Abrupt

  • 1933, l'histoire bascule, Simone Weil interroge : « Allons-nous vers la Révolution Prolétarienne¿? » Sans renoncer au combat, la philosophe déploie dans ce texte crépusculaire un pessimisme critique qui augure les ténèbres à venir. Simone Weil dissèque l'impossibilité d'émancipation face à des régimes bureaucratiques qui oppressent les masses, face à l'ouvrier broyé par la machine, cantonné à un rôle de soumission à la société. Au c¿ur des remous de l'époque, elle met dos à dos l'URSS de Staline et le fascisme naissant du Troisième Reich, refuse les positions trotskistes, et laisse entendre, malgré une certaine fatalité, une voie possible au travers de l'idée anarchiste de souveraineté des travailleurs, et non de celle du travail au mépris des travailleurs. Par cette organisation horizontale du travail, elle écarte l'idée de défaite, et recherche par tous les moyens possibles la lutte au nom de tout ce qui fait « la valeur de la vie humaine ».

  • L'espagnole

    Simone Weil

    • Abrupt
    • 18 Avril 2018

    Ce recueil de textes de Simone Weil, écrits entre 1936 et 1938, témoigne de son expérience de la guerre d'Espagne. Simone Weil, l'Espagnole, n'a pas hésité à se rendre à Barcelone pour soutenir, au risque de sa vie, la cause d'un peuple pour lequel elle avait une affection sincère. L'Espagne fut la terre qui vit s'affirmer la force de caractère d'une femme prête à mourir pour ses convictions, elle fut malheureusement aussi le lieu où Simone Weil découvrit les affres de la guerre civile, les dérives des mouvements révolutionnaires, la médiocrité des hommes lorsqu'ils se confrontent au pouvoir.
    Dans le journal de son expérience du front, au-delà de son caractère historique, un style lapidaire laisse entendre une littérature qui se place sur la brèche. Les textes qui suivent le Journal d'Espagne donnent quant à eux un certain écho à la désillusion de Simone Weil tant face à la lâcheté politique qu'à l'inhumanité de ses camarades. Ce recueil se termine sur un article plus théorique, Ne recommençons pas la guerre de Troie, qui souligne le danger de l'utilisation de termes brumeux, d'entités vides : démocratie, capitalisme, communisme, liberté, etc.
    Les mots n'ont pas de contenu lorsqu'ils fourvoient les peuples et les précipitent dans le sang et dans la haine. Elle rejette catégoriquement les discours abstraits qui mettent en ordre de marche. Simone Weil y oppose une volonté de déconstruire les mécaniques du pouvoir et de son corollaire, le prestige du pouvoir. En ces textes, s'exprime toute la singularité de son humanité, faite d'intransigeance et de cohérence, de raison et de nuances, qui se place invariablement du côté des classes opprimées.
    Ce recueil contient les textes : - Journal d'Espagne - Fragment de 1936 (" Que se passe-t-il en Espagne ? ") - Lettre à Georges Bernanos - Réflexions pour déplaire - Faut-il graisser les godillots ? - La politique de neutralité et l'assistance mutuelle - Non-intervention généralisée - Ne recommençons pas la guerre de Troie.

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  • Le prosopoème

    Arthur Cravan

    • Abrupt
    • 18 Septembre 2018

    As-tu déjà essayé de mettre les doigts dans la prise pour recouvrer la saveur de l'électricité ? Le court-circuit des neurones, jamais ? Jamais... Tu as bien raison. Ne fais pas ça ! Lis ce livre à la place ! Maintenant !

  • Crevel, Cénotaphe

    Marc Verlynde

    • Abrupt
    • 6 Mai 2019

    La tradition littéraire du tombeau paraît mal enterrée. Peut-être. Crevel, Cénotaphe en pastiche non tant la dévotion que le désir d¿un portrait posthume, vivant. D¿où l¿idée de dresser un cénotaphe pour Crevel, cette présence indissociable du surréalisme, ce visage de sa vague de rêve mais aussi ce dandy suicidé, écrivain révolté et engagé. Dans cette brève évocation à la dérive, dans un désordre voulu pour laisser apparaître les images et les strates d¿une personnalité contradictoire, Marc Verlynde fait de ce cénotaphe la représentation d¿une viduité, d¿un portrait du poète partout où le corps échappe. Loin de la biographie, de l¿essai universitaire, Crevel, Cénotaphe est un portrait-puzzle, collage de citations ou d¿emprunts, pour laisser perdurer le fantôme sensible de l¿auteur de Mon corps et moi, du Clavecin de Diderot ou encore de si décisifs articles sur Dalí.

  • Dalí n'est pas un rhinocéros, il est la surréalité, et la surréalité est la « réalité rendue à son devenir, réalité se dépassant elle-même et destinée à se dépasser sans cesse elle-même. L'homme qui doit, selon l'expression familière, savoir sortir de lui-même, comment y parviendrait-il, sans faire sortir les choses d'elles-mêmes ? »

  • Cheminement parmi des collections classiques ou insolites de voix, de noeuds, d'éponges, d'origami qui racontent autant l'objet collectionné que le sujet collectionneur. La trouvaille devient trésor, la matière inerte révèle sa magie muette, la vie s¿enchante, discrètement, de joies mineures. Manière de créer un monde dans le monde, à sa mesure. D'esquiver le non-sens par une curiosité renouvelée. D'oublier la duplicité des mots et la disparition des êtres dans la persistance modeste des choses. Les objets restent. On peut leur faire confiance. Passeurs entre les vivants et les morts, ils figurent le lien qui vient à manquer. Mais si on leur accorde trop de place, ils commencent à s'animer d'une vie propre.

  • De ce petit livre on pourrait dire qu'il gomme et dégomme les grands hommes, mais ce n'est pas ça. Il donne et redonne plutôt.

    Il donne une place à des femmes écrasées par lesdits grands hommes et dont on ignore même les noms. Il redonne les noms de grandes femmes qui ne se sont pas laissé écraser.

    Il donne de la voix aussi. Le plus loin possible de l'autorité et de la « culture-phallus ». Au plus près des êtres et de la nature-ventre. Avec.

  • Mémoire vive

    Pierre Ménard

    • Abrupt
    • 26 Septembre 2019

    Ce texte en prose est une mémoire vive, une suite d'épiphanies. Sensation d'un récit qui se dessine fait de boucles, de spirales et de courbes. Non pas suites sans principes de construction mais entrelacements complexes. Couleurs, formes, collages, accidents s'inscrivent dans une dynamique du décloisonnement. Une tension entre le discontinu des fragments et le mouvement qui unifie l'ensemble, qui en détache des morceaux pour les travailler, les étudier sous tous les éclairages possibles, suspendre le cours d'une phrase, en retourner le cheminement, en déformer la logique, en fragmenter le sens, en désaccorder la syntaxe et avec elle toute linéarité, privilégiant les écarts de sens et d'images. Le texte est le montage de poèmes pris dans le réel, dont les fragments sont considérés comme surface de travail, espace à explorer.

  • Sur la N113 entre deux ronds-points occupés dans la douceur du printemps occitan un cri un chant une prière contre l'enfer néolibéral patriarcal colonial

  • Habitacles

    Jérôme Orsoni

    • Abrupt
    • 17 Août 2020

    Ecriture par anticipations. Ecriture pour habitacles. Pour habiter. Un espace masqué qui se découvre en avançant. Et soi en habitacle de ce qui s'y présente. La découverte simple. Point de mire. Simple en désirs. Simple voulant dire clair, la clarté étant l'instrument de la transformation - de soi, du monde, du langage. Y remettre de l'être, et y habiter en parallèle. Et rester fidèle - habitacles sans arrêt.
    Avec quelque chose en plus. Plus de sens. Plus de vie. De l'air entre les pensées. De l'espace. Comme par la grâce d'une idée fixe.

  • Le monument infini

    Collectif

    • Abrupt
    • 18 Avril 2018

    Cet essai n'est pas un poème, il n'a rien non plus du songe, il se place en l'oeil qui le lit comme une prière chamanique où retentissent des abstractions, s'enchevêtrent des concepts en un tournoiement qu'il veut sans fin. Le tutoiement distant mais aimant de ce texte à la science-fiction accompagne un appel à la transformation de la vision portée sur le réel. Il invite à la réflexion sur l'acte de bâtir, non dans sa technicité mais dans son essence mystique.
    Le geste qui martèle la pierre pour construire le foyer a pour le collectif Dimension Ruine l'allure d'un mantra politique. Dans cette remise cause de ce qui nous semble anodin, la constance d'une verticale et d'une horizontale, de l'angle droit qui les réunit, se trouve un aveu de défaite des combats sociaux, un renoncement à la modernité, et dans la contemplation des gravats ontologiques d'une époque, Dimension Ruine murmure une proposition concrète : un monument sans fin.
    Ce bâtiment semble vouloir conquérir l'espace, il a l'apparence de la prospective, mais lance surtout un défi au lecteur : qu'est-ce que la question ? Celle sociale de l'être lorsque l'humain s'apprête à marcher vers le cosmos, quelle est-elle ?

  • L'incendie est clos

    Otto Borg

    • Abrupt
    • 27 Juin 2018

    La poésie se fait 99 fois la glaciation en l'urbain, ses campagnes tues. 99 fois la parole qui ne dit pas comment survivre. Mais qui se promène aux alentours de ce qui empêche.

  • Réclame

    Arthur Cravan

    • Abrupt
    • 18 Septembre 2018

    As-tu déjà essayé de mettre les doigts dans la prise pour recouvrer la saveur de l'électricité ? Le court-circuit des neurones, jamais ? Jamais... Tu as bien raison. Ne fais pas ça ! Lis ce livre à la place ! Maintenant !

  • Je suis toutes les choses

    Arthur Cravan

    • Abrupt
    • 18 Septembre 2018

    As-tu déjà essayé de mettre les doigts dans la prise pour recouvrer la saveur de l'électricité ? Le court-circuit des neurones, jamais ? Jamais... Tu as bien raison. Ne fais pas ça ! Lis ce livre à la place ! Maintenant !

  • Liquidations

    Cécile Toussaint

    • Abrupt
    • 26 Septembre 2018

    L'humanité se liquide sans peine lorsque ses structures s'enflamment. Cette pièce de théâtre se place à une frontière : celle de la parole dite, de la poésie lue, de l'écriture historique de notre futur. Elle parle de l'effondrement, et du sens que l'on cherche désespérément lorsque le spectacle ne miroite plus que le silence.

  • Numéro zéro

    Fanzine Cri

    • Abrupt
    • 22 Novembre 2018

    FANZINE CRI NUMÉRO ZÉRO :

    - Sacs d'os par Évariste Corbeau - Mister & Miss van der Farmworst par Edith Urfilz - Hacker ouvert par Lumpen+Clebs - Polèmes par Cécile Toussaint - De crasse en silicium par Ossip Tikhonov - Dubio par Dorno - Adverretiser par El Daurade - Histoires barbantes par Nicht Nacht - Cuckoo's space par Monsieur Dope - Zeptofictions par Ann Persson - Dr. Punkt par Don A.I.
    - Espace chacal par Beata Raoul - Archiboom par Archidoom

  • Trinquons, cassons, fracassons nos verres au minimum salarial. Et puis, passons le balai. Social-démocratie, haïkus et table rase, pour un livre qui ne soigne pas la gueule de bois.

  • Cosmogonie est un mot rond, mais ce n'est pas un mot rétréci. Le monde y est bien plus grand que les récits qui le façonnent, mais, à bien y regarder, les cosmogonies parcourent nos heures de gestes simples, se multiplient dans l'instant de nos silences. Elles vont petites et foisonnantes à la rencontre des vies qui les contemplent.

    Éloge du doute et de la nuance, l'écriture s'y jette comme le risque qui va à la brisure. De petites cosmogonies pour dire l'attention qui s'en retourne invariablement à ce qui «doit» être moindre. Cahots et soupirs y cherchent une manière d'être au monde. Le déploiement d'une cosmogonie, aussi fragile soit-elle, demeure une tentative : l'appel à faire brèche.

  • La langue de la girafe

    C. Jeanney

    • Abrupt
    • 28 Janvier 2019

    La langue de la girafe est une écologie poétique du langage, un art du moindre. Dans ce texte dont la trame se structure telle une tapisserie, l'image appartient à l'errance, elle dérive le long des mythes, interroge l'acte même du faire. « Le monde est rempli de textes, plus ou moins intéressants ; je n'ai aucune envie de lui en ajouter un de plus. » Cet ouvrage de C. Jeanney prend au mot l'affirmation de Kenneth Goldsmith et fait ouvre de patchwork.
    C. Jeanney y a récolté les voix qui oscillaient autour d'elles, le verbe du quotidien, des paroles radiophoniques aux mots éphémères du passant, et les a assemblées en un collage de la langue. La façon dont ces mots s'assemblent imite l'appareil photographique qui collectionne le fugace. Elle provoque l'émergence d'une sorte d'infra-sens, d'une texture narrative qui laisse surgir des messages souterrains à la langue.
    Les mots sont déjà présents dans le réel, foisonnants et bariolés, le plus souvent ignorés, ils flottent insensément, et La langue de la girafe tâche de voltiger dans leur collecte protectrice. La langue s'exprime pleinement par elle-même. Elle ne souhaite pas sa réinvention, mais invite à l'infini de sa recomposition.

  • Naufrages

    Beata Raoul

    • Abrupt
    • 1 Février 2019

    La modernité dresse le mot frontière comme une cloison entre le vide et le vide, n¿y résonnent les cultures, que reste-t-il de leur partage. L'humain s'affaire, pense sa liberté contre celles des autres, l'humain assassine l'autre, sa liberté, il en fait son affaire, il hurle dans l'ivresse oublieuse de son hybridité animale. Naufrages est l'interrogation des traversées irréelles qui déforment les masques, placent l'altérité au pourtour de ce qui croit encore en son centre. L'autre est le masque de soi, les liens se disloquent et la géographie demeure indifférente à la folie ou à la noyade. Naufrages est une voix des morts qui cherche son écho dans un monde des flux, dans un émiettement des cultures, dans chaque être qui se cramponne à l'idée de ne pas être l'autre, de ne pas être le masque de soi.

  • Kushiroid

    Pierre Marmy

    • Abrupt
    • 4 Février 2019

    Kushiroid raconte l'histoire d'une ville en ruine.

    À l'est de l'île de Hokkaido, la cité de Kushiro. Une ville portuaire autrefois florissante, aujourd'hui laminée par l'époque. Démographie en berne et économie vacillante, quelques monuments témoins d'une débâcle, un centre-ville criblé de parcelles laissées à l'abandon. La désillusion règne. Kushiro est un symptôme d'une modernité qui délaisse l'urbain qui ne sert plus sa cause.

    Pierre Marmy tente de saisir une urbanité qui tangue le long de son histoire. La photographie y est l'outil qui ausculte un malaise, une ville qui ne sait plus sa place dans le basculement du temps.

  • Extravagance

    Marta Nacht

    • Abrupt
    • 1 Juin 2019

    Le patriarcat place le joug, mais la femme autonome est une extravagance, et toute extravagance peut devenir la révolution qui construit une ontologie nouvelle. Le renversement des valeurs passe par la dysfonction des corps, par l'autonomie du sujet-femme qui a la puissance de transformer le rapport du sujet au réel.

  • « L¿homme n¿est pas un loup pour l¿homme, il est une tombe. » L¿usine ferme ses portes, et son spectacle, et ses poussières d¿homme qui volettent insensément, qui se meurent souvent, renaissent en d¿autres oppressions. Une prose fragmentée, sans entame ni fin, qui gratte la rouille, quête la dialectique.

  • Interférences

    Donia Jornod

    • Abrupt
    • 1 Juin 2019

    Du plastique brûlé, une valse interrompue, l'oeil sur un royaume brisé, sur ses ruines virtuelles. Fantômes et interférences de leurs masques.

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