Editions De La Reine Blanche

  • L'histoire de l'Abencérage et de la belle Jarifa est un thème littéraire capital du Siècle d'Or espagnol.
    Entre 1561 et 1565, au début du règne de Philippe II, apparaissent en Espagne trois versions d'une même histoire. Le récit, situé à la frontière du royaume nasride de Grenade au XVe siècle, raconte l'histoire de deux chevaliers : Abindarráez le maure et Rodrigo de Narváez le chrétien. Ces deux chevaliers s'affrontent dans un combat singulier, remporté par Narváez. Le jeune maure devient donc son prisonnier. Sur le chemin du retour, les deux hommes discutent, et dévoilent leur identité. Abindarráez comprend ainsi que son adversaire est un guerrier pour lequel il a énormément de respect ; Narváez, quant à lui, apprend que son prisonnier appartient à la célèbre famille grenadine des Abencérages. Bien évidemment aussi, Narváez demande au jeune maure où il se rendait au moment où leurs chemins se sont croisés. Là, Abindarráez lui fait le récit de ses amours... compromis maintenant par sa captivité. Touché par le récit de son prisonnier et convaincu de son honnêteté, Narváez décide de lui donner une liberté provisoire afin qu'il puisse retrouver sa bien-aimée et l'épouser. La sympathie qui unit les deux hommes a pour ciment la compassion mais surtout la confiance mutuelle. A la fin du récit, ils seront liés par une étroite amitié.

  • Soupirs est un recueil de treize textes qui mettent le doigt sur le moment décisif où un être arrive au point de parfaite compréhension et d'acceptation de son destin, puis présentent l'ouverture éventuelle qui en découle. Une première partie présente cinq textes dont le point commun est d'évoquer des personnages mythiques (Jézabel, Cassandre) et des personnes réelles (Abd al-Rahman 1er, Aliénor d'Aquitaine, le père de l'auteur). Un intermède propose deux courtes réflexions : la première décline de façon très libre plusieurs définitions du mot soupir sous la forme d'un article de dictionnaire ; la seconde développe le thème de la relation père-fils. Une seconde partie propose cinq textes qui parlent d'amour : manque, lutte, accomplissement, illusion, désillusion, détachement. L'ensemble de ces textes relèvent le défi de textes courts, cette brièveté permettant une approche poétique de la prose.

  • Ce recueil présente huit nouvelles inédites de Klaus Mann, publiées entre 1924 et 1932. Il s'agit d'oeuvres de jeunesse, inscrites dans le chaos provoqué par la défaite de 1918 et l'instauration de la République de Weimar. L'auteur, qui a entre 18 et 26 ans, décrit une jeunesse confrontée à une profonde crise sociale et politique.

  • Les couleurs et les sons Nouv.

    Ce recueil présente 11 nouvelles, toutes inspirées d'oeuvres plastiques ou musicales. Comme dans son précédent recueil (Soupirs, 2017), l'auteure fait voyager le lecteur dans l'espace et le temps, des conséquences de la terrifiante Opération Gomorrhe lancée par la Royal Air Force sur Hambourg en 1943 à l'émigration économique espagnole des années 1960. Parallèlement, l'auteure propose un travail sur les formes narratives : l'élégie, la mise en abyme, l'ekphrasis et la prose poétique, par exemple. L'unité du recueil - et son originalité - est assurée par un jeu de variations sur la peinture, la photographie, la sculpture et la musique.

  • Ce recueil présente 26 nouvelles inédites, publiées entre 1891 et 1909. L'écrivaine espagnole se trouve alors au fait de sa célébrité en tant que romancière, ce qui lui permet d'approfondir le récit court, genre qu'elle affectionne particulièrement et dont elle est encore maintenant la meilleure représentante en Espagne. Les histoires ici racontées explorent tous les aspects de l'amour : amour-passion, amour-compassion, désamour, amour à tout âge, amour pour un inconnu, amour au-delà de la mort⦠sans oublier l'infidélité et la violence amoureuse.

  • La vie dure le temps d'un vol. Le poids de la routine alourdit les ailes et seule l'imagination nous permet de continuer à être « l'oiseau le plus léger et fugace1 ». Quand nous avons réfléchi à un titre pour l'édition française de mes contes, Isabelle a pensé, avec raison, que nous devrions garder le même que l'édition espagnole parce qu'il reflète bien leur origine, leur parcours et leur raison d'être.
    Ces contes sont nés, il est vrai, pour voler. Je les ai écrits afin qu'ils soient lus à la radio puis mis en ligne dans la verticalité d'un blog. Ils étaient là, en train de sécher sur la toile, quand l'illustrateur Nono Granero a eu l'idée de les parfaire en les illustrant. Aussitôt dit aussitôt fait, et avec de tels souliers - mot et dessin -, ils s'en furent par les sentiers.
    Ils ont été exposés sur les murs de centres culturels, de pubs, de bibliothèques, et autres lieux de perdition. Je pense souvent que ces récits ont fait le chemin à l'envers car, après avoir parcouru les ciels et les enfers, sur des murs réels ou virtuels, par le bouche à oreille, après avoir été oiseaux, ils sont devenus pages. Je crois cependant qu'ils conservent intact leur désir naturel d'être debout. C'est dans leur ambition de verticalité et dans leur envie de voler que se cache leur secret. (Luis Foronda)

  • Dans cette nouvelle fantastique de 1832, un lorgnon est tellement bien fait qu'il permet de lire les pensées de ceux que l'on regarde... On appréciera la subtilité et la richesse de ce vaudeville traitant de la grande affaire du mariage dans la société du XIXe siècle : amour, intérêt, considérations mondaines. L'intrigue se noue de méprises, de fausses confidences, d'erreurs de jugement, de digressions parfois centrales (...) avant un dénouement inévitablement heureux.

  • Le feuilletage de l'album de famille est un geste universel qu'Arnaud Genon transforme en geste littéraire. Les indices de l'oubli propose une réflexion sensible et délicate sur nos rapports avec les vieux albums de photos de famille. Parallèlement, l'auteur s'interroge sur le souvenir que nous gardons des êtres qui ne sont plus, ce qui le conduit à poser également la question de l'immuabilité de notre identité. Même si le point de départ de ce récit est une expérience personnelle, celle-ci résonne immédiatement chez le lecteur qui se sent happé dans le cadre de la réflexion.

  • « [L]e réalisme n'est pas une opinion, mais une forme artistique ; une forme qui permet l'expression de toute opinion », écrit le très jeune Bang, à l'âge de vingt et un ans, dans son premier ouvrage. Les dix récits rassemblés dans la présente traduction le montrent bien. Dans le même temps, ils permettent de suivre l'évolution de cet écrivain pour qui l'essentiel n'était pas « d'inventer, mais de raconter ». De l'ambiance foncièrement Dame aux camélias du triptyque Parias (1878), jusqu'à la narration épurée de Une histoire de ceux qui doivent mourir (1899), on voit Herman Bang s'avancer vers une écriture impressionniste dont la valeur « dépend de la profondeur de tout ce qui n'est pas dit. »

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