Johann Chapoutot
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Libres d'obéir
Johann Chapoutot, Philippe Girard
- Casterman
- Bd Ado-Adultes
- 27 Août 2025
- 9782203284296
Libres d'obéir ou comment le management moderne trouve certaines de ses racines dans l'organisation nazie. Les auteurs racontent comment Reinhard Höhn, ancien juriste du IIIe Reich, a influencé la pensée managériale en prônant l'autonomie sous contrôle, de l'après-guerre jusqu'à nos jours. Dans cette adaptation en bande dessinée, a été ajouté le récit de deux femmes cadres, soumises à la pression managériale, mettant en scène les conséquences concrètes de cette idéologie dans le monde professionnel actuel.
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Les Irresponsables : Qui a porté Hitler au pouvoir ?
Johann Chapoutot
- Gallimard
- Nrf Essais
- 6 Février 2025
- 9782073061195
Un consortium libéral-autoritaire, tissé de solidarités d'affaires, de partis conservateurs, nationalistes et libéraux, de médias réactionnaires et d'élites traditionnelles, perd tout soutien populaire : au fil des élections, il passe de presque 50% à moins de 10% des voix et se demande comment garder le pouvoir sans majorité, sans parlement, voire sans démocratie. Cet extrême centre se pense destiné à gouverner par nature : sa politique est la meilleure et portera bientôt ses fruits. Quand les forces de répression avertissent qu'elles ne pourront faire face à un soulèvement généralisé, le pouvoir, qui ne repose sur aucune base électorale, décide de faire alliance avec l'extrême droite, avec laquelle il partage, au fond, à peu près tout, et de l'installer au sommet. Cette histoire se déroule en Allemagne, entre mars 1930 et janvier 1933. Elle repose sur une lecture des archives politiques, des journaux intimes, correspondances, discours, articles de presse et Mémoires des acteurs et témoins majeurs. Elle révèle non pas la progression irrésistible de la marée brune, mais une stratégie pour capter son énergie au profit d'un libéralisme autoritaire imbu de lui-même, dilettante et, in fine, parfaitement irresponsable.
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Le monde nazi : 1919-1945
Christian Ingrao, Nicolas Patin, Johann Chapoutot
- Tallandier
- Histoire
- 19 Septembre 2024
- 9791021045804
Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est nommé chancelier du Reich. Les nazis avaient développé, depuis 1919 et le traumatisme de la Grande Guerre, une vision du monde qui n'avait d'original que sa cohérence raciste et son élan utopique. Ils surent exploiter le contexte d'une crise majeure, celle de 1929, pour subjuguer les consciences et accéder au pouvoir.
Le pouvoir leur fut donné, avec une inconséquence sidérante, par les élites en place qui pensaient que Hitler ne tiendrait que quelques semaines et que ses partisans seraient « domestiqués ». Or les nazis prirent immédiatement le contrôle du pays avant de le conduire à la destruction, réduisant finalement le continent tout entier à un immense charnier. Le monde intérieur nazi, cet imaginaire politique pétri de haine, d'angoisse et d'utopie, avait donné naissance en l'espace de douze années à un monde infernal ; un monde qui impliquait la mort de dizaines de millions de personnes, dont la majorité des Juifs du continent.
Dans cet ouvrage, trois historiens du nazisme proposent un récit inédit, une histoire totale du national-socialisme, de sa naissance en 1919 à son effondrement en 1945. En se fondant sur les renouvellements de l'historiographie internationale de ces trente dernières années ainsi que sur une pratique constante des sources, Johann Chapoutot, Christian Ingrao et Nicolas Patin analysent le nazisme de l'intérieur : le système de croyances, les émotions fanatiques et la culture militante des années 1920 ; la nature du « Troisième Reich » comme « dictature de la participation » fondée sur un consentement massif de la population ; enfin, la « guerre génocide » de 1939-1945, apocalypse raciale qui réalise les potentialités de l'eschatologie nazie. -
Libres d'obéir ; le management, du nazisme à aujourd'hui
Johann Chapoutot
- Gallimard
- Nrf Essais
- 9 Janvier 2020
- 9782072789243
Reinhard Hohn (1904-2000) est l'archétype de l'intellectuel technocrate au service du III? Reich. Juriste, il se distingue par la radicalité de ses réflexions sur la progressive disparition de l'État au profit de la «communauté» définie par la race et son «espace vital». Brillant fonctionnaire de la SS - il termine la guerre comme Oberführer (général) -, il nourrit la réflexion nazie sur l'adaptation des institutions au Grand Reich à venir - quelles structures et quelles réformes ? Revenu à la vie civile, il crée bientôt à Bad Harzburg un institut de formation au management qui accueille au fil des décennies l'élite économique et patronale de la République fédérale : quelque 600 000 cadres issus des principales sociétés allemandes, sans compter 100 000 inscrits en formation à distance, y ont appris, grâce à ses séminaires et à ses nombreux manuels à succès, la gestion des hommes. Ou plus exactement l'organisation hiérarchique du travail par définition d'objectifs, le producteur, pour y parvenir, demeurant libre de choisir les moyens à appliquer. Ce qui fut très exactement la politique du Reich pour se réarmer, affamer les populations slaves des territoires de l'Est, exterminer les Juifs. Passé les années 1980, d'autres modèles prendront la relève (le japonais, par exemple, moins hiérarchisé). Mais le nazisme aura été un grand moment managérial et une des matrices du management moderne.
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LTI, la langue du IIIe Reich
Victor Klemperer, Elisabeth Guillot
- Albin Michel
- Espaces Libres ; Histoire
- 30 Août 2023
- 9782226484840
À partir de 1933, le philologue allemand Victor Klemperer tient un journal dans lequel il consigne toutes les manipulations du IIIe Reich sur la langue et la culture de son pays. Offrant un décryptage inédit de la novlangue nazie qu'il baptise LTI : Lingua Tertii Imperii, ses notes montrent comment le totalitarisme et l'antisémitisme s'insinuent dans le langage courant et s'inscrivent au plus intime de chacun. Par l'adoption mécanique et inconsciente de l'idéologie que véhiculent les mots, les expressions et les formes syntaxiques, cette langue de propagande agit comme un poison. LTI est plus qu'un acte de résistance et de survie, c'est un classique et une référence pour toute réflexion sur le langage totalitaire. Fils de rabbin,Victor Klemperer (1881-1960) fut professeur de philologie et de littérature française avant d'être destitué en 1935 pour être affecté à un travail de manoeuvre dans une usine. Il échappa de justesse à la déportation, puis à la mort lors du bombardement de Dresde. Après la guerre, il redevint professeur d'université dans la nouvelle RDA.
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Pour les nazis, la «culture» était à l'origine la simple transcription de la nature : on révérait les arbres et les cours d'eau, on s'accouplait, se nourrissait et se battait comme tous les autres animaux, on défendait sa horde et elle seule. La dénaturation est intervenue quand les Sémites se sont installés en Grèce, quand l'évangélisation a introduit le judéo-christianisme, puis quand la Révolution française a parachevé ces constructions idéologiques absurdes que sont l'égalité, la compassion ou l'abstraction du droit. Pour sauver la race nordique-germanique, il fallait opérer une «révolution culturelle», retrouver le mode d'être des Anciens et faire à nouveau coïncider culture et nature. C'est en refondant ainsi le droit et la morale que l'homme germanique a cru pouvoir agir conformément à ce que commandait sa survie. Grâce à la révision générale des normes et à la réécriture de l'histoire de l'Occident, il devenait licite, moral et prescrit de frapper et de tuer.
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Devant l'ampleur et le caractère inédit des crimes nazis - qu'ils soient collectifs ou individuels -, les historiens butent sur leur causalité profonde, qui reste obscure. Ces comportements monstrueux s'appuient pourtant sur des fondements normatifs et un argumentaire juridique qu'il faut prendre au sérieux. C'est ce que fait ici Johann Chapoutot dans un travail de grande ampleur qui analyse comment les philosophes, juristes, historiens, médecins ont élaboré les théories qui faisaient de la race le fondement du droit et de la loi du sang la loi de la nature qui justifiait tout : la procréation, l'extermination, la domination.
Une profonde intimité avec une immense littérature publique ou privée - correspondances, journaux intimes -, avec la science et le cinéma du temps, rend sensible la manière dont les acteurs se sont approprié ces normes qui donnent un sens et une justification à leurs manières d'agir. Comment tuer un enfant au bord de la fosse peut relever de la bravoure militaire face à l'ennemi biologique. Si le métier d'historien consiste à comprendre et non à juger, ou à mieux comprendre pour mieux juger, ce livre jette une lumière neuve et originale sur le phénomène nazi.
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"chaque geste compte" : manifeste contre l'impuissance publique
Dominique Bourg, Johan Chapoutot
- Gallimard
- Tracts
- 24 Novembre 2022
- 9782073020246
«Jamais la puissance publique n'aura à ce point démissionné devant des enjeux vitaux, pour aujourd'hui et pour demain.»On n'a sans doute jamais eu autant besoin de puissance publique, face aux bouleversements en cours et aux catastrophes qui s'annoncent. C'est la direction opposée qui est choisie : baisses d'impôts pour les privilégiés et les entreprises, poursuite insensée de la croissance infinie et laisser-faire irresponsable. Cinquante ans après le rapport Meadows (1972), alors que 60% du vivant a disparu et que des milliers de scientifiques appellent désormais à la désobéissance civile, il est vital de prendre les décisions auxquels les forcenés du profit s'opposent. Ils nous font perdre du temps. Et la vie.
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La radicalité du mal que le nazisme représente, le nombre insensé de ses victimes et la violence hors norme de ses bourreaux interrogent sans fin voire engendrent une forme de scepticisme.
Comment les nazis se sont-ils persuadés que la vie sociale et politique reposait sur la « biologie » ? Comment les barrières mentales ont-elles si facilement sauté ? Comment l'antijudaïsme ancien s'est-il mué en Allemagne en un antisémitisme exterminateur ? Comment les meilleurs juristes en sont-ils venus à récuser la morale et le droit communs ? Comment une part de la population a-t-elle fini par croire qu'elle vivait un moment particulier de malheur et de détresse qu'il fallait conjurer de toute urgence ? En somme, par quelle « révolution culturelle » des hommes ordinaires sont-ils devenus des barbares ?
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Le grand récit ; introduction à l'histoire de notre temps
Johann Chapoutot
- PUF
- 29 Septembre 2021
- 9782130825364
L'histoire n'est pas une réalité brute, mais surtout, le récit que l'on en fait, à l'échelle individuelle comme à l'échelle des groupes et des sociétés, pour donner sens au temps, au temps vécu, au temps qui passe. Jadis, le sens était tout trouvé : il avait pour nom(s) Dieu, Salut, Providence ou, pour les plus savants, Théodicée. À l'orée du XXe siècle, la lecture religieuse n'est plus crédible, dans le contexte de déprise religieuse qui caractérise l'Occident - l'Europe au premier chef. La question du sens (« de la vie », « de l'histoire »...) en devient brûlante et douloureuse, comme en témoignent les oeuvres littéraires et philosophiques du premier XXe siècle, notamment après ce summum d'absurdité qu'aura constitué la mort de masse de la Grande Guerre. La littérature entra en crise, ainsi que la philosophie et la « pensée européenne » (Husserl). On ne peut guère comprendre le fascisme, le nazisme, le communisme, le national-traditionnalisme mais aussi le « libéralisme » et ses avatars sans prendre en compte cette dimension, essentielle, de donation et de dotation de sens - à l'existence collective comme aux existences individuelles -, sans oublier les tentatives de sauvetage catholique ni, toujours très utile, celles du complotisme.
Au rebours de l'opposition abrupte entre discours et pratiques, ou de celle qui distingue histoire et métahistoire, il s'agit d'entrer de plain-pied dans l'histoire de notre temps en éclairant la façon dont nous habitons le temps en tentant de lui donner sens.
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Quitter Berlin : Journal de jeunesse
Gershom Scholem
- Rue D'Ulm
- Versions Françaises
- 14 Mars 2025
- 9782728808830
Adolescent, Scholem redécouvre ses racines, apprend la langue hébraïque, étudie le Talmud, les mathématiques et la philosophie, fréquente Martin Buber et les milieux Ostjuden, fait la rencontre déterminante de Walter Benjamin et réfléchit sur le sionisme. Écrit dans une langue fiévreuse, particulièrement dense et foisonnante, son Journal de jeunesse évoque tour à tour son opposition à la guerre et à l'idéologie de l'assimilation, l'anarchisme, ses relations orageuses avec son père, la figure de son frère Werner, socialiste, ses séjours à Munich, Heidelberg, Iéna et Berne, les prémices de son intérêt pour la mystique juive et de sa vocation d'historien... Inédit en français, il constitue un témoignage irremplaccable sur l'Allemagne pré-hitlérienne et la genèse de sa pensée.
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Fascisme 2.0
Cécile Alduy, Olivier Ertzscheid, Stéfanie Prezioso, Christian Salmon, Jacques Rancière, Johann Chapoutot, Ariana Saenz Espinoza, Ahmet Insel, Zacharie Petit, Jean-François Bayart, Verónica Gago, Magalie Della Sudda
- Aoc
- Imprimés Aoc
- 19 Juin 2025
- 9782492542244
Le deuxième numéro du magazine papier d'AOC proposera un ensemble de 20 textes longs autour des attaques que subit la démocratie partout dans le monde, et que l'arrivée de Trump au pouvoir en 2025 a rendu spectaculairement évidentes. Antérieures à ce moment, cependant, ou avançant parfois de façon masquée, ces attaques ont atteint aujourd'hui un degré tel que l'on peut ne pas avoir peur des mots : il s'agit de fascisme 2.0. Quelles en sont les réalités, conséquences, fonctionnements ? Et quels sont les moyens pour consolider la démocratie ?
L'iconographie, confiée à la curation du Palais de Tokyo, proposera une sélection d'oeuvres de la jeune artiste irano-américaine Tala Madani, dont les peintures et vidéos d'animation questionnent l'autorité politique et ses déséquilibres.
Dans ce numéro 2, une nouvelle fois, le magazine propose une véritable exposition au long de ses pages. -
Les 100 mots de l'histoire
Johann Chapoutot
- Que sais-je ?
- Que Sais-Je ? Les 100 Mots
- 15 Septembre 2021
- 9782130735175
Selon le philosophe allemand Ernst Cassirer (1874-1945), être historien, c'est d'abord apprendre à lire. À lire une langue, à déchiffrer un monde, à cartographier un univers mental : celui des hommes et des femmes du passé. Donc, contrairement aux idées reçues, l'histoire n'est pas qu'une affaire de dates, elle est aussi affaire de mots.
Johann Chapoutot en a sélectionné 100 pour sensibiliser le grand public à une discipline au coeur du débat d'idées contemporain, et qui s'est construite comme une science, avec son épistémologie (l'historiographie), mais une science bien littéraire, dont l'objet n'est rien de moins que le temps !
Voici le petit livre d'un historien chevronné qui, en amoureux du gai savoir, vous fera entrer dans l'histoire... -
Fascisme, nazisme et régimes autoritaires en Europe (1918-1945)
Johann Chapoutot
- PUF
- Quadrige
- 31 Août 2013
- 9782130618751
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Deux grands noms de l'histoire de l'Allemagne contemporaine dressent une biographie renouvelée du personnage le plus fantasmé du XXe siècle. D'où venait Hitler, quel était son véritable buit et l'a-t-il atteint ? Plus qu'un portrait, c'est un parcours, entre échecs personnels et succès politiques, entre folles obsessions et pragmatisme froid, que Johann Chapoutot et Christian Ingrao retracent. L'une de ses prophéties était : « Il n'y aura plus jamais de novembre 1918 dans l'histoire allemande. » : lui et le peuple allemand ne survivront pas à la défaite. En déconstruisant méthodiquement le mythe - cette ambition ultime d'Hitler et de Goebbels -, le travail de l'historien peut aider à vaincre une dernière fois le nazisme : Hitler n'était ni brillant, ni même saint d'esprit ; son projet ne reposait sur aucune forme de rationalité ; l'ampleur de ses crimes est inédite et documentée. Comment alors a-t-il pu emmener toute une population aussi loin dans le meurtre et l'autodestruction ?
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Pour Hitler, le passé de la race, celui qui doit emplir de fierté les Allemands, ne se trouve pas en Germanie, mais en Grèce et à Rome. Une réécriture de l'Histoire, qui annexe la Méditerranée à la race nordique, investit le discours nazi et l'espace public allemand. Les peuples aryens de l'Antiquité peuvent dès lors servir d'inspiration et de modèle pour construire une société et un homme nouveaux : tandis que Sparte rappelle comment fondre des individualités en une communauté solidaire, Rome est le meilleur exemple quand il s'agit d'édifier un Empire. L'Antiquité grecque et romaine enseigne comment se perpétuer dans une mémoire monumentale et héroïque, celle du mythe. Cet ouvrage, qui restitue une autre histoire de l'Antiquité, fait pénétrer au coeur du projet totalitaire nazi : il s'agit de dominer non seulement le présent et l'avenir mais aussi un passé réécrit et instrumentalisé.
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Histoire de l'Allemagne (1806 à nos jours)
Johann Chapoutot
- Que sais-je ?
- Que Sais-Je ?
- 18 Mai 2022
- 9782715408142
De l'histoire de l'Allemagne, nous avons surtout retenu ce qui nous concerne : 1870, deux guerres mondiales, les horreurs du nazisme, le Mur et sa chute, la puissance économique retrouvée depuis la réunification. Nous savons aussi l'apport littéraire et philosophique des Allemands.
Raconter l'Allemagne contemporaine, c'est évidemment revenir sur ces faits. C'est peut-être aussi, de 1806 à nos jours, suivre le fil de la lente construction d'une démocratie libérale. « Unité, droit et liberté » sont les trois premiers mots de l'hymne choisi par les Allemands en 1949. Ils disent le dessein ancien, proclamé dès 1813 et qui s'est réalisé pendant la seconde moitié du XXe siècle, de faire nation dans la liberté et le droit.
Pour donner à comprendre cette histoire complexe et souvent mal connue, Johann Chapoutot a composé un récit historique aussi riche que vivant, où se mêlent événements politiques, vie culturelle et paroles d'Allemands. -
Quand la République de Weimar est-elle morte ? On retient généralement un événement central : l'appel à la chancellerie, à Berlin, d'Adolf Hitler. On ne prête guère d'attention à un autre fait, provincial, obscur : l'assassinat violent, dans un bourg reculé de Silésie, d'un ouvrier communiste par cinq SA ivres et brutaux. Débordé par une base impatiente et altérée de pouvoir, Hitler fait une entorse à son légalisme proclamé et prend fait et cause pour les assassins.
Devant la menace, le gouvernement commue la peine des meurtriers. L'Etat de droit prend fin : les nazis revendiquent une nouvelle légalité, qui fait des meurtriers des soldats et d'un crime, un acte de guerre ou de justice. Ce fait divers invite à une histoire politique et culturelle de la République de Weimar, mais aussi du parti nazi : le contentieux entre la base SA et la hiérarchie du parti devait être réglé plus tard, lors de la Nuit des longs couteaux.
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Il nous reste dix années pour enfin affronter le monde tel qu'il est, et surtout tel qu'il est en train de devenir, à savoir de moins en moins favorable à nos existences et à celles de l'ensemble des êtres vivants. Dix ans pour nous débarrasser de nos lubies productivistes et consuméristes. Dix ans pour bâtir une société qui sache régénérer une nature en voie de destruction accélérée. Dix ans pour resserrer nos inégalités, tout en redonnant sens à nos existences.
Instauration de quotas de consommations, nationalisation des banques, empaysannement de l'agriculture, instauration d'une chambre dédiée aux enjeux de long terme et d'un sénat transformé en chambre des biorégions, réforme du statut des élus et des fonctionnaires : cet ouvrage collectif propose des mesures économiques, institutionnelles et internationales pour réussir à bâtir une civilisation nouvelle.
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Les noms d'époque ; de "Restauration" à "années de plomb"
Dominique Kalifa
- Gallimard
- Bibliotheque Des Histoires
- 23 Janvier 2020
- 9782072763830
Depuis que l'on s'est progressivement convaincus, à la fin du XXe siècle, que le véritable sujet de l'Histoire, c'est le temps, les historiens se sont beaucoup interrogés sur la manière dont on le découpe (le « siècle » par exemple), dont on le périodise, dont on le caractérise. Ainsi s'est récemment développée l'étude des noms par lesquels une « époque » se caractérise. Nous sommes familiers des noms classiques des catégories du temps, Antiquité, Renaissance, Ancien Régime. Familiers aussi des noms plus récents comme « la Belle époque ».
C'est précisément en étudiant comment, quand s'est constituée cette expression, les différentes significations qu'elle a revêtues dans les années vingt, trente, quarante, etc. - dans le vocabulaire commun, la littérature, le cinéma, les chansons, etc. - que Dominique Kalifa a eu l'idée d'appliquer ce que l'on appelle en langage savant, la « chrononymie » des périodes, les noms dont on caractérise les époques depuis la Révolution ou les noms dont elle s'affuble elle-même et qui lui restent.
Il ne pouvait être question que d'exemples empruntés aux différents pays européens : depuis la « Restauration » et le « Risorgimento » jusqu'à l'» année 0 » et les « Trente Glorieuses ».
Cette dénomination des temps s'inscrit dans des registres complexes du découpage du temps. L'opération ne consiste pas à dénoncer ce que l'expression a de fallacieux (comme la « Belle époque » ou les « Trente Glorieuses »). Mais cerner la genèse de ces expressions, peser leur poids mémoriel, analyser leurs sédimentations est à coup sûr une manière éclairante et pleine d'intérêt d'interroger l'Histoire et le temps.
Sous la direction de Dominique Kalifa.
COAUTEUR Pascal Ory.
COAUTEUR Philippe Boutry.
COAUTEUR Emmanuelle Retaillaud.
COAUTEUR Laurent Douzou.
EDITEUR BIBLIOGRAPHIQUE Dominique Kalifa.
COAUTEUR Johann Chapoutot.
COAUTEUR Jean-Claude Caron.
COAUTEUR Venita Datta.
COAUTEUR Jeanne Moisand.
COAUTEUR Marie-Pierre Rey.
COAUTEUR Willa Z. Silverman.
COAUTEUR Isabelle Sommier.
COAUTEUR Carlotta Sorba.
COAUTEUR Miles Taylor.
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Des soldats noirs face au Reich
Johann Chapoutot, Jean Vigreux
- PUF
- Hors Collection Puf
- 16 Septembre 2015
- 9782130621690
Une « guerre pour la civilisation » germanique et pour l'Europe blanche : c'est ainsi que les nazis présentaient leur entreprise, qui avait également une dimension de revanche, à la fois sur la Première Guerre mondiale et sur la « honte noire » infligée par les Français. En effet, depuis les années 1920, racistes et xénophobes allemands ne décoléraient pas : la France avait osé faire occuper le territoire de l'Allemagne par des soldats de couleur, issus des troupes coloniales. Lors de la campagne de France, en mai-juin 1940, environ trois mille de ces soldats coloniaux ont été assassinés, en-dehors de toute action de combat, par des unités militaires allemandes issues de la Wehrmacht et de la Waffen-SS. Ce livre revient sur ces événements, sur leur contexte historique et idéologique, sur le mépris du droit international affiché par l'Allemagne nazie, et sur le sort des soldats coloniaux qui échappèrent à la mort et partirent en captivité.
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Les 100 mots de la ville
Johann Chapoutot
- Que sais-je ?
- Que Sais-je ? Les 100 Mots
- 24 Septembre 2014
- 9782130632115
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Histoire franco-allemende Tome 9 ; l'heure des choix ; 1933-1945
Alya Aglan, Johann Chapoutot, Jean-Michel Guieu
- Pu Du Septentrion
- 14 Novembre 2019
- 9782757429570
De Hitler à Sigmaringen, l'histoire comparée, parallèle et croisée de la France et de l'Allemagne permet de comprendre un moment crucial d'une Europe secouée par la grande dépression économique, déchirée par l'émergence des totalitarismes et par la Seconde Guerre mondiale. Dans ces années matricielles du xxe siècle, le flux inexorable d'événements monstres n'a exonéré ni les personnes ni les institutions les mieux établies d'un choix civilisationnel. Des deux côtés du Rhin, l'engagement s'affirme alors comme une issue vers l'avenir. L'édification d'un « Reich de mille ans » génocidaire qui aspire la vie de millions de soldats et de travailleurs entend unifier par la force le continent contre le bolchevisme, tandis que les résistances clandestines, soumises à la répression, réinventent l'idée d'Europe chère aux années 1930.
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Essai suivi de L'Ascension d'Arturo Ui
Johann Chapoutot, Bertolt Brecht
- L'Arche
- 3 Avril 2026
- 9782381981031
L'Ascension d'Arturo Ui décrit les mécanismes qui font le lit des dictatures et raconte, sous forme de parabole, l'ascension d'Adolf Hitler jusqu'à sa prise de pouvoir en 1933. Poussé sur les routes de l'exil par l'avènement des nazis, Bertolt Brecht a eu très tôt l'idée d'écrire une satire sur Hitler et sa bande en transposant les événements à Chicago parmi les gangsters dans les années 1920.
À travers la figure de Arturo Ui, qui profite de la crise du trust de chou-fleur pour imposer sa « protection » en menaçant de dénoncer ses arrangements financiers avec le maire de la ville dont la bande de gangsters a financé les campagnes électorales, Brecht veut montrer comment le succès d'Hitler fut possible grâce à ses accointances avec les grands patrons et les dirigeants de la République de Weimar.
L'intrigue déplie toutes les manoeuvres politiques chères aux dictatures et aux régimes corrompus : jeux de manipulation, menaces, pots-de-vin, suppression des témoins et démagogie.
Cette traduction de « L'Ascension d'Arturo Ui » inaugure une nouvelle collection à L'Arche, uppercut, du nom d'un recueil d'essais de Brecht sur le sport et la boxe, à la rencontre des sciences humaines et de la littérature. À partir d'avril 2026 seront édités de grands textes de théâtre, issus du répertoire politique de la maison, précédés d'un essai par des personnalités intellectuelles marquantes de notre époque pour offrir une porte d'entrée dans les oeuvres littéraires par les sciences sociales. L'essai accompagnant « L'Ascension » a été confié à Johann Chapoutot, l'un des plus éminents spécialistes du nazisme aujourd'hui.
En annexe : le récit « Die Geschichte des Giacomo Ui » (L'histoire de Giacomo Ui), texte en prose d'environ dix pages, daté de 1934, qui représente une première étape de travail de Brecht pour l'élaboration de la pièce.