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  • Depuis la fin du XIXe siècle, l'anthropologie qui étudie l'unité de l'humanité dans la diversité de ses manifestations n'échappe pas au partage entre nature et culture. Elle est scindée entre une anthropologie physique qui établit l'unité par-delà les variations et une anthropologie culturelle ou sociale qui fait état des variations sur fond d'unité. Mais l'anthropologie culturelle est elle-même divisée entre deux explications : celle qui considère les diversités culturelles comme autant de réponses adaptatives aux contraintes du milieu naturel et celle qui insiste sur le traitement symbolique d'éléments naturels choisis dans le milieu environnant. Selon Philippe Descola, c'est en se libérant du dualisme et en recomposant une écologie des relations entre humains et non-humains que l'anthropologie, acceptant de renoncer à son anthropocentrisme, pourra sortir des débats entre déterminismes naturels et déterminismes culturels.

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  • Oiseaux de mer, oiseaux du large, se jouant des vents et des tempêtes furieuses, regagnent obstinément d'improbables îlots assaillis par les vagues. Une vie salée dans l'écume, à se moquer des Terriens, pauvres naufragés volontaires...

    Les oiseaux marins ne constituent que 3% des espèces d'oiseaux recensées sur la planète mais ils ont pourtant colonisé tous les océans du globe, depuis les eaux équatoriales jusqu'aux mers polaires. Ils se déclinent en plusieurs familles qui n'ont parfois aucun lien de parenté direct, mais qui partagent de nombreux points communs, depuis les fous, les pélicans et les frégates des mers tropicales, jusqu'aux manchots de l'Antarctique et pingouins de l'Arctique.

    Au cours de l'évolution, la sélection naturelle a façonné chez ces oiseaux des adaptations remarquables pour faire face aux contraintes de l'environnement marin, mais ils restent cependant tributaires de la terre ferme pour leur reproduction. Quelles raisons les poussent bien souvent à former de vastes colonies ? Comment trouvent-ils leur nourriture ? Où migrent-ils dans les vastes étendues océaniques ?

    Prédateurs situés en fin de chaîne alimentaire, sentinelles d'un monde en pleine mutation, ces oiseaux subissent de plein fouet les profonds bouleversements qui affectent les écosystèmes marins. Sauront-ils s'adapter à temps ?

    Avec toute la saveur du vécu, les auteurs nous font partager leur passion et leurs interrogations sur le devenir de ces aventuriers de la mer et du ciel.

  • On a longtemps pensé découvrir les lois de l'apprentissage en soumettant un rat à l'épreuve du labyrinthe. Certes, si on le récompense, le rat "apprend" le parcours. Mais à quelle question le rat répond-il réellement ? Que signifie le labyrinthe pour lui ? Comment interprète-t-il la récompense ? Aujourd'hui, la réussite du processus de l'habituation dans l'observation des primates n'est plus considérée comme le seul résultat du travail des humains. Elle tiendrait tout autant à la volonté des singes de se laisser approcher (la proximité des observateurs représenterait une protection pour eux). Pour certains, la prise en compte des dimensions relationnelles constitue un artefact qu'il faut éradiquer : l'animal répondrait en fait à une autre question que celle qui lui est posée. Selon d'autres, toute situation scientifique interrogeant les vivants relèverait elle-même de l'artefact. Les animaux ne "réagissent" pas à ce que nous leur soumettons : ils interprètent une demande et leur réponse traduit leur point de vue sur la situation.

    C'est à elle qu'il faut s'intéresser. Les scientifiques travaillant sur le bien-être animal suivraient-ils cette voie prometteuse ? Quelles sont les conditions permettant de tels changements ? Telles sont les questions que ce livre leur adresse. On y découvre que le fait d'interroger les animaux sur ce qui les rend heureux pourrait inciter les scientifiques à modifier leurs pratiques et admettre que le point de vue de ceux qu'ils étudient constitue en fait le véritable objet de leurs recherches.

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  • Les "champs scientifiques" sont, selon Pierre Bourdieu, le lieu de l'affrontement nécessaire entre deux formes de pouvoir correspondant à deux espèces de "capital scientifique" : un capital que l'on peut qualifier de social, et un capital spécifique qui repose presque exclusivement sur la reconnaissance par les pairs. La sociologie de la science peut aider à dépasser ces contradictions et à fonder en ce domaine les principes concrets d'une "realpolitik de la raison".

  • Le droit de l'environnement est souvent perçu comme un instrument de marchandisation de la nature. Sarah Vanuxem en expose ici une autre vision : une conception "a-moderne", qui ne repose pas sur la division entre des choses-objets et des personnes-sujets. Colonne vertébrale de notre droit moderne, cette division n'est peut-être pas sans rapport avec la dégradation des milieux naturels. Le pari de l'auteure est d'amener le droit de l'environnement par-delà les objets et les sujets de droit, par-delà la conception juridique occidentale moderne. S'appuyant sur les travaux de Philippe Descola et, en particulier, sur l'analogisme comme alternative à la modernité ou au naturalisme, et sur certains des principes de l'ancien droit, Sarah Vanuxem précise ses réflexions en étudiant l'obligation réelle environnementale, la notion de service écologique, le principe de solidarité écologique, la compensation écologique ou bien encore la réparation du préjudice écologique. Cet ouvrage s'adresse autant aux juristes, de l'environnement notamment, qu'à tout chercheur ou étudiant des sciences du vivant. Sa lecture interpellera aussi toute personne intéressée par les évolutions actuelles de nos sociétés sur les questions environnementales.

  • La permaculture est un mouvement écologiste qui a connu une remarquable croissance transnationale, à partir des années 1980. Il témoigne d'une forme d'activisme environnemental dont les sciences sociales ont du mal à saisir l'originalité.

    On en comprend d'autant mieux l'intérêt que la transition écologique est aussi un défi, celui d'élaborer un imaginaire politique pour une société écologique ouverte. Cet ouvrage retrace l'histoire du mouvement de la permaculture et de sa diffusion planétaire, ainsi que les principales influences intellectuelles ayant contribué à l'élaboration de sa proposition culturelle et politique.

    Celle-ci pourrait se définir comme "l'art de réhabiter" ou comment concevoir, de manière écologiquement et socialement durable, la réponse aux besoins fondamentaux des êtres humains. À partir des résultats d'une enquête menée en Italie, l'auteure discute des apports de la permaculture à l'effort collectif pour imaginer des articulations entre les interdépendances écologiques dans un milieu, la lutte contre les inégalités et les aspirations à l'émancipation.

  • Sols saturés de métaux lourds, résidus des pesticides ou de plastique dans l'air, l'eau, les aliments et les corps, augmentation des pathologies environnementales...

    Nous ne vivons plus dans un monde simplement contaminé par des substances chimiques mais dans un monde devenu toxique à bien des égards, qui affecte nos vies et plus encore, celle des populations les plus en difficultés.

    Cet ouvrage retrace les transformations économiques et politiques qui ont conduit depuis 1945 à la généralisation de ces pollutions et ont façonné des environnements durablement dangereux. Il analyse les modes de gouvernement des substances dangereuses et leurs effets délétères qui aujourd'hui s'imbriquent et se superposent dans les politiques nationales et internationales. Chemin faisant, cet ouvrage éclaire les ressorts qui ont permis l'essor du capitalisme alors même que ses capacités destructrices se développaient.

  • La question climatique s'est diffusée dans de nombreuses sphères de la vie publique, forçant des acteurs parfois assez éloignés des enjeux écologiques à s'y intéresser. Un nombre croissant de firmes, d'associations et d'institutions se voient désormais contraints à repenser leurs orientations stratégiques, leurs routines organisationnelles et leurs pratiques économiques.

    L'auteur propose de saisir les évolutions en cours comme le résultat d'une "climatisation" du monde. Cette expression traduit la capacité du changement climatique à connecter et à agréger toutes sortes de sujets aussi divers que la sécurité alimentaire, la finance ou les sols.

    Paradoxalement, cette force d'attraction rend la formation des politiques climatiques de plus en plus complexe. En décryptant la gouvernance climatique instaurée notamment dans les Conferences of Parties, les COP, Stefan C. Aykut aide également à en cerner les effets ambigus et contradictoires.

  • Ces dernières années, les revues scientifiques consacrées à l'écologie et à la biologie végétale se sont fait l'écho de polémiques autour de l'intelligence des plantes. Conjointement, les médias grand public et les auteurs de vulgarisation se sont emparés de cette question.

    Non seulement les plantes seraient intelligentes, mais en plus elles se parleraient, s'entraideraient, se défendraient, etc. Quelle réalité scientifique se cache derrière cette notion d'intelligence des plantes ?

    Face à cette vaste question, Quentin Hiernaux, enseignant-chercheur à la faculté de Philosophie et Sciences sociales de Bruxelles, apporte quelques éléments de réponse.

  • Les théories scientifiques sont-elles une affaire d'opinion ? A- t-on vu des politiques donner leur avis sur la théorie atomique, la théorie de la dérive des continents, la théorie des cordes ?
    Alors, quel problème pose donc la théorie de l'évolution ?
    Dans cet ouvrage, l'auteur examine les stratégies des discours pseudo-scientifiques de divers courants créationnistes qui sollicitent la communauté scientifique pour qu'elle participe à une "quête de sens".
    Il met au coeur de ce problème la question des critères de scientificité et place l'enjeu sur l'enseignement des sciences. En effet, contrairement à ce que prétendent les créationnismes qui se présentent comme victimes du dogmatisme, le combat des scientifiques n'engage pas des théories ou des faits mais témoigne de leur attachement au respect des méthodes scientifiques. L'une des actions majeures des scientifiques revient alors à expliciter pour le public la nature de leur contrat méthodologique.
    Il en va, pour le futur, de ce qu'on enseignera comme "science" à l'école publique.

  • Selon l'esprit du temps, tout en ce monde, serait évaluable. Ce qui se dérobe à l'évaluation serait donc suspect de collusion avec la médiocrité ou l'obscurantisme. Le travail n'échappe pas à cette logique et son évaluation objective est à la base des nouvelles méthodes de gestion, de management et d'organisation du travail.

    Pourtant, l'investigation clinique du travail suggère qu'une part essentielle de l'activité humaine relève de processus qui ne sont pas observables et résistent donc à toute évaluation objective. Source de difficultés qui augmentent la charge de travail, l'évaluation des performances a aussi des effets pervers (sentiments d'injustice ou conduites déloyales entre collègues).

    Il se pourrait qu'une bonne part de la souffrance et de la pathologie mentale dans le monde du travail soit liée aux nouvelles formes d'évaluation.

  • La communauté internationale prétend freiner la perte de biodiversité et maintenir les services rendus par les écosystèmes. Ces termes à la mode expriment-ils une nouvelle façon de concevoir la nature ? L'auteur analyse l'évolution des idées depuis le début du XXe siècle, où l'on se préoccupait de protéger la nature, jusqu'à nos jours, où il est question de gérer la biodiversité. Les bouleversements récents dans la façon dont les sciences appréhendent la nature mettent en évidence un renouvellement de paradigme. L'idée d'équilibre naturel a longtemps prévalu en écologie. Aujourd'hui, s'impose celle de changement permanent, qui appelle une réflexion éthique : comment repenser les valeurs qui fondent les relations homme-nature, sachant que la biodiversité s'inscrit dans une trajectoire ?

    Dans un contexte marqué par de nouveaux repères conceptuels et par l'urgence des prises de décision, les scientifiques se trouvent de plus en plus impliqués dans la mise en oeuvre de projets qui inscrivent une biodiversité "choisie" dans leurs objectifs. L'auteur ouvre la réflexion sur l'évolution qui en résulte nécessairement dans la pratique du métier de chercheur.

  • Reflet des débats théoriques et philosophiques des années 2000, cet ouvrage illustre un point d'étape des discussions des scientifiques dont les recherches portent sur l'évolution des systèmes génétiques des végétaux, dans leur milieu écologique naturel ou artificiel. Ces recherches touchent alors tous les mécanismes fondamentaux de la biologie des végétaux, sur lesquels l'homme est intervenu prioritairement pour adapter les plantes et les milieux à l'agriculture. Les biotechnologies commencent à poser question, les interrogations sont envisagées au niveau planétaire et les controverses science-citoyen voient le jour, donnant naissance à de nouvelles questions éthiques.

  • Les innombrables questions que soulève dans nos sociétés l'avènement du génie génétique ne se posent nulle part avec autant d'acuité que dans le champ de la médecine humaine.
    Axel Kahn, médecin, chercheur à l'INSERM, membre du Comité consultatif national d'éthique, fait le point sur la dimension éthique de ces problèmes en s'appuyant sur des exemples, parfois saisissants, que le lecteur n'oubliera pas de sitôt. Axel Kahn est également président de la Commission du génie biomoléculaire instituée auprès du ministre de l'Agriculture, et cette position en fait un observateur et un acteur privilégié des débats relatifs au développement des biotechnologies dans le secteur de l'agriculture au sens large.
    Ses analyses rigoureuses sur les enjeux environnementaux, sociaux, économiques et juridiques de ce développement sont prolongées par une postface dans laquelle Guy Paillotin, président de l'INRA, aborde d'un point de vue pratique le problème des conditions de l'acceptation sociale des techniques, en particulier celles issues des biotechnologies. Une actualité brûlante confère une singulière résonance à cette réflexion en forme de plaidoyer humaniste pour une recherche plus respectueuse de la relation entre l'Homme et la Nature.

  • L'interprétation, parce qu'elle ressemble à des croyances, a été écartée de la science moderne, en tout cas négligée, au profit de la déduction et la généralisation. Pourtant l'histoire des sciences nous montre son rôle permanent tant dans les sciences humaines que de la nature. C'est elle qui relance la fécondité dans les moments de compréhension difficile.

    Le positivisme, qui reste une référence majeure dans les pratiques actuelles, est responsable de cette situation. Il cherche les commandements auxquels se soumet la nature. Cependant, après la période de conquête, nos inquiétudes sur l'environnement appellent une science plus ouverte, plus compréhensive des éventualités. Nicolas Bouleau montre que le coeur du problème est d'utiliser dans la science les matériaux interprétatifs que sont les craintes. Prolongeant et concrétisant les idées de Jonas, il décrit le travail d'élaboration de craintes désintéressées par une enquête sur un être supposé, comme par exemple l'agent de transmission de la maladie de la vache folle. L'ouvrage porte plus largement sur la façon de penser l'éventuel dans les relations des humains avec leur contexte.

  • Lecteur, attention.
    Ce nouveau " discours " pourrait presque passer inaperçu, tant son ton et son propos sont simples et dénués de toute emphase. Et pourtant... Jamais peut-être on n'a dit aux scientifiques avec autant de clarté que le paradigme expérimental de Claude Bernard n'a plus cours, que l'époque des évidences et des expériences cruciales est révolue. La science a changé, nous dit Jean-Marie Legay, parce que ses objets ont changé.
    Pour répondre aux besoins et aux attentes de notre temps, les chercheurs n'ont d'autre choix que d'adapter leurs démarches et leurs dispositifs à la complexité de leurs objets. Mais la nécessité d'éprouver la théorie en interrogeant le réel s'impose toujours avec autant de force. Et c'est précisément le rôle de la modélisation que de permettre l'organisation de ces épreuves nouvelles et la confrontation des points de vue d'où sortent les faisceaux de cohérences croisées qui nourrissent désormais la progression de la science.
    En ce sens, la méthode des modèles peut être considérée comme l'état actuel de la méthode expérimentale. Encore faudrait-il que la communauté scientifique en prenne pleinement conscience et en tire toutes les conséquences.

  • Après avoir brossé un panorama des fondements de l'éthique économique et sociale, Christian Arnsperger ébauche une analyse inspirée du fonctionnement de la société économique moderne. Catherine Larrère nous invite, pour sa part, à replacer la nature comme médiatrice entre les deux ordres rivaux de l'éthique et de l'économie, pour en faire une demeure accueillante et durable. D'où vient l'inflation contemporaine de la demande d'éthique ? Dans un troisième essai, Jean Ladrière nous livre sa réponse : de l'inefficacité de nos normes usuelles face à l'artificialisation croissante du monde par la science et la technique.

  • En 2016, trouver un équilibre entre ce qui est brevetable et ce qui ne l'est pas semble devenu vain : les partisans du brevet ont gagné une guerre commencée dans les années 1960. Mais la brevetabilité du vivant soulève encore les passions et porte à la discussion.

    Pionnière et experte de ces sujets depuis de nombreuses années, Marie-Angèle Hermitte pose ici la question qui fâche : où sont les gouvernants ? Dans ce petit ouvrage, elle nous expose les grandes évolutions des droits intellectuels dans nos sociétés. Elle nous montre combien l'accaparement des dispositifs juridiques par les acteurs industriels est un processus ancien, mené tantôt au grand jour, tantôt de façon subreptice. Le droit des brevets a toujours cherché à étendre son empire, substantiel et géographique. Les brevets sur le "vivant" sont longtemps restés au niveau des méthodes et des dispositifs. Dès la fin des années 1970, sous la pression constante des industriels de la chimie, les microorganismes passent sous l'emprise de la brevetabilité, surprenant presque les pouvoirs publics nationaux et européens. L'auteure examine quelle a été la stratégie des industriels, des offices de brevets et des pouvoirs publics pendant cette période. Elle nous montre combien la généralisation de la brevetabilité du vivant a provoqué chez certains agriculteurs, philosophes, juristes, scientifiques, ou dans l'opinion publique, des sentiments mêlés de sidération et de rejet.

  • Cet ouvrage donne la parole à un petit agriculteur breton. Ardent promoteur et défenseur de l'agriculture durable, l'auteur s'est engagé dès les années 60 dans la lutte des jeunes organisations paysannes sur la voie du progrès. Précurseur en matière de respect de l'environnement, il a appliqué avec succès l'adage « gagner plus en travaillant moins ». Le secret de sa réussite ? Pour ceux qui l'auraient oublié : le plat principal au menu d'une vache, c'est l'herbe ! Et l'exploitant qui s'en souvient n'est pas perdant, au contraire ! Aujourd'hui retraité mais toujours militant, André Pochon revient sur son combat en faveur d'une conduite d'élevage saine et sur l'histoire de ses rapports avec les scientifiques de l'Inra. Il relate avec passion les relations contrastées mais toujours fécondes que son mouvement a entretenues pendant quarante ans avec le monde agronomique. Ses anciens partenaires - jeunes chercheurs à l'époque - reviennent également sur leur expérience. Ensemble, ils analysent la situation actuelle.

  • Les disciplines étudiant la formation de la connaissance scientifique ont toujours occupé une place à part dans le paysage intellectuel. A l'instar de la recherche scientifique, l'histoire, la philosophie et la sociologie des sciences, ont toutes pour ambition d'augmenter la rationalité du monde. Ce que le scientifique fait dans l'urgence de la recherche, avec enthousiasme, n'est pas différent du travail postérieur de l'historien et du philosophe. Si ces derniers y perdent en intensité, ils ont le recul qui leur permet de mieux apprécier les raisons de la transformation des sciences. C'est par surcroît de rationalité que l'histoire, la philosophie et la sociologie des sciences peuvent contribuer à la formation des scientifiques.

  • Le clonage animal, les OGM à usage agricole, les huîtres triploïdes : les applications de la recherche sur le vivant soulèvent de nombreuses questions éthiques.
    Créé en 1998, le Comité d'éthique et de précaution de l'Inra (Comepra), devenu commun avec l'Ifremer en 2002, s'est efforcé de les identifier. Il a aussi renforcé l'attention des scientifiques sur la dimension éthique de leur activité. Lors d'une conférence-débat donnée en 2008, dont cet ouvrage est issu, les auteurs exposent la démarche adoptée par le Comepra et l'originalité des réflexions qu'il a suscitées.
    Ils indiquent notamment comment une réflexion éthique, distanciée des influences sociales, institutionnelles et politiques, peut rencontrer un questionnement né de la pratique quotidienne et des réalités de terrain.

  • On entend souvent dire aujourd'hui que la complexité est devenue un problème fondamental de la science contemporaine, car toutes les disciplines y sont confrontées, et cela sous une multitude de formes. Avant de pouvoir confirmer une telle affirmation, une série de questions se posent : Qu'est-ce que la complexité ? Y a-t-il un concept précis derrière le mot ? Que nous disent les mathématiques sur de possibles définitions formelles ? Quelles sont les conséquences et les applications du travail de définition théorique ?
    Ces questions, qui trouvent leur réponse dans ce livre, intéresseront à la fois les mathématiciens, les statisticiens, les biologistes et tous les étudiants des grandes écoles d'ingénieur, mais aussi tous ceux qui veulent comprendre la philosophie des sciences contemporaines dont l'un des but est de saisir la nature profonde du hasard et de la complexité.

  • Les succès comme les excès de la biologie moléculaire se sont en partie construits sur la métaphore informatique du "programme" génétique. Henri Atlan s'interroge sur les implications de cette métaphore pour l'orientation des recherches et des interprétations scientifiques, mais aussi pour l'information destinée aux non-spécialistes, citoyens et décideurs. Des découvertes récentes concernant les prions, le clonage ou la biologie du développement viennent ébranler le modèle, relancer le débat sur les effets épigénétiques et soulignent les limites de ce nouveau réductionnisme. Les théories de la complexité et de l'auto-organisation du vivant, dont Henri Atlan fut l'un des pionniers, éclairent ces questions et permettent de les situer dans la perspective plus globale de l'évolution de la biologie moderne.

  • Cet ouvrage remet en cause beaucoup d'idées reçues sur l'activité scientifique. Il constitue une excellente introduction à l'oeuvre innovante du philosophe Bruno Latour, et plus généralement à la sociologie des sciences contemporaines. Destiné en priorité aux chercheurs, ce texte très accessible s'adresse aussi à un large public.

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