Textuel

  • Dans ce magnifique dialogue entre deux monstres de l'architecture française, Paul Chemetov, l'ainé, et Rudy Ricciotti, le fougueux, évoquent avec humour et autodérision des thèmes cruciaux pour la profession comme la modernité et l'archaïsme ou la commande publique. Un échange affuté à mettre dans les mains de tout architecte ou aspirant architecte !

  • Rudy Ricciotti est un architecte qui a le sens des mots et le goût des sens et qui aime à se faufiler entre deux idées reçues.
    Dans cet ouvrage, l'architecte internationalement reconnu explicite les principaux combats qu'il mène depuis plusieurs décennies, interrogeant de manière iconoclaste les enjeux et les perspectives de sa profession. Avec un réalisme éloigné de toute langue de bois, il est question :
    Du salafisme architectural dominant les constructions contemporaines : une architecture qui refuse les signes de toute expression personnelle, pratiquant ainsi une forme d'exclusion contre les projets qui ne s'inscriraient pas dans le strict respect d'un minimalisme utilitaire à l'anglo-saxonne.
    De la fourrure verte dont se drapent tous les " tartuffes " au chevet de l'environnement avec comme étendard la norme HQE, alors qu'ils massacrent allègrement les savoirs faire des constructeurs, l'économie locale et la nature qu'ils s'imaginent défendre.
    De la pornographie de la réglementation dont les défenseurs et principaux bénéficiaires renouvellent le champ de pouvoir en multipliant règles et cadres normatifs, sans aucune concertation sur les réalités du métier.
    De la maîtrise d'ouvrage du Louvre et des coulisses du chantier du département des Arts de l'Islam, projet qui vit défiler trois Présidents de la République.
    Au gré des sujets, seront également abordés le lien entre art et architecture et quelques avis corrosifs sur d'autres travaux comme ceux de Rem Koolhaas.

  • Un truculent plaidoyer de Rudy Ricciotti en faveur du béton. Imaginé par le célèbre architecte alors qu'il était mis en examen, ce manifeste architectural en forme de pièce de théâtre est du pur Ricciotti : très joyeusement provocateur, jouant outrageusement avec la langue, définitivement pamphlétaire. Le véritable accusé à l'honneur dans cette comédie, c'est le béton!

  • Après «L'architecture est un sport de combat», long seller avoisinant les 20000 exemplaires vendus, voici l'autre combat de Rudy Ricciotti contre la « beauté pasteurisée ».  Fidèle à sa réputation de pamphlétaire, le célèbre architecte livre dans cet entretien au vitriol une dénonciation de la tyrannie du bon goût officiel au profit d'une beauté non conforme.

  • Si nous voulons une France juste et inclusive, il faut nous débarrasser du mythe national qui alimente le racisme et l'homophobie. Louis-Georges Tin revisite ici l'histoire de la France sous le jour de la violence imposée aux minorités ethniques, sexuelles, régionales ou encore religieuses. Pour lui, l'universalisme est une imposture car c'est en réalité un "uniformalisme". Loin d'être un pamphlet, ce livre lumineux démontre l'intérêt pour tous de prendre en compte  les exigences d'inclusion et de diversité.

  • Le droit peut-il réduire la violence ? Monique Chemillier-Gendreau nous transmet ici de précieux outils intellectuels pour résister aux formes actuelles de la violence, celle des administrations étatiques, celle du capitalisme militarisé comme celle des contre-pouvoirs fanatiques qui se développent à l'échelle mondiale. Une analyse et un appel qui sonnent terriblement juste à l'heure où les états européens se rejettent l'accueil du bateau humanitaire l'Aquarius.  

  • Miguel Benasayag sonne ici l'alerte face au danger que représente le pouvoir croissant des algorithmes sur nos démocraties. Car c'est au quotidien que la vie collective est insidieusement "prise en charge" par l'Intelligence Artificielle. Refusant la polarisation entre technophobes et technophiles, il livre un plaidoyer pour repenser la conflictualité en démocratie.

  • Une réflexion sur l'actualité du fascisme et la pertinence de ce terme pour analyser les mouvements extrémistes contemporains.

  • C'est en sociologue que Michel Wieviorka aborde la question du mal et formule une proposition aussi dérangeante que convaincante. Dans cette argumentation moins confortable que le lénifiant "ronron" habituel, il provoque et vise juste. Oui le conflit peut être un remède efficace à la haine et la violence.

  • Qu'est devenue la vérité ? À l'heure de la mise en oeuvre de la première loi supposée limiter les « fake news », Arnaud Esquerre, spécialiste des phénomènes de croyance, analyse la logique propre à ces faits alternatifs et les raisons de leur succès dans la sphère publique.

  • Sommes-nous entrés dans une phase de populisme, comparable aux années 1930, susceptible de mettre en péril la démocratie ? Dans cet entretien avec Régis Meyran, Raphaël Liogier décortique les ingrédients originaux du populisme actuel, nourri par le sentiment de frustration collective qui contamine une Europe, France en tête, définitivement déchue de sa prééminence mondiale. Le populiste s'exprime au nom du peuple tout entier pour le sauver de la chute annoncée, échappant ainsi au clivage droite/gauche, mêlant dans son discours des slogans conservateurs et progressistes. Agitant la traditionnelle menace de l'ennemi intérieur - hier le juif surpuissant, aujourd'hui le musulman envahissant - ce nouveau populisme ne se cristallise plus sur des idéologies mais fluctue au gré des sondages.
    Il s'appuie sur la notion vague d'une culture « occidentale » à défendre pour infuser l'ensemble de la classe politique et ronger progressivement l'État de droit. C'est ce populisme « liquide », caractéristique de notre époque, que décrypte ici finement Raphaël Liogier dans une analyse déstabilisante et alertante.

  • C'est une contribution essentielle et radicalement neuve qu'apporte ici Patrick Tort aux violents débats sur l'identité qui secouent nos sociétés, de la question de l'enseignement du genre ou des différences supposées innées de comportement entre hommes et femmes, à celle de l'existence des races. Renvoyant dos à dos les tenants de l'inné et de l'acquis, le philosophe et épistémologue nous amène brillamment à dépasser un débat aujourd'hui caricatural.
    Relisant de façon originale Darwin et Lévi-Strauss, il montre que la polémique sur le sexe et la race cache une incompréhension, chez bon nombre de biologistes comme de sociologues. Pour Patrick Tort, la question n'est pas de savoir si "les races existent", mais plutôt d'être capable de faire la distinction entre des réalités biologiques et des constructions historiques et idéologiques complètement différentes.
    Et concernant la notion de sexe, on aurait affaire à une situation parallèle: il faut faire la part entre une réalité biologique et les différences culturelles de la représentation et du traitement des différences sexuelles.
    Pour Patrick Tort, l'être humain n'est pas hors de la biologie, mais il n'est pas non plus déterminé aveuglement par elle. Sa liberté réside dans l'autonomisation progressive de la culture par rapport aux lois naturelles: un éloge de la civilisation.

  • Pourquoi les intellectuels engagés ont-ils disparu et laissé la place à des personnages médiatiques omniprésents ou à des experts proches du pouvoir en place, de Bernard-Henri Lévy à Bernard Kouchner ou Alain Minc ? La figure de l'intellectuel critique, incarnée de façon exemplaire par Jean-Paul Sartre, celle d'un personnage indépendant financièrement, s'affirmant contre le pouvoir établi et défendant les opprimés, a traversé le XXe siècle, de l'affaire Dreyfus jusqu'à la mort de Sartre en 1980. Ce siècle, qui se clôt avec la chute du mur de Berlin et de l'URSS, débouche-t-il sur la fin des intellectuels ?

    Enzo Traverso préfère parler d'une éclipse des intellectuels. Agamben, Rancière, Badiou ou Zizek sont bien des figures majeures de la pensée critique actuelle, véritables " stars des campus ". Mais ils restent largement ignorés du grand public. Pourquoi ? Selon Enzo Traverso, l'absence de débat critique dans la sphère publique s'explique entre autres par la structure des médias dominants, soumis aux lois du marché et proches des lieux de pouvoir. Il y voit aussi la conséquence d'une logique, partagée à droite comme à gauche, qui postule l'équivalence entre nazisme et communisme. Résultat : aux utopies révolutionnaires auraient succédé des idéologies molles, comme la mémoire historique sacralisée, l'humanitarisme et l'écologisme dépolitisés, ou encore la compassion pour les victimes. Les nouveaux mouvements sociaux, comme les " indignés ", Occupy Wall Street ou les révolutions arabes, seraient donc caractérisés par leur apolitisme.

  • Il n'y a presque plus de monde strictement naturel.
    Partout, de l'artefact mais surtout de l'hybridation, entre le naturel et l'artificiel. une hybridation qui s'apprête à toucher - et parfois touche déjà - l'homme lui-même dans son corps. en effet, peut-être sommes-nous déjà changés, tellement les bouleversements liés aux nouvelles technologies sont considérables. que devons-nous faire ? avons-nous l'obligation morale de nous transformer, ou de nous conserver ? car face à nous, il y a bel et bien un nouvel homme qui vient.

  • L'écriture de l'histoire est aujourd'hui l'enjeu d'une véritable guerre culturelle, la droite et l'extrême droite se saisissant du passé pour fortifier les offensives nationalistes et xénophobes. Ces usages et mésusages de l'histoire amènent Nicolas Offenstadt à s'interroger sur la place du passé et son enseignement dans nos sociétés contemporaines. Que faire du patrimoine ? Comment commémorer, et pourquoi ? Comment relier le travail des chercheurs et les interrogations citoyennes et politiques ? Pour Nicolas Offenstadt, l'historien n'a pas vocation à servir une cause.
    Son rôle est de démystifier les stéréotypes et les torsions politiques du passé pour rétablir les vérités historiques. C'est pourquoi il défend non l'apprentissage lénifiant de la chronologie et des grandes figures du roman national, mais une histoire savante et maîtrisée à même de former l'esprit critique des futurs citoyens. Il propose ainsi une histoire " de plein air " en investissant les lieux publics chargés d'histoire afin de réfléchir avec auditeurs et visiteurs aux liens entre passé et présent.

  • À l'heure où le sombre désir de guerre retentit jusqu'en Europe, Rony Brauman, penseur exigeant et intransigeant, nous aide à débusquer faux prétextes et pièges dangereux tendus par des dirigeants belliqueux. Affirmant qu'il n'existe pas de « guerres humanitaires », il nous appelle à la méfiance face aux prétentions occidentales à imposer les valeurs démocratiques par la force. Son livre chez Textuel «Humanitaire, le dilemme, »a inauguré la collection "Conversations pour demain" et a été le plus « long-seller » de la collection.

  • D'une fermeté inébranlable face aux propagateurs de l'intégrisme, A. Medddeb aborde toutes les questions qui nous préoccupent aujourd'hui: l'islam est-il soluble dans la République ? L'islam est-il compatible avec la modernité et avec nos institutions ? L'islam est-il rebelle à la critique ? L'Occident est-il islamophobe ?
    Aux littéralistes fanatisés et mauvais exégètes du Coran, A. Meddeb répond par une patiente argumentation empreinte de sa « double généalogie » entre Orient et Occident.
    L'auteur s'interroge sur les raisons de la haine que suscite l'Occident sans jamais se départir de sa volonté d'inscrire l'Europe dans une perspective « islamo-judéo-chrétienne ». Ce livre n'est pas un manifeste de plus. Il est l'affirmation raisonnée d'un pari contre toutes les formes d'obscurantisme et de régression spirituelle.

  • Voici un livre qui entend inventorier et mettre en valeur les apports intellectuels des extrêmes gauches. Car alors qu'elles semblaient marginales il y a quelques années, voilà qu'elles reparaissent en pleine forme, susceptibles d'anticiper et de formuler des débats qui intéressent la société toute entière.
    Il y a des idées neuves à l'extrême gauche. Celle-ci a laissé derrière elle le culte du parti et du Grand Soir pour adopter les révolutions minuscules, le goût du réseau, la revitalisation de la démocratie directe... En France et en Europe, les extrêmes gauches initient des débats, pointent des dysfonctionnements, proposent des pistes.
    Christophe Bourseiller, en analyste qui a épousé son temps avec appétit mais aussi avec une lucidité très en avance sur ses contemporains, explore le gai savoir des extrêmes gauches. En amoureux des marges de la société, il sait que bien souvent, c'est d'elles que sort la nouveauté.

  • L'anthropologie a été durablement marquée par la figure tutélaire de Claude Lévi-Strauss.
    Mais sa puissance intellectuelle et son autorité académique ont occulté une autre anthropologie, davantage appliquée à comprendre la réalité des comportements humains, leurs stratégies, leurs fragilités, leur ténacité, leur rage aussi. Contre le primat donné aux approches culturalistes et identitaires, il est temps de revenir à une anthropologie à taille humaine, soucieuse de comprendre l'autre et non de l'étiqueter.
    Soucieuse des individus plutôt que des constructions abstraites et englobantes, qui leur dénient lucidité et liberté.

  • L'enthousiasme politique n'est pas mort ! Si l'air du temps est la frilosité, cet ouvrage de Daniel Bensaïd, philosophe et militant insuffle l'audace et le courage pour réhabiliter l'ambition politique.
    Pour menacée qu'elle soit, la politique dépend de ce que nous sommes capables d'en faire : infléchir la pente des inégalités sociales, vouloir changer le monde. Tous les mouvements sociaux sont des points d'appui pour renouveler l'action politique. Car agir au plus près de ce que le monde nous apprend est la forme la plus haute de la responsabilité sociale.

  • C'est une alerte majeure que formulent ici les deux sociologues, auteurs du « Président des riches » : désormais étalé au grand jour sans complexe par ceux qui l'accaparent, l'argent semble s'être imposé comme la valeur ultime. Après avoir dénoncé la dangereuse collusion du pouvoir politique avec l'oligarchie financière, les Pinçon-Charlot abordent ici la question de fond : par quels mécanismes l'argent est-il devenu la seule finalité existentielle ?
    Ils reviennent sur les transformations économiques d'après 1945, notamment celles des années 80, où triomphe un capitalisme financier, spéculatif et mondialisé. L'argent est alors devenu fou : dématérialisé, dérégulé, coupé du corps social. Exemples à l'appui, ils montrent comment les grandes fortunes traditionnelles se sont adaptées aux lois du néolibéralisme, en compétition avec les nouveaux riches. Et analysent cet effet de sidération et de fascination que l'argent produit sur les masses, orchestré par une mise en scène médiatique sans précédent de la fortune. L'argent comme valeur omniprésente à un moment où la misère augmente de façon drastique : c'est là un paradoxe et une rupture inédite qui sape les fondements de la démocratie.
    Mais comment faire pour se réapproprier l'argent fou et faire en sorte qu'il circule dans le corps social ? Il faut l'encadrer beaucoup plus strictement et redonner à l'Etat son rôle de régulateur. Tout en rendant compréhensibles au plus grand nombre les logiques de la spéculation par l'enseignement du droit et de la finance à l'école républicaine.

  • Pour Paul Jorion, nous sommes entrés dans une période pré-révolutionnaire, à un niveau planétaire. Face au nouvel ordre capitaliste mondial, mis en place par les grandes banques, le mécontentement populaire s'amplifie. Une situation qui pourrait mener de nombreux pays, y compris occidentaux, aux bords de la guerre civile.
    Aux quatre coins du globe, des groupes d'individus de plus en plus nombreux ne supportent plus les injustices engendrées par la domination d'une poignée de dirigeants, et organisent des formes de résistance par le biais de l'Internet. C'est le cas des Anonymous, ces cyber-vengeurs masqués qui prirent la défense de WikiLeaks en attaquant les sites Paypal ou Mastercard, et prêtèrent également main-forte aux révolutions tunisiennes et égyptiennes.
    En quoi l'utilisation des réseaux sociaux facilite-t-elle les actes insurrectionnels ? Comment les cyber-résistants s'opposent-ils à la surveillance généralisée des États et des grandes entreprises sur la toile ? En quoi cette guerre est-elle un affrontement entre générations ? Quels sont les points communs et les différences entre ces insurrections numériques et des événements comme la Révolution française, la crise des années 1930, voire la chute de l'empire romain ?
    En anthropologue, en économiste et en blogueur, Paul Jorion répond à ces questions, à partir de l'analyse des mécanismes historiques de la crise financière mondiale et du ressentiment populaire qu'elle a engendré. Il revient également sur son parcours intellectuel et professionnel, et sur la création de son blog, grâce auquel il a pu constituer un véritable laboratoire d'idées.

  • Face aux rêveries planétaristes et à la mondialisation de l'économie, face à la tentation du repli communautaire et à la démagogie du Front national, P.-A.
    Taguieff désigne la menace qui pèse sur le modèle universaliste français. Il défend ici une conception " héroïque " de la politique. Ni vertueuse, ni utopique, mais lucide. Contre la fatalité économique. Contre la complaisance vis-à-vis des mouvements identitaires. Pour sauver l'universel.

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