Buchet Chastel

  • Le fils, c'est André. Le père, c'est l'Absent. La mère, c'est Gabrielle. Mais André est élevé par Hélène, la soeur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines.
    Chaque été, il retrouve sa mère biologique qui vient passer ses vacances en famille.
    De Saint-Céré dans le Lot en passant par Chanterelle et Aurillac jusqu'à Paris, Marie-Hélène Lafon nous transporte à nouveau au coeur d'une famille. Elle décrypte aussi bien ses bonheurs ordinaires que le poids du manque le plus profond, celui qui creuse des galeries dans les vies, sous les silences.
    André n'a de cesse de mendier le père, de cerner les contours de son absence, d'attendre, de guetter, de laisser le temps s'étirer, de se cogner à l'urgence, de composer un portrait en indices et de comprendre en creux qui il a été : un avare du coeur, plein de lui-même, pétri de morgue, étroit, mesquin, beau et aimé par les femmes.
    Avec ce nouveau texte, l'auteure confirme la place si particulière qu'elle occupe aujourd'hui dans le paysage de la littérature française. Toujours aussi puissante, son écriture reste limpide et fluide.

  • L'Evangile du Nouveau Monde Nouv.

    Le soir d'un dimanche de Pâques, un nouveau-né est déposé dans le jardin de monsieur et madame Ballandra, horticulteurs passionnés qui créent les plus belles roses du monde. Pascal est très beau, le teint brun, les yeux gris vert pareils à la mer qui entoure le pays. Mais d'où vient-il ? N'est-il pas l'enfant d'un dieu ? La rumeur porte cette nouvelle et de nombreux signes vont l'amplifier tout au long de sa vie.
    Mais que doit-on faire si l'on est vraiment le fils d'un Dieu ?
    Peut-on changer le destin des hommes, les prendre par la main pour adoucir les haines et rendre le monde plus juste ?
    De voyages en voyages, de communautés en communautés, Pascal va partir à la quête de ses origines pour comprendre le sens de sa mission. Que révélera cet Évangile du Nouveau Monde sur la nature des hommes et la place des dieux ?
    Derrière sa beauté, sa vivacité, son humour, sa puissance, l'oeuvre de Maryse Condé est une oeuvre de combats. Inégalités, racisme, condition des femmes, liberté... chacun de ses romans illustre ses convictions, sa souffrance de voir l'Homme douloureusement englué dans ses éternelles contradictions. Fragilisée par la maladie - elle a dicté puis corrigé son livre à la voix - elle a construit L'Évangile du Nouveau Monde comme son dernier appel à la prise de conscience de notre destinée. Sa lucidité est aussi impitoyable que sa conviction :la fraternité et l'amour restent nos forces les plus extraordinaires et les plus salvatrices.

  • Chinonso, un éleveur de volailles du Nigeria, croise une jeune femme sur le point de se précipiter du haut d'un pont. Terrifié, il tente d'empêcher le drame et sauve la malheureuse Ndali. Cet épisode va les lier indéfectiblement. Mais leur union est impossible : Ndali vient d'une riche famille et fréquente l'université, alors que Chinonso n'est qu'un modeste fermier...

    De l'Afrique à l'Europe, La Prière des oiseaux est une épopée bouleversante sur la question du destin et de la possibilité d'y échapper.

  • « J'avais beau tenter de résister, cette femme sur son île s'était insinuée dans ma plume, dans tous mes gestes, et c'est ainsi que fonctionnait ma vie. ».
    Hybride entre roman, enquête historique et essai, La Femme ourse raconte un moment décisif de la vie de deux femmes, séparées par près de cinq siècles.
    La première est Marguerite de la Rocque, une jeune femme française ayant embarqué pour un bateau en direction du Nouveau Monde en 1541. Pendant la traversée, on découvre qu'elle est enceinte. Elle sera laissée sur une île déserte de l'Atlantique Nord, avec une servante et le père supposé de l'enfant. Après la mort de ses deux compagnons et du nourrisson, Marguerite survivra deux ans sur cette île, d'où elle sera secourue par des marins. Les récits de sa survie faits par Marguerite de Navarre ou André Thevet au xvie siècle, relatent qu'elle fût trouvée vêtue seulement d'une peau d'ours.
    La narratrice du roman, une journaliste et écrivaine suédoise (miroir de l'auteure), raconte un long hiver nordique alors qu'elle est mère de trois jeunes enfants. Alors qu'elle lutte pour trouver l'espace mental et physique nécessaire pour se consacrer à l'écriture, elle entend parler de l'histoire de Marguerite de la Rocque. Très vite, son intérêt tourne à l'obsession, et elle entreprend de raconter cet événement dans un roman. Mettant ses pas dans ceux de Marguerite, elle utilise l'écriture pour se réapproprier la solitude, la craignant et l'enviant à la fois. L'histoire de Marguerite comprend ses peurs les plus primales, comme la mort d'un enfant, la solitude, la vulnérabilité de sa condition ; et ses questions les plus grandes : quelle place peut-on arracher pour la création quand on est femme et quand on est mère ? Jusqu'où peut se nicher notre besoin de solitude ? Où est la vérité d'une histoire quand elle est racontée par d'autres et qui a le droit de la raconter ?
    Dans une prose raffinée, Karolina Ramqvist livre avec La Femme ourse une vision à la fois très crue et une allégorie poétique de la maternité et de l'écriture. Son alliance entre nature writing, essai sur l'écriture et roman féministe se lit comme une échappée belle.

  • L'étrangère Nouv.

    L'étrangère

    Claudia Durastanti

    A-t-on une langue maternelle quand on naît de parents sourds ?
    Celle de Claudia Durastanti est l'italien, celui d'un village de la Basilicate, où l'on compte plus de têtes de bétails que d'humains.
    Ou peut-être est-ce l'anglais, celui de Brooklyn des années 1980, celui des immigrés italiens ? Ou est-ce le son du sang de sa mère, son tempo, ses vibrations ?
    À jamais étrangère, Claudia Durastanti vient d'une famille protéiforme, où chacun parle de manière différente. Ses parents sont tous deux sourds, et chacun aime à raconter qu'il a sauvé l'autre de la mort le jour de leur rencontre. Elle naît et grandit aux États-Unis avec une partie de sa famille, avant d'arriver en Italie à l'âge de sept ans, comme « une immigrée à l'envers qui quitte le futur pour se désintégrer dans le passé ».
    Sa vie sera faite de ces va-et-vient, de ces enracinements approximatifs sur des territoires où il lui faut apprendre à vivre.
    De son plus grand obstacle, le langage, elle fait son cheval de Troie. De l'italien à la syntaxe peu orthodoxe de sa famille à l'anglais expérimental de ses cousins immigrés, la jeune Claudia grandit dans une langue qui lui est propre, une langue éclatée, fragmentée, qui résume à elle seule les multiples facettes de sa personnalité.
    Devenue traductrice, puis auteure, elle développe avec L'Étrangère une carte géographique et sentimentale de l'histoire de sa famille. Organisé en chapitres courts à la manière des prédictions d'un horoscope, (Famille, Amour, Santé, Voyages, Travail, Argent) son roman conjugue la puissance d'évocation et la réflexion, dessinant la vie de sa famille élargie, et son propre chemin. Ce faisant, elle signe un livre universel, qui parvient à raconter une multitude de vies, par le prisme de leurs voix et de leurs territoires.

  • On rit. C'est étonnant parce que, pris séparément, aucun d'entre eux ne pensait que la situation les pousserait à l'hilarité - or, de façon tout à fait inattendue, ils font contre mauvaise fortune bon coeur et les voilà qui s'esclaffent et qui se mettent à papoter, retrouvant les réflexes de cour de récréation, mais avec cet air de liberté unique qu'apporte avec lui l'Arbalète filant vers Paris.1975. Tandis que le pays subit les effets du premier choc pétrolier, que les femmes revendiquent leurs droits et que la mixité s'impose dans les cours de récréation, rien ne semble devoir troubler le quotidien des familles d'instituteurs du groupe scolaire Denis-Diderot. À moins que le train du changement ne s'engouffre tout à coup dans les classes et les corps et ne redessine les frontières d'un monde très différent.

  • Colonie mennonite de Manitoba, Bolivie, 2009. Alors que les hommes sont partis à la ville, huit femmes - grands-mères, mères et jeunes filles - tiennent une réunion secrète dans un grenier à foin. Depuis quatre ans, nombre d'entre elles sont retrouvées, à l'aube, inconscientes, rouées de coups et violées. Pour ces chrétiens baptistes qui vivent coupés du monde, l'explication est évidente, c'est le diable qui est à l'oeuvre. Mais les femmes, elles, le savent : elles sont victimes de la folie des hommes.Elles ont quarante-huit heures pour reprendre leur destin en main. Quarante-huit heures pour parler de ce qu'elles ont vécu, et de ce qu'elles veulent désormais vivre. Analphabètes, elles parlent un obscur dialecte, et ignorent tout du monde extérieur. Pourtant, au fil des pages de ce roman qui retranscrit les minutes de leur assemblée, leurs questions, leur rage, leurs aspirations se révèlent être celles de toutes les femmes.Inspiré d'un fait divers réel, Ce qu'elles disent est un roman éblouissant sur la possibilité pour les femmes de s'affranchir ensemble de ce qui les entrave.

  • Trois étudiantes en lettres partagent tout dans un appartement communautaire surnommé Campo. Il y a là Helga, la narratrice, Rosie, serveuse à ses heures et Sambre, l'amie charismatique qui mène la danse. Bientôt se joint à elles Anders. Un esprit libertaire souffle sur le meublé foutraque jusqu'au jour où Sambre claque la porte et disparaît sans un mot.
    Ce départ signe l'arrêt de mort de Campo et de la jeunesse en général. Les trois amis abandonnés se lancent alors dans la vie active et adulte comme on saute dans le néant du haut d'une falaise. Une question traverse tout le roman, dont la disparition inexpliquée de Sambre est à la fois le point de départ et le fil rouge : comment s'inventer une vie ? Comment survivre dans le réel après des idéaux de jeunesse aussi puissants ?
    Un livre joyeux, plein de sève et de vie, venu tout droit de l'ancien monde comme un baume

  • « J'ai l'oeil, je n'oublie à peu près rien, ce que j'ai oublié, je l'invente. J'ai toujours fait ça, comme ça, c'était mon rôle dans la famille, jusqu'à la mort de la grand-mère Lucie, la vraie mort, la seconde. Elle ne voulait personne d'autre pour lui raconter, elle disait qu'avec moi elle voyait mieux qu'avant son attaque. » Le Franprix de la rue du Rendez-vous, à Paris. Ils sont trois : une femme, qui regarde ; Gordana, une caissière ; et l'homme encore jeune qui s'obstine à passer en caisse 4, celle de Gordana, chaque vendredi matin. Cette femme qui regarde, Jeanne Santoire, est celle qui dit « je ». C'est par elle que tout existe. Elle imagine, suppose, une vie, des vies, au présent, au futur et au passé, pour Gordana et pour l'homme.
    Elle creuse aussi des galeries dans sa propre vie qu'elle revisite et recompose. On apprendra qu'elle est fille de commerçants de province, a eu une grandmère aveugle, a exercé le métier de comptable, a aimé un homme et que cet homme est parti.
    Nos vies, nouvel opus de Marie-Hélène Lafon, raconte les solitudes urbaines. Ce texte a comme point de départ une nouvelle, Gordana, publiée au Chemin de fer (2012). Depuis Le Soir du chien, son premier roman (2001), Marie-Hélène Lafon construit une oeuvre exigeante qui, livre après livre, séduit un large public.

  • Joseph est ouvrier agricole, dans une ferme du Cantal. Il a bientôt soixante ans. Il connaît les fermes de son pays, et leurs histoires. Il est doux, silencieux. Il a aimé Sylvie, un été, il avait trente ans. Elle n'était pas d'ici et avait beaucoup souffert, avec et par les hommes. Elle pensait se consoler avec lui, mais Joseph a payé pour tous.
    Sylvie est partie au milieu de l'hiver avec un autre. Joseph s'est alors mis à boire, comme on tombe dans un trou.
    Joseph a un frère, marié, plus beau et entreprenant, qui est allé faire sa vie ailleurs et qui, à la mort du père, a emmené la mère vivre dans sa maison. Joseph reste seul et finira seul. Il est un témoin, un voyeur de la vie des autres.
    Joseph est le nouvel opus de Marie-Hélène Lafon.

  • Grâce à eux : comment les migrants ont sauvé mon village Nouv.

    « C'est une évidence qui m'apparaît chaque fois que je m'assois pour contempler la mer : quiconque vient frapper à nos portes, qu'il soit réfugié, pauvre ou voyageur, représente pour ce monde le seul salut possible, le seul véritable espoir contre la violence de l'histoire. ».
    Quand un bateau de réfugiés kurdes s'échoue près de son village de Riace, sur la côté calabraise, Mimmo Lucano les accueille comme ses frères. Devenu maire, il met en place un programme d'intégration inédit qui redonne vie à un village en train de s'éteindre. Grâce à lui, des centaines d'hommes et de femmes retrouvent leur dignité. Grâce à eux, Riace renaît. Le célèbre « maire des migrants » raconte ici une aventure humaine où les petits gestes deviennent très grands, une lutte où l'espoir et le courage s'unissent contre la barbarie des temps.

  • Paul a quarante-six ans. Paysan, à Fridières, Cantal. Cinquante trois hectares, en pays perdu, au bout de rien. Il n'a pas tout à fait choisi d'être là, mais sa vie s'est faite comme ça.
    Paul n'a qu'une rage : il ne veut pas finir seul, sans femme.

    Annette a trente-sept ans. Elle est la mère d'Eric, bientôt onze ans. Elle n'a jamais eu de vrai métier. Elle vient du Nord, de Bailleul. Annette a aimé le père d'Eric, mais ça n'a servi à rien, ni à le sauver du vertige de l'alcool, ni à faire la vie meilleure. Alors elle décide d'échapper, de recommencer ailleurs, loin.

    D'où l'annonce. Paul l'a passée. Annette y a répondu.

    Sauf qu'il y a les autres. Le fils silencieux, et la mère d'Annette. Et les autres de Paul, ceux qui vivent avec lui à Fridières. Les oncles, propriétaires des terres. Et la soeur, Nicole, dix-huit mois de moins que Paul, qui n'a pas de mari pas d'enfant.

    L'Annonce, nouveau roman de Marie-Hélène Lafon, raconte cette histoire d'amour.

  • Un accident. Le manque, la douleur de l'absence de Paul, Marie choisit d'y faire face seule. C'est le début d'une forme d'errance.
    Mais dans cette soudaine solitude, Marie commence à poser un regard nouveau, plus acéré sur les choses, à questionner sa vie d'avant, ses choix et ses non-choix, ces endroits où elle s'est laissé porter par un flux indistinct.
    La découverte de cahiers intimes de Paul va éclairer une part sombre qu'elle ne connaissait pas et révéler un homme entravé par une histoire familiale dont il n'avait pas la clé.
    Elle a besoin de comprendre, pour lui, pour elle ; de résoudre l'énigme. Cette quête la mène en Italie.
    Là-bas, la beauté, l'art, les paysages agissent sur elle. Dans un état de disponibilité extrême au monde, ses sens en éveil, Marie se laisse aller à sentir, à être.
    Et bientôt délestée de toute pression, elle prendra une décision qui donnera une autre direction à sa vie et créera les conditions d'un autre mystère, d'une autre énigme.
    L'Évanouissement de Marie est un premier roman envoûtant ;
    L'histoire d'un cheminement intérieur où l'on se déleste du poids, des bagages (famille, pression sociale...) qui nous oppriment, pour s'approcher au plus près de soi-même.

  • Avec une extraordinaire précision et grâce à un accès privilégié aux meilleures sources technologiques et militaires, Singer et Cole ont mis en scène une future guerre entre la Chine et les USA. Dans un avenir très proche - avec l'accord des Russes - la Chine a décidé d'envahir Hawaï pour s'emparer de gigantesques réserves de gaz et réussit à paralyser les répliques américaines.
    Ce conflit mondial d'un nouveau genre aura pour cadre l'espace, la mer, la terre, les réseaux. Il n'est pas nucléaire mais se révèle vite aussi technologique qu'humain. Et avec toutes les armes d'un Pearl Harbour numérique : drones, robots, GPS, cybersécurité...
    Comment puiser dans l'histoire de l'art de la guerre et l'ingéniosité des hommes et des femmes pour engager la résistance ?
    Un thriller addictif, extrêmement instructif sur la réalité des menaces qui pèsent sur notre monde connecté contemporain.
    En fin d'ouvrage, plus de 400 notes renvoient à la réalité des techniques et des faits développés dans le roman.

  • Empires entre Islam et Chrétienté : 1500-1800 Nouv.

    Empires entre Islam et Chrétienté recourt à l'approche innovante de l'« histoire connectée » pour traiter d'une série de questions concernant l'époque moderne dans l'océan Indien, la mer Méditerranée et l'océan Atlantique. La période allant de 1500 à 1800 fut l'une des plus intenses compétitions entre empires impliquant les Espagnols, les Portugais, les Ottomans, les Moghols, les Britanniques... Plutôt que d'appréhender ces entités impériales séparément, Sanjay Subrahmanyam exploite leurs archives de manière transversale pour révéler des connexions inattendues.
    D'après lui, ces empires ont fréquemment emprunté les uns aux autres et ont avancé dans leur construction en prenant en compte les conceptions impériales concurrentes.
    L'importance particulière que Sanjay Subrahmanyam accorde aux connexions est également de première importance pour comprendre dans quelle mesure une perception de l'histoire impériale s'est développée au cours de la période moderne.
    À cheval entre la politique, l'économie, l'histoire intellectuelle et la culture, Empires entre Islam et Chrétienté renouvelle notre vision de la construction des empires.

  • Logar, Afghanistan, 2005. Marwand, douze ans, arrive des États-Unis pour passer l'été avec les siens. À peine les vacances commencées, il perd le bout d'un de ses doigts, croqué par le chien du village, Budabash, qui s'enfuit. La quête de Marwand, qui durera 99 nuits, commence.
    La poursuite de Budabash se révèle être une folle aventure qui conduit Marwand et ses cousins à découvrir tous les aspects de cet Afghanistan en guerre et à vivre de multiples expériences, de la rencontre avec des soldats américains à un mariage en passant par l'exploration de tous les coins secrets de Logar.
    Oscillant entre fêtes et tragédies, ce périple oblige aussi Marwand à se frotter aux secrets de sa famille et à se redéfinir, lui qui revient pour la première fois depuis des années dans un pays en guerre.
    Roman d'aventure, d'apprentissage, Les Nuits du Logar est une savoureuse alchimie narrative entre l'influence du grand roman américain et l'art du conte afghan.

  • Comment faire lorsque l'on n'est pas scientifique pour répondre à ces questions, et à tant d'autres, qui surgissent dans le débat public et jalonnent notre quotidien ? Notre légitime ignorance est la porte ouverte aux rumeurs, aux fake news, aux théories du complot et autres manipulations des charlatans de la pensée.
    Vulgarisateur hors pair, Raphaël Chevrier nous donne les arguments afin de pser le pour et le contre sur les grands sujets d'aujourd'hui. 5G, modifications génétiques, fin de vie, intelligence artificielle... grâce à son éclairage scientifique, tout devient clair !

  • Vendu à plus d'un million d'exemplaires dans le monde, publié dans 23 pays, Une vie comme les autres de Hanya Yanagihara est un livre phénomène - un livre phénoménal.

    Le roman balaie plusieurs décennies de la vie de quatre amis de fac venus conquérir New York. Commencé comme un roman d'apprentissage classique, le texte met en scène Malcolm, un jeune architecte métisse, JB un aspirant peintre d'origine haïtienne, Willem, que ses origines scandinaves ont doté d'une beauté froide et fatale, qui tente de faire décoller sa carrière d'acteur, et enfin le mystérieux Jude, dont on ne sait rien ou presque si ce n'est qu'il se lance dans une carrière d'avocat. Alors que chacun des quatre amis se construit peu à peu, succès professionnels fulgurants, échecs personnels et traumas se succèdent. Imperceptiblement, la trame narrative se concentre sur l'énigmatique Jude, véritable étoile noire et personnage-clef de ce récit qui s'étend sur trente ans et embrasse comme rarement les vies intérieures et les destins de ces personnages, confinant ainsi le lecteur dans une position à la fois indiscrète et immensément bienveillante.

    Épopée romanesque d'une incroyable intensité, panorama poignant de ce que recouvre et implique l'amitié masculine et l'amour contemporains, Une vie comme les autres interroge de manière saisissante nos dispositions à l'empathie et l'endurance de chacun à la souffrance, la sienne propre comme celle d'autrui. Révélant ici son immense talent de styliste, Hanya Yanagihara redonne, avec ce texte, un souffle inattendu au grand roman épique américain.

  • Après des années de totale galère, Dan et Jon, deux vieux potes, ont décidé de s'associer. Depuis trois ans, leur camp installé en haute altitude dans les Rocheuses propose aux touristes un lieu exceptionnel et sauvage. Là, trek, randonnée, pêche, safari photos sont au programme.
    Un client riche et inconscient a décidé, malgré une tempête de neige qui se prépare, de prendre des photos d'un énorme grizzly qui rôde dans le coin. À reculons, Dan part avec lui à la recherche de l'ours. Le client, malgré les injonctions de Dan, s'approche trop près de l'animal et se fait tuer.
    La tempête se déchaîne et Dan se retrouve avec un cadavre sur les bras. Un mécanisme étrange s'enclenche dans son cerveau : il faut absolument se débarrasser du corps pour avoir la paix. Alors que le scénario qu'il échafaude est parfait, Dan, à la dernière minute, ne résiste pas à voler la montre du mort. Un objet de luxe qui le fascine. À partir de là, les emmerdes vont s'accumuler...
    Nan Aurousseau a un sens certain du suspense. Ses personnages, complètement frappés, emmènent progressivement le lecteur dans leur délire. C'est noir, drôle et très efficace. Un plaisir de lecture.

  • Classique contemporain au réalisme brutal, Une vie violente de Pier Paolo Pasolini renaît dans une nouvelle traduction éblouissante de Jean-Paul Manganaro.

    Dans la lignée des Ragazzi auquel il succède, Une vie violente poursuit l'exploration de la jeunesse perdue des bas-fonds romains avec un réalisme cru. Tommasino, le héros du livre, tente de se forger une réputation dans un quartier de Rome livré aux petits malfrats. Pour ce faire, il s'adonne à la force des faibles, la violence, et devient un de ces vitelloni, un voyou à la petite semaine qui survit de vols à main armée et larcins en tout genre. La prison puis la maladie sauront-elles l'emmener sur les chemins de la rédemption ?

    Comme souvent avec Pasolini, véritable monument de la littérature italienne du xxe siècle, le choix du réalisme est un choix politique et moral : à travers la brièveté et la violence de ce destin, c'est celui de toute l'Italie d'après-guerre que l'auteur interroge.

  • Margoujols, petit village reculé de Lozère, abrite depuis 70 ans les rescapés d'un cirque itinérant qui proposait un freak show : femme à barbe, soeurs siamoises, homme-éléphant, nain, colosse...   L'histoire s'ouvre surla découverte du cadavre atrocement mutilé de Joseph Zimm, dit « l'homme-homard ». Qui a tué cet ancien membre du cirque des monstres, et pourquoi ? L'enquête menée par l'adjudant Pascalini et son stagiaire Babiloune va révéler des secrets enfouis depuis des lustres dans les hauteurs du Gévaudan.   Lucie, la fille du maire de Margoujols, une jeune femme paraplégique communiquant par l'intermédiaire d'un ordinateur, va épauler les gendarmes dans leur enquête. Elle est aussi la narratrice de cette histoire rocambolesque qu'elle raconte au jour le jour à la manière d'un polar pimenté d'une bonne dose d'humour noir, tout en livrant ses réflexions décalées sur des sujets aussi variés que la littérature policière, le handicap, les artichauts, les cimetières, les réseaux sociaux et, bien sûr, les monstres...

  • Suisse, fin du XIXe siècle. À Saint-Imier, on vivote entre misère et exploitation, entre les étables et une industrie horlogère encore balbutiante. La visite de Bakounine, plein de l'ardeur de la Commune de Paris, éveille l'idée qu'une autre vie est possible. Dix jeunes femmes font le pari insensé de bâtir, à l'autre bout du monde, une communauté où régnerait « l'anarchie à l'état pur ». Valentine, dernière survivante des « dix petites anarchistes », nous fait le récit de cette utopie en acte qui les conduit de Suisse en Patagonie jusqu'à Buenos Aires, en passant par l'île de Robinson Crusoé.

    L'extraordinaire épopée de femmes soudées par un amour farouche de la liberté, qui ont choisi de « se réjouir de l'imprévu sans perdre la force de s'insurger ».

  • Les pays

    Marie-Hélène Lafon

    Claire, fille de paysans du Cantal, est née dans un monde qui disparaît. Son père le dit et le répète depuis son enfance : ils sont les derniers. Très tôt, elle comprend que le salut viendra des études et des livres et s'engage dans ce travail avec énergie et acharnement. Elle doit être la meilleure. Grâce à la bourse obtenue, elle monte à Paris, étudie en Sorbonne et découvre un univers inconnu. Elle n'oubliera rien du pays premier, et apprendra la ville où elle fera sa vie. Les Pays raconte ces années de passage.

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