Apres La Lune

  • La première fois que je l'ai vue, je sortais de la prison de l'école, ma couverture enroulée sur l'aisselle, mon oreiller sous l'autre bras.
    Elle était belle comme un rêve impossible, presque irréelle dans son tailleur blanc, les mains croisées sur la poitrine et le regard insaisissable. je ne me souviens pas d'avoir vu créature plus fascinante avant.

  • Je suis allé me baigner.
    J'ai nagé longtemps, la mer me lavait, je ne pensais pas. J'ai tiré jusqu'à l'île Gaby. J'en ai fait le tour, j'ai trouvé un endroit complètement désert, abandonné même des gabians piailleurs, et là, je me suis allongé sur la pierre, et j'ai fermé les yeux. J'affrontais ce que j'étais face à face. J'étais de nouveau entier et il fallait que je l'accepte.

  • En périphérie parisienne, aux abords d'une voie ferrée, des cabanons s'alignent. C'est le domaine des Gueux : Môme, Boc, Betty, Luigi, Capo et Krishna, ces marginaux ont trouvé là un espace de vie que personne ne songe à leur contester. Leur train-train va être perturbé par la mort de trois femmes retrouvées découpées sur les voies. Suicides ? Meurtres ? Crimes en série perpétrés par le Dingue, ce mystérieux tueur insaisisable ? Au capitaine Évariste Blond et à sa stagiaire Christelle Augier de le déterminer.
    Au-delà de l'affaire criminelle, qui réserve son lot de sur-prises, la richesse de ce roman réside dans son humanité : des flics aux "gueux", tous les protagonistes sont justes et attachants. Hervé Sard livre une réflexion singulière sur le bonheur, le nécessaire et le superflu, les préjugés, la consommation de masse. Avec cette question en filigrane : combien de temps encore les gueux auront-ils une (petite) place dans ce monde sans pitié pour les parias ?

  • Le cimetière était désert.
    On ne rend pas visite aux morts le soir de noël. allée h, travée 5. un secteur oú les tombes étaient plus petites, oú les fleurs étaient blanches. il s'arrêta devant l'une d'elles. dans un cadre de marbre, une vieille photo. un prénom et un nom, romain polakovits. il déposa le livre sur la tombe et rajusta son manteau. dix ans, son frère était mort à l'âge de dix ans, d'une flèche dans la poitrine qui l'avait cloué contre un arbre.
    Le ton de sa voix devint rauque. " dors en paix petit frère, ils ont eu leur compte je vais maintenant me reposer et ne penser qu'à ce jour-là. ce jour oú tu m'attendais. ce jour oú je suis arrivé en retard. " a l'heure du web et de la mondialisation, les réseaux pédocriminels s'organisent en toute impunité, ne laissant aucune chance à leurs petites victimes. thriller palpitant, d'une noirceur absolue, sur un sujet extrêmement sensible, ce sixième roman de catherine fradier est aussi le plus abouti.

  • Ababouiné, borborygme, champignonnière, kleptomane, notonecte, ornithorynque, physiognomonie, raspoutitsa, sphincter, xénophile, zapadliski... Voici, enfin réunis en un luxueux volume, les mots difficiles ou imprononçables de la langue française... Ceux que l'on n'utilisait jusqu'ici qu'avec une infinité de précautions, comme en traversant une rue verglacée avec la hantise d'une glissade pathétique, au risque de déclencher l'hilarité générale.
    Chaque terme, soigneusement choisi par l'injustement oublié Sigismond Von Mopp, est accompagné de définitions claires, érudites et humoristiques, d'exemples et de mises en situation, le tout enrobé d'illustrations en couleur de Laurent Rivelaygue.

  • Constantin tourne en rond. Sa femme Anaïs est morte, il n'a plus le goût de vivre. Pour "faire le deuil", quoi de mieux qu'un voyage ? Ça tombe bien, il est invité à Tanger. "Tanger-la-trahison", ville de tous les dangers. Entre la médina et son souk aux parfums d'épices, le port et ses trafics louches, ses enfants perdus qui cherchent à survivre, les sicaires du roi Hassan II en embuscade, son séjour ne sera pas de tout repos... Avec toujours, en toile de fond obsédante, la mer Méditerranée, prompte à engloutir, sous un soleil trompeur, les frêles humains qui s'y risquent pour échapper à leur misérable destin... Mi-polar, mi-roman d'aventure, la saga de Constantin le Grec a démarré en 1998 avec Le baiser du congre. Au travers des tribulations d'un baroudeur au grand coeur qui lui ressemble comme un frère, Del Pappas raconte un demi-siècle de l'histoire de Marseille avec une sincérité gourmande qui explique le succès de cette série, désormais publiée chez Après la Lune.

  • Un album ludique pour une première approche des mots, l'apprentissage de la lecture et la découverte des dictionnaires, ces énormes volumes qui font un peu peur aux enfants, avec leurs termes parfois compliqués.

  • Oran après la mer

    Fatima Bakhai

    Chronique des temps révolus racontée par Mimouna, une femme modeste qui n'a plus beaucoup de temps à vivre et qui retrouve, au fur et à mesure que ses forces la quittent, la détermination de sa jeunesse pour raconter la condition féminine, le racisme de certains colons et la vie quotidienne des petites gens d'Oran, des années 1930 à la fin de la guerre d'Algérie.

  • Après son séjour éprouvant à Tanger (L'année de tous les Tanger), Constantin est de retour à Marseille, bien décidé à passer un Noël tranquille avec sa famille et ses amis sur le petit bateau où il vit.
    Mais voilà que Wola, une militante de la Fraction armée rouge rencontrée autrefois dans les montagnes d'Afghanistan, surgit dans la vie de notre héros. Les retrouvailles avec la belle Allemande, poursuivie par une bande de malfrats sans foi ni loi, vont perturber les projets familiaux du Grec, rattrapé avec fracas par son passé. Dans cet épisode, plus politique, plus " en tension " que les précédents, Del Pappas évoque les douloureuses " années de plomb " qui ensanglantèrent l'Allemagne, l'Italie et, dans une moindre mesure, la France des années 80.

  • Casse-toi pov 'con

    Fernand Buron

    23 février 2008, salon de l¹Agriculture. Sarkozy lance à Fernand Buron, qui refuse de lui serrer la main : CASSE-TOI POV'CON !

  • Ils ont la grâce, l'innocence malicieuse, parfois cruelle.
    Ce sont des adolescents. Ils crient leur tendresse, leur rage, et racontent la vie dans la " Réserve ". Ils se jouent des adultes figés dans la lâcheté et I'hypocrisie du système. La loi est renversée : les jeunes deviennent les maîtres. Une cabale infernale contre un de leurs professeurs, " Ultralucide ", va faire exploser la machine. Le roman noir, qui explore le chaos de la société, ne s'aventure pas souvent sur le terrain de la violence l'école.
    Sylvie Cohen, qui sait de quoi elle parle, répare cet oubli avec ce western choral d'une brûlante actualité, où le rire donne la réplique à la férocité, et qui décrit de l'intérieur une réalité dérangeante, à contre. courant des idées reçues.

  • Maman est venue me voir dans l'aire, où je jouais avec les poules.
    Elle m'a tendu le cartable et m'a dit regarde comme il est beau. Elle pouvait pas tomber plus mal car j'étais en train d'essayer de battre mon record d'endormir les poules, je venais d'en faire trois de rang et à cause d'elle la quatrième s'est échappée en caquetant fort comme quand le coq se pose sur elle en lui pecquant la crête avec son bec et avec son zizi aussi il lui fait des trucs.

  • A première vue, l'image était ordinaire.
    Un casier de caoutchouc noir. un casier à bulots comme pierrot en relevait par centaines depuis qu'il était matelot sur la brailleuse. pourtant, à y regarder de plus près, les escargots de mer agglutinés au fond du trou, scotchés à leur proie, n'en avaient pas terminé avec leur appât. un morceau de roussette ? certainement pas. plutôt un membre dépecé, pourvu par endroits de lambeaux étiolés de chair blanche.
    Pierrot l'aurait juré : de la chair humaine. roman noir d'atmosphère entre simenon et daeninckx, corps-morts est l'occasion pour sylvie rouch de dresser un portrait réaliste et attachant des gens de la mer, à travers le quotidien souvent rude des bulotiers de granville, en cotentin.

  • Ces dernières années, les délits d'outrage ont connu en France une inflation exponentielle. Un banal contrôle routier, un simple courrier syndical, et la parole d'un citoyen se retrouve traînée devant les tribunaux, avec à la clé de fortes amendes, sanctionnant des délits résultant le plus souvent d un abus d autorité. Et des citoyens impuissants qui, de victimes notamment en ce qui concerne les violences policières , se retrouvent dans la situation de délinquants. Forts des enseignements de leurs propres démêlés judiciaires, les auteurs ont choisi d'alerter l'opinion. Ils en viennent évidemment à soumettre aux autorités la nécessaire abrogation de ce délit d un autre temps, où l'arbitraire le dispute à l'ubuesque. Cette lettre au garde des Sceaux a été envoyée à l ensemble des parlementaires français.

  • Tandis que la France plonge dans la crise et que les usines ferment les unes après les autres, en Lorraine, quatre ouvriers décident de passer à l'action directe : arroser de purin ceux qu'ils considèrent comme responsables. La philosophie de la F.A.R.C.E. va se répandre comme une traînée de poudre. Politiques, financiers, notables, personne n'est épargné. Un matin, tout bascule. L'ancien contremaître est retrouvé mort, la tête dans un seau de purin.
    Un tract signé F.A.R.C.E. revendique l'attentat. Les chiens sont lâchés, et ils sont enragés. Vive la F.A.R.C.E. ! renoue avec une longue tradition de polar social fortement teinté d'humour et d'humanité. Zilber Karevski dresse le portrait touchant d'êtres humains qui se débattent, avec leurs faiblesses, leur rage, leurs contradictions, dans un monde où les puissances de l'argent règnent sans partage.

  • Les voies perdues nous invitent à suivre les traces d'un monde industriel et ferroviaire aujourd'hui disparu, ou en train de disparaître... Les voies perdues, ce sont ces chemins singuliers qui relient les gens du Nord à leur passé, parfois douloureux, dont on se souvient pourtant avec plaisir et mélancolie. Les voies perdues, c'est l'histoire d'une rencontre entre deux hommes, un écrivain et un photographe, qui se sont retrouvés portés par une même idée, un même désir, convaincus que tous les voyages sont possibles, et nécessaires.

  • Maria s'ennuie à mourir dans ce bar de nuit. Lazare, macho taciturne dont on ne sait s'il était déjà laid avant d'avoir ce visage balafré, lui propose de travailler à son service. Elle voyagera. Elle connaîtra l'aventure. Elle sera riche. Elle aura la belle vie. Par défi, Maria accepte le marché. Sans avoir la moindre idée de ce que ce mystérieux inconnu au visage brûlé par un passé de cendres attend d'elle en échange. Del Pappas frappe là où on ne l'attendait pas et donne avec " Sous la peau du monde " un polar existentiel, crépusculaire, oscillant entre ombre et lumière, qui rappelle l'atmosphère des romans de William Irish.

  • Camus dans le narguilé

    Hamid Grine

    Un étonnant roman, qui aborde le rapport souvent complexe entre Albert Camus et l'Algérie, en le mettant en parallèle avec la quête impossible du père, et la réconciliation posthume avec celui-ci .

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