Myriam Watthee-Delmotte

  • Cet ouvrage fait le point sur ce que la littérature peut opposer à la mort. Il montre comment les "belles lettres" interviennent à tous les instants et dans toutes les circonstances qui placent l'homme face à la mort, en mettant en oeuvre une efficacité de type rituel, depuis la possibilité de résister à la sidération, au choc, jusqu'à la commémoration sereine avec le recul des années, en passant par l'accomplissement des différentes étapes du deuil.

  • L'idée directrice de cet essai est d'évoquer l'élaboration imaginaire d'Henry Bauchau, de raconter son accession à l'écriture et de mettre en évidence les grands axes de l'oeuvre.
    Il s'agit donc d'un livre introductif et accompagnateur. Il vise à faire découvrir Bauchau au plus grand nombre autant qu'à éclairer les familiers de ses livres. Cet essai ouvre des pistes de réflexion. Il ne se veut pas une biographie, mais il convoque celle-ci chaque fois que nécessaire, de sorte que le lecteur peut suivre tout à la fois l'accomplissement d'une vie et d'une oeuvre.
    Le dispositif "rhétorique" place au centre de l'essai le personnage de la Sibylle, figure si essentielle de l'imaginaire de Bauchau, qui certes représente l'analyste Blanche Reverchon qui a été le déclencheur de son parcours d'écrivain, mais, plus largement, symbolise l'héritage mythologique et l'exigence psychanalytique. En intercalaire de chaque chapitre, la Sibylle prend ici la parole ; elle est le personnage à l'horizon duquel les informations données résonnent, un peu comme la "Déesse Suzy" dans Professeurs de désespoir de Nancy Huston. Ses interventions plus intimes, pertinentes et "interpellantes", apportent une dynamique dialogique et donnent un éclairage plus subjectif sur la matière des chapitres et sur ce que Bauchau met en jeu en intégrant la cure analytique comme une sorte de moteur du travail artistique - d'où ce dialogue constant avec la Sibylle.
    Différents aspects saillants de l'oeuvre sont ici abordés, comme en témoigne le sommaire de l'ouvrage. Directrice scientifique du Fonds Henry Bauchau qui est dépositaire de ses archives, Myriam Watthee-Delmotte s'appuie sur sa connaissance de sources inédites, écrits de jeunesse, poèmes des commencements, correspondances. Elle met particulièrement en relief le hiatus profond, les contradictions et les circonstances qu'Henry Bauchau a dû dépasser pour faire advenir sa vocation profonde.
    Cet essai propose sous maints aspects thématiques et stylistiques une lecture particulièrement intelligente et pénétrante de l'oeuvre ; il est instructif et s'appuie sur une solide expérience universitaire, mais n'en demeure pas moins destiné à un très large public, car il s'appuie autant sur la documentation que sur les ressources de l'imaginaire.

  • Hommage au Professeur Georges Jacques, ce livre est un témoignage de respect, d'admiration et de reconnaissance à un compagnon de route, pour les uns, et un maître sans équivalent pour les autres. La diversité des champs couverts par cet enseignant-chercheur en études littéraires frappe : histoire littéraire, explication d'auteurs, génétique littéraire, relations texte-image-musique. Son art de lire est un art de vivre. Rarement on rencontre un tel équilibre de l'intelligence littéraire et de la sensibilité au vécu.

  • 1921 : Pierre Jean Jouve rencontre la psychanalyste Blanche Reverchon, traduit avec elle les Trois essais sur la théorie de la sexualité de Freud, et signe alors les plus troublants de ses romans (Hécate, Vagadu...).
    1947 : Henry Bauchau entre en analyse avec Blanche Reverchon Jouve, que l'on retrouve dans La Déchirure sous les traits de " La Sibylle ". Ce volume prolonge l'histoire d'une amitié entre deux écrivains unis par la figure de Blanche et qui auront partagé les mêmes interrogations : le christianisme, la psychanalyse, le sens de la faute, le goût pour le mythe, et une relation privilégiée avec les " confins " (la Suisse et la Belgique)...

  • Yannick Haenel est une personnalité hors norme dans le paysage culturel. Son travail est une lutte pour faire une place à des valeurs souvent dénigrées : le besoin de sens, d'émerveillement, d'intériorité, de beauté, de désir ; il se démarque ainsi du pessimisme qui plombe un bon nombre d'oeuvres contemporaines. Il offre un exemple de réflexion constructive sur le rôle éthique et politique nécessaire de la littérature et de l'art face aux pages douloureuses qu'écrivent l'Histoire et l'actualité. Il fait entendre une voix qui, malgré le malheur, relance le droit à la vie avec gravité autant qu'avec humour. Son but : engager vers un « retour des temps désirables ». À aucun moment il n'est question pour lui de nier la noirceur, mais de perpétuellement évoluer parmi les avalanches. Yannick Haenel ne cesse ainsi de proclamer et de vivre la littérature comme un facteur d'énergie et une joie imprenable.

  • Cet ouvrage réunit d'éminents spécialistes de sciences humaines pour interroger en interdisciplinarité la potentialité créatrice des rites et la dynamique rituelle de la création artistique. Il montre sur le plan historique et théorique en quoi les contraintes formelles et symboliques des rites publics (telles les commémorations, les investitures) et privés (comme l'écriture) peuvent être des creusets de l'inventivité dans leur usage. Il envisage en particulier les rites qui régulent la création esthétique dans les arts contemporains (arts plastiques, littérature, musique, danse, arts numériques...). Ce faisant, il éclaire comment la création est génératrice de ritualités, qu'il décode pour évaluer en quoi cette composante sous-tend des modes d'efficacité.

  • Le discours polémique à l'égard d'un système de croyances différent, ou d'un même système à des fins offensives ou défensives constitue un des modes du dialogisme religieux. Ces discours sont enracinés dans des contextes particuliers durant l'Antiquité et les Temps Modernes. Les différentes contributions ont su tenir compte de l'inscription locale et temporelle qui seule permet de décrypter les raisons profondes de ces controverses derrière lesquelles se cachent bien souvent des enjeux de pouvoir.

  • Depuis que l'homme fonde son Histoire, texte et image entretiennent des relations de proximité. Cette étude aborde la problématique de l'imaginaire, c'est-à-dire le réseau interactif de représentations qui construit l'univers mental dans lequel nous nous mouvons, et qui façonne pour beaucoup notre expérience individuelle et collective de la réalité sociale dans une époque contemporaine qui a multiplié les combinaisons du texte et de l'image à travers la presse illustrée, la BD, le cinéma, la télévision ou l'ordinateur et le GSM.

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