Frédéric Vossier

  • Rich & famous

    Frédéric Vossier

    • Quartett
    • 15 Octobre 2014

    C'est elle, sa femme, la plus belle et la plus jeune.
    La meilleure.
    Le sang de la jeunesse.
    Celle qui apporte la douceur dans la maison.
    Il dit qu'il a besoin du sang de la jeu- nesse.
    Le sang noir de la beauté.
    Elle peut poser le pied délicatement sur ce qui est dur.
    Le sang palpitant de la négresse coule délicatement dans sa tête.
    Quand il surveille la tête baissée des musiciens.
    La palpitation du sang dans la tête.
    La palpitation des seins.
    Elle est la meilleure qui apporte délica- tement la paix en marchant dans la tête du musicien.

  • Une femme âgée revient voir son frère. Elle ne l'a pas vu depuis très longtemps. C'est un homme seul, étrange, vivant dans un petit appartement austère. Il y a un jardin et un arbre. Pourquoi revient-elle le voir ? A-t-elle quelque chose à lui dire ? Comment se parler quand on ne s'est pas vu depuis tant d'années ? Que se dire quand on est frère et soeur et qu'on ne s'aime pas ?
    Qui est cet homme ? Que reste-t-il de lui ?
    Dans les conversations nocturnes, heurtées et trouées, remonte la dramaturgie d'un trauma. Des images, des hallucinations, des gestes surprenants : une nuit d'horreur. La soeur traverse cette nuit, en déposant le trauma dans la chambre du frère. Tout peut se mélanger : le réel et le fantasme, le politique et le familial, l'amour et la haine. Dépôt d'une mémoire traumatique faite de violences et de blessures. Impossible dialogue.
    Seuls demeurent dans le visage de cette vieille femme l'éros de la liberté et la lumière de la collectivité. La vitalité désespérée mais tenace des derniers temps à vivre.

  • Dans Bois sacré, il y a un bois. Le bois est dans une maison. Pas autour de la maison, dedans. Et la maison est dans un rêve.
    Frédéric Vossier écrit un théâtre de visions, tissées par le langage. C'est aussi un théâtre d'atmosphères, mais d'où le drame n'est pas absent. Le drame de Bois Sacré : une aspirante starlette entrainée dans un jeu pervers et tragique, par un homme plus âgé. C'est à Hollywood (bien sûr), mais peut-être pas. L'atmosphère en tout cas est hollywoodienne : nuit d'orage, jeune femme blonde en robe de soirée, homme sexagénaire en smoking, séjour avec champagne. Disons que c'est un rêve hollywoodien, c'est-à-dire un cauchemar sordide.

  • Mannekijn ; Porneia

    Frédéric Vossier

    • Quartett
    • 15 Septembre 2008

    Ta peau est si douce.
    Il pourrait te mordre la peau.
    Quand il a encore des forces.
    On dit qu'il n'avait plus de forces sur le terrain.
    Il pensait à l'actrice.
    Il pensait à sa peau.
    Ses seins.
    Sa bouche.
    Ses cuisses.
    Son ventre.
    Pas de satiété.

    Dans le jeu des identifications, qui est au coeur de la dramaturgie de Mannekijn, la folie n'est pas loin (...) La force de la pièce - c'est aussi la source de son ironie constante - est de rester sur le fil d'une totale ambiguïté

  • Qui est Stanislas Nordey ? Il semblait bien urgent de tenter la rédaction d'un livre qui puisse faire la lumière sur un artiste aussi singulier, polémique, radical, démesuré et inclassable. Difficile de nier tout cela au regard de son esthétique, de son parcours, de ses choix de carrière et de textes, du nombre de spectacles créés dans une saison, de sa méthode et de ses engagements. Paysage à découvrir, à traverser et à explorer sur les traces de l'homme de théâtre, ce livre est une tentative de reconstitution et de témoignage pour brosser une identité narrative et raconter une vie de théâtre, une vie publique, donc forcément politique.

    Stanislas Nordey artiste associé au 67e Festival d'Avignon 2013

  • Je voudrais réaliser la beauté dans le respect du corps.

    Le respect des corps qui s'habillent dans la lumière.

    La lenteur des mouvements dans la profondeur.

    Pour que toutes les femmes soient belles.

    Parce que toutes les femmes doivent être belles.

    Parce que j'aime les femmes.

    Il y a toujours en moi cet amour.

    L'amour.

    Il y a en moi l'impossibilité de les aimer.


    Il s'agit d'écrire sur des figures iconiques : Yves Saint Laurent, Elizabeth Taylor, et Peggy Guggenheim. En somme, des biographies imaginaires qui entremêlent littérature et récit de vie. Des figures qui combinent, en apparence, une exposition maximale, et en réalité, les secrets les plus enfouis. Aimer, s'ennuyer, sortir de l'ennui, essayer de « vivre sa vie pleinement » comme aurait dit Ibsen.

    Frédéric Vossier

  • L'actrice blonde qui se prépare dans la maison pour parler.

    Pour parler et pleurer.

    Hurler sous la lampe.

    Parce que c'est ce qu'il demande.

    Larmes et lamentations.

    Yeux qui crient.

    Gorge qui brûle...

    Au milieu de la lumière, nous sommes dans l'obscurité.



    Monroe et Tahoe composent une sorte de diptyque ayant pour dénominateur commun : comment écrire une pièce de théâtre sur les last days de ces deux icônes absolues que sont Marylin Monroe et Elvis Presley. Pièces des derniers temps, pièces de mort. Drame-de-la-mort. Drame de ces grandes villas cachées qu'on essaie de pénétrer, où il se passe toujours quelque chose, entre hystérie et mélancolie, étrangeté et insignifiance.

  • Lotissement

    Frédéric Vossier

    • Quartett
    • 15 Janvier 2011

    Lotissement est une chambre noire.
    Une boîte où s'élaborent les images mentales ; les constructions souvent fantasmées d'un jeune garçon solitaire. Une boite noire où le virtuel et le réel se mettent en friction. Frédéric Vossier nous met face à un dispositif qui redouble le voyeurisme du spectateur avec celui du jeune homme.

  • Dans cette forêt il y a un étang, nous sommes en automne, un automne que l'on devine doux - un été tardif -, lumineux, traversé par des figures emblématiques : un chasseur, une enfant aux boucles blondes... Le temps est suspendu jusqu'à l'extrême, proche du pourrissement, un temps à la fois présent et immémorial. Un conte moderne donc, avec le souvenir entêtant d'une comptine, une comptine inquiétante, puisqu'elle s'avèrera être au fil des mots une réminiscence cruelle. Les textes de Frédéric Vossier sont des puzzles terribles qui se reconstituent sous nos yeux, ils dévoilent la barbarie: la barbarie née de fantasmes, d'un aveuglement, d'un abandon, de la peur, de la rumeur, des envies... Toutes sortes de sentiments contradictoires, une mauvaise conscience diffuse aboutissant à un sur-place cauchemardesque.

  • Il faut détruire la paresse dépravée des riches.
    Il faut regarder la masse des hommes misérables.
    Entendre le besoin essentiel de l'homme.
    Le besoin de vivre.
    Le besoin d'aimer.
    La joie et la fierté.
    Il faut s'aventurer sur les glaciers.
    Plonger dans la terreur.
    Créer l'oeuvre d'art..
    L'avenir de l'oeuvre d'art.
    Il faut créer l'avenir.

    Création au Festival d'Avignon du 8 juillet au 13 juillet 2016, à L'Autre Scène du Grand Avignon Vedène, dans la mise en scène de Madeleine Louarn.

  • Tu ne me dis plus rien.
    Tu ne viens plus dans mon lit.
    Tu es venu me dire que Pompidou est mort.
    Tu venais dans mon lit pour me raconter des histoires.
    Tes histoires.
    Dans mon lit‚ j'écoute.
    J'aime t'écouter raconter des histoires dans mon lit.
    Viens me raconter une histoire.
    Non.
    Tu crois que nous nous sommes tout dit.
    Nous ne parlerons plus ensemble.
    Tu crois tout savoir.
    Pompidou est mort le jour où ton père est parti.

    « La nuit est l'ouverture à ce qui ébranle » dit le philosophe Patockâ. L'insomnie d'une femme triste et vieillissante, terriblement solitaire, profondément ébranlée et abandonnée aux fantômes : De Gaulle, Pompidou, Mao, Dassault, les « années de plomb », son fils tant chéri, le père de son fils, tant aimé. Elle divague et dérive sur ses « jours de France », engloutie dans la mêlée de l'intime et du politique.

  • C'est la campagne. Un monde qui semble plus tranquille, plus sincère peut-être, préservé de la ville. Dans un grand bâtiment au milieu des arbres habite un jeune couple. Vivre à la campagne est le choix éthique de leur existence, peut-être la quête d'un idéal d'authenticité. Dans une autre partie du bâtiment, se cache une femme qui était la très jeune compagne du propriétaire, ancien penseur révolutionnaire des années 68.
    Il vient de mourir et elle vit seule et retranchée. Un beau jour, survient un jeune homme dans ce lieu à l'écart. C'est le fils du propriétaire défunt. La maison est à lui désormais. Il veut s'y installer, c'est un choix poétique d'existence. Mais sa présence va bousculer l'ordre des choses. La situation commence là, dans les rencontres et les déclarations.

  • Kenny Nouv.

    Qui est Kenny ? C'est le nom d'un producteur de cinéma, étrange et insaisissable. Il vit avec sa femme Holly, une actrice célèbre, dans une grande villa achetée pour son père et sa mère. C'est dans cette maison qu'il fait passer des auditions, notamment à cette jeune actrice du nom de Betty. Cela peut durer longtemps. Kenny est un homme qui peut aimer manipuler. Tout se mêle dans ce lieu obscur et mystérieux : le travail, la séduction, l'intime, l'amour, les générations, la haine, les hantises.

  • L'iti néraire de Fabrice Melquiot est inti mement lié à celui de la maison, qui compte pas moins de 40 ti tres de l'auteur à son catalogue. À son insti gati on fut également créée la collecti on Jeunesse.
    Cet ouvrage de la collecti on backstage (après celui consacré à Ostermeier) se présente comme un recueil d'entreti ens, donnant la parole à ce semeur de mots et d'histoires, ce créateur d'espaces et de rêveries, qu'est l'auteur des Bouli Miro. Une parole libre, vivante, qui fouille le passé, reconstruit et habite la litt érature comme un espace à réinventer sans cesse, qui raconte une oeuvre à travers une vie. Et inversement.
    « Fabrice est un être d'écriture, d'insti tuti on, et de voyage. Saisir cet homme au carrefour de ces trois dimensions, c'est notre enjeu avec Marie-Amélie Robilliard (qui a déjà écrit sur Fabrice, a parti cipé à l'aventure de Reims, en tant que dramaturge de Demarcy-Mott a).
    Il y a une structure : écrire / insti tuer / rencontrer.
    Et il y a un ton, celui de Fabrice, sa langue, son lexique, son style, sa percepti on inti me des choses.
    Pour moi, ce livre est précieux, essenti el. Il serait le premier témoignage d'une générati on d'auteurs, après celle des Minyana, Novarina, Renaude. » F. Vossier

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