Indigene

  • Lisbonne / lisboa

    Collectif

    Cet ouvrage est le catalogue de l'exposition du même nom qui se tiendra au centre culturel de la Villette, à Paris, du 8 octobre 2003 au 25 janvier 2004. Abondamment illustré de photographies inédites et d'oeuvres d'art, il propose une approche de la ville contemporaine, à partir des dynamiques qui contribuent à ses mutations. Comme pour les autres villes européennes, l'évolution de Lisbonne se fait, bien entendu, à l'aune de la globalisation ; mais ses héritages historiques, politiques et culturels encore à l'oeuvre lui confèrent sa singularité. Qui vit vraiment la ville aujourd'hui ? Qui se l'approprie symboliquement ? Qui la fabrique ? Telles sont les grandes questions que pose ce livre.

  • Josef Ofer

    Josef Ofer

    Josef Ofer est né à Tel Aviv, en 1965 ; il entre à l'Ecole des Beaux-arts de Paris, à 17 ans, ce qui en fait un des plus jeunes élèves à y avoir été admis. Il expose tout d'abord des scènes animalières, très colorées, un peu partout en Europe. Puis, soudain, en dépit du succès, il rompt. Il part vivre en Amazonie, sur les bords du Rio Négro. Alors, naissent ces dessins en noir et blanc qui font songer au Goya des Caprices ; il montre notre monde comme Goya montrait celui de son époque, en déchirant tous les voiles d'hypocrisie. Si la préface de Jean-Pierre Barou, « La maison Ofer » met l'accent sur cette parenté avec le maître espagnol, l'ouvrage doit d'abord et surtout aux reproductions des dessins de Ofer à la mine de plomb, près d'une cinquantaine, révélant son talent de rêveur intempestif, agitant des squelettes facétieux, des rondeurs féminines, et jusqu'à un chaos lequel n'est pas sans nous rappeler qu'il vient d'un peuple qui a connu la Shoah.

  • Les sociétés africaines ont souvent été décrites comme des sociétés traditionnelles, constituées d'ethnies figées dans leurs traditions et dans des contours géographiques imposés.
    Riches, plurielles, complexes, ces sociétés sont pourtant bien éloignées de la fixité. Autrefois en constante évolution, elles le sont encore aujourd'hui, affrontant la modernité avec leurs propres valeurs, leur propre culture. A cet égard, le Mali constitue un pays exemplaire, riche d'une longue histoire : la ville antique de Djenné-Djenno était en plein essor pendant l'âge du bronze européen. Alors que l'émigration, l'exil mais aussi la démocratisation et le tourisme ont entraîné une mise en question de la société malienne, sa culture s'exporte dans le monde à travers ses créateurs, musiciens comme Salif Keita ou écrivains comme Amadou Hampâté Bâ.
    Nation musulmane où l'animisme a conservé toute sa place, mosaïque cohérente de peuples malgré ses vingt-trois langues, Etat parmi les plus pauvres du monde et pourtant troisième producteur d'or en Afrique, le Mali est le pays du paradoxe. Parce qu'elle n'est pas donnée une fois pour toutes, parce qu'elle est la combinaison de strates successives, la culture malienne nous entraîne dans la découverte stimulante d'une certaine manière " d'être au monde ".
    C'est ce mouvement que Mali kow se propose de restituer à travers un dialogue entre un ethnologue, partisan d'une définition des cultures comme des ensembles en mouvement, Jean-Paul Colleyn, et un écrivain malien de la diaspora, Manthia Diawara ; échange illustré par les photographies de Catherine de Clippel sur lequel viennent résonner différents témoignages de Maliens.

  • Dans cet ouvrage mi-fi ction mi-documentaire magnifi quement illustré avec des peintures originales, quatre animaux typiquement australiens - une fourmi à miel, un lézard à langue bleue, un kangourou rouge et un serpent arc-en-ciel - racontent aux jeunes lecteurs la création de quatre régions de l'Australie : Papunya, Utopia, la terre d'Arnhem et Turkey Creek. Et comment, à la fois mythes et sujets de peinture, ils veillent à la survie d'un payscontinent sans pareil dont le poète surréaliste André Breton assurait qu'il était «µpoétiquement aimanté.

  • Le grand collectionneur américain, Leo Stein, fera ce commentaire à la suite d'un achat d'une oeuvre de Manguin, en avril 1905 : " C'est une sorte de Matisse que je n'avais encore jamais vu.
    " Et Marcel Sembat, collectionneur français, dans son journal, mentionnera le désarroi du père du fauvisme devant de magnifiques Manguin " qui lui font mal comme une roublardise d'imitateur ". Et pourtant, Manguin semble n'avoir copié personne alors que, dès 1902, et sans doute avant, il s'aventure avec ardeur et bonheur sur la piste " fauve " - souvenons-nous, le mot n'apparaît qu'à l'automne 1905.

  • Bernard Buffet

    Collectif

    Pour la première fois un grand musée français, le Centre de la Vieille Charité à Marseille, accueille, du 12 mars au 14 juin 2009, une exposition monographique de l'oeuvre de Bernard Buffet pour l'anniversaire de la dixième année de sa mort. Grâce à l'obstination de son seul et unique marchand, Maurice Garnier, des oeuvres pour la plupart jamais montrées en France seront révélées au public. On découvrira que, bien au-delà des années cinquante considérées comme les meilleures années du peintre, les décennies suivantes recèlent de véritables chefs d'oeuvre. On comprendra que tant dans sa stratégie de communication que dans son hyperproduction et la création d'un style qui parfois relève de la bande dessinée - quinze ou vingt ans avant la figuration libre - Buffet fut un précurseur dans bien des domaines, mais qu'il eut à souffrir d'une véritable conspiration du silence.

  • Ce livre, écrit par le meilleur spécialiste européen sur la question, membre de l'Académie de médecine chinoise traditionnelle à Pékin, est devenu une référence. L'auteur y souligne qu'il n'y a pas une mais des médecines chinoises et que leurs fondements remontent au IIe siècle avant notre ère. Pendant mille cinq cents ans, la médecine du Yin et du Yang, d'origine métaphysique, va évoluer indépendamment de la pharmacologie. L'ère maoïste plus tard créera de toutes pièces le concept de médecine chinoise traditionnelle dans le but de faire entrer cette histoire dans un cadre proprement scientifique. Ce souci a tendu à faire passer au second plan que c'est toujours à partir de causes extramédicales que la Chine a élaboré l'essentiel de ses pratiques de soin. Le mérite de l'auteur est bien de puiser directement aux sources historiques et dans les recherches les plus récentes, démarche qui donne à cet ouvrage un caractère hautement inédit.

  • La mondialisation débouche-t-elle inévitablement sur l'uniformisation du monde ? Ou favorise-t-elle au contraire la diversité culturelle, l'émergence d'un monde fait de plusieurs mondes ? Le Mexique, qui partage 3 000 kilomètres de frontière avec les Etats-Unis, est en première ligne sur le front de la mondialisation néolibérale.
    Il est en même temps l'un des pays les plus indiens du continent américain : un dixième environ de la population, soit quelque dix millions d'individus, des milliers de communautés et plus de cinquante langues différentes. Longtemps repoussés sur les marges, convertis en curiosités touristiques, en objets d'étude ou de musée, les Indiens resurgissent avec force sur le devant de la scène. Tournant le dos au folklore, aux représentations passéistes ou misérabilistes, des acteurs sociaux, des écrivains et des artistes indiens entreprennent de sortir du silence et de forger eux-mêmes leur image.
    Du Chiapas à Los Angeles, on visitera ici quelques moments forts de ce mouvement, quelques étapes et quelques figures parmi les plus significatives : l'insurrection de la parole provoquée par le soulèvement zapatiste de 1994 au Chiapas, un mouvement de peintres dans l'Etat du Guerrero, la présence des Indiens dans la ville de Mexico, mais surtout le dynamisme culturel de la région la plus indienne du Mexique, l'Etat d'Oaxaca, et la fragile réinvention des identités parmi les immigrés dans le nord du pays et en Californie américaine.
    Ancrés dans les luttes sociales et formant des réseaux, des passeurs de culture bousculent les frontières entre art et artisanat, entre communautés, entre villes et villages, entre Indiens et non-Indiens, entre le Sud et le Nord.

  • Cartes postales, photos, lettres: une correspondance, qui avait échappé à l'histoire, entre Henri Matisse et Étienne Terrus, peintre catalan (1858-1922), éclaire d'un jour nouveau la naissance du Fauvisme et ses développements.
    Les deux hommes se rencontrent dès mai 1905, alors que Matisse découvre Collioure, y loue à l'année un atelier et fait venir femme et enfants. Derain, puis les anciens de l'École des beaux-arts, Camoin, Manguin, Marquet, suivent et se lient aussi avec ce peintre dont le sculpteur Maillot a pu dire que ses couleurs sont " comme des notes de Mozart ". Terrus se révèle à la fois comme un maître de la couleur expressive et le confident privilégié des crises morales de Matisse, si secret, en ces années décisives.
    " Vous ne pouviez me faire un plus grand plaisir qu'en m'annonçant ces deux bonnes nouvelles : votre crise de volonté finie et Marguerite en train de guérir de la gorge ", lui écrit Terrus en 1910.

  • Qui soupçonnait que des Indiens étaient à l'origine de la Constitution du pays le plus puissant au monde et, partant, les inspirateurs de cette démocratie qui a fait la fierté de nos pays occidentauxoe Vers le milieu du XIV e siècle, dans le nord-est du continent américain, cinq nations indiennes appartenant au grand groupe des Iroquois (Les Mohawk, les Oneïda, les Onondaga, les Cayuga et les Seneca) se rassemblent autour de "La loi qui lie" au sein de la première Confédération démocratique connue de l'histoire de l'humanité.
    Cette Confédération des Cinq Nations va servir de modèle, quatre siècles plus tard, aux constituants américains en quête d'une alternative à la monarchie britannique. Les chefs Iroquois participent aux débats menant à la déclaration d'Indépendance de 1776, à Philadelphie ; le premier président américain John Hancock est baptisé"«Karanduawn" ou "Grand Arbre" ; et quand, en 1790, l'Amérique porte un toast à sa nouvelle Constitution,Thomas Jefferson la décrit comme "l'arbre de paix" iroquois, étendant sur les Américains "les branches de l'union". C'est cette histoire, trop volontiers oubliée, que nous racontent ici les maîtres contemporains iroquois, à travers leur splendide art d'enseignement.

  • Pour une fois dans l'histoire de l'art, grâce à Gustave Fayet (1865-1925), richissime viticulteur de Béziers, la province précède Paris.
    Dès 1901, il organise dans sa ville natale une exposition qui rassemble les grands exclus de l'époque : Cézanne, Gauguin, Redon, Van Gogh, et un Espagnol encore inconnu : Picasso. Il acquiert leurs oeuvres, devient même le plus grand collectionneur du XXe siècle, soutient par ses mandats un Gauguin malade et désespéré, au bout du monde. Les deux premières rétrospectives consacrées à l'exilé des Marquises, d'abord à Weimar, en 1905, puis à Paris, en 1906, et qui vont bouleverser l'histoire de la peinture, n'auraient pu se tenir sans Fayet.
    En 1908, il se rend propriétaire de l'abbaye cistercienne de Fontfroide, près de Narbonne, qu'il restaure en lui ajoutant des vitraux, des panneaux muraux de Redon, des bouddhas, une bibliothèque digne de Goethe où voisinent les classiques de la mystique chrétienne, le Coran, des textes hébraïques, La Bhagavad Gîtâ... Mais Gustave Fayet fut aussi un artiste capable de provoquer cette apostrophe de Gauguin : " Vous, peintre...
    " Et comme lui, comme ces maîtres qu'il affectionne, de s'adresser avec ses " noirs ", ses " mauves ", ses " montagnes ", au centre mystérieux de l'esprit.

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