Sciences humaines & sociales

  • Disparue il y a vingt ans, Jackie Kennedy, icône de la mode construite à coups de photos volées et de couvertures de magazines, cache une autre réalité. La vraie Jacqueline est une femme d'influence, charismatique, intelligente et drôle. Cette personnalité hors du commun a marqué Khrouchtchev, de Gaulle, Malraux et bien d'autres. Malgré ce destin, elle a refusé d'écrire ses mémoires, ne révélant quasiment rien de son rôle à la White House.
    Si la First Lady avait l'oreille du Président sur certaines questions politiques, personne ne l'a su ou si peu. Dès l'élection de JFK, elle lance des travaux de restauration à la Maison Blanche pour en faire l'emblème de l'Amérique. Grâce à elle, Washington devient un haut lieu culturel, où cette antiségrégationniste convaincue valorise les artistes et les intellectuels noirs et blancs sans préjugés.
    Férue de littérature et d'histoire, elle défend le «patrimoine architectural américain» - un non-sens pour ses contemporains - et sauve Grand Central, la célèbre gare de New York sur le point d'être rasée. Incarnant avant l'heure la Soft Diplomacy, elle part seule, avec l'aval du Président, faire la promotion des Etats-Unis en Inde et au Pakistan. Si d'aucuns la disaient «timide», elle a insufflé, aux heures les plus graves de la guerre froide, courage et fierté à ses concitoyens.
    Au fil des ans, Jackie est devenue un atout auprès de son mari, indispensable à sa réélection. C'est ce parcours exceptionnel que revisite l'auteure pour comprendre ce qui fait de Jacqueline Kennedy Onassis une femme qui tient une place à part dans l'histoire des Etats-Unis.

  • Autorité

    Eric Ciotti

    Aujourd'hui, la République, notre République, sombre dans une idéologie molle sur fond de renoncement de l'État à imposer des règles, à faire respecter les lois qui protègent la société et à punir les délinquants. Sitôt tournée la page de la catastrophe terroriste des 7 et 9 janvier, le gouvernement socialiste s'est figé dans son incapacité à rassurer une France attaquée.
    J'entends démontrer dans ce livre qu'il est possible d'en finir avec cette démission généralisée.
    La France s'en sortira quand le politiquement correct qui a annihilé autorité, mérite et responsabilité aura cédé sous la volonté de tout un peuple de retrouver ses vraies valeurs.
    Renforcement du principe de laïcité (en interdisant le voile à l'Université et lors des sorties scolaires), création de centres de rétention pour les individus radicalisés revenant du djihad, renforcement de la légitime défense des policiers, réforme du droit du sol, retour d'un service national obligatoire, dépistage de la drogue au lycée, lutte contre les comportements irrespectueux des valeurs fondamentales de la République à l'école, paiement des coûts d'incarcération par les détenus, dont quelques unes des propositions que je formule pour restaurer l'indispensable autorité de l'État. Élu de terrain déterminé qui assume ses convictions, je veux dire avec force que seul le manque de volonté politique est responsable du déclin français. Cet ouvrage a été mis à jour au lendemain des attentats du 13 novembre, des événements dramatiques auxquels beaucoup s'attendaient sauf au sommet de l'État.

  • Elle est devant, dynamique et décidée, régnant sur son monde avec autorité. Lui se tient en arrière, voûté et les yeux ailleurs. Elle, c'est Bernadette, ex-première Dame de France, sainte-mère des Pièces jaunes et, détail qui compte dans le microcosme, membre du conseil d'administration de LVMH. Lui, c'est Jacques, ex-président de la République, empêtré dans les affaires, roi déchu dont les amis se font rares et les soutiens légers.
    La reine-mère et le prince consort. Un vieux couple toujours présent sur la scène parisienne, populaire comme au temps de sa splendeur. À ce détail près : les rôles sont inversés. Elle a l'oreille de Nicolas Sarkozy et des jeunes ambitieux de l'UMP. Elle négocie avec le maire de Paris pour obtenir l'absolution de son mari, et elle est au mieux en Corrèze avec François Hollande. Le mari volage, l'époux « né pour commander », est désormais dans l'ombre. Sa fondation n'a pas l'aura des Pièces jaunes et une attaque cérébrale a diminué son acuité.
    Les auteurs tiennent la chronique d'une revanche, le retour en cour d'une femme brillante, mais ringardisée, qui brûlait d'être autre chose que l'épouse bafouée d'un « macho mal conseillé ». Avec l'histoire de la campagne 2002, le rôle de Claude, la fille à papa, l'ascension de la « conseillère générale de Corrèze ». Le portrait surprenant d'une femme pète-sec mais soumise, frustrée mais décidée, altruiste mais jalouse de ses avantages.

  • Chassé du pouvoir manu militari par l'armée française le 11 avril 2011 après le litige qui marqua le second tour de l'élection présidentielle de novembre 2010 et la guerre qui s'en est suivie, le président Gbagbo a été transféré à la Cour pénale internationale de La Haye et incarcéré à la prison de Scheveningen. Menant avec ses avocats le combat judiciaire pour démontrer son innocence, il a été écarté de la scène publique. Mais il a entretenu au fil de ces années de crise un dialogue continu avec François Mattei, qui restitue ici pour la première fois son exceptionnel témoignage.
    Un récit riche en révélations sur les responsabilités françaises dans cette affaire hors norme, rythmé par les confidences inédites de Laurent Gbagbo. Extraits :
    « Faire bouger les choses, s'opposer au diktat, ce n'est pas facile, ce qui m'arrive en est l'illustration. Nous ne sommes libres qu'en apparence, à l'intérieur de la cage où l'on nous a mis, nos finances et notre économie sous tutelle, sans poids réel au niveau international, menacés d'être mis à l'amende si nous n'obéissons pas. [.] La Côte d'Ivoire avait les moyens de quitter cette dépendance. [.] Je m'apprêtais à le faire. [.] Alors, à la fin Sarkozy a pris un gourdin. [.] Aujourd'hui je comprends qu'on voulait une issue brutale et définitive. [.] On a voulu m'empêcher de poursuivre ma route. » L'ouvrage a connu un beau succès en librairie, en France et en Côte d'Ivoire.

  • Lapsus ? La langue qui fourche, entre énorme bourde et aveu involontaire. Jean-Louis Borloo prenant la défense (sic) de Dominique de Villepin à la tribune du Palais-Bourbon : « Personne n'a contesté le fait que le Premier minus avait eu raison. » Un député devant l'Assemblée : « Monsieur le Ministre, durcissez votre sexe, euh, pardon, votre texte ! » Michelle Obama évoque sa vie quotidienne à la Maison Blanche : « En tant que mère célibataire occupée. » François Hollande, refusant de commenter les affaires liées à Nicolas Sarkozy : « Chacun doit être certain qu'il est prisonnier innocent avant d'avoir été condamné ». Voici, pour la première fois recensés, près de 300 lapsus politiques, commis en France ou à l'étranger.
    Si Rachida Dati a dérapé sec, « dérapé sexe », elle est loin d'être la seule. On a même le sentiment que, dans l'espace public, il y a inflation (et non fellation.) en la matière. L'auteur a repéré ceux qui donnent des verges pour se faire battre, insultent à bon compte, malmènent en mal nommant, parlent trop vrai, rêvent tout haut, révèlent leur manque d'expertise.
    Nous sommes, plus que jamais, à l'affût du moindre décalage entre le comportement des personnalités politiques et leurs discours. Ainsi le lapsus, guetté par le citoyen comme symptôme et révélateur, donne-t-il une bonne leçon d'authenticité à nos gouvernants.
    Ce florilège, mettant en évidence le contexte de chaque lapsus, en restitue le sens caché et la saveur. Et fait aussi un excellent divertissement !

  • À l'heure de la transparence-reine, que connaît-on de l'Assemblée nationale ? S'abritant derrière la séparation des pouvoirs, la maison des députés continue de vivre en vase clos. Quand des magistrats de la Cour des comptes, sous la conduite de Philippe Séguin aujourd'hui disparu, sont venus mettre leur nez dans les affaires du Palais-Bourbon en 2008, ils en ont quasiment été chassés.
    Fièvre immobilière, organisation défiant toute logique, us et coutumes d'un autre temps, le Palais-Bourbon vit selon ses propres règles, contournant le tour de vis budgétaire auquel l'État se soumet, payant royalement ses 1 200 fonctionnaires. Leurs salaires ? L'un des secrets les mieux gardés de la République enfin révélé dans ce livre. Alors que les députés se plaignent de ne pas avoir les moyens d'exercer correctement leurs missions, l'administration censée les servir continue de mener grand train.
    L'enquête minutieuse de l'auteur pointe sans concession dysfonctionnements et gaspillages, dans un temps où tous les Français sont appelés à se serrer la ceinture.

  • En France, la gauche n'a jamais été à l'aise avec l'argent. Ni collectivement, ni individuellement. Au pouvoir, elle a souvent louvoyé entre un idéal de classe (taxer les riches !) et un impératif de pragmatisme dans la gestion des affaires de l'État. Une ambivalence que le premier ministre Lionel Jospin a un jour traduite par cette formule restée célèbre : « Oui à l'économie de marché ; non à la société de marché. » Quant à François Hollande, qui se targue de vivre « normalement » et à qui l'on ne prête aucun goût de luxe, il s'est aventuré un jour à déclarer en direct, à la télévision : « Je n'aime pas les riches, j'en conviens ! » Que cache cet aveu qu'il traîne depuis près de six ans ? Quel rapport entretient-il vraiment avec l'argent ? Et les socialistes autour de lui ?
    Au terme d'une enquête fouillée, nourrie d'entretiens avec l'intéressé lui-même et ceux qui le connaissent le mieux, les auteurs répondent à ces questions devenues essentielles et reviennent sur sa première année à la présidence de la République.

  • Ça commence par un café, une causerie entre ministres sous la verrière, des blagues de potache et des dossiers qu'on se transmet. Puis l'huissier annonce : « Monsieur le président de la République ! » Les portes se ferment, l'ordre du jour du Conseil défile. Projets de loi, nominations et communications plus ou moins inspirées. Jusqu'à la touche finale, un compte rendu sans âme.
    Mais que cache tant de formalisme ? Le débat démocratique a-t-il cours au salon Murat ? Y règle-t-on ses comptes ? Qui sont les bavards ou les taiseux, les bons élèves ou les cancres ? Quelle place pour les femmes, les ministres d'ouverture ou ceux de la société civile ? La gauche a-t-elle changé la donne ? Les différents présidents de la Ve on-t-ils préservé, modernisé ou galvaudé ce rendez-vous instauré par le général de Gaulle ?
    Une cinquantaine de témoins directs, présidents, Premiers ministres, ministres ou secrétaires généraux, qui ont opéré depuis 1958, ont raconté leur Conseil à Bérengère Bonte. Elle révèle ainsi la comédie humaine et politique d'un rendez-vous à huis clos, jamais filmé ni enregistré. L'auteure a recueilli, pour cette édition actualisée et une série de trois documentaires diffusés sur France 5, les témoignages inédits de François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

  • Ils sont fous ces Québécois ! vous entraîne dans le quotidien d'un Québec en pleine révolution, bouleversé par les flux migratoires, menacé par les changements climatiques, cerné par une culture américaine à la force d'attraction écrasante. Pourtant la Belle Province réussit le pari de se réinventer chaque jour. Dans un joyeux bordel, mais avec humour, et intelligence, toujours.
    L'auteure jette le regard sans tabous d'une Française installée récemment au Québec, sur une société en crise d'adolescence. Ses chroniques content une province aux cent visages, où la ferveur pour l'équipe des Canadiens et le multi-culturalisme ont remplacé la prière et la drague, où le cirque a plus de crédit qu'un homme politique. Des mines du Nord aux scènes underground de Montréal, on découvre un Québec méconnu, mystérieux, étonnant. Et on se demande d'où lui viennent encore ses complexes à l'égard de la France.

  • En période électorale, la montée en puissance de l'extrémisme politique surprend les uns et scandalise les autres. L'électorat populaire est stigmatisé pour sa xénophobie, son racisme et son absence de lucidité.
    Et si la cause de la séparation toujours plus accentuée entre les élites et le peuple était à chercher ailleurs que dans les racines économiques et sociales de la crise ? Car ceux qui ont le pouvoir de dire et de décider ne veulent pas voir le monde, leur monde, changer. Il faut, pourtant, trouver de nouveaux mots pour éviter les maux qui frappent notre société et construire de nouvelles règles du vivre-ensemble.
    S'inspirant de la tradition française de la polémique intellectuelle, cet ouvrage insiste sur l'urgence de renouveler nos schémas de pensée, d'écouter et de voir ce qui est plutôt que de se réfugier derrière ce qui devrait être. Quelques figures emblématiques de la bien-pensance actuelle incarnent cette pratique trop répandue chez nos hommes politiques, journalistes, intellectuels et hauts fonctionnaires : parler et agir entre soi.
    Aujourd'hui, la valeur travail, la foi dans un progrès matériel et technique infini, la croyance en la démocratie représentative qui ont permis la cohésion de la population et des élites ne font plus sens. Il est donc urgent de repérer les valeurs postmodernes en train d'émerger.

  • Complocratie

    Bruno Fay

    Près de 15 ans après la tragédie du 11 Septembre, les théories du complot n'ont jamais fait autant recette. La pandémie de grippe A serait une invention des laboratoires pharmaceutiques et de l'OMS, les attentats contre le World Trade Center auraient été organisés par la Maison Blanche, les Illuminati oeuvreraient en secret pour établir un Nouvel Ordre mondial. Si le mythe du grand complot juif ou franc-maçon persiste, des centaines de théories, dont le succès manifeste un conspirationnisme nouveau, presque ordinaire, touchent toutes les catégories de la population.
    Les mensonges au sommet, les barbouzeries, les affaires politico-financières donnent au citoyen des raisons de douter, de croire que la vérité est ailleurs. Grâce à une longue enquête de terrain et de nombreux entretiens, Bruno Fay remonte aux sources de ce phénomène troublant. Ainsi, Michel Rocard lève le voile sur plusieurs scandales en les justifiant par la raison d'Etat. Des professionnels de la communication confirment qu'ils manipulent l'information pour le compte d'entreprises privées ou de partis politiques.
    Etienne Davignon, à la tête du groupe Bilderberg, accepte de parler pour la première fois de cette organisation puissante et mystérieuse nichée au coeur du pouvoir. Alors, tous paranos ? Vivons-nous déjà en Complocratie ? Ce document passionnant prouve que l'enjeu est vital pour nos sociétés.

  • Aucun cuisinier n'a servi autant de présidents français que Bernard Vaussion. Six au total ! Quand il fait mijoter son premier plat au « château », le locataire de l'Élysée s'appelle Georges Pompidou. Lorsqu'il y prépare son dernier repas, le maître des lieux se nomme François Hollande. Entre-temps, le jeune commis-cuisinier arrivé au Palais en 1974 s'est hissé au sommet des cuisines de l'État sous Jacques Chirac. C'est à ce voyage « politico-culinaire » que nous convie Bernard Vaussion.
    À la première table du pays, chaque président impose son style : la cuisine se veut « normale » sous Hollande, au pas de charge avec Sarkozy, conviviale sous Chirac, quasi-monarchique avec Mitterrand, moderne sous Giscard. « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es. » Au fil des pages, on découvre aussi le rôle crucial des premières dames dans ce domaine : de Claude Pompidou à Valérie Trierweiler en passant par l'omniprésente Bernadette Chirac.
    À travers ses souvenirs à la fois émerveillés, drôles et émouvants, Bernard Vaussion, délié de son devoir de réserve, nous plonge dans l'atmosphère trépidante des cuisines de la République : le stress des dîners de gala, l'intimité des repas privés, les vacances au Fort de Brégançon, la vie mouvementée de la brigade élyséenne. Chef de chef d'État, un métier de l'ombre que l'auteur dévoile par le menu.

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