Stanis Perez

  • De l'Antiquité à nos jours, l'historien Stanis Perez retrace les grandes étapes de l'évolution de l'art de soigner. Depuis Hippocrate, le médecin s'est métamorphosé avec le christianisme et l'avènement, au Moyen Âge, d'un savoir essentiellement livresque. A l'époque moderne, cet artisan de la santé, tantôt alchimiste, bonimenteur ou universitaire, s'impose grâce aux cours princières et aux progrès scientifiques. Au xixe siècle, c'est désormais un réformateur qui joue un rôle croissant dans la vie de la Cité... de même que dans les campagnes. Au xxe siècle, il fait face à la faillite de l'État-providence et à une crise de la profession, toujours d'actualité. En même temps qu'il propose ici la grande synthèse attendue au sujet de ce métier millénaire, Stanis Perez nous rappelle toute l'importance de l'art de soigner et de soulager ceux qui souffrent.

  • Le corps de la reine

    Stanis Perez

    • Perrin
    • 22 Août 2019

    L'histoire politique de la France d'Ancien Régime doit beaucoup plus qu'on le dit aux femmes de pouvoir et en particulier aux reines. L'observation de leur place et de leur rayonnement par l'intermédiaire de leur corps - son apparence, naturellement, mais aussi les maladies dont il est atteint, les pratiques quotidiennes imposées et les images qui en sont données - atteste que la fonction ne se limitait pas à l'enfantement mais devenait bel et bien partie prenante du « grand récit », mythique et politique, de la royauté. La symbolique plurielle de ce corps féminin, à la fois fécond, pacifique et gracieux, constituait le pendant essentiel à l'autorité virile, martiale et chevaleresque du roi. Cette complémentarité, avec ses crises, ses évolutions et ses surprises, se déploie, du Moyen Âge au xixe siècle, dans une dimension à la fois politique, artistique et culturelle. À partir d'archives et d'images souvent méconnues ou inédites, Stanis Perez nous invite à redécouvrir cette histoire sensible et stratégique d'un pouvoir féminin trop longtemps occulté.

  • L'autorité a besoin de s'incarner dans un individu de chair et d'os. Loin de se réduire à une simple enveloppe charnelle, le corps des souverains a joué un rôle déterminant dans l'exercice du pouvoir, du Moyen Âge au xixe siècle. En passant par les règnes de Saint Louis, François Ier, Louis XIV ou Napoléon, cet ouvrage redécouvre les ressorts vitaux d'un régime politique constamment tributaire du physique, de l'apparence et des représentations d'un individu à la fois banal et extraordinaire, à la fois éphémère et légendaire. Entre la cérémonie fondatrice du sacre et les funérailles qui cultivent le paradoxe d'une royauté « qui ne meurt point », mariages, cérémonies curiales, rituels thaumaturgiques et épisodes de maladie rappellent, chacun à leur manière, que la nature mortelle des monarques a toujours posé problème. Avec une écriture fluide et passionnée, l'historien Stanis Perez retrace, archives à l'appui, la longue histoire d'un corps à la fois biologique et politique qui s'est efforcé d'incarner l'État, puis la Nation en gérant les fatigues, les crises et les aléas d'une existence souvent hors du commun. Au fil des règnes, cette étude met aujourd'hui en lumière des permanences insoupçonnées dans la manière d'incarner l'État depuis Philippe Auguste.

  • Le roi, de page en page est purgé et chanté : ne nous est épargné aucun détail des tourments subis pendant une cinquantaine d'années par le corps royal. C'est le quotidien physiologique du roi qui est exposé au vu et au su de tous en même temps que ce royal patient semble échapper à l'image figée, idéalisée, désincarnée, léguée aux musées de la mémoire. La pharmacopée, débordante de remèdes étonnants par leur étrangeté et par leur diversité, fait penser au joyeux désordre des cabinets de curiosité. Elle éclaire une partie non négligeable des conceptions thérapeutiques de l'époque, en abordant le versant obscur de cette histoire des médicaments, celui des résultats. Car le roi a guéri de quasiment toutes ses maladies mis à part de sa goutte, transformée en gangrène à la fin de sa vie. Le Journal de santé de Louis XIV est un monument d'histoire médicale et culturelle du XVIIe siècle. Sa réédition promet d'être un événement dans l'histoire de la médecine. Cette nouvelle édition dotée d'un appareil critique et d'un lexique de termes médicaux sera la seule édition disponible d'un texte abondamment cité mais introuvable.

  • Excellent danseur, chasseur infatigable, gourmand presque glouton, brillant chef de guerre, amant actif, Louis XIV a joui de la réputation d'une santé exceptionnelle. Cependant, la lecture du Journal de santé tenu par ses médecins révèle que son règne de soixante-dix ans, le plus long de la monarchie française, est aussi l'un des plus marqués par les maladies. La santé du roi subit de nombreuses pathologies (gale, blennorragie, dysenterie...) sur fond constant d'indigestions, migraines, maux de dents et attaques de goutte. Entre vie publique et vie privée s'installe un équilibre précaire, surveillé par la Cour et les trônes étrangers. Chaque guérison est brillamment célébrée, de façon à faire taire les rumeurs, et mise au service d'une propagande glorifiant un monarque que rien ne peut atteindre. La santé du Roi-Soleil est ainsi rendue à sa dimension médicale, mais aussi sociale et politique, et apparaît comme un élément déterminant dans la mise en scène du pouvoir tout au long du règne.

  • À la fois hommes de marbre, géants couronnés et statues de chair, les rois mouraient un jour sur la scène du pouvoir. Une accumulation de fatigue, une fièvre inattendue, une gangrène inévitable, un coup de lance mal placé et des souffrances en tout genre les ramenaient au stade d'êtres comme les autres, suspendus au jugement de médecins parfois mal inspirés. Lancettes, clystères et pilules pouvaient se succéder dans un cortège médicamenteux aux senteurs de rhubarbe, de casse et de séné. Les clercs n'étaient pas en reste avec leur formidable thérapeutique spirituelle composée d'oraisons, de lectures pieuses et de prières. Les derniers jours ne pouvaient pas passer inaperçus et rares étaient ceux qui, suite à une maladie ou à un accident, se réfugiaient dans la solitude des ermites. Leur dernier coup de majesté était là, sous le regard des médecins et des indiscrets, près de l'oreille tendue des confesseurs et des laquais, sous les larmes de proches plus ou moins sincères.

  • Les  hommes  d'influence  sont  mortels.  Les  crises  constituent  souvent  des  moments  de  vérité  ou  de travestissement  (l'autorité  se  dénude).  L'histoire  est  remplie  d'anecdotes  de  ce  type.  Un  Prince  affaibli  ou  en fin  de  vie  est  une  malédiction,  la  porte  ouverte  à  la  sédition,  au  favoritisme,  à  la  dissolution  de  l'autorité  ou  à son  renforcement  tyrannique.  La  maladie  d'un  seul  devient  la  maladie  de  tout  un  système,  de  la  même manière  que  les  épisodes  de  guérison  «  miraculeuse  »,  comme  les  naissances  ou  les  funérailles,  réactivent  les propagandes  et  régénèrent  les  traditions  collectives.
    Les  puissants  profitent  de  moments  de  faiblesse  pour  vérifier  l'étendue  de  leur  pouvoir  et  la  fidélité  de  leurs conseillers.  Au  mois  de  novembre  1686,  tout  juste  opéré  de  sa  fistule,  Louis  XIV  s'empresse  de  présider  son Conseil.  Beaucoup,  à  l'époque,  ont  célébré  ce  tour  de  force  politique  et  médical  alors  que  le  roi  était  encore faible.  En  1981,  les  médecins  ne  donnent  que  quelques  mois  à  vivre  à  François  Mitterrand.  Il  restera  pourtant quatorze  ans  au  pouvoir.  Il  existe  une  épreuve  du  pouvoir,  un  sacrifice  héroïque  et  intime,  mais,  a  contrario,  le pouvoir  peut  aussi  être  salvateur  lorsqu'il  donne  la  force  de  mettre  la  maladie  entre  parenthèses  ou  de  lui donner  un  caractère  presque  sacré.
    Cette  enquête  ne  se  limite  pas  à  une  histoire  chronologique  du  prince  malade  dans  la  France  de  la  Renaissance  à nos  jours,  mais  décrit  les  avatars  de  la  maladie  du  pouvoir.  Car  les  difficultés  personnelles  de  ceux  qui  sont parvenus  au  sommet  de  l'État  constituent  toujours  des  moments  de  vérité  irréductibles  à  de  simples  options individuelles  ou  collectives.
    Se  dessinent  des  événements  et  des  stratégies  qui  constituent  une  histoire  vivante  des  systèmes  politiques  et des  «  économies  morales  »  qui  les  traversent.

  • Comment comparer la peste de Justinien, qui se répandit comme une traînée de poudre dans tout le bassin méditerranéen dès le VIe siècle, et le sida, ce redoutable fléau que l'on ne découvrit que dans les années 1980 ? Aussi variées que soient leurs manifestations, les pathologies décrites dans cet ouvrage - choléra, syphilis, lèpre, variole... - ont un point commun : toutes sont des pandémies. Transmises par contagion, elles s'étendent en un temps record sur de vastes régions et touchent ainsi une part importante de la population mondiale. Dès lors, comment lutter contre ces ennemis invisibles qui semblent frapper au hasard ? Quelles stratégies adopter pour combattre ces maux, sans laisser la peur et la panique prendre le dessus ? Faut-il s'en remettre aux pouvoirs en place, ou bien chercher des réponses auprès des scientifiques ?
    Dans cette enquête totalement inédite, Patrick Berche et Stanis Perez retracent l'histoire mondiale des grandes maladies en adoptant une démarche à la fois globale et critique. Depuis le Paléolithique, les humains font face à des menaces qui ne cessent de se métamorphoser. Et si la peste a laissé place à la tuberculose pendant l'ère industrielle, tandis que la révolution pastorienne au XIXe siècle a momentanément permis de mieux contenir ces maux, de nouvelles pandémies liées à notre mode de vie ont progressivement fait leur apparition. Ainsi, aujourd'hui, la mondialisation et la société de consommation nous obligent à nous réinventer pour protéger la santé publique, notamment à l'ère de la Covid-19. Cette incontournable synthèse, où se mêlent bonheur d'écriture et rigueur scientifique, nous donne enfin les clés pour comprendre les précédents d'un sujet plus que jamais d'actualité.

  • Si la cour de France est un sujet classique en histoire moderne, la naissance et la petite enfance dans le milieu curial constituent des thèmes de recherche rarement abordés.
    Pourtant, de nombreuses archives permettent de reconstituer ce qui se passe autour des reines ou des princesses "en gésine" et de mieux connaître les acteurs, le protocole, les enjeux et les stratégies impliqués par l'"heureux événement". Car les naissances princières représentent un moment-clé pour celles et ceux ayant la charge de ces enfants pas comme les autres. Consacrées à une période allant de la fin du Moyen Age au XIXe siècle, les contributions rassemblées explorent les multiples facettes de la thématique en rendant aux femmes et aux enfants la place qu'ils occupaient alors.
    Des Maisons princières aux discours médicaux, des cérémonies de l'information aux projets éducatifs, de la layette à l'infertilité, ces actes d'un colloque organisé sous l'égide de Cour de France.fr offrent un tableau inédit tiré des recherches les plus récentes.

  • Connaît-on vraiment Louis XIV, l'homme Louis XIV ? Derrière les fastes versaillais et les portraits immortalisant la majesté du Roi-Soleil, se cache une réalité bien différente. Louis Dieudonné de Bourbon était un homme comme les autres, notamment au niveau physique. Si une tradition immémoriale lui attribue une santé exceptionnelle, c'est oublier la longue chronologie des maux qui l'ont indisposé dès son enfance et ce jusqu'à une vieillesse passée en chaise roulante dans les jardins de Versailles. Grâce à l'exceptionnel Journal de santé qu'ont tenu ses médecins et aux témoignages de nombreux courtisans, on a pu reconstituer l'histoire vivante de la santé du souverain qui a eu le règne le plus long et sans doute le plus marqué par la maladie. Goutte, fistule anale, furoncle, indigestions, migraines et bien d'autres pathologies ont ponctué la vie de ce client de choix pour les médecins de la cour. Garants de la santé de Louis XIV, les spécialistes de la saignée et du clystère ont accompagné leur patient dans une aventure scientifique et humaine hors du commun. Au quotidien, la vie du monarque était partagée entre le souci de l'Etat et celui de sa propre préservation : d'où un équilibre instable entre banquets gargantuesques et menus allégés, entre affaires sérieuses et escapades horticoles, entre prouesses physiques et repos forcés. Quand l'équilibre était rompu, quand le corps reprenait ses droits sur l'étiquette, l'information ne tardait pas à parcourir le royaume et même à franchir les frontières. De là, la monarchie s'est évertuée à célébrer avec trompettes et feux d'artifices les guérisons du roi. Voilà sans doute de quoi faire taire les rumeurs. De ces fêtes somptueuses s'est dégagée l'image d'un prince stoïque que rien ou presque ne pouvait atteindre : en 1686, à peine opéré de sa fistule à l'anus, Louis tient conseil dans son lit de souffrance. Artistes et poètes s'en souviendront longtemps. Mais l'image est peut-être trop belle pour être vraie... A mi-chemin entre microhistoire, médecine et anthropologie, cette biohistoire de Louis XIV raconte la simple vie d'un homme dont le destin fut aussi exceptionnel que banal.

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