Susan Howe

  • La marque de naissance

    Susan Howe

    • Ypsilon
    • 12 Avril 2019

    Après son grand essai poétique consacré à Emily Dickinson, Susan Howe continue d'arpenter les chemins de traverse de cette forêt primitive qu'est la Nouvelle-Angleterre puritaine dans La Marque de naissance. Dans cet ouvrage inclassable, quatre essais d'une rare densité, encadrés par une double préface et une interview, composent un kaléidoscope à travers lequel s'observent les fragments d'une mémoire transgressive qui entend opposer sa perception non conformiste du passé aux récits dominants propagés par l'histoire officielle. Contrairement à ce que fait le récit linéaire d'une colonisation (settlement), il s'agit pour l'auteur de méditer sur les traces historiques et littéraires de ce qu'elle repère comme le caractère fondamentalement antinomien de la culture américaine. Le point de départ historique de ces essais est en effet la crise qui, presque à l'origine (1636-37), déchira l'établissement des colonies puritaines en Nouvelle-Angleterre, crise déclenchée par le radicalisme spirituel d'une femme, Anne Hutchinson... Et il est de première importance que cette réécriture de l'histoire littéraire américaine soit marquée par le genre : dans le conte d'Hawthorne (« La Marque de naissance », dont Howe reprend explicitement le titre ) en effet, c'est au nom d'un idéal de beauté féminine soumise qu'Aylmer veut « rectifier » son épouse Georgiana ; tout comme les hommes de la Colonie de la Baie de Massachusetts, de Thomas Shepard à John Winthrop, voulurent réduire au silence Anne Hutchinson, et comme les éditeurs voulurent - par leurs procédures de standardisation éditoriale - domestiquer Emily Dickinson. À sa manière puissamment originale, Susan Howe contribue à une relecture féministe de la culture américaine. Mais La Marque de naissance n'est pas qu'un livre d'histoire, ou plutôt de contre-histoire réécrite depuis les marges : elle désigne par là aussi, l'espace blanc qui entoure le texte sur une page- espace encore vierge, non colonisé, où tout reste à écrire, et où les « cormorans de bibliothèque » aiment à annoter le texte de leurs marques. Howe restaure symboliquement les marques de naissance qui font la singularité d'une oeuvre, la sienne incluse. Il s'agit incontestablement de littérature, et à son plus intime.

  • Mon Emily Dickinson

    Susan Howe

    La vie et l'oeuvre d'Emily Dickinson (1830-1886) - sans conteste la plume poétique la plus originale de l'histoire littéraire aux Etats-Unis - a suscité d'innombrables commentaires et analyses savantes. Fascinés par le caractère énigmatique de sa vie recluse dans la petite ville d'Amherst (Massachusetts), ou par la sophistication intellectuelle et artistique de son écriture, les exégètes ont tenté de percer le mystère de cette oeuvre à nulle autre pareille. Pourtant, aucune de ces études ne possède l'originalité exceptionnelle de ce livre, qui revendique ouvertement une relation singulière entre deux écrivains : My Emily Dickinson, par Susan Howe. Loin de vouloir élucider une quelconque « énigme Dickinson », l'auteur s'attache au contraire à en épaissir la complexité, tissant un réseau de références littéraires et historiques à partir des textes de Dickinson (poèmes et correspondance), son propre style se laissant peu à peu envahir par la bien plus radicale « énigme de l'écriture ». Essai poétique d'une grande densité, informé par une connaissance intime de la littérature angloaméricaine en général et de l'histoire de la Nouvelle-Angleterre en particulier, My Emily Dickinson est un livre unique à plusieurs égards. Son auteur s'y livre en quelque sorte à une « anatomie » d'Emily Dickinson. Le texte de Susan Howe est criblé de citations qui dessinent progressivement la constellation littéraire, et plus largement textuelle et intellectuelle, dans laquelle l'oeuvre de Dickinson prend place. Comme l'écrit Howe à la fin de la première partie de son essai :
    « Usant d'exagérations, d'abréviations, de distorsions, d'amplifications, de soustractions, d'énigmes, d'interrogations, de récritures, [Dickinson] tira des textes d'autres textes. » C'est en poète que Susan Howe cartographie cette oeuvre saturée de références littéraires, donnant ainsi à lire au miroir sa propre trajectoire d'écrivain, établissant à travers son illustre prédécesseur sa propre généalogie.

  • Thorow

    Susan Howe

    La figure centrale du livre est Henry David Thoreau (1817-1862), dont le nom d'origine normande (Jersey) était parfois orthographié par ses contemporains - son ami Nathaniel Hawthorne p. ex. - Thorow. Thorow est aussi une graphie américaine du mot anglais Thorough qui signifie ''à travers'', ''traversée de part en part''...
    Henry David Thoreau à Daniel Rickeston: « ---suis heureux de voir que tu as étudié l'histoire des étangs, rectifié les noms indiens - c-à-d rendu plus tortueux encore ---. »

  • A travers prose et poèmes, Susan Howe montre comment la lecture par Herman Melville du poète irlandais "romantique" James Clarence Mangan ((1803-1849) pourrait avoir donné naissance à la figure de Bartleby.

  • Deux et

    Susan Howe

    Bâtis : (Frame Structures), titre d'une longue prose où la part autobiographique renvoie de façon souvent inattendue à l'Histoire des Etats-Unis. Triage des faits ; ou, dix-neuf façons de regarder Marker : est un texte commandé à l'auteur pour un ouvrage collectif sur le cinéma documentaire. S.H. y étudie le cinéma de CHRIS MARKER en regardant Dziga Vertov et "Le Miroir" d'Andreï Tarkovski.
    Bâtis, suivi de Triage des faits.

  • Il n'y a pas assez de feuilles Nouv.

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