Sciences humaines & sociales

  • La mondialisation débouche-t-elle inévitablement sur l'uniformisation du monde ? Ou favorise-t-elle au contraire la diversité culturelle, l'émergence d'un monde fait de plusieurs mondes ? Le Mexique, qui partage 3 000 kilomètres de frontière avec les Etats-Unis, est en première ligne sur le front de la mondialisation néolibérale.
    Il est en même temps l'un des pays les plus indiens du continent américain : un dixième environ de la population, soit quelque dix millions d'individus, des milliers de communautés et plus de cinquante langues différentes. Longtemps repoussés sur les marges, convertis en curiosités touristiques, en objets d'étude ou de musée, les Indiens resurgissent avec force sur le devant de la scène. Tournant le dos au folklore, aux représentations passéistes ou misérabilistes, des acteurs sociaux, des écrivains et des artistes indiens entreprennent de sortir du silence et de forger eux-mêmes leur image.
    Du Chiapas à Los Angeles, on visitera ici quelques moments forts de ce mouvement, quelques étapes et quelques figures parmi les plus significatives : l'insurrection de la parole provoquée par le soulèvement zapatiste de 1994 au Chiapas, un mouvement de peintres dans l'Etat du Guerrero, la présence des Indiens dans la ville de Mexico, mais surtout le dynamisme culturel de la région la plus indienne du Mexique, l'Etat d'Oaxaca, et la fragile réinvention des identités parmi les immigrés dans le nord du pays et en Californie américaine.
    Ancrés dans les luttes sociales et formant des réseaux, des passeurs de culture bousculent les frontières entre art et artisanat, entre communautés, entre villes et villages, entre Indiens et non-Indiens, entre le Sud et le Nord.

  • Qui soupçonnait que des Indiens étaient à l'origine de la Constitution du pays le plus puissant au monde et, partant, les inspirateurs de cette démocratie qui a fait la fierté de nos pays occidentauxoe Vers le milieu du XIV e siècle, dans le nord-est du continent américain, cinq nations indiennes appartenant au grand groupe des Iroquois (Les Mohawk, les Oneïda, les Onondaga, les Cayuga et les Seneca) se rassemblent autour de "La loi qui lie" au sein de la première Confédération démocratique connue de l'histoire de l'humanité.
    Cette Confédération des Cinq Nations va servir de modèle, quatre siècles plus tard, aux constituants américains en quête d'une alternative à la monarchie britannique. Les chefs Iroquois participent aux débats menant à la déclaration d'Indépendance de 1776, à Philadelphie ; le premier président américain John Hancock est baptisé"«Karanduawn" ou "Grand Arbre" ; et quand, en 1790, l'Amérique porte un toast à sa nouvelle Constitution,Thomas Jefferson la décrit comme "l'arbre de paix" iroquois, étendant sur les Américains "les branches de l'union". C'est cette histoire, trop volontiers oubliée, que nous racontent ici les maîtres contemporains iroquois, à travers leur splendide art d'enseignement.

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