les autres » Alain Jouffroy

  • Thierry d'Athis, un de nos auteurs (Le Livre d'or PM Para), a eu la bonne idée de nous présenter Patricia Vallery-Masson, son épouse, et Christian de Jouvencel. Ces derniers nous ont confié deux magnifiques albums photos que leurs familles se transmettent de génération en génération. Ils appartenaient à leur grand-oncle, le général Albert Baratier qui, alors capitaine, était l'adjoint du commandant Marchand lors de sa fameuse expédition à travers l'Afrique. Outre l'exploit humain (6000 km à travers brousse, forêts tropicales et marécages), cette mission représente un grand intérêt ethnographique et historique. La crise de Fachoda fut un point de tension extrême dans les relations franco-britanniques.

    En cette année 1898, les puissances européennes se disputent les derniers territoires disponibles en Afrique. Une mission française, baptisée « mission Congo-Nil », composée de huit gradés, de 250 tirailleurs sénégalais et de milliers de porteurs, commandée par le capitaine Jean-Baptiste Marchand, traverse l'Afrique d'ouest en est. En même temps, 20000 Britanniques sous les ordres de Lord Kitchener remontent le Nil. Le 18 septembre 1898, au coeur de l'Afrique, à Fachoda, sur les bords du Nil blanc, l'armée anglo-égyptienne tombe sur l'expédition française arrivée trois mois plus tôt. Lesquels, du Britannique ou du Français, cédera ? La possession du Soudan et la continuité des empires coloniaux sont en jeu. La Grande-Bretagne rêve d'un axe Le Caire-Le Cap. La République française de son côté voudrait relier l'Atlantique (Dakar) à la Mer Rouge (Djibouti).

    Éric Deroo, l'un des meilleurs spécialistes du sujet, présente cet ouvrage.

  • Un ghazâl, du Maroc jusqu'en Inde, est un chant, un poème à chanter ou un air de chanson sauf à Distân, où les ghazâls sont des poèmes tissés.
    Encore fallut-il qu'un marchand de tapis inspiré, Bur eddîn al-Çekery (1854-1908) de Nayshapûr, découvre ces livres-tapis, en déchiffre le code et traduise en persan les Ghazâls des Hu,témoignage d'une tribu nomade de l'Hindukush, aujourd'hui disparue.
    D'où venaient les nomades ? C'est leur secret. Où sont-ils partis ? C'est leur mystère.
    Que cherchaient-ils ? Ce que tout homme espère : la vie, les uns ici, dans l'attente immobile, ce sont les sédentaires ; les autres ailleurs, dans l'errance éternelle, ce sont les hommes de l'horizon, les marcheurs sous le ciel, les piétons de l'au-delà.

  • E 1912 à 1914, Vuillaume donne vingt-sept articles au Matin de Buriau-Varilla dont Colette était directrice littéraire. Il rédige principalement ces souvenirs dans une rubrique du journal : Les Contes des Mille et un matins. Étonnante collection de courts articles littéraires de Colette, Séverine, Guillaume Apollinaire, Giraudoux, Verhaeren, Paul Bourger, Strindberg, Charles Vildrac, Tolstoï, Ibsen, et de la plupart des académiciens de l'époque. Ces articles du Matin forment une publication parallèle aux Cahiers de la quinzaine qui publient entre 1908 et 1914 les Cahiers rouges de Vuillaume en dix livraisons, et proposent des sujets qui sortent souvent du cadre précis de la Commune. Pour Maxime Vuillaume, les derniers jours de l'Empire, la guerre de 1870-71, la chute de l'Empire, le Siège de Paris et la Commune forment une même histoire, chacune de ses phases s'enchaînant inéluctablement à la suivante. Il écrit donc ces vingt-sept articles, qui ne sont pas comme ceux de l'Aurore, une préparation à ses Cahiers rouges, mais une sorte de contrepoint pour le lecteur des Cahiers de la quinzaine.

  • Quel dégoût ou quelles peurs devant ces photos d'insectes dont les parties sont démesurément agrandies !
    C'est en poète que Jean-Claude Guillaume nous entraîne dans cet univers où l'infiniment petit nous trouble autant que l'infiniment grand. En psychanalyste, il s'interroge sur l'angoisse qui nous envahit devant l'étrangeté de ce qui ne nous ressemble pas, et sur quoi se focalisent nos fantasmes infantiles les plus archaïques.

  • C'est au détour d'une rupture sentimentale que chacun des auteurs de ce livre a été confronté aux vraies questions sur la relation homme/femme aujourd'hui.
    Leurs échanges sur le quotidien amoureux les ont conduits au même constat : l'amour est en péril. Les hommes et les femmes sont paumés. Réalisant l'étendue de cette misère sentimentale, ils ont pris leur courage à deux mains en se décidant à jeter ce pavé dans la mare du " politiquement correct amoureux ". Avec humour, simplicité et pédagogie, ils déclinent dans ce livre les grands problèmes du couple actuel (argent - sexe - fidélité - couple idéal - maternité - mariage - séparation).
    Volontairement provocateur et polémique, ce livre est à la fois une déclaration d'amour vache et un cri d'alarme pour l'amour.

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