Carl Watson

  • Suite au rêve utopique de la génération qui les a précédés - celle de la Beat Generation - et à la contamination de la vague « contre-culturelle », Frank et Tanya (marquée à jamais par le fantôme d'une mère légendaire) prennent la route. Entre sentiment de révolte et malaise croissant, absorbés par la présence toujours plus écrasante des médias et confrontés à des identités factices se croyant fortifiées par la perte de leurs illusions, ils explorent jusqu'au point de rupture ce qui fut le prélude de l'ère du simulacre, dictant l'attitude et la personnalité de chacun.

  • Une vie psychosomatique

    Carl Watson

    Le chemin qu'emprunte cette histoire ressemble à celui du mouvement des nuages : un homme erre dans les rues, prisonnier de rêves violents, durs et absolus, dérouté ici par une ombre, là par un étrange assemblage de façades. Et il finit par échouer dans un endroit inconnu où il ne songeait pas à se rendre.

  • Sous l'empire des oiseaux

    Carl Watson

    Dans les bas-fonds légendaires de Chicago (Skid Row), le passant Carl Watson resta des années à boire, cherchant un signe que l'homme n'était pas complètement séparé de l'éternité. Le dangereux labyrinthe de rues quadrillées recelait bien des pièges : l'arme blanche, le fusil à pompe, les furies déchaînées dans l'oeil des alcooliques, un mot de travers dans les hôtels-cages ou encore les succubes des arrières salles. À mesure que ses nerfs s'habituaient aux chocs répétés, la terreur du passant Watson était rythmée par des instants d'extase. Il rampait si loin du ciel que cette énigme se mit à l'obséder. Alors, il leva les yeux vers les oiseaux : " Tout comme la lumière réclame de l'espace pour se déployer, l'esprit doit s'envoler pour supporter de vivre. "

  • C'est simplement normal, un signe des temps. Les gens perdaient complètement toute notion de leur identité. Personne ne semblait savoir qui était qui. Les gens devenaient de simples ombres, des mouvements, des jumeaux de lumière et d'obscurité dans une vague danse de valeurs d'échanges et de conflits d'intérêts. Même la notion d'intégrité personnelle était minée par cette diminution.
    Hank avait alors commencé à comprendre qu'il vivait dans l'oeil d'un cyclone, que son espace personnel existait au milieu d'un monde cinétique qui ne le concernait pas et ne l'émouvait pas, sinon au travers des sens de la vue, du toucher et de l'ouïe, ces mêmes sens qu'il avait l'impression de perdre. C'est à ce moment-là qu'il s'est mis à agir comme s'il se trouvait dans un monde parallèle à celui des sensations. Ses propres sens étaient devenus un écran ou une vitre, une fenêtre derrière laquelle il regardait. Et seule la cacophonie croissante de son âme semblait pouvoir la briser, comme s'il essayait d'aller au-delà de ses sens pour se les approprier. Il se sentait enfermé, piégé par sa personnalité, et la violence était peut-être la seule manière d'échapper à lui-même.

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