Pardes

  • Balzac

    Roger Parisot

    Un Balzac inconnu ? Du neuf sur Balzac ? Ce Balzac (Qui suis-je ?) propose un regard inédit sur le romancier et sur l'énigme que constitue le contraste entre la "grandeur" de l'oeuvre et la " misère " (pascalienne) de l'homme, ce prodige qui contenait en lui, selon ses propres dires, " toutes les incohérences ".
    Ce Qui suis-je ? présente une nouvelle lecture, fondée cette fois sur la " doctrine mystique " de Balzac, ce " christianisme johannique " auquel il entendait se rattacher, auquel il rattachait sa Comédie humaine et par lequel il se rattachait lui-même à la tradition ésotérique universelle. On verra que cette doctrine, trop négligée jusqu'à présent, si elle ne résout pas le mystère de la création balzacienne, en dégage le sens et la portée générale.
    Elle en éclaire les intentions profondes et agit comme un révélateur des véritables dimensions de cette entreprise romanesque hors pair. En effet, elle inscrit la Comédie humaine dans le cadre d'une vision, peut-être confuse, mais assurément grandiose, qui relie le monde à son Principe suprême et renvoie l'homme à sa destinée spirituelle, telle qu'elle est représentée, dans la société et dans l'oeuvre, par le combat entre les Forts et les Faibles autour de l'argent, du pouvoir et de l'amour, l'ensemble placé sous l'éclairage de cette " recherche de l'Absolu ", dont la soif confine quelquefois à la démence...
    Ainsi, la doctrine apparaît comme l'instance médiatrice entre Balzac et le génie qui le dirigeait, ainsi que l'avait aperçu Victor Hugo.

  • Borges

    Roger Parisot

    Il y a, chez Jorge Luis Borges, auteur illustre d'une oeuvre renommée, un paradoxe et une contradiction dont l'homme et l'oeuvre eurent également à pâtir.
    Ce fut de n'avoir pu écrire, parce qu'il était Borges, le Livre qu'il aurait voulu écrire - parce qu'il était Borges. Il fallait, en effet, être Borges, Jorge Luis, homme de lettres argentin, épris de lecture et pétri de culture, pour former l'idée d'un Livre total, nécessaire et infini, Livre des livres ou Livre absolu, qui contiendrait tous les livres et qui serait le Monde. Et il suffisait d'être Jorge Luis Borges, individu, fini, accidentel et fortuit, pour être radicalement empêché d'écrire.
    C'est de cela qu'il souffrait lorsqu'il se plaignait du " malheur " d'être Borges, lorsqu'il disait sa lassitude d'être toujours celui qu'il était, lorsqu'il exprimait son espoir que, au moins, la mort mettrait un terme pour lui au fait d'être Borges. C'est la finitude et le négatif de son identité singulière qu'il déplorait, car c'est cela qui lui interdisait d'être, pour écrire l'oeuvre dont il rêvait, et devenir, en l'écrivant, le véritable et suprême Hacedor, l'impersonnel et intemporel auteur de l'impossible Livre absolu.
    Ce " Qui suis-je " Borges montre que les ouvrages qu'il écrivit sont la solution fictive apportée par l'auteur à l'insoluble problème de l'homme. Non sans humour, toutefois, car le grand écrivain argentin, lucide et toujours clairvoyant, en dépit de sa cécité, se plaisait parfois à déconcerter, voire à mystifier, ses lecteurs.

  • Poulet

    Delaunois

    L'histoire de Robert Poulet est celle d'un écrivain, originaire de Belgique, dont la qualité a été jugée à l'aune de ses convictions politiques. En ce sens, son cas est exemplaire : il a été ostracisé, exclu de la Cité pour avoir voulu la servir, alors qu'il eût pu se contenter de vivre, avec bonheur, pour l'art et la beauté... A l'été 1940, Robert Poulet, alors brillant journaliste et romancier réputé, choisit de prôner le moindre mal : une collaboration modérée, d'esprit national, avec l'occupant allemand, dont il pensait, erronément mais de bonne foi, qu'il gagnerait la guerre. Son retrait de la mêlée, en 1943, ne l'empêche pas d'être condamné à mort à la Libération. Mais ses révélations au sujet de contacts avec un des conseillers du roi Léopold III vont lui sauver la vie, de justesse : il affirme avoir mené la politique que le monarque souhaitait qu'il menât. L'affaire, pleine de zones d'ombre, fait grand bruit. En 1951, contraint de s'exiler, il s'installe près de Paris. Là, il repart de zéro et reconstruit peu à peu sa réputation littéraire, à coups d'essais, de pamphlets, de romans et de critiques. Son talent, reconnu par les Chardonne, Morand ou autres Céline, ne laisse pas indifférent. Sur proposition de l'Académie française, l'ensemble de son oeuvre sera couronné. Les Belges continueront pourtant de l'ignorer cordialement en raison de son passé politique. Dans ce " Qui suis je ? " Poulet. derrière l'écrivain, témoin privilégié de son temps, l'auteur a cherché l'homme et nous livre, à travers cette étude d'un destin particulier, une exploration sensible des drames intellectuels de l'entre-deux-guerres et de l'Occupation.

  • Nostradamus

    Pierre-Emile Blairon


    figure bifrons du janus qui possède la science du passé et celle de l'avenir, nostradamus assurait tenir ses connaissances des indiens.
    des babyloniens et de ses ancêtres : il laisse une postérité qui entretiendra le mythe d'un homme ayant reçu, et c'est incontestable. des dons divins. son oeuvre magistrale, les centuries, continue de faire le bonheur des cruciverbistes, le malheur d'interprètes imprudents et la fortune de quelques exégètes. ses quatrains sont un ensemble apparemment incohérent de mots constamment croisés et de rébus énigmatiques à plusieurs niveaux de compréhension.
    une auberge espagnole oú certains commentateurs ont trouvé ce qu'ils ont apporté : une manière de faire parler d'eux à travers un personnage illustre. dans ce " qui suis-je ? " nostradamus, l'auteur nous présente le médecin " astrophile ", comme il se définissait lui-même, l'alchimiste, le pharmacien grand connaisseur des " simples ", avec lesquelles il combattra les épidémies de peste mais aussi le bon vivant (mort de la goutte), l'auteur d'almanachs et de recettes culinaires pour les ménagères du xvi e siècle, bref une espèce d'auteur de " best-sellers ", un homme plein d'humour qui.
    en des temps dangereux, sut masquer des idées non conformistes. averti du retour cyclique des choses, plus que prédire, nostradamus s'employait à déduire ce qu'il savait que la roue du temps allait produire.

  • Staline

    Nicolas Tandler

    Staline ne participa jamais en personne à des tueries ou à des tortures ordonnées par lui mais l'aspect vindicatif, le mépris de la vie humaine -pouvant aller jusqu'à une forme de sadisme - du " phare de l'humanité ", encensé durant un quart de siècle, est ce qui en subsiste pour l'essentiel au XXIe siècle.
    S'il n'avait été qu'un sectaire aux tendances de psychopathe, Staline n'aurait pas atteint les sommets. Lénine s'était déjà mépris sur les capacités de son subalterne, tout comme Trotski, qui estimait se heurter à un bureaucrate inculte. Servi par des concours de circonstances, le séminariste passé au vagabondage révolutionnariste sut conquérir les hautes fonctions par un mélange de ruse, de violence verbale, de séduction, d'exaltation de la conviction de sa supériorité, d'une méfiance maladive qui n'excluait pas la conscience des qualités d'autrui.
    Lecteur avide, réaliste et concepteur d'une société idéale inhumaine ni les guerres extérieures ni les complots internes ne le renversèrent. Son régime lui a survécu près de quatre décennies. L'auteur de ce " Qui suis- je ? " Staline s'interroge sur la pertinence de l'appellation " tsar rouge ". Par son " socialisme dans un seul pays ", sans renier le marxisme, Staline s'est délibérément identifié aux tsars.
    Après plus d'un demi-siècle, son ambivalence se perçoit mieux, toute dissimulée qu'elle était derrière les monceaux de cadavres de ses victimes non communistes, méprisées par les historiens de renom du XXe siècle.

  • La Varende

    Patrick Delon

    Jean de La Varende (1887-1959) : «C'est un lieu commun de dire que le nivellement se fait par en bas. On le répète sur tous les tons et la sottise universelle est si grande qu'on croit y faire preuve de finesse. S'il y a abaissement, il y a exhaussement, et il faut constater que l'amélioration du plus grand nombre compense la diminution de quelques-uns.» La Normandie a donné le jour à des savants, des artistes, des historiens, mais aussi à de grands écrivains comme Malherbe, les deux Corneille, Barbey d'Aurevilly, Flaubert et Maupassant, sans oublier La Varende qui, doit-on le dire, avait cinquante pour cent de sang breton par sa mère. Après des études aux écoles des beaux-arts de Rennes et de Paris, La Varende a donné libre cours à toute sa créativité artistique en pratiquant avec un égal bonheur la critique d'art, la peinture, la construction de maquettes de bateau et, enfin, la littérature. L'auteur de Nez-de-Cuir fut un fabuleux et captivant conteur. N'oublions pas ses biographies, ses hagiographies, ses études littéraires et historiques, car il a réalisé une oeuvre abondante et variée (près de cent volumes en vingt-cinq ans). La Varende fut le chantre du terroir et de la forêt, de la mer et des marins, de la chasse et du cheval. De ses récits se dégagent une joie de vivre et un idéal de bonheur que chacun d'entre nous recherche pour combler la solitude du monde actuel. Sa vie a été celle d'un parfait honnête homme, croyant en Dieu et en l'Homme, curieux du passé, aimant la vie et attaché aux valeurs que sont la fidélité, l'honneur et la tradition. Dans son oeuvre, ses personnages, chacun à sa place, sont pleins de bon sens; ils sont universels tout en étant si proches de nous. Voilà un grand écrivain à redécouvrir et, pour certains, à découvrir tout simplement.

  • Hamsun

    Michel d' Urance

    Prix Nobel 1920, Knut Hamsun est considéré comme l'un des plus grands écrivains qui aient existé. Il fut admiré par des esprits aussi divers qu'Ernest Hemingway, Henry Miller, Franz Kafka et H. G. Wells. Dans son oeuvre, il a créé un "héros archétypal" qui a représenté son époque mieux que tout : le vagabond. Dans La Faim, Mystères, Pan, ce vagabond est un homme de l'errance, seul contre la société, un personnage de valeur nietzschéenne, de pouvoir nordique, de puissance païenne. C'est le héros nouveau d'une époque nouvelle. Ce vagabond est un "solitaire soldat de sa vie". Il va connaître, comme Hamsun lui-même, bien des tribulations et des aventures, dans une existence toujours inspirée de l'ode à la nature, du goût du voyage, de la compagnie des femmes et de la fidélité au rêve. Errance, désespoir, extase, amour: comme l'immortel songe d'un songe, entre fjords et fjelds, l'éternel emblème du Nord se dresse, avec l'oeuvre de Hamsun, comme une "lune d'encre", symbole immense, signe aigu de vérité au coeur de la littérature mensongère d'un temps de mensonge. Ce "Qui suis-je?" Hamsun , à l'expression poétique et littéraire, constitue le seul essai disponible en français sur le grand Norvégien ; il apporte une biographie totale et une étude approfondie de toute l'oeuvre de l'extraordinaire romancier. L'engagement de ce "maître d'aristocratie et d'errance" auprès de l'Allemagne pendant la Deuxième Guerre mondiale, pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec l'antisémitisme, est ici traité dans un chapitre qui fait toute la lumière.

  • Saint-Martin

    Jean-Marc Vivenza

    Louis-Claude de Saint-Martin, qui désira voiler son identité au monde sous l'énigmatique pseudonyme du " Philosophe Inconnu ", est, sans aucun doute, la figure la plus attachante et la plus subtile de ce courant de pensée que l'on désigne sous l'appellation d'" illuminisme ".
    Toute son oeuvre, profonde et pénétrante, est une constante et permanente invitation à la connaissance des choses divines, à la découverte des lois secrètes de la vie de l'esprit, à la contemplation des vérités transcendantes qui régissent les phénomènes visibles et invisibles. Ce Saint-Martin (Qui suis-je ?) nous montre que cet auteur essentiel possède la souveraine faculté de transmettre à son lecteur - ce qui est rare, même parmi les maîtres spirituels les plus éminents - une indicible et incomparable lumière sur les sujets les plus élevés de la vie intérieure.
    On ne mesure pas toujours comme il conviendrait, dans certaines sociétés de pensée et, bien évidemment, plus encore dans le grand public cultivé, le rôle majeur qui fut celui de Saint-Martin auprès des maçons, théurges, émules et adeptes des siècles passés. C'est pourtant grâce à son enseignement que purent s'effectuer et se poursuivre, de façon assurée, de précises recherches en direction de matières jusqu'alors inaccessibles et que s'ouvrit, effectivement, pour les êtres les plus qualifiés, la possibilité même du travail de " Réintégration ".

  • Benoit

    Jean-Paul Török

    Célèbres, peu d'écrivains le furent de leur vivant autant que ce maître du roman romanesque.
    Romancier fécond lu dans le monde entier, académicien couvert d'honneurs, ambassadeur itinérant de la littérature française, seuls Jules Verne ou Alexandre Dumas pourraient lui disputer sa gloire. En son temps, seuls quelques happy few -Léon Daudet, Edmond Jaloux, Paul Morand - surent déceler sous le masque du romancier à succès un écrivain secret, rare et confidentiel; à côté des romans exotiques aux paysages enchanteurs, peuplés d'héroïnes fabuleuses, des oeuvres intérieures, profondes, mystérieuses, plongeant leurs racines dans le terroir et dans l'opacité de l'être humain.
    Ce Benoît (Qui suis-je ?) présente cet homme de lettres loué pour son "professionnalisme" comme le conteur habile et captivant qu'il fut, le probe artisan de l'écriture, mais aussi comme le poète épris de symbolisme, l'adulateur ambigu du "sublime génie féminin", l'admirable peintre des paysages naturels et des paysages de l'âme. Peu de personnalités sont aussi ambivalentes et complexes que celle de ce bon vivant, " charmant garçon" et fin gastronome, porté par une nature douloureuse au pessimisme et à la misanthropie - grand voyageur enraciné dans son terroir, maurrassien fasciné par l'Allemagne.
    Ce " confectionneur de romans de gare", doté d'une immense culture littéraire, a écrit, mine de rien, quelques uns des plus beaux romans de notre langue.

  • Steiner

    Christian Bouchet

    Fondateur de l'anthroposophie, penseur fécond, conférencier prolixe, écrivain de qualité, Rudolf Steiner est à l'origine d'une oeuvre qui a, aujourd'hui, dans de nombreux domaines, comme l'éducation, la médecine, l'agriculture, l'architecture, la danse et les arts plastiques, un impact pratique tout à fait extraordinaire.
    Disciple d'Helena Petrovna Blavastky, chrétien mystique hétérodoxe attendant le retour du Christ, convaincu que chaque être humain subit une multitude de réincarnations et que tout un monde invisible vit à nos côtés, il n'en créa pas moins une nouvelle pédagogie, une méthode pour soigner les handicapés mentaux, une méthode d'agriculture biologique, un nouveau type de ballet, et il révolutionna l'art de construire.
    Était-il un mage? un occultiste? un illuminé? un déséquilibré? ou, plus simplement, était-il un réformateur doté d'une vision d'ensemble de la société? Dans ce Steiner (" Qui suis-je ? " ) , Christian Bouchet -déjà auteur de nombreuses biographies de " maîtres spirituels " - répond à toutes ces questions, en rendant justice à cet homme, souvent évoqué mais trop méconnu. Après avoir relaté le déroulement de sa vie, il évoque les influences qui l'ont marqué et il décrit son système de pensée.
    Enfin, dans une dernière partie, il dresse l'inventaire de l'héritage steinerien: agriculture bio-dynamique, eurythmie, écoles Waldorf, sociothérapie, communautés religieuses, banques coopératives, etc.

  • Lang

    Michel Marmin

    Peu d'oeuvres cinématographiques auront exercé une fascination aussi forte que celle de ce cinéaste d'origine viennoise, dont la carrière, amorcée au lendemain de la Première Guerre mondiale, s'est déroulée successivement à Berlin, à Hollywood et à nouveau en Allemagne, où il devait tourner ses derniers chefs-d'oeuvre.
    Des Trois Lumières (1921) à M le Maudit (1931), du Docteur Mabuse (1922) à L'Ange des maudits (1952), des Nibelungen (1924) aux Contrebandiers de Moonfleet (1954), de Metropolis (1927) au Tigre du Bengale (1959), Fritz Lang a imposé un univers dominé par la hantise du Mal, par l'obsession du pouvoir absolu, et par un sentiment de la fatalité exprimé dans un style d'une rigueur implacable, confinant à l'abstraction.
    Mais cette oeuvre constitue également une étonnante (et parfois effrayante) parabole sur l'Histoire comme tragédie, et une préfiguration visionnaire du totalitarisme du XXIe siècle. Héritier en cela d'une certaine tradition romantique, Fritz Lang développe une dialectique de l'ombre et de la lumière et entraîne le spectateur dans un labyrinthe, où pullulent les sociétés secrètes, les mondes souterrains, les associations criminelles et les pratiques occultistes.
    Dans ce Lang (Qui suis-je ?), l'auteur s'interroge notamment sur les rapports, demeurés largement obscurs, entre le cinéaste et le national-socialisme, ainsi que sur les conditions de son départ d'Allemagne en 1933. Il procède aussi à une réévaluation des trois grandes périodes de sa carrière et remet en cause l'opinion la plus communément répandue, selon laquelle Fritz Lang aurait réalisé ses meilleurs films aux Etats-Unis.

  • Simenon

    Jean Jour

    Parti de Liège, où il est né, Simenon débarque à Paris en 1923, une simple valise en carton à la main.
    Il a derrière lui quatre années d'expérience comme journaliste. Coursier pour un homme politique-écrivain mondain, il parcourt la Ville lumière en tous sens jusqu'au jour où le marquis de Tracy l'engage. Dans ce "Qui suis-je?" Simenon, l'auteur nous montre comment celui qui signait Sim à La Gazette de Liège adopte une vingtaine de pseudonymes pour écrire quelque 300 romans populaires, avant de publier 210 romans sous son nom.
    Sa vie, elle aussi, fut un roman, avec l'artiste peintre Régine Renchon, dite Tigy, qu'il épouse et avec laquelle il mena une vie de bohème. Après avoir quitté le marquis de Tracy, il arrive, très vite, à vivre, et très bien, de ses petits romans populaires. Il abat 80 pages par jour, où qu'il soit, fournit de la copie à six éditeurs et se déplace sur tous les continents avec une curiosité boulimique.
    En 1931, le lancement de son Maigret, qui devient vite célèbre, le propulse au rang des romanciers best sellers. Le cinéma s'intéresse tout de suite à lui et il est traduit dans presque toutes les langues. Bien lancée, la machine ne s'arrêtera plus. Son oeuvre imposante, où les cycles européen et américain se croisent, où les thèmes s'enchevêtrent, passionnera les essayistes du monde entier, et son introduction dans la célèbre collection de La Pléiade le place enfin à son juste rang: celui d'un grand romancier du XXe siècle.

  • Brasillach

    Philippe d' Hugues

    Brasillach ? Pour les uns, un traître, un journaliste fasciste, condamné à mort et exécuté à la Libération.
    Pour les autres, un écrivain, auteur de livres inoubliables, au charme insistant, dans la tradition d'Alain-Fournier, de Larbaud et de Giraudoux. Comment concilier ces deux images contradictoires, celle du rédacteur en chef de Je suis partout et celle de l'écrivain délicat et sensible de Comme le temps passe et de Notre avant-guerre? Pourtant, il s'agit bien du même homme, celui qui a poursuivi le rêve d'une Europe qui, à vrai dire, devait moins à l'auteur de Mein Kampf qu'à Goethe et Schiller, et celui qui révérait Maurras et Claudel, Virgile et Corneille, Shakespeare et Cervantes...
    Ce sont ces contradictions apparentes qui rendent passionnante la personnalité de Brasillach. Et c'est la richesse exceptionnelle d'une oeuvre aussi abondante (trente volumes en quinze ans) que variée, qui fait le prix de celle-ci et situe son auteur au premier rang de sa génération, aux côtés de Jean-Paul Sartre, Marcel Aymé ou Marguerite Duras. Romancier (La Conquérante), critique littéraire (Portraits), spectateur infatigable (Histoire du cinéma, Animateurs de théâtre), chroniqueur de son temps (Histoire de la guerre d'Espagne, Journal d'un homme occupé), dramaturge (Domrémy, La Reine de Césarée) et avant tout poète (poèmes de Fresnes), Brasillach s'est essayé dans tous les genres avec une égale réussite.
    Même s'il est permis de privilégier tel ou tel aspect de son oeuvre, (ensemble constitue un véritable monument littéraire, qu'il est aujourd'hui impossible d'ignorer. Brasillach appartient au paysage littéraire français du XXe siècle et il s'y est assuré une place qu'il n'est au pouvoir de personne de lui enlever. C'est ce que, loin des passions politiques du siècle passé, ce "Qui Suis-je " Brasillach entend établir avec une autorité sereine qu'il sera difficile de contester.

  • Ce " Qui suis-je ? " Papus s'attache à la figure la plus incontournable de l'occultisme, ce mouvement amorcé par Eliphas Lévi.
    Né en Espagne, en 1865, demeurant à Paris, il s'intéresse très jeune aux sciences occultes. Étudiant en médecine, d'une grande précocité, il publie son premier ouvrage à 19 ans. A 28 ans, il est déjà considéré comme " l'enfant prodige " de l'occultisme après avoir écrit ses livres les plus connus (Traité élémentaire de science occulte, Le Tarot des bohémiens, Traité élémentaire de magie pratique). Médecin, inventeur, conférencier, écrivain, fondateur de l'Ordre Martiniste, membre éminent du Suprême Conseil de l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix et affilié à de nombreuses sociétés initiatiques, animateur du Groupe Indépendant d'Etudes Esotériques, Gérard Encausse, devenu Papus, mène de front un nombre stupéfiant d'activités.
    Remarquable organisateur et vulgarisateur, il sera autant la clé de voûte que le symbole de l'apogée de l'occultisme de la Belle Epoque. Engagé dans la Grande Guerre comme médecin major, soulageant les souffrances et la santé des blessés au détriment de la sienne, il meurt en octobre 1916 à 51 ans. Surnommé le " Balzac de l'occultisme ", en raison de l'abondance de son oeuvre, Papus a laissé un souvenir très vivace dans les milieux ésotériques, qui perdure jusqu'à nos jours.

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