Ginkgo

  • Boule, un pauvre chien errant des rues de Moscou, est recueilli par l'éminent professeur Préobrajenski qui l'emmène à son domicile.

    En ces temps troublés qui suivent la révolution de 1917, le scientifique, privé de son laboratoire, entend bien poursuivre chez lui son ultime expérience. Au risque de donner vie à un être incontrôlable.
    Interdit par la censure dès sa rédaction, en 1925, ayant circulé « sous le manteau » pendant des décennies jusqu'à sa publication en Occident à la fin des années 1960, Coeur de chien est sous le couvert du fantastique une féroce et hilarante satire du nouvel ordre soviétique et d'un système absurde visant à la création de l'« Homme nouveau ».

    Parue en 1990 à Moscou et jamais rééditée, cette superbe traduction d'Alexandre Karvovski rend à ce texte incomparable son irrésistible et inquiétante drôlerie.

  • " Savoir à qui attribuer la vie d'un homme demeure indécis car elle continue de s'épanouir par-delà l'absence et la mort. Ma vie pour une part est faite de souvenirs qui me sont échus sans que j'aie été mêlé aux événements et c'est à moi que revient la responsabilité d'en inscrire les enchaînements, comme si j'étais ensemble le dernier homme et l'écrivain ultime à qui un autre encore succédera peut-être, si ce monde, plus sauvage que le coeur de la plus noire forêt, le permet. " Vingt ans après le reflux des barbares vers le Nord, le fils de Barthélemy Lécriveur cherche à résoudre l'énigme vivante que fut son père. Dans les Hautes Brandes, contrée qui sépare l'Empire de Terrèbre des Jardins statuaires, il apprend que son père a peut-être usurpé l'identité d'un autre après avoir perdu la mémoire. Chez les bûcherons, puis chez les charbonniers, il découvre de curieuses coutumes, mêlant cérémonies secrètes (les lupercales forestières) et rites hallucinogènes (les champignons de sang). Mais c'est à son retour à Terrèbre que le jeune homme trouvera la solution de l'énigme.

  • " Sur toute la contrée, depuis les rebords amers du plateau dont les flancs se craquelaient de combes où les torrents menaient sans relâche leur tapage jusqu'aux mornes pentes des Hautes Brandes dont les sentes s'engonçaient sous des arceaux d'aubépines tassées comme des fous rires et, entre les deux, bien sûr, sous les denses nuées de la forêt qui étirait ses membres gourds au vent soudain tiédi, sur toute la contrée, en tout lieu et tout asile et même sur l'onde sans remords, cette odeur verte comme une femme.
    Et, quand le vent se suspendait, le goût sauvage du silence".
    Écrit en 1976-1977, le Veilleur du Jour fut publié chez Flammarion en 1986 dans la prestigieuse collection "l'Age d'or". À la fois roman d'énigme, récit d'aventures et livre de mémoire, tissé de relations métaphoriques à la littérature et au tarot divinatoire, ce deuxième volume du Cycle des contrées (après les Jardins statuaires) est aussi une réflexion prémonitoire sur le pouvoir et ses ambiguïtés.

  • En 1878-1879, autour de l'âge de cinquante ans et après avoir écrit Anna Karénine, Léon Tolstoï traversa une profonde crise de vie et de conscience, celle qui allait le mener à devenir celui qu'on sait, le quasi-prophète qui inspirerait Gandhi et des millions d'autres. Ma Confession est le livre crucial de cette crise, écrit en 1879, et depuis longtemps n'était plus édité.
    Initialement prévu pour être une « Introduction à une critique de la théologie dogmatique » préfigurant une vaste oeuvre théologique en quatre parties, Léon Tolstoï en a finalement fait un texte court et simple parlant à tout être humain, le réceptacle de toute ces interrogations qui le hantaient depuis son enfance et qui sont celles de toute personne en ce monde :
    « Qu'est-ce qui sortira de ce que je fais aujourd'hui ? de ce que je ferai demain ? Qu'est-ce qui sortira de toute ma vie ? » et « Quel est le sens de la vie ? », questions demeurant sans réponses pour lui et qui rendent la vie « impossible », et finissant par se transformer en une manière de concevoir Dieu et la foi qui ne pouvait que se heurter à l'Église orthodoxe et à tout dogme établi.
    Complètement inconnue du public français et longtemps interdite par la censure, Confession, est une oeuvre bouleversante à consonances très largement autobiographiques et totalement originale. Tolstoï y déploie le paysage d'une âme désespérément séparée de Dieu, désertée par la grâce, seule face à l'obsession de la mort.
    Une première tentative de publication eut lieu en 1882 dans une des plus grande revue de l'Empire russe mais le texte fut presque en totalité éliminé par la censure de l'Église orthodoxe. Il fut publié à l'étranger à Genève en 1884, avant d'être traduit en français en 1887. Il circula longtemps en Russie en manuscrits avant de connaître une première publication restreinte en 1906 et de devenir pour toute une génération le grand livre de cet idéal ascétique et mystique.
    Aveu d'une puissance rare, même chez un écrivain aussi considérable, précisément parce qu'il abandonne tout artifice littéraire, inévitablement entaché de péché dans sa nouvelle vision du monde, pour conférer aux mots une sorte d'énergie primitive, une signification transparente libérée de toute médiation.
    Nous sommes ici au coeur de la vérité tolstoïenne si proche de la sainteté, témoins fascinés d'une expérience unique, relatée dans une langue limpide et par-là même universelle.

  • La paix soit avec vous ; notes de voyage en Arménie Nouv.

    La paix soit avec vous, l'une des dernières (sinon la dernière) oeuvres de Vassili Grossman, est à lire comme le testament d'un écrivain, le bilan de sa vie.
    À l'automne 1961, Vassili Grossman, malade, désespéré par la saisie de son dernier roman Vie et destin, accepte de passer un mois et demi en Arménie pour travailler à la mise en forme littéraire d'un roman traduit de l'arménien.
    Sa tâche accomplie, il entreprend, le 30 décembre 1961, de rédiger ses «impressions arméniennes» ?
    Prenant le prétexte de «notes de voyage», Vassili Grossman parle ici de ce qui lui tient le plus à coeur :
    Le peuple, les gens «simples» pas si simples que cela, le martyre arménien (et parallèlement, le martyre juif), la foi, la poésie, l'art.
    Impossible en lisant ce livre, de ne pas songer à Vie et destin. Car tous les thèmes, tous les motifs y ont été puisés. Mais La paix soit avec vous, véritable «poème», est un livre lumineux, empreint de lyrisme et de sérénité. Au soir de sa vie, Vassili Grossman jette sur le monde et lui-même un regard plein de compassion et d'ironie mêlées. La joie l'emporte sur la souffrance, et la foi en la bonté sur l'amertume. Jamais l'auteur n'a montré tant d'abandon, jamais il n'a mis à nu, avec une telle sincérité, son âme et son corps.
    Refusant la suppression de certains passages où il évoque l'antisémitisme soviétique, Vassili Grossman ne verra pas la publication de son texte. Celui-ci ne paraîtra qu'après sa mort, en 1965 et 1967, avec, dans les deux cas, les coupures exigées. Il a fallu encore vingt ans pour que la censure soviétique autorise enfin la publication du texte intégral, tel qu'on pourra le lire ici dans sa traduction française.

  • Les douze chaises

    Ilf Et Petrov

    • Ginkgo
    • 2 Décembre 2020

    Le cas d'espèce du roman humoristique : une satire de la Russie entre NEP et stalinisme que la bureaucratie n'a pas vu passer et qui échappa à la censure !!! . Paru en 1928 - un monument de la littérature russe Sur son lit de mort, une riche dame dévoile à son gendre « Hippolyte Matvieïévitch Vorobianinov » qu'elle a caché ses diamants dans l'un des douze sièges de son ancienne maison, réquisitionnée depuis. Problème : celles-ci ont été vendues. L'information tombe dans l'oreille d'un personnage rusé et haut-en-couleurs, Ostap Bender, auto-proclamé « le grand combinateur », qui va proposer à l'aristocrate déchu de retrouver les chaises avec lui.
    Les « héros » se lancent donc à la poursuite de douze chaises et traversent pour cela une bonne partie de l'Union soviétique.

  • Un jeune homme, Ivan Timofeïevitch, en mission pour plusieurs mois aux confins de l'Empire russe, dans une région reculée et sauvage à la limite de la Russie, de l'Ukraine et la Pologne, vit dans un village où les habitants le regardent avec méfiance, et a pour seule compagnie un paysan auquel pour passer le temps il tente d'apprendre à lire et écrire. Un jour, parti chasser, il s'égare et tombe par hasard sur une pauvre cabane, perdue au milieu des forêts, où vivent une vieille femme et sa petite-fille, la jeune et belle Olessia.
    Olessia lui fait retrouver le chemin du village, et lui explique que toutes deux vivent à l'écart de tous car les villageois les considèrent comme des sorcières...
    Dans la solitude de la nature, dans le silence des forêts, une des plus belles histoires d'amour de la littérature russe, et de toute la littérature.
    Comme on laisse passer l'amour possible est une préoccupation majeure dans l'oeuvre d'Alexandre Kouprine. Elle se conjugue avec le témoignage réaliste dont est victime la beauté singulière. La sorcière supposée du récit Olessia (1898), la jeune juive, la mal mariée résignée de force, ces différents personnages semblent voués à disparaître dans l'oubli et l'incertitude, bannis par les frayeurs de la communauté, ses codes, sa violence et sa délation.
    Très célèbre en Russie, Olessia était l'un des récits favoris de son auteur et largement autobiographique.
    Il a fait l'objet de plusieurs adaptations au cinéma, dont l'une en 1956 avec Marina Vlady et Maurice Ronet : La Sorcière.

  • Guérassime, sourd-muet de stature colossale, sauve un jour une petite chienne de la noyade : celle-ci lui voue un attachement éternel et devient le centre de son existence. Mais Guérassime est un serf, et la maîtresse du domaine auquel il appartient, vieille dame autoritaire et capricieuse, n'apprécie pas ce petit animal qui a osé lui montrer les dents et dont les aboiements la réveillent...

    Écrit en prison en 1852, alors que Tourgueniev était incarcéré pour des propos que contenait son article sur Gogol qui venait de mourir, Moumou, dont la figure de la dame-propriétaire tyrannique est inspirée de la mère de l'auteur lui-même, était après les Mémoires d'un chasseur un nouveau réquisitoire terrible contre le servage, qui allait finir par être bientôt aboli, et est devenu un des textes les plus célèbres et populaires de la littérature russe.

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  • Le veau d'or Nouv.

    Le veau d'or

    Ilf Et Petrov

    • Ginkgo
    • 12 Février 2021

    Nous suivons, une fois encore, les exploits de Bender et ses associés à la recherche d'un trésor au milieu de la réalité soviétique Alexandre Koreïko est en apparence un fonctionnaire soviétique ordinaire. Nul ne sait qu'il cache, dans le casier d'une gare, une mallette contenant les centaines de milliers de roubles qu'il a amassés au cours de sa carrière corrompue. Mais l'histoire de cet étrange millionnaire est parvenue aux oreilles d'Ostap Bender, et celui-ci ne rêve que d'une chose : s'exiler à Rio de Janeiro... Dans cette seconde aventure, l'escroc sympathique et sa nouvelle équipe sillonnent à bord de leur flamboyante voiture la Russie soviétique et l'Asie centrale pour voler le voleur. le Veau d'or est avec son humour acide la grande satire du système communiste.

  • Ce livre, qui n'appartient à aucune catégorie de la littérature, illustre que dans notre monde moderne, où triomphent le rationalisme et le scientisme, le mythe est toujours vivant. » (Stefan Zweig) La Mue du serpent a paru pour la première fois en Géorgie, en 1926. Remarqué par un Stefan Zweig émerveillé, le roman paraît en traduction allemande en 1928, avec une préface du célèbre auteur. L'action du roman se déroule lors de la Première Guerre mondiale, en Iran, affecté par la rivalité entre les Alliés et les Empires centraux, et en Géorgie. Le personnage central du roman, Archibald Mekeche, peintre, un intellectuel détaché de ses racines, se retrouve en Iran. C'est ici qu'il découvre ses origines géorgiennes où selon les hypothèses de l'époque l'ethnogenèse des Géorgiens est liée à la basse Mésopotamie. Passé par un long chemin initiatique, il revient au sein de son pays pour y renaître dans l'amour et retrouver son identité.

    Traduit du géorgien par Maïa Varsimashvili-Raphael et Isabelle Ribadeau Dumas.

  • " La Locomotive ivre " rassemble des texte, de Mikhaïl Boulgakov.
    Ces nouvelles où s'exprime une satire peinture incisive de la société soviétiques. L'ambiance de la Russie des années vingt, celle du communisme et de la de guerre" et de la "NEP" (Nouvelle Economie politique). Chroniques lucides et sensibles, journal d'un monde qui bascule . Récits à l'ironie mordante, à la frontière du fantastique où se mêlent à La tendresse, la dérision et l'humour. Et si la gravité n'est jamais absente, il reste toujours à l'issue de transformer le quotidien en farce.

    De la rébellion "drôle" à la bouffonnerie " tragique ". Toute la palette inimitable du grand écrivain.

  • Une histoire de la peinture pour les bêtes.

    Sont des récidivistes de l'histoire de l'art revue et corrigée. Philippe Mouchès et Olivier Salon Auteurs du savoureux Histoire de l'art et d'en rire / Musée des Zeugmes (Cambourakis, 2016), et du non moins délectable Carambolages (Cambourakis, 2017), ils nous offrent ici, sur un plateau, des morceaux de choix :
    Ceux de Boucher (pages 12-13) raviront les amateurs de bavette ; les inconditionnels de la Vénus de Milo seront impatients de découvrir le traitement que lui réserve une colonie de manchots; quant à la plus célèbre peinture du monde, son sourire batracien pourra surprendre les plus aguerris.

    Une nouvelle collaboration fructueuse d'Olivier Salon (membre de l'Oulipo) et Philippe Mouchès, (membre de l'Oupeinpo). ils nous proposent une nouvelle variation humoristique autour du pastiche artistique. À partir de toiles de maîtres connues dans le monde entier, le peintre les revisite en les détournant ou les entrechoquant tandis que l'écrivain compose des récits décalés, explications supposées ou imaginées de ces images réinventées.
    Une approche décalée de l'histoire de l'art, à la fois cocasse et intelligente

  • Ce volume contient sept des plus belles nouvelles de l'écrivain : « Trois roubles, La Grammaire de l'amour, Nuit en mer, Coup de soleil, Casimir Stanislasovtich, Ida, Le Sarafane de Mordovie ». Il reprend le volume « La Grammaire de l'amour » paru en 1997 aux éditions Sables à Toulouse, augmenté d'une septième nouvelle.

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  • « Que ressent une époque en train de périr envers ce qui vient à sa place? » L'imposant André Babitchev, éminent et arrogant membre du trust soviétique de l'industrie alimentaire et directeur d'une usine de saucisses dernier cri, recueille chez lui un homme qui dormait ivre au coin d'une rue, un homme que la nouvelle société a laissé sur le côté, Nicolas Kavalérov.
    Celui-ci devient pour un temps son serviteur et son parasite:
    Car le véritable protégé de Babitchev, Volodia Makarov, le prototype de l'homme nouveau, le jeune footballeur triomphant qu'aime la jeune fille dont Kavalérov est lui-même amoureux, sera bientôt de retour...

    D'un côté les hommes nouveaux, sportifs, matérialistes, soucieux d'hygiène et de rendement. Au xixe siècle ils dissé- quaient les grenouilles, aujourd'hui ils construisent des avions et des combinats géants de saucisses. De l'autre côté l'éternel « homme du souterrain », intelligent et inutile, individualiste et terré dans son trou, dévoré par l'envie. [...] La sobriété de style d'un Bounine, la sophistication des constructivistes, l'imper- tinence d'un dandy se marient au burlesque et à l'inquiétant. (G. Nivat).

    Fable symbolique d'une ironie féroce sur le fossé entre ceux du monde d'hier et qui ne sont rien et les vainqueurs du monde nouveau, L'Envie remporta à sa parution en 1927 en Union soviétique un immense succès : il était le roman crucial de son temps... Si moderne !

  • Une jeune épouse qui refuse de se plier aux règles de sa nouvelle zadrouga, ces communautés familiales élargies de Serbie, un soldat amputé qui revient de la guerre contre les Turcs et qui est accueilli par son père, une jeune fille qui part faire des études dans la capitale et fait la fierté de son village, un père qui sombre dans la spirale du jeu au désespoir de sa famille,... « scènes de la vie serbe » que restituent merveilleusement ces cinq nouvelles de Laza Lazarevic, un des auteurs les plus chers aux coeurs des Serbes, qui fit découvrir à l'Occident ce pays mystérieux, depuis peu délivré du joug ottoman.

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  • « Je suis venu au monde pour voir le soleil. » Prédestination ou choix volontaire, le poète russe Constantin Balmont est en effet le poète des « Visions solaires » et des élans hardis. En janvier 1912, Balmont, qui s'est exilé en France pour fuir le régime tsariste, part pour un tour du monde qui le conduit en Afrique du sud, en Inde, en Nouvelle-Zélande, en Polynésie, dans ces terres baignées de soleil et de civilisations disparues ou en train de disparaître sous le poids du monde moderne. Ces récits de voyage, ajoutés à ceux écrits par Balmont lors de voyages au Mexique en 1905 et au Japon en 1916, furent traduits en 1923 en français par son amie Ludmila Savitzky pour donner ce livre unique où la prose poétique sublime de Balmont témoigne de la joie solaire de ces terres lointaines. Une redécouverte magnifique.

  • On ne saurait mieux comprendre Russes, Ukrainiens, Baltes, Biélorusses, Géorgiens, Moldaves, etc. qu'en partageant avec eux un repas convivial.

    Découvrez une gastronomie originale, variée, celledes soirées entre amis autour de plats délicieux, faciles à préparer. Zakouski, borchtch, pâtes croquantes, chachlyk, pirojki, malossols et marinades... Leurs mille et une saveurs colorées vous appellent à la fête et au dépaysement.

    Assaisonnées d'une pointe d'humour et de sociologie, ces Saveurs s'adressent aux cordons bleus, cuisiniers en herbe et à tous les gourmands. Vous y trouverez des recettes bon marché, mais aussi des astuces utiles, ainsi que des conseils ancestraux de beauté et santé pour mieux garder la forme. Un regard décalé et gourmand. Pour une sociologie souriante de la Russie.

  • Savez-vous qu'il existe un univers parallèle au nôtre auquel les êtres humains normaux n'ont pas accès ? Dans cet univers, Pierre le Grand veille toujours sur son Palais de l'Ermitage et ses fidèles serviteurs, les fameux chats gardiens des trésors de l'art, parlent avec les personnages des tableaux du célèbre musée de Saint-Pétersbourg.
    Le tsar veut organiser une grande fête dans son Palais, pour laquelle il fera exceptionnellement appel à une jeune ballerine venue du monde des humains. Mais Buthadeus, le réprouvé, le chevalier banni qui erre depuis des siècles entre les mondes, a un plan machiavélique pour une dernière fois tenter de s'emparer du Palais et de l'univers entier.
    Macha, la jeune danseuse, aidée du chat Vaska et par Alexandre Pouchkine en personne, pourra-t-elle non seulement danser pour le tsar, mais aussi sauver le monde ?

  • Voici une aventure singulière : l'histoire de la dernière expédition botanique de Théodore Monod, alors âgé de 93 ans, au Yémen et dans le désert d'Arabie en compagnie de José-Marie Bel, son ami et expert de cette région.

    C'est en évoquant les déserts avec Théodore Monod dont le Sahara, qu'il affectionnait tant et qui est aussi celui de son enfance que José-Marie Bel s'est lié d'une l'amitié sincère avec le savant, amitié enrichie avec le temps d'une singulière complicité.
    C'est également à travers leurs fréquentes discutions au sein du Muséum national d'Histoire naturelle, abordant aussi bien la philosophie, les religions et l'environnement qu'un projet de mission botanique au Yémen a germé en 1990. Théodore était fort tenté d'y retourner et accordait à José-Marie la confiance d'un véritable ami. Alors pourquoi ne pas se lancer dans une nouvelle aventure ?

    Forts de leurs expériences dans des lieux reculés, ils ont préparé durant plusieurs mois cette expédition. Pourtant, tant de circonstances l'ont fait repousser, au risque même de l'annuler : leurs occupations diverses, comme la restauration de la Maison de Rimbaud à Aden dont Bel avait la charge, ou le voyage de Monod dans le Tibesti ; la guerre du Golfe ou le grave conflit yéménite de 1994... À ce sujet, l'auteur ses souviens des propos de Théodore qui venait d'avoir 92 ans : « ... en ce moment, c'est le Yémen qui ne va pas bien, moi, je vais très bien... » Heureusement, cette mission eut bien lieu l'année suivante, et quelle mission !
    Longues et périlleuses marches sur des sentiers impraticables et sous un implacable soleil, escalades ardues et descentes au fond de cratères en quête de l'Euphorbia adenesis, à la sève irritante, ou du Boswellia sacra, le fameux arbre à encens : l'objectif des deux « explorateurs » étant de rassembler un herbier, le plus complet possible, à l'instar de celui rassemblé en 1977 et disparu depuis.

    C'est en somme un périple de près de 3500 km qui fut mené dans ce pays : régions humides des hauts plateaux, basses plaines du Golfe d'Aden, secteurs volcaniques et désertiques, vallées du Hadramawt, et bien sûr la région d'Aden, la capitale. Certains lieux ont été privilégiés, suivant ainsi la volonté d'un vieux monsieur qui certes souffrait sur le terrain, mais dont la volonté, l'obstination même était inébranlable : vestiges des villes antiques et mythiques de Shibâm, Shabwa, Maareb, et surtout la « botanisation » sur le plus haut sommet du Yémen avec en prime - pour la première fois - la vérification de son altitude. De ce voyage (le dernier de Théodore Monod) un film fut produit, et aujourd'hui ce recueil. Rédigé par José-Marie Bel, il prend la forme d'un carnet de voyage, relatant le quotidien de l'aventure vécue par l'auteur et le vieux savant ; aventure au sens propre du terme, certes située à la fin du XXe siècle mais qui garde tout l'esprit des expéditions d'antan, celles des premiers explorateurs.
    Tant d'années après cette mission et après sa disparition (en 2000), voici une humble manière de faire revivre aux admirateurs de Théodore Monod des journées de ce grand monsieur.

  • Des voyageurs traversant un des immenses lacs russes demandent au moine singulier et colossal qui les accompagne de leur conter narrer ses aventures.
    C'est ainsi que cet étrange moine raconte comment sa mère, morte en couches, l'avait promis à Dieu et à la vie monastique et comment, pour avoir refusé ce destin, il fut poursuivi par une curieuse malédiction, voué à errer sur la terre russe, tour à tour prisonnier des Tatars, compagnons des Tziganes, expert et dresseur de chevaux des steppes, soldat et même criminel, échappant sans cesse à la mort pour tomber dans un autre péril.
    Conte symbolique et intemporel, Le Pèlerin enchanté est une extraordinaire odyssée à travers la Russie.

  • Le tsar Alexandre se rend en Angleterre où il observeles merveilles de l'industrie florissante de ce royaume etreçoit moult présents que son fidèle serviteur le cosaque Platov n'a de cesse de dénigrer. L'un d'entre eux pourtantles stupéfie : une puce dansante entièrement mécanique.
    Les orfèvres anglais sont-ils à ce point supérieurs à ceux de l'empire du tsar ? Il en va de l'honneur des plus doués des artisans russes, dont parmi eux le Gaucher bigle de Toula.
    Présenté par un narrateur narquois qui ne semble pas tout comprendre aux événements, à mi-chemin entre légende populaire et conte satirique, Le Gaucher témoigne avec malice et humour des rapports de la Russie avec l'Ouest.

  • Russie, 1928: la NEP « Nouvelle politique économique » mise en oeuvre par Lénine au printemps 1921 a déjà sept ans. Il s'agissait d'un repli stratégique dû à l'échec du communisme de guerre : le pays est dans un état épouvantable. On favorise alors le petit commerce, on met fin à la réquisition des produits agricoles et on rend leur liberté aux petites entreprises.
    Mais Mikhaïl Zochtchenko s'étrangle d'indignation : sept années de commerce intérieur libre et impossible de trouver une pipette en pharmacie pour compter les gouttes ! Les caoutchoucs censés protéger les chaussures sont percés, la crise du logement est telle qu'il faut envisager d'occuper la surface au plafond et les palais de Leningrad s'effondrent. Devant un tel bilan, l'écrivain satirique russe le plus populaire de son temps, Mikhaïl Zochtchenko (1894-1958), l'auteur de « La vie privée, récits et feuilletons », « Des gens nerveux », « Pêle-Mêle » et des « Récits de Nazar Ilitch» met son inventivité et tout son humour (féroce) au service de la collectivité pour améliorer la vie quotidienne de ses concitoyens.
    Ainsi, il propose un appareil défensif pour éloigner les chiens avec des fourchettes, des toilettes suspendues, un crematorium roulant, un coffre-fort franco-russe... Nous ne sommes pas loin des « repasse-limace » et du lit « qu'est toujours fait » de Boris Vian. En général, l'invention ajoute un problème supplémentaire au problème décrit initialement.
    Zochtchenko qui lui-même a pratiqué tous les métiers possibles, de cordonnier à instructeur de la reproduction des volailles, souligne l'incapacité technologique de ses concitoyens avec ces inventions absurdes et drôlement et superbement illustrées par Nikolaï Radlov (1889-1942) le caricaturiste génial du journal « Crocodile ».
    Le commentaire qui illustre les vignettes remarquables de dernier relève du style bureaucratique le plus pompeux, typique d'une époque où la population dissimule son inculture sous les oripeaux de la langue de bois. Nous sommes loin de « l'homme nouveau » rêvé par les bolchéviques. Loin aussi du « nepman », enrichi, repu décrit par Maïakovski et Zabolotski. Non, le héros de Zochtchenko est mesquin, pauvre, il vit dans la crainte perpétuelle d'être volé, dans des conditions hygiéniques douteuses, et il tient à ses « frusques » comme à la prunelle de ses yeux !
    Ces trente projets loufoques ressemblent aux nouvelles de Zochtchenko, mises en bande dessinée. Elles sont une mine d'informations hilarantes et graves à la fois sur la Russie stalinienne.
    Mais en 1946, cet écrivain trop populaire dut payer son tribut à la machine d'Etat : victime de la campagne de dénigrement menée par Jdanov , responsable de l'idéologie stalinienne, accusé « de se gausser de la vie soviétique, des institutions soviétiques, des citoyens soviétiques », il meurt en 1958, dans la pauvreté.

  • Ce soir de 27 juillet, le régime de Pyongyang diffuse dans le monde entier, comme chaque année, les photos impressionnantes du défilé, place Kim Il Sung, qui commémore la victoire de l'armée de la République Démocratique Populaire de Corée sur son voisin du Sud, le 27 juillet 1953.
    On y découvre les phrases de propagande écrites en jaune sur fond rouge par des milliers de pixels humains et des bataillons de soldats, la jambe parallèle au sol.
    Cette fois-ci, nous percevons les odeurs, le son des tissus des uniformes en tergal, le petit défaut d'alignement du troisième soldat, dixième rang en partant de la gauche.
    Nous imaginons la carnation de ces centaines de visages, en les confondant avec les traits de ceux devenus familiers : celui tout rond de Chal, le traducteur affable, devenu un ami ; celui de M. Ri, sec mais s'illuminant parfois d'un sourire désarmant, celui de Kim chauffeur, rebaptisé Kim Rivers pour ses lunettes et sa coiffure en carton.
    Nous avons assisté aux entrainements sur cette place, les flammes de la Juché découpées dans du carton et peintes au crayon. Il y avait des petits, des grands, certains s'appliquaient, d'autres suivaient mollement le mouvement. Tous avaient chaud. Nous étions à l'ombre.
    Maxime et Colin avaient délaissé leurs trottinettes pour venir contempler la scène. Des dizaines de milliers d'enfants de leur âge, dans la moiteur du mois de juin, stoïques, répétaient une centième fois leur chorégraphie, matraquée par le grésillement des mégaphones. Les chefs encourageaient leurs ouailles, y compris pendant les courtes pauses où, les mains sur les hanches, les danseurs soufflaient, assommés de chaleur.
    Pendant une année, notre famille a été domiciliée au Compound diplomatique, Munsundong, Taeddongang district, à Pyongyang. Nous avons donc pu soulever un coin du rideau, nous glisser dans le décor, et nous vous proposons de nous suivre dans cette exploration surréaliste et parfois drôle.
    Libres de conduire et de circuler seuls dans la capitale la plus mystérieuse du monde, nous ramenons dans nos textes des moments forgés par un choc culturel de puissance 12 sur l'échelle de l'absurde. Une simple partie de tennis, l'achat de spaghetti, une réunion de travail, un cours d'anglais, tout prête là bas à rire ou à désespérer.
    Notre petite histoire s'est également frottée à la grande, quand Kim Jang Il est mort, plongeant le pays dans un deuil terrible et notre communauté internationale, frappée de milles interdits, dans une morosité créative.
    Nous vous embarquons pour un voyage à travers les regards de Quentin et Sarah, au son des chants de soldats ouvriers, des mégaphones grésillant et des roues des trottinettes de Colin et Maxime sur les pavés de la place Kim Il Sung.

  • La multiplication des régimes autoritaires ou l'égocentrisme de la première démocratie du monde jettent des brouillards nouveaux sur la compréhension de notre environnement international. La Crise du Coronavirus et les tensions qu'elle provoque entre USA et Chine, sans même parler des égoïsmes nationaux qu'elle suscite en est, hélas, la plus «remarquable» des illustrations. L'actualité place cette crise, sans oublier la situation au Moyen-Orient, en première place à la Une de tous nos journaux. L'escalade entre les USA et l'Iran semble inéluctable ; La rivalité américano-chinoise semblant moins inquiéter les observateurs. Les germes de violence sont moins visibles, mais bien présents. La tension est durable car elle devient de plus en plus systémique. La bataille peut être féroce. Les victimes "potentielles" de ce nouveau paradigme des relations internationales sont multiples.
    Parmi les premiers ensembles fragilisés dans ce contexte bipolaire figure naturellement l'Europe. Mais pour l'Europe les équilibres internationaux changent en profondeur. Les États Unis sont-ils des alliés durables pour employer un qualificatif à la mode ? Sur tous les grands sujets, changement climatique, nucléaire, intelligence artificielle, transition écologique, internationalisation des monnaies, ... l'Europe est tiraillée et se condamne à des attitudes plus réactives que pro-actives. Le dossier de l'intelligence artificielle est particulièrement significatif de la capacité de l'Europe à assumer sa souveraineté La deuxième victime possible est le multilatéralisme. La multiplication des initiatives unilatérales d'une part et la domination de la dialectique bilatérale sino-américaine d'autre part marginalisent le multilatéralisme.
    L'Afrique est potentiellement très menacée par la rivalité entre ses deux principaux investisseurs. Le premier risque serait que l'Europe, prise entre le marteau américain et l'enclume chinoise, se désintéresse de l'Afrique. Avec son milliard de jeunes à intégrer dans le siècle, avec ses besoins pour la révolution digitale, avec sa demande d'investissements, l'Afrique ne peut plus être à la périphérie des préoccupations du monde ! Face aux nouvelles formes de violence « intelligente » ni les murs ni les mers ne nous protégerons des drones ou des cyberattaques. L'indifférence à l'Afrique est à la fois absurde et coupable -La quatrième victime potentielle pourrait-être le peuple chinois qui a fait des efforts considérables pour transformer son pays. Ce fut souvent dans la douleur et dans le sang. Puissante, la Chine est aussi fragile. Malgré son attachement à l'idée d'unité, elle est aussi fracturée. Une colère ou une misère du peuple chinois s'étendrait vite au monde.
    Cette nouvelle donne internationale est dangereuse. Partout l'idée de guerre semble banalisée. Les grandes puissances développent leur budget militaire de façon parfois vertigineuse.
    Cet Almanach reprend et développe ces thèmes primordiaux. Il ne propose ni de prévoir, ni de décrire le futur, mais plus simplement de réfléchir aux grands enjeux de demain.
    La Fondation Prospective et Innovation par la voix de son Président Jean-Pierre Raffarin et sous la plume des meilleurs experts nous appelle au travers de cet Almanach 2020 à la réflexion.

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