Laurent Gbagbo

  • En 2010, Laurent Gbagbo, candidat à l'élection présidentielle, s'adresse aux Ivoiriens dans cet ouvrage-programme. Démocratie réelle, prospérité partagée, paix juste et durable, voilà les maîtres mots de son programme, qu'il n'aura pas l'opportunité de mettre en oeuvre suite aux élections présientielles de novembre 2010. Il importe de relire ce programme qui éclaire le "crime suprême" commis par Gbagbo : avoir osé demander une refondation des relations liant la France à ses anciennes colonies.

  • " La Côte-d'Ivoire est un pays sous-développé. Il nous faut donc nous battre contre cette situation que nous ne considérons ni comme une malédiction, ni comme une fatalité. Or l'histoire nous enseigne qu'aucun peuple asservi ne peut faire efficacement face aux défis de l'humanité sans avoir au préalable brisé ses chaînes. Le sous-développement dans la servitude accentue le sous-développement. Nous savons bien que la démocratie n'est pas un remède miracle qui va résoudre par enchantement tous nos problèmes. Mais elle constitue un préalable indispensable. Nous avons une agriculture à repenser pour sortir des pièges que nous a légués l'ère coloniale ; nous avons une politique énergétique à mettre en place et à mener avec constance afin de créer les conditions d'une industrialisation véritable ; nous avons à redéfinir le rôle de l'école et l'orientation de la médecine ; en somme nous avons à combattre la faim, la maladie, l'ignorance, la rigueur du marché international et l'appétit vorace des impérialismes ; bref, nous avons un pays à bâtir. Cette tâche n'est pas au-dessus de nos forces. L'exécution d'une oeuvre aussi gigantesque que la construction nationale exige que chacun se sente concerné ; il faut pour cela que les Ivoiriens soient impliqués dans un débat politique national, qu'ils aient une prise sur les choix fondamentaux de leur pays ; qu'ils sachent qu'ils ne sont pas des robots à qui l'on demande seulement de produire, sans savoir à quoi (ou à qui) cela sert de produire. Il faut responsabiliser nos citoyens depuis les paysans jusqu'aux plus hauts responsables de l'administration en passant par les ouvriers et les cadres du secteur privé. Une telle mobilisation implique que les Ivoiriens fassent consciemment et librement le choix d'une politique. A ce niveau, la liberté n'est plus simplement un concept moral ni une donnée politique ; la liberté est le levier le plus puissant du développement économique. "

  • Chassé du pouvoir manu militari par l'armée française le 11 avril 2011 après le litige qui marqua le second tour de l'élection présidentielle de novembre 2010 et la guerre qui s'en suivie, le Président Gbagbo a été transféré à la Cour Internationale de La Haye et incarcéré à la prison de Scheveningen. Menant avec des avocats le combat judiciaire pour démontrer son innocence, il a été écarté de la scène publique en Côte d'Ivoire. Mais il a entretenu au fil de ces années de crise un dialogue continu avec François Mattei, qui restitue ici son exceptionnel témoignage.

  • Chassé du pouvoir manu militari par l'armée française le 11 avril 2011 après le litige qui marqua le second tour de l'élection présidentielle de novembre 2010 et la guerre qui s'en est suivie, le président Gbagbo a été transféré à la Cour pénale internationale de La Haye et incarcéré à la prison de Scheveningen. Menant avec ses avocats le combat judiciaire pour démontrer son innocence, il a été écarté de la scène publique. Mais il a entretenu au fil de ces années de crise un dialogue continu avec François Mattei, qui restitue ici pour la première fois son exceptionnel témoignage.
    Un récit riche en révélations sur les responsabilités françaises dans cette affaire hors norme, rythmé par les confidences inédites de Laurent Gbagbo. Extraits :
    « Faire bouger les choses, s'opposer au diktat, ce n'est pas facile, ce qui m'arrive en est l'illustration. Nous ne sommes libres qu'en apparence, à l'intérieur de la cage où l'on nous a mis, nos finances et notre économie sous tutelle, sans poids réel au niveau international, menacés d'être mis à l'amende si nous n'obéissons pas. [.] La Côte d'Ivoire avait les moyens de quitter cette dépendance. [.] Je m'apprêtais à le faire. [.] Alors, à la fin Sarkozy a pris un gourdin. [.] Aujourd'hui je comprends qu'on voulait une issue brutale et définitive. [.] On a voulu m'empêcher de poursuivre ma route. » L'ouvrage a connu un beau succès en librairie, en France et en Côte d'Ivoire.

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