Delphine Gardey

  • Politique du clitoris

    Delphine Gardey

    • Textuel
    • 2 Octobre 2019

    Ce livre érudit et ironique présente une critique féministe et décoloniale des savoirs et des pratiques médicales concernant le siège du plaisir féminin : le clitoris. Construit à partir de situations concrètes, il se compose d'une quinzaine de récits souvent stupéfiants. Chacun d'entre eux débute par une citation allant d'un savant du Moyen-âge à Freud en passant par Louise Bourgeois. Une façon non académique de développer une histoire édifiante.

  • Delphine Gardey présente la première perspective historique sur le clitoris. L'organe, longtemps dénié, méconnu ou réprimé, s'affirme aujourd'hui autant dans le champ scientifique et médical que dans l'espace public et politique. Le montrer tel que les connaissances actuelles le décrivent est le moyen pour les femmes de se réapproprier leur corps, leur sexualité et leur histoire. Quelle différence entre l'actuel clitoris 3D à taille réelle, le clitoris infantile de la théorie freudienne ou les labia minora de la Renaissance ? Pourquoi mesurer, disséquer, coudre, circoncire, exciser, réparer ou standardiser l'organe ? Quel clitoris pour quelle sexualité mais aussi quelle politique ?

    Clitoris d'hier et d'aujourd'hui, clitoris d'Occident et d'Orient, clitoris hétéro ou lesbien, Delphine Gardey explore la façon dont les savoirs et les pratiques médicales façonnent et définissent l'expérience intime des femmes : un enjeu de lutte individuelle ou collective.

  • À la question posée par le titre, cet ouvrage répond oui et oui au pluriel. C'est la fertilité des luttes féministes qui est ici mise en lumière et comment celles-ci inspirent et traversent d'autres mouvements sociaux et questions contemporaines. Partagées avec d'autres causes les théories féministes ont ainsi beaucoup " d'intersections " avec des questions sociales majeures. La démarche des auteurs a donc été d'examiner cet apport à travers six grandes questions, six thématiques :

    - Le féminisme a-t-il transformé la politique ?
    - Le féminisme a-t-il déplacé les frontières du travail ?
    - Le féminisme a-t-il redéfini les sexualités ?
    - Le féminisme " décolonial " est-il possible ?
    - Le féminisme est-il soluble dans l'individu ?
    - Le féminisme peut-il émanciper les hommes ?

    Cette démarche éditoriale permet à la fois de dresser un bilan des acquis irréversibles du féminisme et de mettre en évidence la créativité des féminismes contemporains. De comprendre ce qu'ils ont ouvert et continuent d'ouvrir en termes de pensée et d'action.
    Ainsi les auteurs ne se situent pas du point de vue d'une prétendue " boutique " féministe séparée et isolée. Ils démontrent au contraire combien sa recomposition au contact des mouvements queer, gay et lesbien lui confère une vivifiante transversalité.

  • Tachygraphe, parlographe, dictaphone, dactylotype, machine à écrire, cyclostyle, fiches, bons et formulaires, calculateurs éclairs, machines comptables, adressographes et autres machines à statistiques, téléphones, transporteurs mécaniques, pointeuses, diagrammes et graphiques : de la fin du siècle jusqu'aux années 1940, les sociétés occidentales connaissent un intense " moment mécanique " de production de l'information, une révolution matérielle de l'écrit et du calcul, qui va de pair avec la tertiarisation des économies et annonce la future " révolution informatique ". Ce livre propose un panorama des transformations cognitives et matérielles qui ont façonné les sociétés et les économies occidentales. Centré sur les arts de faire ", il envisage la façon dont des activités très ordinaires (écrire, calculer, classer, etc.) et les valeurs qui leur sont associées dessinent un certain moment de la démocratie, du gouvernement et de l'économie. Le lecteur est conduit vers un univers foisonnant et oublié de savoirs et d'astuces, d'inventions et de procédés, de langages, d'idées et de théories nouvelles. Dans cette frénésie mécanicienne, la multiplication des accessoires, ces monstres de papier, un nouveau monde s'invente et, avec lui, les possibilités d'intervention sur le monde. Au-delà des mutations du capitalisme, la démocratie se trouve redéfinie, les formes du gouvernement élargies. Avec cette histoire au ras des objets et des gestes, Delphine Gardey entreprend une archéologie inédite des sociétés contemporaines et éclaire autrement les liens entre techniques, société et politique.

  • Que faut-il pour faire vivre une assemblée délibérative et souveraine ? Un toit, des murs, un palais, une salle, des oeuvres d'art. Des lingères, des hommes de peine, des commis, des gardes Suisses. Mais encore ? Un territoire sanctuarisé, une force militaire, des prérogatives, une police intérieure, des règlements, un personnel dédié, des procédures rituelles et codifi ées. Et surtout, le désir et la possibilité de durer.
    Loin des visions désincarnées de la philosophie politique, ce livre propose un voyage historique et anthropologique inédit dans les soubassements de l'Assemblée Nationale.
    Lecture au ras de l'archive, cette plongée dans le quotidien du Palais-Bourbon s'intéresse à la façon dont les Assemblées législatives se sont organisées pour exister depuis la Révolution française jusqu'à nos jours.
    Comment produire un corps autonome et souverain qui ne soit pas l'Etat ? Comment le rendre capable de survivre aux aléas de la rue et de l'exécutif ? Comment faire vivre ce lieu inédit, ce contre-emplacement, cette hétérotopie ?
    Le linge, métaphore et réalité, est le moyen de questionner la tessiture des institutions démocratiques occidentales contemporaines réputées neutres et universelles. L'enquête rend compte de la fabrique matérielle et sociale d'une institution dont les traits aristocratiques et domestiques se poursuivent dans le cadre républicain. Elle s'interroge alors sur la culture masculine qui règne durablement à l'Assemblée et les rapports de genre qui y ont cours.
    Que penser, fi nalement, de l'anatomie politique du parlementarisme républicain ?

  • Quelles sont les conditions de possibilité de l'agir politique et d'une démocratie radicale? Proposant une lecture empirique et théorique de l'oeuvre de Judith Butler, ce livre discute l'actualité - parfois brûlante - des politiques de coalition dans différents contextes culturels. Bilingue, et rédigé par des auteures issues des quatre coins de l'Europe, il s'adresse à un large public intéressé par la pensée critique et les récents développements dans les études féministes, queer, postcoloniales et transnationales.

    What are the conditions of possibility for political agency and a radical democracy? This book offers empirical and theoretical contributions engaging with Judith Butler's work and addressing the urgency of coalition politics in different cultural contexts. Written by researchers from all over Europe, the texts are available in French and English. The book is designed for a wide audience interested in critical thinking and the recent developments in feminist, queer, postcolonial and transnational studies.

  • Omniprésente dans les médias, la « sexualité féminine » est façonnée par les savoirs sexologiques contemporains.
    Elle est le plus souvent hétérosexuelle, conjugale, coïtale et organisée autour d'un désir nécessaire mais potentiellement déficient. En dépit des transformations intervenues dans les pratiques des sexualités depuis les années 1970 comme dans les critiques des normes et de savoirs du sexe (mouvements féministes et LGBT, nouvelles traditions empiriques et théoriques que sont les gender, lesbian and queer studies), le désir, quand il se décline au féminin, continue de mobiliser des cadres et des répertoires d'antan aussi bien dans les espaces d'énonciation savants que dans les espaces profanes. Ainsi, parmi les « dysfonctions sexuelles féminines », entités nosologiques définies à partir des années 1980, le « trouble du désir sexuel hypoactif », décrit comme un symptôme répandu chez les femmes occidentales, établit une continuité avec l'ancienne « frigidité » féminine. Un premier constat est donc celui d'une continuité entre les représentations du passé et celles du présent.
    Cependant, les sciences occidentales du désir, leurs catégories nosologiques et diagnostiques, leurs pratiques thérapeutiques et instrumentales se sont profondément transformées et renouvelées depuis l'émergence en Europe au XIXe siècle d'une première science de la sexualité. Sexologie européenne puis américaine, révolution psychanalytique, hormonothérapies, médecine sexuelle, chirurgies réparatrices de la matrice et du clitoris, pharmacopées du désir arrimée au succès du viagra, neurosciences et imagerie à résonance magnétique..., les connaissances savantes se bousculent au chevet du plaisir et du désir féminin et de ses éventuelles défaillances.
    Faut-il traiter l'organe ou la psyché, la personne ou la relation, le comportement ou des mécanismes biochimiques, le sexe ou le cerveau ? Un second constat est que la sexualité humaine demeure pour les sciences médicales un objet difficile à circonscrire. D'autant plus difficile que les savoirs et pratiques savantes interagissent avec les produits omniprésents de l'industrie culturelle, érotique, voire pornographique.

  • Plus qu'une enquête descriptive sur les états variables des représentations proposées par les sciences, il s'agit d'analyser comment les scientifiques « en société » élaborent les critères de différenciation entre les sexes, contribuant à faire endosser à la nature certaines formes de domination.

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