Editions De L'aube

  • Les polémiques et les débats n'en finissent plus autour de la conception de la laïcité, atteignant leur paroxysme à l'été 2016 autour du burkini. Posée depuis les origines républicaines comme une forme supérieure de lien social, au service de l'émancipation, de la formation d'un esprit critique et de la promotion de valeurs universelles et neutres, la laïcité procède aujourd'hui d'une nostalgie collective de réaction manifestant une forme identitaire majoritaire qui ne pense pas les identités minorées. L'objet de cet ouvrage est de faire entendre la voix d'intellectuels de renom pour crier halte au politiquement correct et pour déconstruire l'instrumentalisation de la laïcité, porteuse de rejet et d'exclusion, destructrice de vivre ensemble.

  • La finance islamique (banque, assurances, sociétés d'investissement et sociétés de placement de fonds), dont les modalités de fonctionnement se sont imposées dans les esprits occidentaux à la faveur de la crise financière de 2008, constituerait le premier jalon d'une islamisation non pas seulement économique, mais totale et totalitaire des sociétés arabes surtout à la faveur de l'arrivée des islamistes en politique.
    Cet ouvrage entend dénoncer la finance islamique, conçue, non pas uniquement comme alternative au modèle de développement économique occidental permettant de rendre compatible l'islam avec la modernité, mais comme un élément déterminant et dangereux constitutif du radicalisme islamiste.

  • Stéphane Hessel est un résistant célèbre, mais aussi formé à la philosophie auprès de Maurice Merleau-Ponty. Dans ces entretiens avec le journaliste Nicolas Truong, il revient sur sa conception du monde, les figures marquantes de la pensée qui ont orientées sa vie et son action.
    Ce titre propose également un dialogue entre Stéphane Hessel et Edgar Morin, deux inllectuels de la même génération qui marquent leur époque et qui échangent sur les hommes et les concepts qui ont contribué à faire d'eux ce qu'ils sont.

  • Si les chiffres sur le viol sont connus (1 femme sur 10 victime de viol, 4 femmes sur 10 victimes d'agressions sexuelles sur la base du déclaratif), la réalité du viol est souvent masquée : l'homme violeur, les conséquences du viol sur les victimes et sur l'ensemble de la société, les mécanismes de la « culture du viol » qui légitiment les rapports sexuels sans consentement. On déplore les viols sans accepter de les voir et sans en combattre les auteurs.

  • Alors que des associations musulmanes se mobilisent contre la réduction de l'islam au djihadisme et que la France s'engage davantage dans la coalition, le politologue et spécialiste de l'islam Olivier Roy dresse un bilan critique de la stratégie choisie par le gouvernement français et donne quelques pistes pour éviter qu'une partie de la jeunesse ne rejoigne le terrorisme. Il dénonce l'attrait du djihad comme un nihilisme générationnel, qui dépasse la sphère musulmane. Nous donnant les clés pour comprendre ce qui pousse cette jeunesse à partir faire le djihad, des pistes de réfl exion pour trouver les solutions afi n d'endiguer ce phénomène tragique, l'intellectuel propose une analyse percutante et inédite.

  • Sept ans après le déclenchement de la crise économique et financière, le continent européen se trouve confronté à un nouveau défi majeur?: celui de l'arrivée de ­centaines de ­milliers de migrants.
    Si cette crise appelle une réponse européenne concertée, elle a d'abord eu pour effet de mettre à rude épreuve la solidarité entre les États membres.
    Dans cet ouvrage, Jérôme Fourquet analyse comment les opinions publiques européennes réagissent à l'arrivée de migrants sur les côtes méditerranéennes.
    Comment comprendre les différences d'attitudes concernant l'accueil des migrants et le fait que certains pays, dont la France, se montrent particulièrement réticents alors même que le nombre des migrants arrivant sur son territoire est faible?? Quelles ont été les conséquences ­électorales?? Comment cette problématique s'imbrique-t-elle avec celle de la menace terroriste et du rapport à l'islam?? Un livre documenté et éclairant.

  • Rester jeune est devenu un des impératifs de l'époque contemporaine ce qui impliquerait de refuser de vieillir mais aussi de ne pas grandir. Dans cette perspective, le philosophe P.-H. Tavoillot montre que la notion d'âge adulte a évolué. D'après lui, cette métamorphose tendrait en grande partie de sa féminisation.

  • Longtemps considéré comme une région conservatrice, l'Ouest est devenu une terre de gauche. La cassure s'est produite au moment des élections municipales de 1977 où, d'Angers à Brest, de Nantes à Rennes, toutes les grandes villes sont perdues par la droite. Quelles sont les causes d'un tel glissement de terrain ? Qu'ont fait ces élus des villes, puis des départements et des régions, une fois implantés ? Quelle tournure a pris dans l'Ouest le socialisme à visage urbain ? Qui sont les femmes et les hommes qui s'apprêtent à succéder à la génération de 1977, celle de Jean-Marc Ayrault, d'Edmond Hervé ou Jacques Auxiette ? Un cycle se ferme, un autre s'ouvre. Aux conquérants succèdent des héritiers.
    L'Ouest va-t-il rester ancré à gauche ?

  • Les événements dramatiques de janvier 2014 ont questionné l'École dans sa capacité (ou son incapacité) à créer du lien social. Une partie de la société s'est émue face aux réactions de certains élèves, lues à la fois comme rejet du discours républicain et témoignage de repli communautaire et idéologique. Un an après est le temps du détour critique. Que sera l'École d'après-Charlie ?
    Ce court essai frappe par sa justesse et nous alerte sur l'urgence à calmer les esprits et à repenser l'École en profondeur pour la mettre en adéquation avec la société actuelle.

  • Le monde est en ce moment souvent noir - comme Daech - ou brun - comme les extrêmes droites. Pourtant la société collaborative et numérique nous entraîne, et nous fait entrer dans une mutation économique et culturelle aussi puissante que celle de la Révolution industrielle.
    Alors qu'une "classe créative" concentre les richesses et s'accapare le coeur des métropoles, les classes "dominantes" d'hier se retrouvent exclues, perdues, basculant leur vote vers l'extrême droite. Ce livre est le récit de ces bouleversements et des mises à l'écart qu'ils induisent. Mais il est plus que cela, il est proposition pour repenser du commun dans une société qui après la COP 21 commence à comprendre que la politique du temps long est indispensable à notre survie.

  • Les villes organisaient l'espace, un ordre juridique, politique et social, un système économique. Tout cela disparaît peu à peu. À l'âge du GPS, l'espace change radicalement, dans l'usage que nous en faisons et dans son rôle fondamental d'organisateur de notre rapport au monde. Métapolis opère un basculement de la ville matérielle dans le monde virtuel. La société « hypertexte » qui la caractérise se fait et se défait sans cesse et pratique l'ubiquité, comme le montre le flux permanent de photographies qui circule sur les smartphones. Plus que de définir un objet (Métapolis), ce livre tente de mettre en évidence un ensemble d'enjeux et interroge les méthodes et les savoirs actuels de la production urbaine, publique ou privée : sont-ils en mesure d'y répondre ?

  • Au début de l'été 1983, des jeunes de la cité des Minguettes de Vénissieux, commune de l'Est lyonnais, lancent l'idée d'une Marche pour l'Egalité et contre le racisme.
    Partis à une poignée de Marseille le 15 octobre 1983 dans l'indifférence générale ou presque, ils sont accueillis le 3 décembre à Paris par plus de 100 000 personnes et reçus le soir même à l'Elysée par François Mitterrand. Ce livre est d'abord l'histoire de cette épopée urbaine moderne ; c'est une analyse lucide de ce qui s'est joué depuis 30 ans dans les quartiers populaires et sur les champs de l'immigration et de l'intégration ; c'est enfin une adresse prospective étayée aux jeunes générations pour que le combat de la Marche, celui de l'égalité, continue à être un horizon indépassable.

  • Chaque jour apparaissent de nouveaux signes du détraquement du modèle de croissance chinoise, auxquels s'ajoute la campagne contre la corruption qui s'éternise, paralysant les dirigeants. Sans oublier des facteurs à plus long terme, notamment le vieillissement de la population ou les catastrophes naturelles.
    Remettant en perspective les événements récents dont il propose une analyse fine et intelligente, Dominique de Rambures nous expose les causes de la crise qui secoue la Chine aujourd'hui - et qui, à terme, impactera toutes les économies. Et il prévient : de crise en crise se rapproche le moment où entre le marché et l'État, il faudra choisir. L'enjeu est donc plus politique qu'économique, et il ne se joue pas dans l'opinion mais à l'intérieur du Parti !

  • Les auteures de cet ouvrage ont pris comme base statistique les Zones Urbaines Sensibles et établissent un diagnostic sans appel : la discrimination coûte très cher à la société. 10 milliards d'euros de manque à gagner pour la collectivité. L'État investit et forme une jeunesse qui, faute d'embauche, ne contribue pas ensuite aux capacités productives du pays. Faute d'embauche en grande partie à cause de la discrimination... L'appel des auteures est clair : il faut non seulement repenser l'école républicaine, qui reproduit et fabrique de la ségragation, mais aussi inventer de nouvelles perspectives pour cette jeunesse larguée, mais également permettre la collecte de données sur les origines des individus et renforcer les sanctions contre les discriminations.
    Un essai audacieux.

  • 2012. « L'heure du changement » tant annoncé a accouché d'un nouveau président de la République et d'une nouvelle majorité, mais aussi d'une grande continuité des tendances des années précédentes : des responsables politiques à la capacité d'incarner l'espoir toujours plus limitée ; une économie en berne qui pèse sur la vie et le moral des gens ; des citoyens toujours plus impuissants qui sont tentés par le repli sur soi et la peur de l'Autre. Quelques « bouffées d'oxygène » cependant, dans ce contexte sombre, qu'on va chercher dans ces « héros » qui s'affranchissent du quotidien pour apporter la part de rêve qui manque... L'Institut Médiascopie ausculte cette « France des illusions perdues » afin de mieux comprendre 2013. Une grande enquête exclusive dont les résultats sont ici révélés et soumis aux regards aiguisés de dix intellectuels - chercheurs, praticiens, sociologues, philosphes et économistes.

  • 1992. Le Sommet de la Terre de Rio marque la fin d'une époque, ou plutôt le début d'une autre, en proposant une démarche globale pour les communautés humaines et leurs territoires : le développement durable, faisant se rencontrer la protection de l'environnement et le «développement». C'était avant tout une démarche humaniste, même si elle a perdu son humanité. La vraie tension est dans le couple environnement/culture. C'est cette dualité qui donne du sens et des valeurs. Si nous ne sommes pas capables de réenchanter ce couple, nous perdrons ce qui relie les femmes et les hommes et ce qui les relie à la nature, donc à leur avenir.C'est sur cela que nous pouvons nous entendre, une humanité qui découvre la capacité à inventer, à participer pleinement à un nouveau monde.

  • Les conditions de la mise en place du projet républicain ont radicalement changé :
    L'éducation civique, ou morale, de Jules Ferry se déclare au service d'un très actif projet de société, un projet politique. Aujourd'hui, l'éducation civique apparaît plutôt comme une réponse, à des « problèmes » d'insécurité, d'autorité, de communautarisme. Ainsi, au-delà des annonces factuelles qui s'inscrivent dans une actualité par défi nition instable, c'est l'enjeu de la reconnaissance de formes, et d'expressions identitaires, qui nous intéresse : en quoi la morale laïque aide-t-elle aujourd'hui à penser la cohabitation des cultures ?

  • Pour Serge Paugam, les différents types de liens qui rattachent les individus à la société sont aujourd'hui fragilisés, et à l'origine de profondes inégalités. Pour essayer de remédier à cette situation, il faut revenir aux fondements de ces liens?: la protection et la reconnaissance. Les politiques publiques peuvent ici jouer un grand rôle en cherchant à apaiser les angoisses liées à l'insécurité - dans toutes les sphères de la vie sociale -, et en s'efforçant de valoriser les individus dans leur quête de reconnaissance. Elles ne peuvent toutefois être menées durablement que si elles émanent d'une volonté partagée de vivre ensemble dans une société démocratique, apaisée et ouverte. Un essai stimulant.

  • Chaque année plus nombreux, des étrangers de passage, des migrants, se mêlent aux habitants de quartiers pauvres de nos villes. Ils circulent avec des titres de tourisme. Dans cette course sans fi n, ils font des commerces les plus divers. Toujours à bas prix, qu'ils vendent aux pauvres des quartiers pauvres. Cette mondialisation du poor to poor , pour les pauvres par les pauvres, est une extraordinaire soupape d'économie parallèle trop souvent inconnue. Surtout elle induit des mutations identitaires car elle structure des appartenances souvent communautaires, ethniques, religieuses, passant de communautés immigrées en communautés immigrées. En réalité ces formes de commerce en marge réalisent le rêve des plus riches d'un commerce sans frontière...

  • Edgar Morin et Patrick Singaïny échangent sur la France. Edgar Morin écrit en parlant des jeunes de banlieue : "On ne peut être un vrai Français, mais on peut devenir un vrai musulman. Ils ont trouvé la voix de la vérité... La réponse n'est pas dans les polémiques lapidaires mais dans l'introduction au coeur de la culture française, d'une culture historique.
    La rééducation est beaucoup plus nécessaire que les proclamations anti-racistes. Même sans espoir il est nécessaire de l'entreprendre, et l'entreprendre ferait naître l'espoir même si celui-ci serait fragile." Un texte limpide, appuyé sur un savoir historique long de la construction du récit national, nourri de l'expérience interculturelle vécue à la Réunion par Patrick Singuaïny : une bouffée d'air dans une période dramatique.

  • En 2014, soit avant les attentats de janvier, près de 7000 juifs français ont émigré en Israël. Jamais une telle vague d'alya n'avait été enregistrée depuis la France.
    Phénomène passager, fièvre conjoncturelle ? Les données dont on dispose semblent invalider ce diagnostic optimiste. La tuerie de la porte de Vincennes est venue renforcer un climat d'insécurité préexistant.
    En parallèle, on constate une nette droitisation de cet électorat.
    Ces bouleversements ne peuvent se comprendre sans prendre en compte la montée de la violence antisémite qui s'est produite ces dernières années.
    Une enquête passionnante et troublante.

  • En France, l'art de se déplacer des Parisiens est érigé en principe national par les grands médias. parisiens. Depuis plus de vingt ans, on a rangé du côté du « bien » les transports collectifs et les transports ferrés, et du côté du « mal » la route, la voiture et les poids-lourds. Mais 74% des Français doivent aller travailler en voiture et n'ont pas de choix !
    Cette contradiction pose un problème grave quant à nos valeurs républicaines :
    Comment nos élites ont-elles pu s'enfoncer dans un tel déni de réalité ?
    À l'heure de la montée des populismes, notamment dans les territoires situés à l'écart des métropoles où vit la majorité de la population et où l'automobile est incontournable, il est urgent de refonder l'action publique en matière de mobilité.

  • « Tout ce pour quoi notre monde, c'est-à-dire nos grands-parents, nos parents se sont battus - la liberté, la démocratie, les droits de l'homme - sont des valeurs toujours en danger et pour lesquelles à notre tour nous ne devons pas accepter ce qui est en train de se passer - quelque chose qui se répand à travers toute l'Europe occidentale et centrale, une montée des extrémistes et du racisme. Pourquoi les Roms, les Tsiganes, doivent-ils être les victimes de ce nouvel et pourtant si vieil obscurantisme ? » Fanny Ardant Depuis plusieurs mois, les communautés roms sont pointées du doigt. Les passions se déchaînent, entre racisme primaire et naïveté irresponsable. Michaël Guet vient recadrer les choses : qui sont les Roms ? Quelle est leur histoire ? D'où viennent les stéréotypes qui les entourent ? Quel est leur devenir ? Un ouvrage précis, sérieux et documenté, qui appelle à renouveler notre regard et à remettre en cause nos certitudes.

    Michaël Guet diplômé en géopolitique européenne, en charge du Comité intergouvernemental d'experts sur les questions roms (CAHROM), travaille pour le Conseil de l'Europe depuis 1997.

  • L'argument central de l'ouvrage est que le terrorisme contemporain représente, en tant que forme délibérément extrême de revendication, un certain aspect des dévoiements possibles de la manière masculine d'être au monde.
    De ces dévoiements font partie les retours archaïques à la violence de certains hommes envers les femmes. Se joue au travers des extrémismes contemporains une forme nouvelle des relations à la fois difficiles et fertiles entre les sexualités féminine et masculine qui constituent irréductiblement l'humanité de chacune et chacun.
    Une approche passionnante et originale de ce qui se joue dans le monde en ce moment.

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