Manthia Diawara

  • "Bamako-Paris New York" est une vision comparative de deux systèmes sociaux : les relations interraciales en Amérique et en France où l'on retrouve d'une part, la politique identitaire et le communautarisme, et d'autre part, l'individualisme et les droits universels. Dans Bamako-Paris-New York, Manthia Diawara nous révèle les nouvelles fractures qui existent dans la société française. Pour lui, les banlieues rappellent de façon implacable que la France est en train de devenir comme l'Amérique : une société divisée entre riches et pauvres. Malgré les longues études qu'il a faites en Amérique, malgré sa situation de professeur et tous ses titres, il se demande s'il est devenu l'homme cosmopolite qu'il rêvait d'être, ou s'il est encore prisonnier d'un groupe racial ou ethnique. Paris-Bamako-New York est aussi un défit lancé à tous ceux qui souhaitent s'investir et participer activement à la construction d'une identité d'adoption sans rester figé dans leur propre culture.

  • Les sociétés africaines ont souvent été décrites comme des sociétés traditionnelles, constituées d'ethnies figées dans leurs traditions et dans des contours géographiques imposés.
    Riches, plurielles, complexes, ces sociétés sont pourtant bien éloignées de la fixité. Autrefois en constante évolution, elles le sont encore aujourd'hui, affrontant la modernité avec leurs propres valeurs, leur propre culture. A cet égard, le Mali constitue un pays exemplaire, riche d'une longue histoire : la ville antique de Djenné-Djenno était en plein essor pendant l'âge du bronze européen. Alors que l'émigration, l'exil mais aussi la démocratisation et le tourisme ont entraîné une mise en question de la société malienne, sa culture s'exporte dans le monde à travers ses créateurs, musiciens comme Salif Keita ou écrivains comme Amadou Hampâté Bâ.
    Nation musulmane où l'animisme a conservé toute sa place, mosaïque cohérente de peuples malgré ses vingt-trois langues, Etat parmi les plus pauvres du monde et pourtant troisième producteur d'or en Afrique, le Mali est le pays du paradoxe. Parce qu'elle n'est pas donnée une fois pour toutes, parce qu'elle est la combinaison de strates successives, la culture malienne nous entraîne dans la découverte stimulante d'une certaine manière " d'être au monde ".
    C'est ce mouvement que Mali kow se propose de restituer à travers un dialogue entre un ethnologue, partisan d'une définition des cultures comme des ensembles en mouvement, Jean-Paul Colleyn, et un écrivain malien de la diaspora, Manthia Diawara ; échange illustré par les photographies de Catherine de Clippel sur lequel viennent résonner différents témoignages de Maliens.

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