Camille de Toledo

  • En 2012, Thésée quitte « la ville de l'Ouest » et part vers une vie nouvelle pour fuir le souvenir des siens. Il emporte trois cartons d'archives, laisse tout en vrac et s'embarque dans le dernier train de nuit vers l'est avec ses enfants. Il va, croit-il, vers la lumière, vers une réinvention. Mais très vite, le passé le rattrape. Thésée s'obstine. Il refuse, en moderne, l'enquête à laquelle son corps le contraint, jusqu'à finalement rouvrir « les fenêtres du temps »...

  • L'inquiétude est le nom que nous donnons à ce siècle neuf, au mouvement de toute chose dans ce siècle.
    Paysages ! Villes ! Enfants ! Voyez comme plus rien ne demeure. Tout bouge et flue. Paysages ! Villes ! Enfants ! L'inquiétude est entrée dans le corps du père qui attend son fils, comme elle s'est glissée, un jour, dans le corps des choses. C'était hier. C'est aujourd'hui. Ce sera plus encore demain. L'inquiétude de l'espèce, des espèces, et de la Terre que l'on croyait si posée, qui ne cesse de se manifester à nous, sous un jour de colère, au point qu'on la croirait froissée ou en révolte.

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  • Le livre de la faim et de la soif est une chevauchée effrénée dans les contrées du conte et du roman picaresque. Le personnage central est le livre lui-même. Alter ego du narrateur, il entame de façon autonome des récits qu'il ne prend pas le temps d'achever, en quête d'une totalité irréalisable. Chaque fois, le livre s'aperçoit qu'en nommant les choses il les détruit et doit repartir à la recherche d'une autre réalité. Sa folle cavale nous emporte dans de nombreux pays, réels ou imaginaires, dans diverses époques, dans des langues différentes, car le livre n'est jamais rassasié. Ses récits empruntent leurs univers au western, au roman noir, au Talmud ou au Coran, aux poèmes de Michaux ou au roman de Cervantès, à Borges ou à Rabelais...
    Voyage entre les mondes, Le livre de la faim et de la soif embrasse ce XXIe siècle débutant de colères et de tremblements. Il s'agit, pour Camille de Toledo, d'allier dans une fiction labyrinthique la pensée et le rêve, la philosophie et la poésie, de fondre tous les possibles dans une narration sans limites. Une aventure littéraire exceptionnelle, vibrant à chaque page d'une joie d'inventer et d'une vitalité impressionnantes.

  • Vies potentielles

    Camille de Toledo

    Un garçon trop seul dans un appartement trop grand finit par se pendre ; un fils ne descend pas du train et observe, extérieur à la scène, l'inquiétude de sa mère l'attendant sur le quai : Vies potentielles est une succession de micro-fictions où se croisent une infinité de personnages éphémères et anonymes. C'est un livre de la coupure, de la fêlure, et de la transmission.

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  • "Le bouleau, dans le temps littéraire et poétique de la révélation, fut l'arbre du drame, le témoin silencieux de l'extermination; l'arbre du massacre en train d'avoir lieu.
    La peau de son écorce en lambeaux est le visage d'un temps que nous n'avons pas connu, temps de l'anéantissement. Plus d'une moitié de siècle après, nous voilà désormais dans le présent du hêtre, arbre gagné par le h de la hantise. Mais quelle serait la voie de notre désenvoûtement? Comment quitter le XXe siècle ? " C. de T.

  • A Little America , la petite ville où il est né, Eugène Green regarde passer les tornades sous ses fenêtres. Elles lui inspirent un désir puissant de destruction, de table rase. C'est la violence d'Eugène qui le conduit à fuir, à s'exiler. Fils de l'Amérique profonde ou enfant mythomane s'inventant un destin de martyr, Eugène Green devient, au fil des pages, la figure emblématique de la charnière des temps, l'icône d'un siècle désincarné, irréel, où l'image l'emporte sur la réalité.

  • Dans un train, un homme et un enfant traversent l'Europe. Le train les mène d'un siècle à l'autre. Le XXe siècle derrière, le XXIe siècle devant. Dehors, défilent plaines, forêts, champs, villes et rivières qui bientôt auront changé de nom. L'homme et l'enfant ne parlent pas la même langue. Quelle histoire les relie ? Le long des rails : des valises ouvertes, des habits éparpillés. Ce n'est pourtant ni la guerre ni l'exil qui sont la cause d'un tel émiettement. Entre les rangées du wagon, s'avance le Semeur : celui qui a la charge de délivrer les passagers de leurs vies passées. Il balance ce qu'il trouve : sacs, habits, petits souvenirs emportés à l'heure du départ. Le tout achève sa course, sur les pierres, le long des ballasts, dans la poussière.
    Oublier, trahir, puis disparaître est un conte du XXIe siècle, où le lecteur découvre petit à petit le sens du voyage : une traversée où un homme d'âge mûr cherche à transmettre, plutôt qu'une mémoire, l'énergie de l'oubli et des métamorphoses.

  • « Ne soyez pas surpris si le conditionnel triomphe de l'indicatif, c'est à cause des plans qu'on fait sur la comète, des comètes qui s'écrasent si nos calculs sont bons, des "si" hypothétiques qui, de fil en aiguille, brodent des histoires nouvelles autour des vieilles dentelles en vue d'une fête finale où le réel implose. » Ce roman retrace la résistible ascension de Léopold William Kacew, pionnier dans l'industrie du plaisir, qui déclenche, malgré lui, une insurrection d'abstinence et de chasteté. L'Inversion de Hieronymus Bosch - ou splendeurs et misères d'une régression capitaliste - est la fresque onirique, satirique et cruelle d'un monde rétréci, à l'américaine. Une histoire entamée à Paris-Texas qui s'achève au coeur de la vieille Europe dans une Vienne à feu et à sang.

  • Une réponse engagée, parfois virulente mais sincère, au "Manifeste pour une littérature-monde en français" publié en mars 2007 dans le cadre de la manifestation des Ecrivains voyageurs de Saint-Malo. L'auteur dénonce une certaine naïveté dans ce Manifeste, une vision sur la fin des idéologies qui serait propice à la littérature, une volonté de retour simpliste au monde réel, et il en entreprend donc courageusement la critique : que défend-il, quelle idéologie recouvre-t-il ? Il n'y a pas qu'une littérature issue du réel, mais des littératures issues de l'imaginaire des écrivains, le frisson du dehors pouvant être perçu de l'intérieur. Et si la littérature d'aujourd'hui était celle des voyages immobiles ? Dès lors que la réalité disparaît sous des strates de fictions, n'est-il pas plus juste d'écrire en archéologue, plutôt qu'en voyageur ?

  • Vers des institutions inter-especes (tp) Nouv.

    Voici un ouvrage historique. Pour la première fois en Europe, un fleuve a la possibilité de s'exprimer et de défendre ses intérêts à travers un système de représentation inter espèces. Vers des institutions inter-espèces déploie un récit : celui d'un soulèvement légal terrestre où une commission constituante se voit confier la charge d'accueillir les éléments de la nature (fleuves, lacs, rivières, forêts, vallées, océans...) dans nos enceintes de décision politique.

  • Le hêtre et le bouleau : sur la tristesse européenne Nouv.

    Comment quitter le xxe siècle ?

    « Le bouleau, dans le temps littéraire et poétique de la révélation, fut l'arbre du drame, le témoin silencieux de l'extermination ; l'arbre du massacre en train d'avoir lieu. La peau de son écorce en lambeaux est le visage d'un temps que nous n'avons pas connu, temps de l'anéantissement. Plus d'une moitié de siècle après, nous voilà désormais dans le présent du hêtre, arbre gagné par le «h» de la hantise. Mais quelle serait la voie de notre désenvoûtement ? Comment quitter le xxe siècle ? » C. de T.

  • " Je suis un asthmatique de l'âme. Je veux dire par là que l'époque me pose un problème respiratoire. C'est ce qui m'a conduit très tôt à chercher, dans le fatras de mes années 90, quelques espaces, deux ou trois idées... pour respirer. Je pense ne pas être le seul. Au contraire, je veux bien prendre les paris : ce JE suffocant est un NOUS ; le NOUS d'une génération qui a façonné sa conscience entre deux dates curieusement symétriques : 9/11 pour 9 novembre 1989. 11/9 pour 11 septembre 2001. La chute d'un mur et la chute des tours. Boum derrière. Badaboum devant. Deux fois 9, deux fois 11, et deux effondrements. [...]. Je rage chaque jour de l'impudeur avec laquelle les vieux s'étalent et se répandent. Qu'ils meurent, bon sang, et emportent avec eux leurs souvenirs, leur État, leur libération sexuelle, leurs révolutions ratées, leurs désillusions. L'histoire qu'ils écrivent, nous n'en voulons plus. La nôtre, la voilà ! " Camille de Toledo est né en 1976. A étudié l'histoire à Londres, la photographie et le cinéma à New York, la fausse transgression à Paris, le faux exotisme à Tanger, la belle nostalgie à Buenos Aires. Essaie de mettre en scène le monde pour mieux y échapper. Penchant naturel pour la dissidence.

  • Mai 1939. L'écrivain Isaac Babel est incarcéré à la prison de la Loubianka. Il y sera interrogé et torturé durant huit mois avant d'être secrètement exécuté le 27 janvier 1940, sur ordre de Staline. Pour tenir, il écrit à sa fille Nathalie, réfugiée en France avec sa mère. La lettre du condamné à mort prend la forme d'un examen de conscience. Comment ses idéaux de liberté, son refus des dogmes, son humanisme l'ont-ils écarté de cette révolution à laquelle il a cru ? Les visions qui lui reviennent sont celles de sa jeunesse à Odessa, la ville turbulente, affranchie, éclatante de vie, de couleurs et de drames des bandits juifs emmenés par le "Roi" Bénia Krik, qu'il a peinte dans ses premiers récits.
    Les images du scénario qu'il a tiré de ces contes pour S. M. Eisentein et que le cinéaste, accaparé par son Potemkine, n'a jamais tourné, affluent à sa mémoire. Relatant les hauts faits de l'indomptable Bénia, anarchiste associé aux bolchéviques puis trahi par eux, elles s'imposent soudain comme la parfaite prémonition de son propre destin...

  • 1882. Ilia Brodsky, l'orphelin des shtetls, Juif sans terre chassé de Russie par les pogroms, traverse l'Europe avec sa soeur Olga. A Vienne, il croise le jeune Theodor Herzl, un dandy qui commence à percer dans le monde des lettres. Cette rencontre fugace va changer sa vie. A Londres, où il côtoie les réseaux anarchistes de l'East End, puis à Paris, Ilia se met à enquêter sur Herzl. Pourquoi ce Juif mondain, parfaitement intégré dans la Vienne des Habsbourg, a-t-il soudain pris fait et cause pour des frères sans patrie dont il a honte ? Quels rêves, quelles raisons intimes, l'ont conduit à imaginer et théoriser l'utopie du "Pays à venir", une nation où tous seraient enfin protégés des violences de l'Histoire ? A quoi ressemble le rêve sioniste de Herzl dans cette Europe à l'aube du XXe siècle qui se rue tête baissée vers la destruction ? A travers deux destins opposés et étrangement symétriques, ce puissant roman graphique confronte deux versants de la pensée juive : la tradition de l'exil face aux aspirations à la Terre.
    Au moment où l'Europe du XXIe siècle connaît de nouvelles fièvres nationalistes et identitaires contre ceux qui cherchent un refuge, il s'efforce, par la voix d'Ilia Brodsky, d'imaginer un pays pour ceux qui ont tout perdu...

  • Entre recherche, art et politique, ce livre est une contribution à la bataille qui s'engage au début du XXIe siècle pour reconstruire des futurs, dans une époque hantée par des idéologies de fin du monde.

    Camille de Toledo a invité Aliocha Imhoff et Kantuta Quiros, deux théoriciens de l'art, fondateurs de la plate-forme curatoriale « le peuple qui manque », à élaborer collectivement une pensée pour des temps ouverts, des « temps potentiels » pour lutter contre cette réalité de la finitude, de la mélancolie, de l'absence d'espoirs

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